L'AS Castelmoron est une institution bien ancrée dans la ville des bords du Lot. Elle affiche fièrement cinquante ans d'histoire, ponctuée de rebonds favorables et défavorables.

Localisation de Castelmoron-sur-Lot en France
Les heures de gloire du club
Parmi les heures fastes du club, la saison 1988 avec le titre de champion de France 2e série et la saison 2002 avec celui de 1re série, plus cinq boucliers du PA sont encore présentes dans toutes les mémoires. Quatorze ans après, les hommes du président Jean Escodo ont écrit une nouvelle page d'histoire en même temps qu'ils graveront le nom de cette bourgade des bords du Lot au fond de ce bouclier.
Au terme d'une finale qui avait mobilisé toute la vallée du Lot et plus, c'est sur les bords de l'Ariège que la bande à Jacques Alicot a été sacrée championne de France. Les Castelmoronnais n'en finissaient pas de s'étreindre, de s'embrasser, de laisser exploser leur joie à l'image du titre de champion de France de seconde série remporté en 1988.
Le match du sacre en 2002
Quatorze ans après, les riverains du Lot au terme d'une rencontre qui, sans atteindre les sommets, a tenu en haleine les 3.000 spectateurs jusqu'à son terme. Les « jaune et noir » n'ayant concrétisé leur emprise que par une pénalité de Dhérin (53e). Comme dans bien des finales, l'enjeu tuait le jeu. La deuxième période allait être plus enlevée, les hommes de Jacques Alicot et David mettaient la main sur le match sans toutefois parvenir à trouver la faille malgré les efforts d'une troisième ligne encore royale.
Les « vignerons » de l'Hérault ne lâchaient rien. Marlas perçait sur 40 m, les « rouge et noir » se mettaient à la faute et d'Hérin, des 25 m en face, ne tremblait pas, permettant aux siens de passer devant, 6-5. Ces derniers auront une occasion en or, un cinq contre trois était gâché par excès de précipitation (60e). Sur la relance qui suit, Daban se fait contrer, Montesinos sauve les siens, tel un footballeur, d'une situation délicate (65e).
Un point d'avance, la vallée du Lot est en ébullition, la victoire n'a pas choisi son camp. Le bouclier est là, si près, mais aussi si loin. Qui va être champion? D'Hérin a une occasion de faire le break sur pénalité, son coup de pied passe à côté. Dans les arrêts de jeu, pénaltouche pour Cessenon dans les 35 m lotois, Castel récupère une balle ô combien importante qui amènera sur l'action qui suit la pénalité du sacre, 9-5 (83e).
Il ne restait que deux minutes, il fallait gérer ces instants insoutenables pour une ville, un département et plus. Et il ne restait plus qu'à soulever, quatorze ans après, ce bouclier qui, voici quinze jours, a fui les mains du grand frère agenais.
Réactions après le match :
- Thierry Larroque (centre): « Je pense que les Héraultais ont laissé échapper le titre en première mi- temps, en ratant plusieurs pénalités en bonne position. »
- Eric Demaria (demi de mêlée): « Au vu de la saison, cette victoire est logique. L'enjeu et la pression ne nous ont pas permis de faire du grand spectacle. Nous avons eu quelques petits problèmes dans l'alignement car leurs deux grands nous ont fait du mal. »
- Gérald Biscaro (seconde ligne): « Notre point fort, c'était notre pack. Et nous avons su utiliser ce point fort même si le score est serré à l'arrivée. »
- Fabrice Belotti (capitaine): « Notre objectif dans cette finale c'était d'occuper le terrain et d'avancer avec des groupés pénétrants. Nous avons connu quelques petites défaillances en touche en voulant peut-être trop bien faire. Ce titre, c'est le fruit d'une grosse amitié dans le groupe. Ça fait trente ans que je joue au rugby et ça fait trente ans que j'attends ce jour-là. Je vais largement savourer ce bouclier. »
- Jean-Yves Marchand (talonneur): « C'est vrai que sur nos propres lancers, nous avons eu quelques pertes de balles. Avec le bruit et avec le vent, on s'est quelquefois mal compris. Malgré quelques fautes d'arbitrage, le groupe a fait preuve d'une grosse envie et d'un énorme mental pour ramener ce bouclier. C'est, bien sûr, mon premier titre de champion de France en seniors. »
- Frédéric Daban (centre): « On a su gérer dans cette finale où la force de notre pack a fait la différence. Personnellement, je ne sais pas ce que je ferai la saison prochaine. Je vais d'abord savourer ce titre. »
