La NBA a été rythmée par des rivalités inusables. Les batailles épiques entre les Boston Celtics de Larry Bird et les Los Angeles Lakers de Magic Johnson dans les années 80 sont mythiques et uniques. Oser comparer un duel d’aujourd’hui à ceux cultes d’hier relèverait donc du blasphème.
Tout le monde voulait voir Boston jouer contre les Lakers à l’époque. Tyronn Lue, le coach des Cavaliers, risque : "Je pense que de nos jours, beaucoup de gens veulent regarder Golden State contre Cleveland".


Le rapprochement a beau être contesté, notamment par James lui-même, il est inévitable. Parce que les chocs entre les Warriors et les Cavaliers ont tous les atouts pour s’inscrire dans la lignée des plus grandes rivalités NBA. Si ce n’est même, peut-être un jour, la plus grande.
LeBron James vs Stephen Curry la rivalité qui a changé l’histoire de la NBA
Une Rivalité des Temps Modernes
L'histoire de cette confrontation tient en deux volets dont les storytellers américains sont friands : des trajectoires opposées et quelques punchlines bien senties. Une rivalité des temps modernes.
L'« Élu » et le gringalet
Le 31 mai 2018, d'un mouvement de bras, James repoussait Curry tel un vulgaire nuisible. « Il m'a chambré, je l'ai chambré en retour », justifiait le Warrior. La séquence, enregistrée à la fin du premier match de la finale (remportée 4-0 par Golden State face à Cleveland), souligne parfaitement le contraste physique sur lequel les deux joueurs ont bâti leur carrière.
James, 18 ans seulement, avait débarqué en 2003 en NBA dans la peau de « l'Élu ». Sa carrure de rêve (2,06 m, 110 kg) l'a façonné en machine de guerre. À Cleveland, sa ville de cœur, il s'est immédiatement transformé en superstar. Son départ pour le Miami Heat (2010), maladroitement mis en scène et très critiqué, lui a permis d'enchaîner les finales et d'enfiler ses premières bagues.
À l'inverse, Stephen Curry n'a pas toujours été sous le feu des projecteurs. Sélectionné en 7e choix de la draft 2009, le fils de l'artificier Dell Curry est vite devenu un des plus sûrs espoirs du pays. Meneur-scoreur, titulaire dans une équipe en reconstruction, son image a pâti du manque de progression de la franchise. Cinq entorses de cheville lors de la seule saison 2011-2012, malgré deux opérations, l'ont ensuite relégué au second plan.
« Il a un des meilleurs systèmes nerveux avec lesquels j'ai travaillé, livrait Lyles. C'est pour ça qu'il est si bon golfeur, bon bowler, excellent shooteur. » « Il a pris conscience qu'il devait prendre soin de son corps, que son corps c'est sa carrière », soulignait Dell Curry, tandis que le fiston multipliait les heures en salle de musculation, un sacrifice consenti par LeBron James depuis de nombreuses années déjà.
Du splash aux clashes
Cette refonte physique a été magnifiée par une autre révolution : le retour du run n'gun, philosophie fondée sur le jeu et les tirs rapides. Avec Klay Thompson, Curry a formé les Splash Brothers. Deux éléments incontrôlables, effroyables d'adresse longue distance, dans un système exploité par l'entraîneur Steve Kerr, adepte du tir de loin lorsqu'il évoluait chez les Chicago Bulls.
Pendant ce temps, « LBJ » secouait la planète NBA d'une déclaration d'amour pour Cleveland : « Je reviens à la maison », déclarait-il à Sports Illustrated le 11 juillet 2014. « Quand je suis parti, j'étais en mission, s'excusait-il. Je voulais des titres, j'en ai gagné deux. Le plus important pour moi est d'en ramener un au nord-est de l'Ohio. » Avec Kyrie Irving et Kevin Love, il devait garnir un peu plus son armoire à trophées.
Ils ne remporteront qu'une bague, surclassés par le style de jeu décapant des Warriors que leur Small Ball propulse vers un bilan impressionnant en 2015 et un premier titre de champion en quarante ans. James semblait désabusé, trop seul aussi - Irving et Love étaient blessés - lors de la finale. « Je ne pense pas qu'ils ont été meilleurs que nous ou mieux coachés, tempéra-t-il ensuite. Je pense que nous n'avions pas les moyens de résister. »
En minimisant ce sacre, l'ailier a déclenché une bataille de petites phrases.
