Règles et Évolutions du Championnat de D1 Féminine de Football

Le championnat de D1 féminine de football en France est une compétition en constante évolution, marquée par des changements de règles, des enjeux économiques croissants et une professionnalisation progressive. Cet article explore les différents aspects de ce championnat, de son format à ses défis financiers, en passant par les débats sur l'équilibre compétitif.

Un Championnat en Quête de Professionnalisation

Au coup d'envoi du match entre Fleury et Lyon, vendredi 20 septembre, le championnat féminin français a officiellement fait son entrée dans le monde professionnel, après des années d'attente pour voir l'ancienne D1 Arkema passer ce cap. Jean-Michel Aulas, alors dirigeant lyonnais, a déclaré : "Notre but est d'avoir un championnat qui sera parmi les meilleurs d'Europe, peut-être même du monde".

La Fédération Française de Football (FFF) prévoit d'investir entre 50 et 70 millions d'euros sur cinq ans pour cette ligue, avec un investissement initial estimé à 10 millions d'euros pour la saison de lancement. Au cœur de ces changements, la mise en place d'une licence club donnant accès à plusieurs échelons de subventions fédérales, d'un minimum de 350 000 euros.

La Ligue de Football Féminin Professionnel (LFFP) exige des équipes de Première Ligue Arkema qu'elles justifient d'une organisation salariée pour assurer le développement de l'équipe féminine et répondre aux évolutions et à la professionnalisation de la pratique. Les profils essentiels incluent un responsable administratif, un team manager, un référent communication, un référent stade et un référent médias.

Les Défis de la Professionnalisation

Malgré ces avancées, des joueuses constatent peu d'évolution, hormis sur les infrastructures. Une joueuse expérimentée du championnat de France note : "Après plus de cinq ans passés en D1, j'ai vu très peu d'évolution hormis sur les infrastructures, où on a moins de synthétiques, plus de terrains en herbe. Le passage à la ligue professionnelle ne nous a amené aucun changement."

Marie-Hélène Patry, déléguée générale de Foot unis, réfute ces affirmations : "Si on veut avoir la licence club, il faut mettre en place un certain nombre d'éléments qui représentent des coûts. C'est de nature à faire plutôt augmenter les budgets des sections féminines que les baisser. Et c'est l'objectif, parce que derrière un budget, il y a aussi, en principe, une capacité à avoir plus de performances sur le terrain, peut-être potentiellement plus de partenaires."

Le championnat démarre sans convention collective, faute d'accord entre les parties. Fabien Safanjon, vice-président de l'Union nationale des footballeurs professionnels, souligne que le statut social des joueuses n'est pas encore considéré comme professionnel. Il prend l'exemple du contrat à temps partiel, basé sur 21 heures par semaine chez les garçons, contre seulement 17,5 heures chez les filles.

Seules 11 joueuses par équipe doivent être sous contrat professionnel à plein temps, au sein d'un effectif souvent composé d'une vingtaine d'éléments. Le salaire minimum est fixé à 21 840 euros brut par an, comme prévu dans un accord de branche lié au sport professionnel.

Évolution des Règles et Formats de Compétition

Au fil des années, le championnat de France féminin a connu plusieurs formats. Lancé en 1974-1975, il comptait 16 équipes réparties en quatre groupes régionaux. Les deux meilleures équipes de chaque groupe participaient aux play-offs. Le Stade de Reims remporta la finale inaugurale contre l’AS Orléans.

Le format a été modifié dès 1976-1977, avec 20 équipes réparties en quatre groupes de cinq. En 1986-1987, 18 équipes furent reléguées pour réduire le championnat à 30 clubs, en trois groupes de dix. Le champion et l’équipe classée deuxième de la D1F se qualifient pour la Ligue des Champions Féminine (LCF).

Pour cette saison, le football féminin français va se démarquer du masculin en adoptant un format de play-offs qui rajoutera encore plus de suspens. En avril dernier, l'ancien président de l'OL présentait son idée d'instaurer un système de play-offs en D1 Arkema. Une proposition validée par le Comex. Le principe est simple. A l'issue des 22 journées de championnat, un "Final 4" est joué par les quatre premières équipes du classement. Le premier rencontre le quatrième en demi-finale pendant que le deuxième et le troisième s'affrontent dans une autre. Il y a ensuite une finale et une petite finale. Cette saison, les demi-finales se joueront le dimanche 12 mai et les deux finales le vendredi 17 mai.

