Cédric Doumbé : Parcours d'un Champion, du Kickboxing au MMA

Cédric Doumbé, surnommé "The Best", est une figure emblématique des sports de combat français. Son parcours, riche en défis et en succès, témoigne d'une détermination sans faille et d'un talent exceptionnel.

Dans son autobiographie sortie le 30 octobre, Cédric Doumbé se dévoile, offrant un regard authentique sur son parcours. Il n'hésite pas à raconter son enfance, ses rêves, mais aussi ses doutes et ses échecs, permettant ainsi au lecteur de découvrir l'homme derrière le champion.

MMA : le jour J pour Cédric Doumbé !

Des Racines Camerounaises à la Scène Internationale

Né en 1992 à Douala, au Cameroun, Cédric Doumbé a quitté son pays natal à l’âge de 9 ans pour s’installer en France. C'est à 16 ans qu'il découvre le full contact, discipline de boxe pieds-poings proche du kickboxing : « Je savais que je serais champion parce que je le voulais. »

C'est à 17 ans qu'il fait ses premiers pas dans le monde du pied-poings, un univers qu'il va rapidement dominer. Les premiers succès arrivent tôt, en junior, avec un premier podium en championnat de France.

Après quelques victoires, un choix s’impose. Le full contact est en plein déclin pendant que les opportunités pleuvent en kickboxing. Cédric quitte les rangs amateurs très rapidement et effectue à 20 ans ses premiers affrontements professionnels.

« Le full contact s’éteignait à petit feux. Le kickboxing devenait plus connu et lucratif et les organisations ne proposaient que ça » Explique Doumced qui fait alors le choix décisif, et courageux, de changer de sport bien qu’il s’était hissé parmi les meilleurs mondiaux.

Il poursuit : « Ce n’était pas mon style de base. Le passage a été très difficile à la salle. Il a fallu comprendre le jeu. Ce n’est pas parce que l’on connaît les règles que l’on a compris comment « jouer ». C’est tout un état d’esprit à acquérir.

Dès lors, Cédric fait tout pour progresser. Il voyage en Hollande, en Belgique et aux Etats-Unis avec la volonté de se frotter aux meilleurs. Les résultats sont au rendez-vous.

De 2013 à 2016, il remporte les prestigieux tournois A1 Grand Prix et Partouche Kickboxing Tour avec la manière. Sur et en dehors du ring, Cédric ne passe jamais inaperçu.

En juin 2015, lorsque le GLORY appelle Cédric pour un remplacement de dernière minute, il n’hésite pas une seconde. Il savait que la plus prestigieuse organisation de combat au monde (juste derrière l’UFC), lui tendrait un jour les bras : « J’ai toujours eu confiance en moi. J’ai toujours cru au destin. Je savais que j’étais prédestiné à faire de grandes choses dans ce sport. C’était la récompense de mes efforts.

Pour sa première sortie, il perd contre le suisse Yoann Kongolo. Rien de grave, il continue son chemin et enchaîne des victoires jusqu’à ce que le GLORY le rappelle pour un gros combat, début 2016.

Il bat alors le challenger numéro un, Murtel Groenhart et bénéficie d’une chance directe pour le titre, sans passer par l’habituel tournoi qualificatif. « A l’époque, on pouvait voir cela comme un cadeau empoisonné. Personne ne s’attendait à ce que je gagne. Je voulais tout faire pour aller à la ceinture.

Sans doute motivé par sa position d’outsider aux yeux du public, Cédric livre le combat de sa vie contre le très respecté, et invaincu depuis 6 ans, Nieky Holzken : « Mon meilleur souvenir reste la première ceinture du GLORY parce que ma mère était présente. Quand je l’ai vu heureuse, c’est la meilleure des récompenses. Je lui avais livré mes craintes, mes doutes. Je lui avais confié ne pas être sûr de gagner. C’est la première fois qu’elle me voyait incertain.

Après l’ascension et la conquête du titre, le plus dur reste à faire : se maintenir au sommet.

Avec un palmarès de 75 victoires (dont 45 par KO), 7 défaites et 1 nul, il est devenu l'un des kickboxeurs les plus titrés de sa génération.

