Daniel William Carter, plus connu sous le nom de Dan Carter, né le 5 mars 1982 à Leeston, est un ancien joueur néo-zélandais de rugby à XV, évoluant principalement au poste de demi d'ouverture. Considéré comme l'un des meilleurs joueurs de rugby de tous les temps, il a marqué l'histoire de ce sport par son talent exceptionnel et son palmarès impressionnant.

Enfance et Débuts
Dan Carter vient de la petite ville de Southbridge, située au cœur des immenses plaines de Canterbury. Southbridge compte tout juste une vingtaine de rues pour 700 habitants. Cette petite ville a été pour lui un véritable grand terrain de jeu.
Ses parents sont tous deux issus de grandes familles. Plus tard, il s’avéra assez embarrassant d’avoir un lien de parenté avec la moitié de la ville. Dan Carter est donc souvent entouré d’amis, il est sociable. Il aime l’école, mais plus pour le côté social que pour le côté académique.
Dans son petit village, le sport est très présent. Il en parle comme d’un « ciment ». Actif et sportif de nature, il attribue une immense partie de sa réussite aux encouragements de son père. « Dès que j’ai su marcher, il a voulu que je tape dans un ballon. » Choix … Judicieux ! Son père était très présent au bord des terrains pour l’accompagner et l’encourager. Quand Dan ne jouait pas, il accompagnait son père qui était entraîneur. Chaque jour consacré au rugby était un vrai bonheur pour Dan Carter !
Jonny Wilkinson imitait Gavin Hastings ; Daniel Carter copiait Grant Fox puis Andrew Merthens. Et si l’imitation jouait un grand rôle dans l’apprentissage ? « A l’âge de 7 ou 8 ans, je marquais déjà des 35 ou 40 mètres en angle. Mon père reconnaît que c’est là que l’on a commencé à lui dire que je deviendrais un All-Black.
Le rugby a donc très vite pris une place importante dans sa vie. Cette obsession prend de l’ampleur à partir du moment où il reçoit « le plus beau cadeau que j’ai jamais reçu ». Ce cadeau vient de son père, pour son huitième anniversaire. C’est une paire de poteaux de rugby professionnels, réplique du club de Southbridge, peints en bleu et blanc. Ces poteaux existent encore. Dan en parle comme une sorte « d’institution locale ». En effet certains touristes viennent encore les prendre en photo… Ceci ne me viendrait jamais à l’esprit….
Cette période de l’enfance est un des fondements de la carrière de Dan. A l’époque il n’aspirait pas du tout à devenir un All Black.
A la fin du chapitre, Dan Carter aborde ses premières années au lycée (qui correspond au collège chez nous). Plus sous l’angle du rugby que des études à proprement parler 😉 A cette époque, il jouait encore n°9 ! C’est à dire demi de mêlée !!!
Dan Carter nous raconte ses quelques tentatives « de révolte adolescente » qui « manquaient d’envergure » et étaient comiques. Voler de l’alcool chez les parents par exemple.. Dan a bu ses premières bières vers l’âge de 15 ans et adorais la confiance que l’alcool lui procurait pour vaincre sa timidité naturelle. En effet il était timide, et à l’école il ne levait jamais la main, même quand il avait la bonne réponse. « Sur un terrain, je me sens en sécurité.
Sa carrière professionnelle, ses nombreux liens avec des partenaires tels que les sponsors lui ont permis d’acquérir plus d’aisance relationnelle. Beaucoup plus qu’il n’aurait pu l’imaginer pendant son adolescence!
Sa scolarité, il la passa d’abord au Ellesmere College où il réalisa qu’il était un sportif d’un niveau supérieur à la moyenne. Il jouait au rugby et au cricket et était assez doué dans les deux sports. Mais Dan ne se dirigeait pas vers une carrière professionnelle d’emblée. Il n’a pas eu cette ambition, ce qui peut paraître très surprenant ! Il reçu des propositions d’écoles privées très réputées et richement dotées pour intégrer leur équipe de rugby.
Daniel a choisi le Christchurch Boys’ High School (CBHS). Au début Dan loupait beaucoup de cours. Le proviseur appela son père pour savoir si Dan avait vraiment envie de venir dans cette école. La raison ? La fin de l’année fut très compliqué. La saison rugbytisque ne fut pas un succès et au niveau scolaire il décrocha sérieusement.