Un MVP au rabais, une revanche et des pierres tombales
La banderille, plantée par Stephen Curry en janvier 2016 au moment de revenir à Cleveland, théâtre du titre des Warriors l'été précédent, lui valut un retour de flamme quatre mois plus tard. Fraîchement désigné MVP de la saison régulière, il fut privé de la pleine reconnaissance de ses pairs, notamment pour sa tendance à s'effacer dans les grands matches.
« Si on parle de "valuable" (de valeur), alors les débats sont différents », avait lancé James.
À l'heure des retrouvailles lors de la finale 2016, le leader de Cleveland s'était refusé à faire des Californiens des rivaux.

Le scénario de la finale, électrisant et ponctué par une victoire au match 7 des Cavs pourtant menés 3-1, a ramené James à la même hauteur. Redevenu la tête d'affiche, candidat relancé au titre honorifique de meilleur joueur de l'histoire, il a flatté son orgueil quelques mois plus tard : une poupée à l'effigie de Stephen Curry à piétiner et des cookies ornementés de pierres tombales gravées aux noms de Curry et Thompson ont ainsi décoré la soirée d'Halloween organisée chez lui en octobre.
L'arrivée de Kevin Durant lors de l'été 2016 a propulsé la franchise de San Francisco au rang de dynastie. L'attelage Curry-Thompson-Green-Durant, qualifié de « Superteam » a écrasé les finales 2017 et 2018, face à un James impuissant et résigné. Avec trois titres en poche, Curry est devenu l'égal de celui qu'il considérait comme un mentor lorsqu'il jouait pour l'université de Davidson. L'émergence rapide du meneur « a contesté le statut de LeBron », estimait en juin 2018 Klay Thompson. Et d'ajouter, pour expliquer cette relation qui a fini par frustrer son coéquipier : « Je pense que ça chauffe LeBron et d'autres joueurs de voir toute l'attention dont Stephen a bénéficié en peu de temps. Et à cause de ça, ils veulent le descendre, le rabaisser. »
Warriors-Cavaliers, une rivalité bien réelle
Demandez à LeBron James s'il pense que les Warriors et les Cavaliers ont réussi à créer une rivalité digne de ce nom, et le «King» vous répondra très probablement «non». Il est peut-être le seul joueur à le penser, et de nombreux éléments lui donnent tort. Opposés lors des Finales 2015, 2016 et 2017, elles sont les premières franchises de l'histoire de la NBA à se disputer le titre sur trois saisons consécutives. Même les Lakers et Boston n'ont jamais fait mieux que deux Finales d'affilée.
S'il faut encore convaincre LeBron James, il serait peut-être suffisant de lui rappeler les propos de Green dans la foulée du titre remporté en 2015. «Les Cavaliers sont nuls», avait envoyé l'intérieur. Plus étonnant encore, Stephen Curry avait également adressé une petite pique à Cleveland à la veille du premier affrontement de la saison 2015-2016 en avouant espérer que «le vestiaire des Cavaliers sente encore le champagne» puisque les Warriors y avaient remporté leur sacre.
Dans le camp des Warriors, c'est dans la bouche de Draymond Green que Cleveland est devenu un adversaire différent des autres. «Oui je pense qu'il y a une rivalité, a-t-il lâché après la victoire face aux Cavaliers lors du Martin Luther King Day. C'est ce que je pense. Une équipe que vous battez, qui vous bat, c'est assurément sympa. Si vous regardez les deux dernières saisons et celle-ci, nous avons été les deux meilleures équipes de la Ligue. Je vois ça comme une rivalité et c'est vraiment sympa de les jouer mais je m'en fiche de savoir si les gens pensent la même chose.»
Bien que très récente, la rivalité entre Cleveland et Golden State a pris de plus en plus de poids grâce à la qualité des matches proposés, en saison régulière et pendant les Finales. Les coups bas échangés entre LeBron James et Draymond Green ces deux dernières années ont offert la dimension physique indispensable à toute rivalité digne de ce nom. Cleveland et Golden State ne devraient de surcroît pas décliner dès l'année prochaine, offrant la promesse d'une opposition singulière qui va durer encore.
