Depuis plus d'un siècle, la Vallée de Chamonix Mont-Blanc a écrit une grande page de son histoire sportive sur la glace. Le hockey sur glace, porté par des générations de talents, a fait de Chamonix une place forte du hockey français. Fondé en 1910, le Chamonix Hockey Club est l'un des clubs les plus anciens et prestigieux de France.

Les Débuts du Hockey à Chamonix
Au début du XXe siècle, le patin à glace est très prisé, en ville par la bourgeoisie et en montagne par les petits villageois et les vacanciers. Les hôtels, à Chamonix notamment, possédaient leur petite patinoire. En 1909, la ville fait de sa patinoire, une patinoire municipale et le 24 décembre 1910, une quinzaine de jeunes gens décident de s’offrir pour Noël, la création d’une équipe de hockey. Jules Couttet est le premier président du Chamonix Hockey Club !
Les Jeux Olympiques de 1924
Au programme de ces premiers jeux olympiques d'hiver, le Comité International Olympique a retenu neuf disciplines : quatre de neige et cinq de glace (patinage artistique, patinage de vitesse, hockey, curling, bobsleigh, car la "glace" c'est le sport-roi de l'époque comme l'explique le journaliste Gilles Chappaz. "On faisait du patin depuis très longtemps et la glace a déjà été aux Jeux olympiques avant d'être aux JO de Chamonix. Les épreuves sont déjà très codifiées. Par exemple, le premier champion olympique de glace, en 1908, c'est le Suédois Ulrich Salchow, celui qui a mis au point un certain nombre de figures dont on se sert encore aujourd'hui."

Au pied du Mont Blanc, crosses et palets déchaînent les passions depuis le début des années 1900. Le club de hockey-sur-glace existe déjà depuis 1914. L'hiver tous les gamins de la vallée manient la crosse. Plus de la moitié de l'équipe de France de 1924 est d'ailleurs composée de joueurs de la vallée.
L'Âge d'Or du Chamonix Hockey Club
Chamonix devient réellement compétitif dans les années 20, après avoir formé durant 10 ans des jeunes joueurs. La première victoire du CHC n’est qu’une affaire de temps. Elle arrive en 1923 grâce à deux magnifiques buts de Léon Quaglia. Entre-temps, la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc accueille la Semaine Internationale des Sports d’Hiver (rebaptisée première édition des Jeux Olympiques d’Hiver) et le Chamonix Hockey Club opère un notable changement de couleurs. Chamonix continue de glaner les titres, porté par les Quaglia, Hassler et Claret, avec une équipe 100% locale (1924, 1925, 1927, 1929, 1930 et 1931).
L’abnégation Chamoniarde sera néanmoins payante puisque l’équipe obtient trois titres de champion de France pendant la guerre en 1939, 1942 et 1944. Chamonix, avec de nombreux jeunes joueurs, enlève deux nouveaux titres en 1946 et 1949.
Les Années 1950 et 1960 : Domination et Formation
En 1954, les trois étoiles Chamoniardes, Mimi Caillet, Jeannot Payot et Calixte Pianfetti, remportent une nouvelle couronne. Ils rééditent la performance en 1955, avant de déclarer forfait en 1956 à cause de nombreux joueurs pris par Lyon. En 1958, les instances dirigeantes interdisent aux Canadiens de participer au Championnat de France. Chamonix redevient champion en écrasant l’ACBB (11-3). Dans les années 50, la formation progresse. Le président chamoniard Marcel Claret décide de s’offrir les services de deux canadiens. Ces derniers détectent et forment une nouvelle génération.
Cette génération éclôt dans les années 60 et fait parler la poudre, en remportant 7 titres. Ils remportent notamment 6 titres consécutifs entre 1963 et 1968, ce qui constitue la plus longue série de titres de Champion de France de l’histoire. Durant cette décennie, Chamonix domine littéralement le hockey français… Jusqu’en 1968, date de l’éclosion du voisin Saint-Gervolain.
L'Apogée Chamoniarde : 1979
1979 marque l’année de la trentième couronne. Un titre historique en plusieurs points ! Tout d’abord parce que Chamonix était privé de plusieurs joueurs pendant presque toute la saison 1978/1979… Et surtout parce qu’il se joue sur un ultime match face à Saint-Gervais ! C’est le capitaine, Philippe Rey qui inscrit le but victorieux devant plus de 3 000 personnes ivres de bonheur.