Il avait détrôné le champion hollandais Nieky Holzken, invaincu depuis 6 ans. Le 10 décembre 2016, Cédric Doumbé entre dans l’Histoire en devenant le premier français champion du monde au GLORY. Il enfile alors le costume de champion, sans pour autant perdre la gouaille qu’on lui connaît.

L’année 2017 avait bien commencé avec deux défenses de titres, contre le Suisse Yoann Kongolo et la revanche remportée contre Holzken.

Fin août 2017 à Chicago, le hollandais Murtel Groenhart stoppe le règne de Cédric. Le français garde un goût amer : « J’ai perdu cette ceinture injustement. Elle est depuis passée de main en main, sans que personne ne réussisse à la conserver. Tout simplement parce que je suis le plus fort. »

A la vue du combat, on peut comprendre. Doumbé avait réussi les frappes les plus marquantes, sans pour autant obtenir la faveur des juges. Un revers qu’il a plus que jamais envie de gommer :« Je vais remettre les pendules à l’heure. J’ai fait quelques erreurs.

Le 9 mars 2019, Doumced veut montrer au monde qu’il est bien le numéro un. Il a depuis identifié les erreurs qui l’ont mené à la perte de son titre. A ce niveau-là de la compétition chaque détail compte.

Hors du ring, une multitude de facteurs peut modifier l’issue du combat : « J’ai fait des erreurs avec ma diététique et ma perte de poids. Je gérais mal cette étape. Mais depuis, j’ai pris une nutritionniste et j’enchaîne maintenant les KO. J’ai retrouvé le Cédric de base : avec le punch ! »

Depuis la perte de sa ceinture mondiale, Doumbé a enchaîné 5 combats : 4 victoires dont 2 par KO et une défaite contre Alim Nabiev.

Passage au MMA : Un Nouveau Défi

Nous sommes en 2021 quand Cedric Doumbé décide de se lancer dans le MMA, une discipline qui gagne en popularité en France. Il débute sa carrière dans cette nouvelle discipline avec une série de victoires impressionnantes, remportant ses six premiers combats.

Son style agressif et son sens du spectacle grâce aux trash talk font de lui une figure incontournable du MMA français.

Depuis quelque temps, Doumced s’intéresse en effet de près au MMA. Conscient qu’il aborde un sport différent avec sa propre logique interne, il s’entraîne régulièrement et n’hésite pas à aller se frotter aux meilleurs, là encore : « Ce n’est pas du tout du pied-poings avec de la lutte et du sol. C’est un sport à part entière. C’est très compliqué. L’instinct du pieds-poings sert, mais pas les combinaisons en tant que telles, c’est très difficile d’en mettre, on se fait saisir. Avec les petits gants, au moindre coup, tu peux tomber. L’approche est totalement différente.

Pour moi, la plus grosse partie en MMA ce n’est pas le striking, c’est la lutte, le sol, le corps-à-corps. C’est ce qui nous manque en tant que kickboxer.

On l’a récemment vu partager des photos d’entraînement au MMA Factory, aux côtés de champions comme Francis NGannou ou Taylor Lapilus ou encore à l’American Kickboxing Academy, célèbre écurie de MMA aux Etats-Unis. Dans cette discipline aussi, il affiche clairement ses ambitions.

Le Trash-Talking : Une Stratégie Payante

Tout champion est persuadé d’être le meilleur. C’est même à cela qu’on les reconnaît. Ce qu’une partie du public reproche à Cédric Doumbé, c’est de le dire haut et fort.

Sur les réseaux sociaux celui que l’on surnomme Doumced s’éclate avant chaque combat. Photomontages du futur adversaire, moqueries, caricatures, phrases chocs… tout y passe !

Quand il ne l’écrit pas sur les réseaux sociaux, Cédric porte fièrement un tee-shirt floqué de son slogan : « Je suis le meilleur alors que le meilleur gagne.

Le trash-talk fonctionne s’il est naturel et s’il fait réagir. Au vu des réactions provoquées et des barres de rire du public, il excelle comme sur le ring.

Doumced dépoussière les codes de la boxe pieds-poings, trop souvent anonyme dans le paysage du sport français.