- Patrick Bonetti (seconde ligne, blessé): « Même si je n'ai pas eu la chance de disputer cette finale, je finis ma carrière par un bouclier. On a assisté à une vraie finale avec un énorme suspense. Je tiens à féliciter Cessenon qui a été un valeureux adversaire. »
- Daniel Mécatel (pilier): « Nous avons été gaillards dans cette finale. Même en étant réduits à treize en première mi-temps, même en étant menés au score 5 à 3, je n'ai jamais eu peur. J'étais très serein. Je tiens à remercier Jacques Alicot qui m'a fait décrouvir le rugby. Sans lui, je n'en serais pas là aujourd'hui. »
- Eric Molier (arbitre du match): « Je n'ai pas eu de problèmes majeurs dans cette finale. Les Héraultais ont raté le coche en première mi-temps, en ratant des pénalités faciles. Les Castelmoronnais ont dominé territorialement la seconde mi-temps. Ils méritent leur bouclier même si Cessenon était meilleur derrière. »
- Jacques Alicot (entraîneur): « Je suis, bien sûr, très heureux de cette victoire et de ce titre, une finale se joues sur des détails, nous gérons bien la deuxième période, adossés au vent, nous avons su jouer chez eux et les pousser à la faute. »
- Alain Merly (député, maire de Prayssas): « Quatorze ans après, c'est très beau après une saison remarquable, ce titre est le fruit du travail, on n'arrive pas là par hasard, cette fin de saison est le fruit des efforts consentis par les dirigeants, les joueurs et tous ceux qui ont permis à Castelmoron de devenir ce club structuré qui, aujourd'hui, est récompensé par ce nouveau titre de champion de France. »
- Jean Escodo (président): « Depuis que je suis président, c'est mon deuxième titre, c'est formidable pour tous; cela concrétise une superbe saison et les efforts consentis par le club tout entier. »
Composition des équipes lors de la finale
A AUTERIVE. Arbitrage de M. Molier, du comité Ile-de-France, assisté de MM. Temps gris et lourd, vent faborable à Cessenon en première période, terrain en parfait état. Public très nombreux.
- A. CASTELMORON: Helali (puis Bonetti), Marchand, F. Belotti (cap., puis Mekatel, 28e); Viel (puis Godefroy, 51e); Bories (puis Biscaro, 75e); Peyssonneau, Gary, Boulesques, De Maria (m), S.
- CESSENON: Cidre, Garriguen, Clerc, Cabron, Collot (cap.), Solano (puis Sola, 36e), Galinié, Cadena, Albert (m), Guarrigues (o), Décor, Cibre, M. Gomez, Petit (puis Armengaud, 68e), A.
Un nouveau cycle pour le club
Ainsi va la vie d'une équipe de rugby d'un village qui obéit souvent à des cycles. Pour éviter le pire, l'intersaison a vu l'arrivée de Christophe Lacombe à la présidence et de deux nouveaux entraîneurs, Philippe Laborde et Mickaël Poumerie, tous deux en provenance de Villeneuve. Ce duo, uni comme les 5 doigts de la main, a de bien légitimes ambitions pour mettre en place la structure.
La pioche a été bonne puisque, après une bonne entame de championnat et 11 rencontres, le club, avec au compteur 8 victoires et 3 défaites, occupe la 3e place de la poule, ce qui laisse augurer une qualification pour les phases finales. Des résultats qui comblent le président Christophe Lacombe : «Nos points forts sont la conquête et une belle organisation défensive. Avec un effectif de 35 joueurs, le staff procède à des rotations positives. Le groupe existant vit bien autour de ses leaders Ludo Sirba et Loïc Cassagne et, sur le plan sportif, on ne s'interdit rien.
On veut effectuer un bon parcours en poule de la Ligue Nouvelle-Aquitaine avec une qualification à l'appui ; ensuite poursuivre en championnat de France avec l'idée d'aller le plus loin possible. Après avoir connu une période difficile, le rugby à Castelmoron retrouve des couleurs et anime parfaitement la vie locale.
J'ai commencé le rugby à Castelmoron à 20 ans. J'ai joué dans ce club jusqu'à 35 ans. Ensuite, j'ai été président de l'école de rugby. Aujourd'hui, à 49 ans, je prends les commandes du club avec l'ambition de s'inviter à la fête du prochain printemps. Au vu des dernières saisons où l'équipe a commencé à se gripper, on s'est aperçu qu'il fallait apporter des nouvelles idées pour gagner le respect des autres équipes afin de répondre aux attentes. Il est des échecs qui nourrissent la réussite. Donc, il faut changer notre trajectoire et impulser une nouvelle dynamique.
