Championnat de France de Rugby 1999-2000 : Une Finale Inédite en Plein Été

Un match d’anthologie, un essai mémorable, un drop salvateur : une finale peut être inédite de plusieurs façons. Mais la finale de la saison 1999-2000 reste gravée dans les mémoires pour une raison bien particulière : elle s'est disputée un 15 juillet. Une date à laquelle, habituellement, les Bleus sont en tournée et les supporters en congés.

Pourtant, ce jour-là, le Stade de France accueillait 46 809 spectateurs pour une rencontre opposant le Stade Français à Colomiers. Ce 15 juillet 2000 est resté gravé dans les mémoires comme la finale s’étant jouée le plus tardivement de l’histoire.

Un Parcours Semé d'Embûches

Débutée le 21 août 1999, cette saison avait été interrompue en raison de la Coupe du Monde. Elle avait repris à la suite de plusieurs mois d’interruption pour se terminer 329 jours plus tard. Il faut recontextualiser rapidement et se rendre compte qu’alors le championnat était composé de 2 poules de 12 équipes et les 2 premiers filaient directement en quart tandis que du 3e au 6e on disputait une rencontre supplémentaire.

Colomiers battait Bourgoin sur le fil 20-18 puis affrontait Castres. Les joueurs du club à la Colombe gagnaient la partie 15-29 mais perdaient sur blessure leur maitre à jouer, un certain Fabien Galthié. Le demi de mêlée se blessant malencontreusement lorsqu’un Tarnais, tombait sans faire exprès, sur la jambe de l’international tandis que l’action était terminée… Coup dur n’empêchant pas les Columérins d’atteindre la finale en écartant ensuite Pau (22-24). Pas encore à son apogée, le club parisien, était sorti deuxième de son groupe, devant les Haut-Garonnais justement qui avaient dû passer par des barrages.

Paris de son côté, était porté par des pointures telles que Christophe Dominici, Sylvain Marconnet, Franck Comba ou Diego Dominguez, et faisait plier Perpignan puis Toulouse.

Une Finale Marquée par l'Émotion

Marquée notamment par les larmes de Fabien Galthié, présent mais meurtri de voir ses coéquipiers sortir du tunnel sans lui, la finale a commencé tambours battants avec une mainmise de Colomiers sur la possession et le jeu.

Colomiers y a cru 30 minutes, après l’essai de Francis Ntamack. Mais dans les 20 minutes qui ont suivi, il n’y avait qu’une équipe sur le terrain, avec trois réalisations signées Laussucq, Dominici et Comba, ce dernier interceptant une passe de Skrela pour crucifier Colomiers. L’essai de Culinat fut anecdotique (28-23).

14-13 à la pause, les Parisiens résistants grâce à la puissance de leur pack et un réalisme glacial permettant finalement de l’emporter 28-23 avec notamment des essais de Dominici, Laussucq et Comba. Le dixième bouclier du palmarès du Stade Français devenant aussi celui qui a été décroché le plus tardivement.

Voici un récapitulatif des moments clés de cette finale mémorable :

ÉquipeScoreMarqueurs d'essais
Stade Français28Dominici, Laussucq, Comba
Colomiers23Ntamack, Culinat

Les Coulisses d'une Saison Agitée

Le Stade Français, justement, a connu des secousses durant la saison. Bernard Laporte parti, le club de la capitale a fait confiance à George Costes. Cela ne fut pas une réussite, et les joueurs ont alors décidé de se prendre en main. En coulisses, certains sont allés voir Bernard Laporte pour le faire revenir. Celui-ci a finalement dit oui, et tiré les ficelles à distance, sans jamais se montrer réellement.

En face, Colomiers, c’est le conte de fée quasi parfait. Perpétuellement dans l’ombre de l’omniprésent voisin, le Stade Toulousain, le club de la Colombe se hissa pour la première fois de son histoire à un tel niveau de la compétition. Le président de la République, Jacques Chirac, avec le jeune David Skrela (Colomiers). Un crève-cœur, le demi de mêlée international s’étant blessé en quart de finale. À l’ouverture, c’est un gamin de 21 ans, David Skrela, qui officie. C’est lui qui doit alors gérer le jeu de son équipe. Il ne pourra rien face à la vista d’un Stade Français, certes en autogestion, mais qui connait parfaitement les ficelles d’une finale.

Un Précédent Historique en Période de Crise

Alors que le rugby est à l’arrêt en France en raison de la progression de l’épidémie de coronavirus, les présidents de Top 14 planchent actuellement sur les modalités d’une éventuelle reprise. Une finale du championnat de France en juillet, cela ne serait pas inédit. C’est déjà arrivé en 2000 avec Stade Français-Colomiers (le 15 juillet), mais ce fut la seule et l’unique pour le moment.

Un match certes spectaculaire, mais qui reste surtout dans les annales pour la plus faible affluence jamais enregistrée pour une finale du championnat au Stade de France (46 809 spectateurs).

D’ailleurs, pourquoi cette finale Stade Français-Colomiers s’est-elle déroulée en juillet ? En raison tout simplement de la Coupe du monde de rugby 1999, remportée par l’Australie en finale face à… la France. Bref, le championnat avait débuté en août, avant d’être interrompu, puis de reprendre et de voir son épilogue se tenir 329 jours après le premier match de la saison, disputé bien évidemment sans les internationaux. Un exercice atypique, et qui a couronné le Stade Français Paris, présent pour la 18e fois en finale.

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