Mais si on le reconnaît, c’est aussi parce que les paroles sont suivies d’actes :« J’ai été beaucoup critiqué au début. Mais le public français m’a accepté. Il n’a pas eu le choix de toute façon. Ils ont vu que je faisais le travail derrière, que je n’étais pas qu’une grande gueule.

Comme d’habitude, Cédric n’accorde aucun crédit à son prochain adversaire : « C’est un boxeur qui a un seul atout : il frappe fort. Il a des enclumes dans les poings. Mais il a beaucoup de défauts, il n’est pas très intelligent dans sa boxe, pas rapide, pas technique du tout. Il n’a rien à part ses gros crochets. Sur le papier, il n’a rien pour me battre. Mais il faut que j’aborde ce combat comme un championnat du monde. La boxe ce n’est pas des maths. C’est difficile de ne pas le sous-estimer. Mais il faut prendre au sérieux chaque combat.

A quel Cédric Doumbé faut-il s’attendre ? Sur cette question aucun doute : « Dans les premiers rounds je vais esquiver et lui casser les jambes. Je ne vais pas chercher à mettre KO. Je vais d’abord lui briser les fondations pour ensuite, pourquoi pas, le mettre KO avec mon anglaise. Si le combat va aux points, je n’ai absolument pas peur de la décision.

Trop confiant ou juste réaliste ?

Défaites et Rebondissements

En mars 2024, il subit sa première défaite controversée contre Baysangur Chamsoudinov, suite à une blessure au pied provoqué par une écharde sur le ring. Un incident suite auquel il n'hésite pas à désigner Tony Parker en tant que responsable.

Il rebondit rapidement en mai 2024 en battant Jaleel Willis par TKO au premier round lors d'un événement Bellator à Paris.

Diversification : Téléréalité et Comédie

Certains ne s'en souviennent peut-être pas, mais Cédric Doumbé n'a pas fait sensation que sur les ring au cours de sa carrière. En effet, le champion figurait parmi les 14 candidats du jeu d'enfermement The Circle Game, diffusé en avril 2020 sur Netflix.

L'objectif pour les joueurs était de devenir populaire via un réseaux social créé pour l'aventure, et figurer en haut du classement des participants les plus appréciés.

L'enjeu ? Ne pas paraître parmi les moins appréciés, risquer d'être "bloqué", autrement dit éliminé, et passer à côté des 100 000 euros promis au vainqueur.

Malheureusement, c'est au bout du sixième épisode que Cédric Doumbé a été forcé de quitter l'aventure.

Cédric Doumbé figure au casting de la saison 5 de LOL : Qui rit, sort !.

A 9 ans, Cédric quitte le Cameroun et arrive en France, à Paris, avec un rêve. On l’imagine passionné de boxe, rêvant devant les plus grands champions du sport. Pourtant la réalité est toute autre : « Jamais de la vie ! Le rêve que j’avais c’était d’être un grand comédien. Et encore aujourd’hui.

Cédric développe très tôt le talent de faire rire, de se mettre en scène. Plus tard, il quitte Paris pour Angoulême sous l’impulsion de sa mère.

Avant d’être un boxeur je suis comédien. C’est ma passion. J’ai fait beaucoup de théâtre quand j’étais au lycée. Aujourd’hui si on me propose de tout lâcher pour une carrière dans le cinéma, je le fais. C’est ce que j’ai toujours voulu faire de ma vie, être comédien, faire du cinéma et mon truc à moi c’est l’humour. J’aime bien jouer la « comédie », interpréter un personnage, jouer un rôle. D’ailleurs je fais du stand-up et je participe à un événement d’éloquence qui s’appelle Tchatch qui est reporté au 29 septembre 2020.

Le stand up pour moi c’est jouer la comédie, c’est interpréter un personnage comme en kickboxing, ça rappelle aussi le côté sport individuel (seul sur scène) et je m’autogère, je suis libre d’interpréter qui je veux comme dans mon sport où en conférence de presse par exemple où je joue la comédie.

Dans le cinéma, le théâtre ou l’entertainment. Mais je ne me bride pas. Pourquoi pas même commencer maintenant, pendant ma carrière ? C’est quelque chose auquel je réfléchis.