D'autres modifications ont été apportées aux règlements des championnats et aux règlements généraux pour cette nouvelle saison. En cas d’égalité du nombre de buts marqués à la fin du temps réglementaire, une prolongation de 2 fois 15 minutes est organisée. Toutes les équipes doivent déclarer et disposer d’un numéro fixe à l’année, non attribué à une joueuse et réservé aux remplacements de dernière heure.

La Règle des Cinq Changements : Un Débat Persistant

Finale : Olympique Lyonnais - Paris-SG (3-0), le résumé

Un sujet fait l'unanimité dans l'élite : la règle des cinq changements. Les clubs de D1 ne comprennent pas pourquoi elle n'a pas été introduite en début de saison comme c'est le cas en Ligue 1 et dans les Championnats majeurs féminins en Europe (Angleterre, Allemagne, Espagne,...) et les entraîneurs ne se gênent pas pour le souligner à chaque fois qu'ils en ont l'occasion.

Jean-Luc Vasseur, l'entraîneur de l'Olympique Lyonnais, a exprimé son mécontentement : « Il y a une incohérence. Chez les garçons, c'est uniformisé, on aurait aimé que ce soit aussi le cas chez les filles. » En Ligue des champions et en Coupe de France, l'OL a pu effectuer cinq remplacements par match, mais pas en D1.

Olivier Échouafni, entraîneur du PSG, a déclaré : « La première idée, à la suite de cette crise sanitaire, était de protéger les joueuses et leur intégrité physique. » Il ajoute : « C'est une demande qui a été faite en début de saison, puis en cours de saison, puis à la fin de l'année (2020), puis en début d'année (2021). »

Mi-novembre, l'Unecatef (le syndicat des entraîneurs) a remonté auprès de la Fédération française de football la demande des coaches de D1 de mettre en place les cinq changements. Un refus leur a été opposé à la suite du Comex du 8 octobre. La FFF redoute des contentieux de la part de clubs qui contesteraient le passage de 3 à 5 changements en cours de saison, alors que tous les clubs étaient d'accord pour adopter cette règle.

David Fanzel, l'entraîneur du FC Fleury, est également favorable à une augmentation du nombre de remplacement en cours de match. Il assure qu'il n'a « jamais vu autant de blessées » et complète le propos de Vasseur. « Les cinq changements permettent de garder le niveau physique et technique de l'équipe (tout au long du match) mais aussi de faire du coaching si une joueuse se blesse prématurément. »

Modèles Économiques et Disparités Financières

Le football féminin français est à la recherche d’un véritable modèle de développement économique. Les clubs professionnels de Première Ligue et de l’UCPF ont créé l’Association du Football Professionnel Féminin (AFPF) pour travailler sur ces questions.

Les revenus des clubs de Division 1 restent médiocres et proviennent surtout des droits TV et du sponsoring, mais très peu des recettes au guichet et du transfert de joueuses. Les revenus de la D1F ont plus que doublé, passant de 9,3 millions € en 2012-2013 à 22,5 millions € en 2018-2019, principalement grâce à l'OL et au PSG.

Le tableau suivant illustre les principales sources de financement des clubs de D1 féminine :

Source de FinancementDescription
Revenus CommerciauxDroits de retransmission TV, merchandising, adhésions
SponsorsPartenariats avec des entreprises locales et nationales
Subventions PubliquesAides financières des municipalités, départements, régions et de la FFF
BilletterieRecettes issues de la vente de billets pour les matchs

Il existe une dualité des modèles de financement : les grandes SFCMFP (OL et PSG) dépendent des revenus commerciaux et du sponsoring, tandis que les autres équipes s'appuient sur les subventions, les sponsors locaux et les revenus limités des spectateurs.

Menaces sur la Structure du Championnat

La 1re Division féminine pourrait être réduite à dix équipes la saison prochaine. La Fédération de football assure que rien n’est encore acté. Quelques heures plus tôt, le quotidien sportif L’Equipe publiait un article dans lequel il annonçait la réduction du championnat de France féminin de football de 1re Division de douze à dix équipes.

« Deux équipes seront reléguées à l’issue de cette saison, mais aucune montée ne sera enregistrée », a avancé le journal. A la fin d’avril, la Fédération française de football (FFF) avait annoncé que le championnat féminin de 2e Division ne reprendrait pas en raison des conditions sanitaires.

Jean-Michel Aulas n’a d’ailleurs pas totalement écarté l’option d’une première division réduite à dix équipes, y discernant de possibles avantages : « Vaut-il mieux avoir dix clubs très structurés et compétitifs avec une licence imposant des obligations d’accueil, stade, encadrement, terrains, quitte à jouer plus de matchs que ce que nous faisons actuellement, ou bien avoir douze équipes comme aujourd’hui avec des écarts importants de niveau ? »

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