L'année 1977 a été une année marquante pour le rugby français, avec des événements importants tant au niveau national qu'international. Cet article explore en détail le Championnat de France de Rugby 1977, le Tournoi des Cinq Nations et d'autres événements rugbystiques significatifs de cette période.

Championnat de France
Béziers a été sacré champion pour la 7e fois. Sorti numéro 1 des poules de huit en gagnant tous ses matches, Béziers domine le championnat. Plus maîtres que jamais de leur technique collective, mais capables d'élargir davantage le jeu, les Biterrois n'ont été menacés qu'en demi-finale par le Stade Toulousain. En finale, l'équipe de Montferrand, qui gagne de nombreuses balles en touche par Gasparotto et n'hésite pas à attaquer à la main par ses arrières, inquiète longtemps les Biterrois.
Les dernières minutes du match sont décisives. Béziers sort le grand jeu et triomphe sur le score de 31-9. Il faut remonter à 1913 pour rencontrer un champion qui l'emporte avec un écart aussi large.
Tournoi des Cinq-Nations 1978
Avec Bastiat à sa tête et une nouvelle paire de demis Gallion-Viviès (Romeu a été écarté), l'équipe de France accomplit un tournoi des Cinq-Nations 1978 en demi-teinte. Après une victoire pleine de promesses à Paris devant l'Angleterre, dans un style résolument offensif, les Français réalisent sous la pluie, à Murrayfield, une sensationnelle remontée devant l'Écosse. Sur la pelouse verglacée du Parc des Princes, l'équipe de France, malgré des moyens supérieurs, l'emporte de justesse (10-9) sur l'Irlande. À Cardiff, en dépit d'un excellent départ, les Français sont vaincus par des Gallois manifestant plus de maîtrise, notamment par leurs fameux demis Edwards et Bennett.
Consolation pour la Fédération française, après trois quarts de siècle d'attente, la France est enfin admise à l'International Board.
Le Grand Chelem de 1977
En 1977, la France remporte le deuxième Grand Chelem de son histoire avec Jacques Fouroux comme capitaine et un paquet d’avant qui marche sur tout le monde. C’est certainement le plus beau roman du rugby français. Le tournoi 1977 est devenu une histoire légendaire, tant on peut se demander si cet exploit a vraiment eu lieu comme il a été conté. Les nouvelles générations qui découvrent ce récit d’une incroyable quête ont certainement du mal à y croire. Tout est romanesque en ce temps-là, tout est passion, démesure et camaraderie.
Après le gueuleton initial pour souder le groupe et parler stratégie entre deux godets, l’histoire débute par le forfait du jeune ailier toulousain Guy Novès deux jours avant le premier match face au pays de Galles. Celui qui deviendra l’entraîneur français le plus titré doit renoncer à sa première sélection. Il ne le sait pas encore, mais une cheville douloureuse va le priver du deuxième grand chelem de l’histoire du XV de France. Jean Luc Averous prend sa place.
Les matchs du Grand Chelem
La France commence par battre le pays de Galles à Paris, au Parc des Princes. C’est une grande première. Les Français marquent deux essais grâce à des Toulousains : le premier par Jean-Claude Skrela, le futur sélectionneur des Bleus, et le second par Dominique Harize. Les Bleus s’imposent 16 à 9. Lors des hymnes, les partenaires du demi de mêlée chantent la Marseillaise à plein poumons. Les Gallois reconnaissent avoir pris dès les premières notes.
Les Français font peur. Les avants sont denses et leur jeu intense. Une symphonie qui permet de prendre Twickenham sur le score de 4 à 3, grâce à un essai de François Sangalli. La victoire tient du miracle et les Britanniques parlent maintenant de la horde sauvage qui a fait plier les Anglais. La Rose écrasée, la France peut rêver à son exploit.