L'Entourage du Champion

Aujourd’hui encore, Cédric n’a pas vraiment de salle ou de club d’attache. Il doit savoir s’entourer et acquérir les compétences nécessaires à la conduite d’une carrière de sportif de haut niveau.

Dans son entourage il compte tout de même German Talbeau, un matchmaker du kickboxing : « On s’est rencontré avant mon premier combat au GLORY et on ne s’est plus quitté. C’est mon pote et le meilleur teneur de paos en kickboxing ! »

Dans son coin, l’entraîneur belge du Queensburry Boxing Club, Samir Mahjoubi :« C’est en partie grâce à lui que j’ai compris le kickboxing.

A part ces deux valeurs sûres, Cédric confie avoir « toujours été seul ». A 26 ans, il trace sa route en prenant ses décisions, et avec la même ambition qu’à ses débuts : « Mon ambition, c’est de marquer l’histoire. En tant que premier français, et aujourd’hui encore le seul, à avoir été champion du GLORY. Je veux marquer l’histoire en gardant cette ceinture le plus longtemps possible. Je veux être un champion incontesté. Je me vois aller chercher une ceinture en MMA, revenir en kickboxing pour détrôner le champion… Créer une histoire !

Par exemple : J’ai un préparateur physique et une diététicienne mais je n’ai pas d’entraîneur, je n’en ai jamais eu depuis que je suis pro. J’ai toujours été un électron libre et j’ai appris à gérer seul. Ce qui est très rare dans mon domaine. A la base ce n’était pas un choix mais une fatalité, mais je me suis adapté et j’ai fait de cette faiblesse une force. J’ai été chercher et développer mes atouts lors de voyages pour acquérir le savoir dont j’ai besoin pour décrocher cette ceinture de champion du monde.

L'Image et les Valeurs

Quand on pense à Cédric Doumbe on a le sourire aux lèvres, donc je dirais tout d’abord l’humour qui fait partie intégrante de ma personnalité. Ensuite, la détermination mais aussi la modestie et le respect. En tant que sportif de haut niveau et surtout dans mon domaine où l’entertainment tient une place prédominante avec le trashtalk (provoquer son adversaire lors ou entre les compétitions sportives) autour d’un combat, les gens ont tendance à penser que je ne respecte pas mes adversaires. Non seulement je respecte mes adversaires mais je respecte aussi leur travail et tous les acteurs autour de ce sport. Le respect est pour moi la valeur primordiale.

Dans ma famille on dit beaucoup que je suis très difficile à vivre car j’ai ce sens des valeurs qui est très fort. Avec moi il n’y a jamais d’entre deux, soit c’est tout blanc ou tout noir. J’aime quand les choses sont carrées.

Je suis très investi. J’aime m’occuper de mes réseaux sociaux et je le fais avec plaisir. Ça me plaît d’interagir avec ma communauté. Aujourd’hui j’entretiens une communauté de plus de 100 000 followers et je suis aussi conscient du fait que cela fait partie du job. Dans mon sport, l’entertainment prend une place importante au storytelling. Je m’amuse en partageant ma vie, mes passions et en dévoilant ma personnalité.

J’ambitionne un rapport hyper proche avec les sponsors. Je ne veux pas juste un sponsor pour gagner de l’argent. J’ai envie de construire une relation. Je veux qu’on associe mon nom à une marque que j’ai choisie et qui me correspond. Par exemple, quand je pense à Under Armour, je pense à Anthony Joshua (boxe) et versa, et je trouve ça positif. Anthony Joshua et Under Armour, le partenariat et les valeurs partagées font sens mais j’aime bien aussi Floyd Mayweather qui lui est une vraie machine sponsoring mais qui sait y faire. Il s’est créé un vrai personnage. On va dire que je me retrouve un peu dans ces deux boxeurs. Je suis modeste et droit quand il le faut et extraverti et fou quand l’opportunité se présente et que cela peut m’apporter.

Mais plus encore, je suis conscient de l’influence que j’ai grâce à ma plateforme. J’ai envie de l’utiliser à bon escient avec des marques qui non seulement partagent les mêmes valeurs que moi mais qui me permettent aussi d’œuvrer réellement pour les causes qui font sens pour moi et qui me permettent de mettre à profit mes capacités, mon influence de façon positive.

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