A cette époque, il n’envisageait pas une carrière sportive dans le rugby. « J’étais tellement naïf et pétri de doutes. L’année qu’il vient de s’écouler (l’an 2000 à priori) à Christchurch Boys’ fut difficile.
L’année 2001 fut une occasion de liberté pour Dan. Niveau scolaire, rien. Il faisait toutes sortes de petit boulot. Il aidait son père, « un vrai artisan », mais la collaboration fut de courte durée car il « n’arrivais jamais à être aussi précis que le travail l’exigeait ». « Il y faisait un froid glacial et il n’y avait absolument aucun confort (…) et c’était mon premier chez moi loin de la maison.
Son quotidien dans cette année de « transition » était fait de petits boulots, de nombreuses fêtes et de beaucoup de rugby. Ce sentiment de surprise est assez fréquent chez Dan Carter. Ensuite, l’enchaînement a été assez rapide.
Vers la fin de l’été (2002?) l’équipe des Crusader Development le prit à l’essai. Un vrai bond en avant depuis l’équipe espoir des Old Boys qui l’avait relancé ! L’hiver suivant, il fut sélectionné dans l’équipe des New Zealand Colts (équipe nationale espoir) pour la Coupe du Monde des moins de 21 ans. « A l’époque, je ne pensais pas que mes performances me rendaient visible sur le radar de la sélection nationale.
« Un an avant, je jouais en espoirs au rugby du club. La compétition se déroule bien. Dan et son équipe arrive jusqu’en demi-finale face au pays hôte. Finalement, les Boks l’emportent d’une pénalité dans le temps additionnel et les Néo-Zélandais remportent par la suite facilement le match pour le troisième place contre le Pays de Galles. Pour fêter la fin du tournoi, l’équipe s’est retrouvée « dans un club louche au milieu de nulle part ».
Mais la moitié des équipes de la Coupe du Monde étaient là pour décompressaient après la compétition. Au départ l’ambiance était bonne jusqu’à ce que une voix annonce au micro que « les Néo-Zélandais sont priées de quitter les lieux immédiatement ». Dan Carter se retrouva en compagnie de Luke McAlister.
En effet la situation dégénéra après leur départ. Les joueurs ont commencé à se battre avec les videurs. « La scène fut d’une brutalité qui dépassait de loin la vulgaire bagarre de bistrot. Pendant ce temps, le club où Dan et Luke voulaient aller était fermé. Ils retournèrent sur les lieux du premier club… Pour enfin retourner à l’hôtel quand un passant ayant reconnu l’écusson de leur polo noir leur a vivement conseillé de partir au vu de la dangerosité des lieux.
« Il y avait des joueurs en sang partout. Certains avaient perdu des dents, d’autres avaient une bosse sur le crâne, le nez cassé ou encore un œil au beurre noir. La direction ne fut même pas furieuse après les joueurs. Moins d’un an après cet épisode de Johannesburg, un épisode « comparable » se produisit avec Dan, alors en tournée avec les Crusaders.
Sorti avec quelques partenaires boire un pot en ville, trois d’entre eux (dont Dan) se sont retrouvés seuls sur le chemin de la boîte de nuit. Deux types sont sortis de nulle part, m’ont attrapé et collé contre un mur. L’un d’eux m’a demandé mon téléphone. « Sors ton flingue et tire-lui une balle », entendis-je. « Nous étions jeunes, nous étions ivres et nous nous trouvions au mauvais endroit.
Carrière Professionnelle
Il est sélectionné en équipe nationale pour la première fois en 2003. La même année, il participe à la Coupe du monde au poste de centre. Sa renommée devient internationale lors de la saison 2005. Considéré comme le meilleur demi d'ouverture du monde depuis 2005, Dan Carter est détenteur du record des points inscrits en carrière.
En 2015, il participe à sa quatrième coupe du monde. Il est désigné Meilleur joueur du monde de l'International Rugby Board en 2005, 2012 et 2015. Élu pour la troisième fois joueur de l'année par le World Rugby, il met dans la foulée un terme à sa carrière internationale et rejoint le Racing 92 dans le championnat de France Top 14.
En 2018, il quitte le club francilien pour rejoindre les Kobelco Steelers en Top League au Japon.
