L'équipe de France de volley-ball a marqué l'histoire en remportant la médaille d'or aux Jeux Olympiques de Tokyo 2021 et en conservant son titre à Paris 2024. Un exploit monumental qui a galvanisé tout un pays. Retour sur ces moments de gloire.

Le Sacre de Tokyo 2021
Pour la première fois de leur histoire, les volleyeurs français sont devenus champions olympiques à Tokyo. Ils ont disposé de la Russie en finale des Jeux, avec une victoire trois sets à deux (25-23, 25-17, 21-25, 21-25, 15-12), presque deux heures et demie après le coup d’envoi.
Le match terminé, les Bleus ont entamé une danse de la joie, une sorte de French cancan, presque aussi atypique que leur jeu fait de feintes et de fougue. Mais qu’il aura fallu batailler ! D’abord au premier set : les Bleus sont menés de trois points (16-19) lorsque le sélectionneur, Laurent Tillie, demande un temps mort. Première explication, premières solutions : les Français reprennent l’avantage (23-22), sur le tard, passant devant grâce à un smash d’Earvin Ngapeth. Smash contré par les Russes, mais en dehors du terrain. Le deuxième set est plus limpide, face à des adversaires encore sonnés d’avoir laissé échapper le premier.
Tout l’inverse des troisième et quatrième manches, lors desquelles les Russes reprennent des forces, encouragés par une délégation peu avare en « Davaï » (allez) et autres exhortations. Et que dire du tie-break… Intenable. Un mano a mano, point contre point, smash pour smash, auquel même les remplaçants et les membres du staff français semblent avoir envie de participer. Côté adverse, de la seule tribune occupée de l’Ariake Arena, les sifflets ne sont pas rares pour déconcentrer les Français au moment de leur service.
« A deux sets partout, on s’est dit : “Les gars, c’est pas grave, ce sera encore plus beau de gagner trois sets à deux que trois sets à zéro” », raconte Kévin Tillie, dont le père n’est autre que le sélectionneur. « On a eu un coup de barre, on n’avait plus d’énergie, mais on est allé chercher avec le cœur la médaille d’or », apprécie Trévor Clévenot. Avec aussi « beaucoup de lucidité », insiste son coéquipier Benjamin Toniutti.
Il en fallut, en effet, pour rattraper les trois points d’avance pris par les Russes en début de cinquième manche. Cette finale récompense un parcours improbable, de ceux qui restent longtemps dans les mémoires. Imaginez une équipe qui perd deux de ses trois premiers matchs, contre les Etats-Unis et l’Argentine, et redoute de se faire éliminer dès le premier tour, comme aux Jeux de Rio, en 2016. Imaginez ensuite cette même équipe, toujours en phase de poules, dominer la Russie (déjà) et arracher un point du tie-break contre le Brésil, champion olympique en titre.
« On est des survivants », s’exclamait Laurent Tillie, qui n’en avait pas fini. En quarts de finale, victoire sur les doubles champions du monde polonais, après avoir été menés deux sets à un ! C’était avant un succès sur l’Argentine, retrouvée en demi-finales, puis avant cette seconde victoire de l’été sur la Russie. La plus belle, à n’en pas douter, de toute l’histoire du volley-ball français.
« Chaque fois que l’on s’est planté, c’est lorsque l’on pensait être favoris », résume le passeur Antoine Brizard. Ces Bleus ont surpris tout le monde, à commencer par leurs adversaires. « On fait des choses qu’on n’a pas l’habitude de voir au volley, expliquait Jean Patry après la demi-finale. Un mélange de combativité et de créativité par moments. Avec des points qui peuvent faire mal à l’adversaire et nous renforcent mentalement. »
Comme Antoine Brizard ou Barthélémy Chinenyeze, Patry a rajeuni les rangs d’une génération déjà parmi les plus douées du volley français, celle des Earvin Ngapeth, Jenia Grebennikov et Benjamin Toniutti. Ce dernier a toujours le statut de capitaine, mais il a vécu la finale en qualité de remplaçant, Antoine Brizard lui ayant été préféré de nouveau.