Pour cela, nous aurons besoin que toutes les composantes du club soient unies et solidaires pour être forcément plus ambitieux sur le plan sportif et attractif. Pour ce nouveau projet, beaucoup de dirigeants et bénévoles nous ont rejoints. Nous avons nommé deux nouveaux entraîneurs. Les joueurs sont restés fidèles. Un seul départ pour une quinzaine d'arrivées. Nous avons essayé de partir sur un recrutement particulièrement ciblé avec des garçons où les profils étaient étudiés et dont l'état d'esprit nous convenait car ici, il n'est pas question d'argent. On joue pour le plaisir.
Côté recrues, 3 Monflanquinois, 1 Livradais, 1 Canconnais, 1 Villeneuvois qui possèdent chacun des qualités propres renforceront le groupe avec 3 juniors qui montent et 6 anciens joueurs qui rechaussent les crampons. Dans cette poule 3 de 2e série, nous allons découvrir de nouvelles équipes et un autre rugby avec les clubs d'Ychoux, Lacanau, La Brède, Villenave, Captieux, plus les Lot-et-Garonnais de Caudecoste, Buzet, Colayrac et Penne-Saint-Sylvestre. Le déplacement le plus lointain, c'est Lacanau et il faut relativiser car on s'aperçoit que quand vous allez à Payzac, Nontron ou autre, cela fait aussi loin. Finalement, cette poule où les quatre premiers seront qualifiés pour les phases finales du championnat de la ligue nous convient. Nous avons de grosses ambitions. On veut être champion départemental et champion de la ligue pour monter en 1re série et ensuite faire un très bon parcours en championnat de France.
Objectifs du club :
- Être champion départemental
- Être champion de la ligue pour monter en 1re série
- Faire un très bon parcours en championnat de France
Hommage à Yvonne Labaisse
« Mamie » Yvonne Labaisse s’en est allée vers sa dernière demeure lundi 30 septembre, à l’âge de 92 ans. « Mamie » est une grande dame du tissu associatif. L’ex-président du club jaune et noir, Jean Escodo, se souvient : « Je l’ai rencontré pour la première fois à l’automne 1970, à l’ancienne salle de la mairie, pour la première réunion qui lançait l’idée de création d’un club de rugby dans le village. Cela a été le point de départ d’une belle histoire, d’une grande amitié. »
Plus jeune Francis, son époux, jouait au rugby en Dordogne, au poste de pilier. « Sa relation avec le ballon ovale était déjà une passion puisque “Mamie” l’a toujours laissé partir quand on venait le chercher. Francis devait aller jouer sinon l’équipe allait déclarer forfait. Quarante ans de bénévolatYvonne Labaisse a participé à construire le club ASC XV. C’est dans sa cave que les premières réunions de dirigeants ont eu lieu.
A la retraite de Francis, ils sont allés habiter une maison proche du premier terrain du club de rugby l’ASC XV à Gazaille. Dans leur garage, ils ont lancé les repas d’après entraînements ou parfois d’avant match. Joueurs et dirigeants y venaient. Yvonne Labaisse avait de la poigne et tout le monde la respectait. « Elle a été la dame la plus embrassée de la ville pendant plus d’une génération !
Incident lors d'un match en 2019
Le 8 décembre, à Castelmoron, se jouait une rencontre de haut de tableau de 2e Série entre l'équipe locale et celle de Penne-Saint-Sylvestre. En plein du milieu du match, l'arbitre a été contraint d'arrêter la rencontre. Une altercation (non-violente) avait lieu entre Miloud Mokhtari, entraîneur de l'ASPSS et un joueur de Castelmoron. «Il venait de proférer une insulte raciste à mon encontre, explique le coach. A ce moment-là, j'ai vu rouge. Je suis sorti de mon carré et rentré sur le terrain, sans pour autant avoir l'intention d'être violent. Voyant cela, l'arbitre m'a adressé un carton rouge. Je ne conteste pas son choix, j'ai dépassé la limite, j'assume.
Ni l'arbitre du match, ni l'officiel n'ont entendu ce qu'aurait dit le Castelmoronais à Miloud Mokhtari. «Ces incidents étaient fréquents il y a encore dix ou quinze ans, mais depuis, j'avais remarqué et pensé que cela avait disparu. C'est une piqûre de rappel.