La jalousie envers Stephen Curry au coeur de la rivalité
Il faut comprendre que la rivalité dépasse les équipes impliquées. Elle est aussi centrée sur Curry et James. Deux des meilleurs joueurs du monde, et de loin les plus populaires. Ce ne sont plus seulement des superstars mais aussi des icônes marketings. Des produits.
Si tout ne les oppose pas comme Larry Bird, le blanc issu d’une ferme de l’Indiana, et Magic Johnson, afro-américain originaire du Michigan, ils ne sont pas non plus amis comme l’étaient les deux figures emblématiques des années 80. LeBron a été élevé par sa mère dans les quartiers les plus pauvres de l’Ohio alors que Stephen est le fils d’un ancien joueur NBA. L’un est présenté comme un prodige depuis son adolescence alors que l’autre a explosé sur le tard. Et c’est justement cette exposition soudaine qui a suscité chez James une forme de jalousie envers Curry.
Pendant longtemps, LeBron considérait le meneur de Golden State comme un “petit frère“. Il ne lui parle plus aujourd’hui. En devenant en quelques mois seulement la nouvelle coqueluche de la NBA, Steph a empiété sur le terrain de son aîné. Personne ne l’avait vu venir. De la même manière, personne n’avait imaginé les Warriors prendre une telle dimension lorsque James a rejoint les Cavaliers en 2014. Il devait ramener un titre dans l’Ohio, ce qu’il a fait, mais aussi prendre le contrôle total de la ligue. Le tout dans l’optique de chasser pour de bon le fantôme de Michael Jordan. Un rêve, un objectif même, sérieusement mis à mal par l’ascension des Californiens.
Avec quatre All-Stars de moins de trente ans, les Warriors sont partis pour croiser (et barrer ?) la route du King pendant un bon bout de temps.
Ce troisième acte de cette rivalité de plus en plus établie n’est donc peut-être pas le dernier. Nous nous ne nous en rendons sans doute pas compte mais nous avons de la chance d’être les témoins de pareils duels.
Les Cavaliers et les Lakers : un Choc au Sommet
Le monde du basketball frémit d’impatience à l’approche d’une rencontre au sommet. Le 31 octobre 2024, les Cleveland Cavaliers et les Los Angeles Lakers, deux géants de la NBA, s’affronteront dans un match qui s’annonce d’ores et déjà légendaire.
Cleveland et Los Angeles, ce n’est pas qu’une simple opposition sportive. C’est l’affrontement de deux villes emblématiques, de deux cultures, de deux histoires. Des matchs serrés, des retournements de situation incroyables, des exploits individuels : les face-à-faces entre Cavaliers et Lakers ont souvent tenu toutes leurs promesses.
Impossible d’évoquer ce choc au sommet sans mentionner LeBron James. Chaque fois que je retrouve Cleveland sur un parquet, c’est un moment spécial, chargé d’émotion.
Côté Cavaliers, le prodige français Victor Wembanyama sera très attendu. Les Lakers pourront quant à eux compter sur leur redoutable trio James-Davis-Irving. Un Big Three taillé pour les grands rendez-vous, capable de prouesses offensives comme défensives.
Au-delà du spectacle et des émotions, ce choc Cavaliers-Lakers pourrait bien peser lourd dans la course aux playoffs. À l’aube de la saison, les deux franchises font figure de favoris dans leurs conférences respectives.
L’enjeu sportif, couplé au poids de l’histoire et au talent des acteurs, promet une rencontre d’une intensité rare. Les gars sont ultra-motivés, ils veulent montrer dès le début que les Lakers seront l’équipe à battre cette saison. Alors, prêts à vivre ce nouveau chapitre de la rivalité Cavaliers-Lakers ? Rendez-vous le 31 octobre pour un match qui s’annonce déjà inoubliable ! Une chose est sûre : ce soir-là, le Rocket Mortgage Fieldhouse de Cleveland sera le centre névralgique du basketball mondial. Deux titans, une rivalité ancestrale, des stars en pagaille… Le cocktail parfait pour une soirée mémorable!

Comparaison des statistiques clés
Voici un aperçu comparatif des statistiques clés de LeBron James et Stephen Curry :
| Statistique | LeBron James | Stephen Curry |
|---|---|---|
| Titres de MVP | 4 | 2 |
| Titres de MVP de la finale | 3 | 0 |
| Sélections au All-Star Game | 16 | 6 |
| Titre de meilleur marqueur de la saison | 1 (2008) | 1 (2016) |