L'équipe de France de volley-ball devient le 7 août 2021 la 9e sélection de l'histoire à être sacrée championne olympique.
JEUX OLYMPIQUES - Le jour où les volleyeurs français atteignaient le firmament à Tokyo (2020)
Le Doublé Historique à Paris 2024

Quel exploit ! L’équipe de France masculine de volley a réussi à conserver son titre de championne olympique. Les Bleus d'Earvin Ngapeth ont vaincu la Pologne en finale des JO de Paris, trois ans après leur titre acquis à Tokyo. Un doublé historique.
Ils l’ont fait ! Les Bleus du volley ont réalisé l’exploit d’un doublé historique, trois ans après leur titre olympique acquis à Tokyo. La bande d’Earvin Ngapeth a décroché une nouvelle médaille d’or aux dépens d’une redoutable et farouche sélection polonaise en finale du tournoi olympique masculin de volleyball. Les Tricolores entrent dans l’histoire de leur sport. Ils ont écrit l’une des plus belles pages du volley français.
Cette médaille d’or récompense une génération exceptionnelle qui a réalisé un remarquable tournoi durant cette quinzaine des JO de Paris. Ils peuvent savourer leur exploit de gagner le graal à domicile. Tout avait commencé par une Marseillaise reprise en chœur par l’Arena. Il y avait du beau monde en tribunes pour soutenir les Bleus. Zinedine Zidane et son épouse étaient en tribunes avec Tony Estanguet pour soutenir les volleyeurs. Earvin Ngapeth motive ses troupes et leur insuffle l’énergie nécessaire pour ne surtout rien lâcher, rien donner aux adversaires.
Les Bleus ont empoché le premier set. Les Tricolores ont rendu une copie parfaite aussi dans la deuxième manche avec un Jean Patry des grands jours qui a mis quelques mines hallucinantes. Résultat : 25-20 dans le 2e set que les Polonais avaient pourtant bien commencé en prenant les commandes avant que les Français ne renversent la situation. Jean Patry a été énorme avec un bras monstrueux au smash.
25-20 dans la deuxième manche. Les Bleus rendent une copie absolument parfaite. Yacine Louati est aux anges. Les Bleus ont continué sur leur lancée. Ils ont envoyé du lourd, défendu comme des chiens au bloc. Les Polonais ont tenté de faire de la résistance dans le 3e set, ils ont mené 16-14.
L’Arena était en feu. Et les Français l’ont littéralement embrasé. Leur collectif a touché la perfection dans cette finale en remportant le 3e set 25-23. Nicolas Le Goff harangue la foule. On aurait dit les Harlem Globe trotters tant les Tricolores ont tout tout réussi dans cette finale. Les Polonais ont essuyé une déferlante. Jouffroy, Le Goff, Patry, Ngapeth, Trévenot, Brizard étaient intouchables. Trop forts. Monstrueux. Impériaux. Les Bleus pouvaient laisser éclater leur joie.
Exceptionnel, sensationnel, légendaire ! Les mots ne suffisent plus pour qualifier l’exploit réussi ce samedi à Paris par l’équipe de France masculine de volley. Et s’il avait fallu cinq sets à Tokyo pour se débarrasser de la Russie, trois auront suffi ce samedi pour dominer en finale une équipe de Pologne qui n’aura vu que du bleu dans un match quasiment à sens unique, dans la lignée de celui qu’avaient livré mercredi les hommes d’Andrea Giani en demi-finale contre l’Italie (3-0).
Le message a été bien reçu lors de cette finale par les partenaires du capitaine Benjamin Toniutti qui, contre une formation polonaise pourtant référence en la matière, ont survolé les débats, prenant leurs adversaires à la gorge au cours de chaque set (25-20, 25-19, 25-23), n’ayant jamais concédé plus de deux points de retard aux hommes de Nikola Grbic.