L’équipe de Chamonix qui remporte ce trentième titre était composée par : Bernard Deschamps, Jean-Pierre Ronco, Jean-Yves Audibert, Christian Brighenti, Christophe Caillet, Michel Caux, Pierre Cheilan, Nicolas et Michel Claret-Tournier, Michel Colin, Olivier Druz, Jean-Claude Guennelon, Alain Mazza, Laurent Motin, Georges Orset, Patrick Ranzoni, Michel Pastore, Philippe Rey, Luc Tardif, Christian et Jacques Vouillamoz, sous la houlette de l’entraîneur Camil Gélinas.
Les Fusions et les Défis des Années 1990
Au début des années 90, le HC Mont-Blanc et les Français Volants disparaissant, Chamonix revient au-devant de la scène. En 1992, les haut-savoyards terminent second du championnat. En 1995, le championnat s’arrête en demi-finale pour les chamoniards, éliminés par l’étoile montante (et filante) Brest.
La Fusion HC Mont-Blanc
Pour lutter contre les clubs des grandes villes et en particulier contre le décollage des Français Volants, ce sont les deux derniers champions de France, Saint-Gervais et Megève, qui fusionnent pour créer le « HC Mont-Blanc », avec Bernard Goy comme premier président. Avec deux effectifs dans lesquels piocher, il y a de quoi constituer une invincible armada. Sans surprise les Aigles du Mont-Blanc écrase comme prévu le championnat en remportant tous ses matches dans le premier aller-retour et en battant tous les records d’invincibilité.
Après une première année de domination, l’équipe se renforce encore, avec notamment le retour de la légende locale (Philippe Bozon). Après être monté en puissance tout au long de l’année, le Mont-Blanc réalise un parcours parfait et s’impose en finale contre Briançon. Pierre Pousse est quant à lui récompensé du « Trophée Albert Hassler », récompensant le meilleur joueur de la saison.
La fusion au pied du Mont-Blanc se révèle non viable, après avoir consommé trois présidents en trois ans et avoir vite lassé le public haut-savoyard, orphelin des derbys d’antan et peu enclin à se passionner pour cette équipe sans racines. Après avoir joué la saison avec des jeunes et après avoir laissé partir les Franco-Canadiens. L’endettement reste cependant important et les deux municipalités de Megève et Saint-Gervais décident d’arrêter les frais.
Pour les deux clubs qui jouaient au très haut niveau avant la fusion et se battaient pour le titre de championnes de France, il faut presque repartir de zéro. La coordination des clubs de Saint-Gervais et Megève ne s’est pas faite sans peine, de même qu’une ligne politique commune entre les deux villes semble ardue à tracer.
Pour cette 2ème saison et à la surprise générale, Mont-Blanc termine champion, un succès bâti sur une impressionnante régularitée. Pourtant, la saison n’a pas toujours été une partie de plaisir. Les deux défaites à domicile contre Caen et Strasbourg au début de la poule finale n’ont pas engendré de crise ni de panique. Le Mont-Blanc montre sa capacité à réagir au pied du mur et à répondre présent dans les grands rendez-vous.
Solide en défense, s’appuyant sur un très bon Arnaud Goetz dans les cages, le Mont-Blanc fait parler son expérience, symbolisée par les anciens Carry et Fleutot, qui ne doivent pas faire oublier la qualité des jeunes comme Bastien Sangiorgio. Le pari est gagné pour l’entraîneur-joueur Stéphane Barin, qui a très souvent ouvert la voie et montré le chemin sur la glace.
Le Renouveau et les Défis Contemporains
Après des années difficiles, Chamonix ressurgit à la lumière en 2005, en retrouvant le championnat de Ligue Magnus qu’il avait quitté durant quelques saisons. En 2008, la Fédération crée le Temple de la Renommée du Hockey Français. Bien qu’il ne joue plus les premiers rôles, le CHC se maintient en division élite et est capable de certains coup d’éclat comme l’accession en demi-finale du Championnat en 2012 (éliminés par Grenoble). En 2014, ils iront même se hisser en finale de Coupe de la Ligue.
La Fusion Chamonix-Morzine
Le 13 avril 2016, le Chamonix Hockey Club et le Hockey Club Morzine-Avoriaz-Les Gets annonçaient la fusion des deux clubs pour la prochaine saison de Saxoprint Ligue Magnus. L’objectif ? Mettre à l’honneur notre héritage et celui du hockey sur glace.