Jean Escodo, un dirigeant du club, «n'excuse pas l'insulte raciste, si toutefois elle a bien été proférée car je n'en ai pas entendu parler au club». N'étant pas présent le jour du match, il savait qu'au vu du contexte, il y aurait de la tension, «qui peut provoquer des excès». Mais a rappelé que «Castelmoron a toujours accueilli de la diversité dans ses équipes jeunes et senior.
Bilan moral et financier du club
Le coprésident Jean Escodo exposait le bilan moral de l'année écoulée et rappelait que, pour la seconde fois dans l'histoire du club, une équipe joue en Honneur, « à la porte de la sélection nationale ».« Castelmoron est un club formateur depuis sa création en 1971, et cette formation a toujours été constante. Notre club compte le plus grand nombre d'éducateurs diplômés dans le regroupement Vallée du Lot. C'est grâce à Michel Balète, nouvel entraîneur, que le club a été qualifié pour les Championnats de France. »
Il a regretté le départ de nombreux joueurs vers des clubs plus prestigieux. « Depuis 1988, le club évoluait en Promotion d'honneur, jusqu'à ce que l'on émerge en Honneur et que des clubs plus gros nous piquent nos bons joueurs. » Pour Serge Tomiet, « le club a été torpillé comme le Costa Concordia, mais à la différence que les dirigeants sont restés sur le navire et que les joueurs ont tous ramé dans le même sens. Le club a mis du carburant avec de nouveaux entraîneurs. Il a ensuite remercié les joueurs pour les excellents matchs disputés tout au long de la saison.
Évelyne Boucourt lisait le rapport d'activités. Le club compte 122 licenciés, 14 dirigeants, 11 éducateurs diplômés, 117 joueurs, 4 arbitres capacitaires, 10 bénévoles.
Le trésorier Michel Vincent exposait un bilan financier négatif pour la saison passée. Christophe Lacombe parlait de l'école de rugby en entente avec Villeneuve, qui compte 100 licenciés, dont 43 de Castelmoron. Bernard Genestou est très heureux que le rugby tienne une grande place dans la vie du village : « Ce club, malgré toutes les difficultés qu'il a rencontrés, est insubmersible grâce à la passion de ses dirigeants et à l'amour des couleurs jaune et noir. Je suis très heureux d'assister à une assemblée générale où il n'y a pas de doléances et je peux vous annoncer que, la saison prochaine, vous aurez un très beau club-house.
Les cadets (U16) et juniors (U19), le rassemblement Vallée du Lot est 2 fois en finale Nouvelle Aquitaine. En battant les basques de Nafarroa, entente St Jean Pied de Port, par 23 à 14, les juniors de l’entente Vallée du Lot, invaincus dans cette saison 2021/22 se sont qualifiés samedi sur le terrain de Mugron, pour une 3e finale, la plus belle, celle du championnat Nouvelle Aquitaine en niveau un.
Constituée par les clubs de l’ASC XV Castelmoron et du RCV XV Villeneuve sur lot, cette équipe a réalisé un parcours exceptionnel, sans jamais concéder de défaite. Elle a été classée au niveau un, le plus élevé de Nouvelle Aquitaine, pour la 1re fois de son histoire. Vallée du Lot a étendu son entente labellisée école de rugby, aux cadets et juniors il y a 7 saisons, avec à ce moment-là, l’entente Lot Lémance, jusqu’à la fusion Fumel/Tournon. Les joueurs maintenant junior, ont débuté ensemble en cadet il y a 5 saisons. Avec l’éducateur Romain Joly qui a débuté en U6 et a gravi les tranches d’âges en suivant l’évolution de ses enfants. Il fait équipe avec Jérôme Martignago, coach des lignes arrières. Cette équipe a eu au fil des saisons un super parcours en phases finales du championnat Nouvelle Aquitaine. Elle a retrouvé le rassemblement de l’Albret/ Nérac pour la finale des terroirs, et comme il y a 3 saisons en Cadets, elle a emporté le bouclier junior.
Vallée du Lot s’est également qualifié pour la finale du challenge Brito qui se jouera face à Bizanos le 11 juin. Pour la finale championnat Nouvelle Aquitaine, elle se disputera contre Mérignac le 4 juin. Les cadets entraînés par Cyril Chaine, assisté de L Zandouche et L Girardi, sont renforcés depuis 2 saisons par les U16 du CRC XV, ont remporté la demi-finale par 13 à 11.
Finale Coupe de France 1988 : Metz - Sochaux (1-1, 5 t.a.b. à 4)

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