Clubs
- Crusaders
- Racing 92
- Kobelco Steelers
Palmarès
Dan Carter a gagné énormément de trophées durant sa carrière. En club, il a gagné trois fois le championnat des provinces (2001, 2004 et 2009) et quatre fois le Super 12 et Super 14 (2002, 2005, 2006 et 2008), mais aussi deux fois le Top 14, avec l'USAP (2009) et avec le Racing 92 (2016), sans oublier le championnat du Japon (2019). Il a également été finaliste de la Coupe d'Europe en 2016 et 2018. Avec les All Blacks, il a gagné huit fois le Tri-Nations puis le Rugby Championship ainsi que deux fois la Coupe du monde (2011 et 2015).
Dan Carter | G.O.A.T | Making The Impossible Look Easy
Vie Privée et Engagements
Dan Carter est en effet depuis quelques années l’égérie d’une marque de sous-vêtements. Cependant, le début de sa collaboration avec la marque Jockey correspond au début des années 2000 c’est à dire moins de 10 ans après la professionnalisation du rugby. Depuis, les collaborations entre rugbymans et publicités en tout genre se sont largement démocratisées. L’affiche gigantesque sur cet hôtel lui valu quelques taquineries de ses coéquipiers.
Une autre aventure dans le monde de la mode se termina moins bien que celle avec Jockey. En effet, Dan Carter participa à l’aventure de la marque GAS en ouvrant entre autre son premier magasin à Wellington en 2007. GAS n’était pas sa marque, il était juste un collaborateur parmi d’autres mais au vue de sa notoriété Dan était un peu l’ambassadeur et l’image de la marque. GAS était une marque d’habits de ville, assez haut de gamme.
Quand la crise économique frappa en 2008, l’aventure fut grandement compromise. Les personnes étant investis au côté de Dan n’étaient pas des pointures dans le domaine du textile (achat, vente, distribution, confection des collections) et le projet tourna court. Après avoir injecté de l’argent de sa propre poche pour maintenir la marque GAS à flot et en attendant une reprise économique, Daniel Carter dû clore le projet et fermer boutique.
Dan Carter est marié à Honor Carter, sa copine de toujours depuis 2011. Elle est une ancienne joueuse de hockey sur gazon, internationale avec l'équipe de Nouvelle-Zélande de 2004 à 2011. Honor est aussi une « working girl ». Dans son autobiographie, Dan nous explique les difficultés qu’ils ont de se retrouver. D’un côté il a un emploi du temps surchargé avec ses obligations rugbystiques et Honor avec un poste à responsabilité dans une grande boîte.
Dan avait organisé une sortie en hélicoptère pour amener Honor pique-niquer dans un magnifique coin de nature. Vous vous dites sûrement pour un homme capable de supporter la pression des matchs les plus prestigieux du monde, une demande en mariage n’est pas si stressante. Détrompez-vous ! Dan était complètement stressé, voir paniqué à l’idée de faire sa demande. Au moment de s’agenouiller pour franchir le pas, il a commencé à bégayer et ensuite inversé lors de sa demande le prénom et le nom de sa chérie. Complètement raté, Honor lui a demandé de refaire sa demande correctement quelques instants plus tard. Comme vous l’avez compris, Honor a dit « oui », pour le plus grand bonheur de Dan.
Quand, dans son livre, il nous parle de sa femme, il le fait avec énormément de respect et d’admiration.
Anecdotes et Faits Marquants
Il existe un lien manifeste qui lie le meilleur demi d’ouverture du monde et notre beau pays français. Tout n’a pas été qu’amour entre eux deux. Tout d’abord, il me semble qu’il y eu un match pour le troisième place en Coupe du Monde en 2003 où les All-Blacks nous avaient très largement battus. Ensuite il y eu l’épisode de 2007… Quel épisode ! Pour nous, le quart de final contre les All-Blacks représente une des plus grandes prouesses de notre XV de France de l’ère professionnelle ! Pour les joueurs du pays du long nuage blancs, certainement la plus grande débâcle, le plus grand affront jamais subi à ce jour !
Selon Daniel Carter, l’épisode de 2007 est à la base de toute la remise en question et la reconstruction qui a permis à cette équipe tout de noir vêtu de devenir championne du monde deux fois d’affilé, en 2011 et en 2015 ! Depuis le parcours de ces deux sélections nationales est assez éloigné, presque antithétique. Lors de ce quart de finale, Dan est titulaire et entre sur le terrain avec une faiblesse au niveau du mollet. Environ à l’heure de jeu, ce dernier lâche. Il sort. Dan sent et sait que ces coéquipiers ne reviendront pas au score. Sur le banc, sa mine est déconfite.