L’Ecosse, qui se présente à Paris, est d’ailleurs laminée par des Bleus déchainés (23-3), inscrivant quatre essais par Alain Paco, Dominique Harize, Robert Paparemborde, Roland Bertranne. Cette équipe de France n’a pas encore effectué le moindre changement.
Après trois matchs, le comité de sélection veut faire des changements en raison de la fatigue de certains joueurs. Jacques Fouroux, le capitaine, prend la parole au banquet organisé au Grand Hôtel de l'Opéra après le succès face aux Écossais. Devant l’auditoire, le Gersois pointe le président de la fédération, Albert Ferrasse et prévient les sélectionneurs : "Ne changez rien à la composition de l'équipe qui vient de battre l’Écosse et je vous promets qu'on fera le Grand Chelem." Le petit caporal vient de faire la composition d’équipe et évite à Gérard Cholley d'être puni pour un coup de poing.
Mais, les rebondissements ne manquent pas avant de partir pour Dublin affronter l’Irlande. Le talonneur Alain Paco fait une crise d’appendicite. Il refuse de se faire opérer, prend quelques antibiotiques, quitte l’hôpital au bout de trois jours pour rejoindre les Bleus.
A Dublin, à Lansdowne Road, stade mythique avec son train passant sous la tribune et ses supporters chantant fièrement debout sous la pluie et face au vent dans des virages sans siège, l’Irlande refuse de jouer les jouer les hymnes pour ne pas entendre le "God save the Queen". A la place de La Marseillaise, le chœur des Esclaves, extrait de l'opéra Nabucco, de Verdi résonne dans le vestiaire et chauffe les Bleus, eux qui n’ont plus gagné en Irlande depuis dix ans. Jean-Michel Aguirre et Jean-Pierre Romeu sont solides face aux perches et Jean-Pierre Bastiat inscrit le seul essai de la rencontre (15-6). Les quinze hommes qui ont battu les Gallois en ouverture du Tournoi sont tous là et lèvent les bras au ciel. Ils viennent de remporter le deuxième Grand Chelem de l’histoire du rugby français. Sans l’aide d’un seizième homme mais surtout en n’encaissant aucun essai en quatre matchs !
| Match | Score |
|---|---|
| France vs Pays de Galles | 16-9 |
| Angleterre vs France | 3-4 |
| France vs Écosse | 23-3 |
| Irlande vs France | 6-15 |
On ne peut donc regretter qu’une seule chose : que Netflix n’existait pas en ce temps-là. Il aurait été si facile de faire de ce Grand Chelem une série à succès. En 77, il y avait Gérard Lenorman qui donnait ses clés pour chanter au comptoir.
La fabuleuse épopée de 1977
Autres Événements Rugbystiques
- Matches Internationaux : Le 15 janvier 1978, le Pays de Galles bat la France 29-7 à Widnes. Le 5 mars 1978, l'Angleterre bat la France 13-11 à Toulouse.
- Championnat de France (Jeu à treize) : Finale (Toulouse, 20 mai 1978) : FC Lézignan bat XIII Catalan 3-0.
- Coupe de France (Jeu à treize) : Finale (Narbonne, 27 mai 1978) : XIII Catalan bat FC Lézignan 18-7.
L'USAP : Un Club Historique
L'USAP (Union Sportive Arlequins Perpignan) est un club emblématique du rugby français avec un riche palmarès :
- Championnat de France : Vainqueur en 1914, 1921, 1925, 1938, 1944, 1955, 2009. Finaliste en 1924, 1926, 1935, 1939, 1952, 1977, 1998, 2004, 2010.
- Championnat de France de Pro D2 : Vainqueur en 2018, 2020.
- Challenge Yves du Manoir (Coupe de France) : Vainqueur en 1935, 1955, 1994, Finaliste en 1936, 1937, 1938, 1956, 1965.
- Coupe d'Europe : Finaliste en 2003, Demi-finaliste en 1998, 2011.
Les neuf titres de l'USAP sont des moments forts de l'histoire du club, chacun racontant une histoire de passion et de détermination.