Né de l’alliance de deux clubs historiques, le CMHC est le dernier représentant du hockey « élite » en Haute-Savoie, département « pionnier » et berceau de la discipline. Le nouvel univers de marque véhicule les valeurs fortes de notre territoire et celles de la montagne : le rêve, l’aventure, la conquête.
Cette fusion, approuvée par les deux municipalités et le Conseil Départemental de la Haute-Savoie, va permettre au hockey haut-savoyard de nourrir de nouvelles ambitions sportives sur les années à venir. La Skoda Arena de Morzine et la patinoire Richard Bozon de Chamonix seront donc les deux enceintes « domicile » du club, avec une alternance au niveau du calendrier !
Pour cette saison 2016/2017, le « camp de base » de l’équipe sera localisé à Chamonix, avec des entraînements principalement à Richard Bozon. L’équipe effectuera ses entraînements à Morzine la veille de chaque match à la Skoda Arena. Une étoile est née ! Le hockey est un sport de montagne et de traditions.
Malgré ses ambitions, le club unifié ne trouve pas son équilibre sur la glace. Bien que capable de belles performances, le groupe haut-savoyard n’est pas au rendez-vous et termine à la dernière place d’une saison laborieuse. Repêchés après la rétrogradation administrative de Dijon, les Pionniers évitent la relégation en 2ème division et peuvent finalement rester en élite. Parallèlement, Morzine annonce son retrait du club.
Les saisons suivantes voient l’esprit de conquête regagné peu à peu les rangs des Pionniers de Chamonix Mont-Blanc ! Entre 2019 et 2025, Chamonix est régulièrement en ballotage entre le Top 8 (playoffs) et la poule de maintien. La saison 2025/2026 est la 10ème sous l’emblème des Pionniers !
Le Chamonix Hockey Club Aujourd'hui
Évoluant au sein du championnat de France de hockey sur glace, cette formation de renom est basée à Chamonix-Mont-Blanc, commune sise en région Auvergne-Rhône-Alpes. Au fil de son histoire plus que centenaire, le Chamonix Hockey Club a accumulé un palmarès impressionnant qui force le respect dans le monde du hockey sur glace français.
Les Chamois, surnom donné aux joueurs du club, ont été couronnés champions de France à 30 reprises, un record absolu dans l'histoire du championnat hexagonal. Le club est également détenteur de quatre Coupes de France, qui sont venues garnir son armoire à trophées au cours des années.
Le club dispose d'un centre de formation de qualité, où les jeunes joueurs peuvent développer leur potentiel sous la houlette de professionnels expérimentés. Dès l'âge de 4 ou 5 ans, les enfants peuvent intégrer l'école de hockey du Chamonix Hockey Club. Encadrés par des entraîneurs diplômés, ils apprennent les rudiments de ce sport passionnant en toute sécurité.
Les Chamois possèdent une base solide de supporters fidèles qui, grâce à leur engagement et leur passion pour leur équipe, donnent âme et vie à chaque rendez-vous sportif. Outre la ferveur populaire, le développement et la pérennité du Chamonix Hockey Club sur la scène nationale peuvent également s'appuyer sur l'implication de partenaires financiers locaux.
Tableau des Titres du Chamonix Hockey Club
| Compétition | Nombre de Titres |
|---|---|
| Championnat de France | 30 |
| Coupe de France | 4 |
Grâce à son palmarès impressionnant, ses installations modernes et performantes, sa politique de formation efficace et le soutien continu de ses supporters et partenaires locaux, le Chamonix Hockey Club parvient à se maintenir au sommet du hockey français. À n'en pas douter, cette institution régionale continuera à marquer l'histoire de ce sport en France dans les années à venir.
Les Clubs Voisins et la Rivalité
Situé non loin de Chamonix, le club de hockey d'Annecy est un autre acteur majeur de la discipline dans la région. Étant voisins géographiquement, les équipes du Chamonix Hockey Club et du club de hockey d'Annecy entretiennent une rivalité aussi bien sportive qu'amicale sur et hors de la glace. Les affrontements entre ces deux formations sont toujours très attendus et souvent indécis, sans compter l'engouement des supporters des deux camps qui accompagnent leur équipe respective.