A cela se sont ajoutés une réception XXL, à l’image de celles de Jenia Grebennikov ou d’Earvin Ngapeth, imperturbable face aux missiles du meilleur serveur du monde, Wilfredo Leon, qui, hormis en toute fin de match, n’a jamais pu enchaîner de série, et un formidable apport du banc, symbolisé par l’incroyable entrée au service en fin de troisième set de « Boubou » Quentin Jouffroy, auteur de trois aces (4 en tout), le score passant alors de 18-18 à 23-18.
« C’est mon job, je suis là pour ça, commentera modestement le central après le match. Je sais que j’ai carte blanche, je n’avais pas trop de pression, d’autant qu’on menait 2-0, même si c’était serré dans le troisième set. Et si, dans un dernier baroud d’honneur, Wilfredo Leon, à 24-19, a sorti à son tour une grosse série de services qui a permis à la Pologne de sauver quatre balles de match, son bras a fini par craquer, son dernier engagement dehors envoyant l’équipe de France au paradis et au Panthéon du sport français, y rejoignant notamment les handballeurs, sacrés deux fois de suite champions olympiques en 2008 et 2012.
À l'occasion des Jeux olympiques 2024, l'équipe de France masculine décroche un deuxième titre d'affilée en remportant la finale face à la Pologne (3 sets à 0 pour la France ; 25-19, 25-20, 25-23) le 10 août 2024, le tout en affichant un niveau de jeu proche de la perfection et en ayant empoché 9 sets d'affilée jusqu'au titre.
Aussi dominateurs qu'en demi-finales face à l'Italie, les Bleus ont écrasé la Pologne en finale (25-19, 25-20, 25-23) pour conserver leur titre olympique, une première depuis les années 1980. Une performance irréelle dans une ambiance de feu.
Deux fois 3-0 face aux champions du monde italiens puis aux champions d'Europe polonais, en demies et en finale des Jeux Olympiques de Paris, pour réussir un doublé qui n'avait été accompli qu'à l'époque de la Guerre Froide, par l'URSS (1964 et 1968) et les États-Unis (1984-1988).
La Pologne a pris de plein fouet un train lancé à pleine vitesse, qui avait pris son élan en gagnant la Ligue mondiale fin juin. Jamais l'équipe de Leon n'a pu prendre ses aises, ni même un filet d'air. Le premier set a tout de suite été marqué par l'impressionnante réussite des Bleus, crédités de 12 attaques réussies sur 14 dans cette manche en raccourcissant les échanges à l'extrême. Deux attaques manquées dans ce set, c'était autant que Leon, réduit au silence jusqu'au trentième point du match alors que les Bleus s'étaient déjà échappés au score (17-12).
Les deuxième et troisième manches ont encore cumulé les fulgurances françaises collectives et individuelles, comme autant de coups de pinceaux de génie sur une toile quasi-parfaite. C'est Trévor Clévenot, un peu en retrait jusque-là, qui inscrit trois points de suite pour conclure le deuxième set. Ce sont quatre blocks qui permettent de prendre l'avantage dans le troisième, de 2-3 à 7-5. C'est Earvin Ngapeth, affolant d'efficacité en réception et défense, qui passe sa spéciale à 13-12. C'est Quentin Jouffroy, celui qui n'entre que sporadiquement pour servir, qui précipite le dénouement en claquant entre autres trois aces pour passer de 18-18 à 23-18.
La Pologne a à peine existé dans cette finale, ne réussissant guère que quelques rapprochés sur des séries de service de Marcin Janusz. Et c'est à la quatrième balle de match sur un service trop long de Leon (9 points à 7/18, 2 aces, contre 26 en cinq sets en demi-finales face aux Etats-Unis, futurs médaillés de bronze) que l'équipe de France a pu exploser, courant partout avant de se regrouper dans une ronde qui ressemblait à un chaudron dans lequel on aurait coulé toutes les médailles d'or françaises des JO.
