Le Céret Sportif Vallespir, club de rugby emblématique des Pyrénées-Orientales, a une histoire riche et passionnante. Commune à la frontière espagnole, Céret est le seul club de rugby des Pyrénées-Orientales en Fédérale 1. Le fruit d'un engagement sportif et bénévole sur plusieurs générations.

Deux dates clés : 1993 et 1998
1993 et 1998. Deux années qui resteront gravées dans l'histoire du club. Pour rappeler ces titres de champions de France de fédérale 2, une grande fête est prévue samedi.
En juin 1993, le CS remportait son premier titre de champion de France de fédérale 2 contre Sigean. Le Brennus décroché au stade Gilbert-Brutus à Perpignan avait été porté en triomphe pendant au moins les quinze jours qui ont suivi la victoire. Dans une ville enthousiaste, les Balastéguy, Sanchez et consorts ne se sont pas privés de célébrer cette première ligne gravée au palmarès du club. Une célébration partagée avec la population et qui reste encore dans les mémoires. "Une bringue ininterrompue, ou presque jusqu'à la feria", se souvient Jean-Louis Albitre, président du club au moment de cette épopée fantastique.
En 1998, le CS s'est en effet imposé face à Blagnac, soulevant ainsi le deuxième Brennus de son histoire devant plusieurs centaines de supporters qui avaient fait le déplacement jusqu'à Blagnac. Une consécration pour les cadres de l'équipe, auteurs d'un formidable doublé.
Une centaine de joueurs et de dirigeants, d'hier et d'aujourd'hui assisteront à ces retrouvailles. Pour trinquer ensemble et évoquer ces moments historiques du Céret Sportif.
Ceret sportif la présidente
Une bande de copains
Une épopée menée par une bande de copains. Car c'est bien cela, la marque de fabrique du CS. "Des Cérétans, pour la plupart et qui s'étaient sorti les tripes pour ramener le Brennus", poursuit l'actuel adjoint au maire. Complices sur le terrain, les joueurs l'étaient également en dehors. Et c'est ce qui a fait leur force. Une amitié qu'ils entretiennent encore aujourd'hui.
Et puisque huit joueurs de cette exceptionnelle cuvée 93 ont réédité l'exploit cinq ans plus tard face à Sarlat, c'est tout naturellement que les deux équipes seront mises à l'honneur.
Michel Koniek : Un coach passionné
Si vous souhaitez interroger un coach qui ne pratique pas la langue de bois, le plus simple est de contacter directement Michel Koniek, à la tête du Céret Sportif pour la troisième saison consécutive. Celui qui travaillera cette année encore au côté de Florent Roig nous parle sans détour de cette longue intersaison : « On n’a pas fait grand-chose. La reprise s’annonce difficile. Certains gars ne se sont pas entretenus seuls et ont pris de l’embonpoint, jusqu’à dix « bombes ». Il va falloir les reperdre maintenant ».
Mais la structuration ne s’arrête pas là, comme l’explique le technicien catalan originaire de Châteaurenard: « On veut créer un grand club catalan sur le Vallespir. A l’heure actuelle, on a un terrain pour faire fonctionner une quinzaine d’équipes. Ce n’est plus possible. On cherche donc à s’associer avec Le Boulou, Prats de Mollo, Arles sur Tech et Amélie les Bains, ces trois derniers clubs travaillant déjà de concert sur les jeunes. Le but est d’utiliser les structures existantes aux alentours plutôt que d’avoir à construire un nouveau stade ».
Si nul ne doute que l’équipe sera compétitive, Michel Koniek admet néanmoins : « Je pense qu’on va vivre une saison compliquée après une aussi longue coupure, d’autant plus qu’on reprend le championnat très tôt, début septembre ».
« Tous Charly » : Hommage au docteur du club
Le rugby français aime ses légendes. Au Céret Sportif Vallespir, ils sont « Tous Charly ». Plus précisément, Charles Haiech, le docteur du club, donc Charly pour les intimes. Une fois de plus, « el metge », sort de la mêlée : doyen des toubibs du rugby en France, à 93 ans !
Médecin-généraliste-obstétricien à la retraite en 1999, et au chevet des rugbymen vallespiriens depuis 57 saisons… « J’ai soigné plusieurs générations de joueurs, des grands-pères, leurs fils et leurs petits-fils. Le rugby, c’est une affaire de famille… » Toujours aux petits soins des joueurs, mais aussi, leur confident, psychologue, conseiller en tout, ami fidèle.
Charly Haiech, amoureux inconditionnel du vin et diplômé d’œnologie, reçoit dans sa grande maison du centre-ville de Céret. En rentrant à gauche, son bureau. Un lieu quasi-sacré où défilent sans mi-temps, les séniors et espoirs bleu et blanc. Sur son bureau, s’entassent pêle-mêle, des livres et autres documents de médecine, des objets. Aux murs, un portait de lui peint par sa belle-sœur. Sur l’étagère, des médailles, des photos d’équipes du CSV. Tout un petit monde qui prend la pose pour l’éternité. Du fond des tripes de l’ovalie.
Pour comprendre ce « Sempre endavant », il faut remonter le temps jusqu’en 1932. C’est cette année-là que commence l’histoire de Charly Haiech.
Centenaire du club
Pas loin de 150 personnes, dirigeants d'hier et d'aujourd'hui, joueurs de tous âges, les filles du basket, des anonymes aussi, des amoureux du Céret Sportif et qui ont tenu à participer à cette photo historique illustrant les cent ans du club. Acteurs pour quelques minutes seulement de cette page qui se tourne. Et c'est à l'aide d'un drone que le club a immortalisé ce moment en disposant la foule de telle sorte qu'elle forme le chiffre cent. Le cliché restera dans les annales. Et de nombreuses manifestations sont prévues dès le mois de décembre pour célébrer ce centenaire. Un événement qui doit aussi rassembler tous les fans de ce club.