Après cette déconvenue en 2007, Dan finit sa saison avec les Crusaders. Mais le besoin d’un air nouveau se fait sentir. Il demande à son agent de contacter les Auckland Blues. Ceux-ci reviennent avec une offre très importante. Mais c’est vers la France et vers Perpignan que Dan se dirige. Malgré sa rupture du tendon d’Achille au bout de seulement quelques matchs, Dan reste en France, proche de ses coéquipiers, qui remportent en fin d’année le bouclier de Brennus ! Voilà Dan auréolé d’un nouveau titre ! Lorsque les joueurs fêtent le titre dans un bar, Dan s’absente quelques instants dehors et rencontre des personnes travaillant sur un chantier.
La victoire en finale de Coupe du Monde en 2011 contre la France ne représente pas pour lui la revanche de 2007. En effet, blessé aux adducteurs, il loupe la fin de la compétition. La véritable revanche est le quart de finale en 2015. Après une Coupe du Monde 2015 largement réussie, revoilà Dan en France, cette fois-ci du côté de Paris en paraphant un contrat de 3 ans avec le Racing-Métro 92. Paris étant une ville idéale pour cet amoureux de la mode et des très grandes enseignes.
Revenant de sa blessure au tendon, Dan avait repris la compétition dans un niveau inférieur dans son club de toujours : SouthBridge. Lors de son premier match, Dan est en charge du but.. Et loupe presque tout ses coups de pieds. Lors du match suivant, il a dû insister, si ce n’est pas plus pour qu’on lui laisse la responsabilité du tir au but !
La discussion entre les deux hommes pris d’emblée une allure très sérieuse et le patron des Patriots lui demanda s’il était motivé pour les rejoindre, s’il pensait qu’il avait les qualités nécessaires etc. Dan découvrit l’environnement hyper professionnel d’une franchise de NFL et fut piqué au vif par l’intérêt que lui portait le club ! Le hasard voulu que Dan et cette personne dont j’ai oublié le nom, faute de livre, se recroisèrent quelques mois plus tard.
Daniel Carter connu beaucoup de blessures. Peut-être moins que Jonny Wilkinson qui fut écarté des terrains pendant presque 4 ans mais tout de même ! L’enchaînement de petits pépins physiques, l’usure du corps et l’âge avançant, Dan a connu une longue période de blessures et de rééducations.
Dan décrit une période où il perdit confiance en son propre corps. Gilbert Enoka, prépateur mental des All-Blacks semble avoir jouer un rôle important à ce moment là, comme la présence d’Honor pour le rassurer.
Dan Carter est gaucher, vous le savez certainement. C’est Liam Messam, alors porteur d’eau lors de la finale de la Coupe du Monde 2015 qui lui proposa ce défi. Un essai venait d’être marqué, l’issu du match définitivement scellée. Dan tapa alors du pied droit dans l’indifférence générale !
L'Art de Vaincre : La Reconversion de Dan Carter
Au-delà de sa carrière sportive, Dan Carter s'est également distingué par sa capacité à se réinventer après le rugby. Dans son livre "L'art de vaincre : la culture de l'excellence en 10 leçons", il partage les leçons qu'il a apprises sur le processus de reconversion et la manière d'atteindre ses objectifs dans le sport ou dans la vie en général.
Il explique comment il a dû faire face à une perte d'identité et à une incertitude quant à son avenir après avoir quitté le monde du rugby professionnel. Grâce à une introspection profonde et à l'aide de personnes clés, il a réussi à se fixer de nouveaux objectifs et à trouver un nouveau sens à sa vie.
Dan Carter est un exemple inspirant de réussite sportive et de capacité à se réinventer. Son parcours exceptionnel et son état d'esprit positif font de lui une légende du rugby et une source d'inspiration pour tous ceux qui cherchent à atteindre leur plein potentiel.

Tableau Récapitulatif du Palmarès de Dan Carter
| Compétition | Nombre de victoires | Années |
|---|---|---|
| Championnat des Provinces | 3 | 2001, 2004, 2009 |
| Super 12 et Super 14 | 4 | 2002, 2005, 2006, 2008 |
| Top 14 | 2 | 2009, 2016 |
| Tri-Nations / Rugby Championship | 8 | 2003-2013 |
| Coupe du Monde | 2 | 2011, 2015 |
| Championnat du Japon | 1 | 2019 |