9Le nombre de sets gagnés consécutivement par l'équipe de France, puisqu'elle était menée 2-0 en quarts de finale par l'Allemagne.
Palmarès Historique du Volley-Ball aux Jeux Olympiques
Malgré son éclatement, il y a 33 ans, l’Union Soviétique règne encore aujourd’hui sur le palmarès du volleyball aux Jeux olympiques, avec sept victoires (quatre dans le tableau féminin, trois chez les hommes). Le Brésil se classe deuxième (trois victoires chez les hommes, deux chez les femmes), devant les États-Unis (trois dans le tournoi masculin, un dans le tournoi féminin).
Au total, 10 nations ont remporté une médaille d’or aux Jeux depuis l’intronisation du volley au programme olympique, en 1964. La Chine, le Japon et Cuba l’ont chacun emporté trois fois, alors que la Russie, les Pays-Bas, la Pologne, la Yougoslavie et la France d’Earvin Ngapeth complètent la liste.
| Pays | Nombre de médailles d'or |
|---|---|
| Union Soviétique | 7 |
| Brésil | 5 |
| États-Unis | 4 |
| Chine | 3 |
| Japon | 3 |
| Cuba | 3 |
| Russie | 2 |
| Pays-Bas | 1 |
| Pologne | 1 |
| Yougoslavie | 1 |
| France | 2 |
L'équipe de France masculine de volley-ball est l'équipe nationale qui représente la France dans les compétitions internationales masculines de volley-ball. Sous la direction de Laurent Tillie à partir de 2012, elle se hisse parmi les meilleures formations mondiales. L'italien Andrea Giani en est le sélectionneur principal depuis le 29 mars 2022.
La première rencontre officielle de l'histoire de l'équipe de France a lieu à Prague le 27 août 1946 contre la Tchécoslovaquie. Les Français s'inclinent lors de cette opposition amicale par 3 set à 0 (15-11, 15-9, 15-8). L'équipe de France dispute la première édition du Championnat d'Europe en 1948 à Rome en Italie où les Bleus finissent second d'une poule unique de six équipes derrière la Tchécoslovaquie.
En 1985, à Amsterdam, la France remporte sa première médaille depuis 1951 au Championnat d’Europe. Elle termine troisième du tournoi et s’octroie la médaille de bronze. En 1986, Laurent Tillie, Stéphane Faure, Alain Fabiani, Philippe Blain et Éric Bouvier, font partie de l'équipe de France qui se prépara sous forme de commando en vue du Championnat du monde 1986 se déroulant en France.
Le 2 juillet 2012, Laurent Tillie succède à Philippe Blain au poste de sélectionneur national. En 2015, l’équipe de France démarre sa campagne pour la Ligue mondiale en deuxième division. Elle remporte 14 matchs d’affilée et termine vainqueur de cette division 2. Le 19 juillet 2015, La France bat la Serbie en finale par 3 set à 0 (25-19, 25-21, 25-23) au Ginásio do Maracanãzinho de Rio de Janeiro et remporte le premier titre de leur histoire sur la scène internationale. Earvin Ngapeth est élu meilleur joueur du tournoi par la FIVB.
Le 18 octobre 2015, l'équipe de France remporte le Championnat d'Europe, son premier trophée majeur et met fin à 67 ans d'attente depuis sa première participation à une compétition majeure. En finale, les Bleus battent nettement la Slovénie 3 set à 0 à Sofia. Sur la balle de match, Earvin Ngapeth termine par un smash renversé. À l'issue de la compétition, Antonin Rouzier est élu meilleur joueur par la CEV.
Le 8 juillet 2017, les Bleus confirment leur statut en s'adjugeant une seconde Ligue mondiale deux ans après la première. Lors de la finale, l'équipe de France réalise l'exploit en terre brésilienne de battre la seleção, championne olympique 2016, par 3 manches à 2 à l'Arena da Baixada. Comme lors de l'édition 2015, Earvin Ngapeth est élu meilleur joueur du tournoi.