Le parcours de l’USC (Union Sportive Carcassonnaise) et de l’ASBH (Association Sportive de Béziers Hérault) s’est souvent conjugué avec celui de son voisin. Rivalités, hégémonie régionale en Pro D2, mutations de joueurs entre les deux clubs, combats âpres…
Géographiquement, moins de 90 kilomètres séparent le stade Albert-Domec du stade Raoul-Barrière. Si l’ASB a longtemps survolé le rugby hexagonal tandis que l’USC avait davantage de peine à briller, depuis une quinzaine d’années maintenant et après plus d’un quart de siècle d’éclipse, les confrontations entre Béziers et Carcassonne sont légion.
À tel point d’ailleurs, qu’en Pro D2, ces oppositions sont même devenues les affiches de derbies languedociens les plus nombreuses. Si les Carcassonnais ont intégré le deuxième échelon national à l’orée de l’exercice 2010-2011, les Biterrois les ont rejoints un an plus tard.
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Les Chiffres Clés des Confrontations
Depuis 2011, vingt-six confrontations ont eu lieu entre l’USC et l’ASBH : vingt-trois en championnat (un chiffre impair en raison de l’année Covid ayant prématurément mis fin à l’exercice 2019-2020), trois en matchs de préparation.
Si pour le compte du championnat de Pro D2, l’USC mène quatorze succès à neuf, l’ASBH prend par contre les devants en amical (deux victoires à une).

La première de ses retrouvailles entre les deux formations a eu lieu un jour de semaine, le jeudi 12 août 2010 pour être plus précis. C’était jour de fête sur les allées Paul-Riquet, et le match de la féria, un match qui n’avait d’amical que le nom, opposait l’ASBH à l’USC.
Sans doute frustrés de s’être fait voler la vedette (et l’accession à l’étage supérieur) au terme de la saison régulière par le voisin audois, les Biterrois jouaient les toreros. La rencontre tournait au pugilat et le pauvre pilier irlandais Peter Bracken, tout juste arrivé au pied de la Cité, jouait le taureau (succès des locaux : 9-7).
Les Joueurs qui ont Traversé la Frontière
Dans le sens Hérault-Aude, les plus anciens se souviendront des Jean-Luc Meiser, Olivier Saisset (entraîneur), du pilier Bernard Teyssier (père de Franck), de Philippe Gallart, Cyril Escande, Alain Paco (entraîneur), Gérard Piccolo (entraîneur), Franck Teyssier, Guillaume Bienvenu, Mathieu Azéma, Clément Poux, Mathieu Cidre, Guillaume Garcia, Bastien Vilaret, Winston Mafi… et nous en oublions peut-être.

Dans le sens inverse, il y eut par le passé, le demi de mêlée Michel Montsarrat et le pilier Karim Kouider. Mais il faut remonter à la relégation de Carcassonne en Nationale (saison 2022-2023), pour voir trois éléments faire simultanément le court chemin qui mène au pré de la Méditerranée.
En effet, à l’intersaison 2023-2024, le pilier Youssef Amrouni, le polyvalent trois-quart Damien Anon ainsi que le demi de mêlée Samuel Marques rejoignent l’ASBH et l’emblématique Clément Doumenc (ayant pour sa part fait un crochet par Montpellier en Top 14).
Saison 2023
Grâce à ce premier succès à Mont-de-Marsan dans son histoire (19-34), ce vendredi soir lors de la cinquième journée de Pro D2, l’US Carcassonne a réalisé un joli coup au classement. Effacer une désillusion à domicile grâce à une victoire à l’extérieur, de surcroît sur une pelouse jusque-là maudite, témoigne d’un sacré état d’esprit.
L’US Carcassonne a passé un message, lors de cette cinquième journée. Certes le Stade Montois est en grande difficulté en ce début de saison, mais les Audois ont profité de ce fait pour réaliser une belle performance.
La recette de ce succès vient, pourtant, des maux du début de saison. La touche a été plus efficace, un 11/16 et 69 % de réussite, ce qui a permis aux Audois d’inscrire trois essais par Baptiste Moreno (12e), de pénalité (28e) et par Nils Chaliès (78e). En plus de la conquête, parce que la mêlée a aussi été en verve, les joueurs de la Cité se sont montrés disciplinés.
Seulement six coups de sifflet contre eux en 80 minutes. Surtout, le pragmatisme a enfin rejoint le camp carcassonnais. Sur chaque incursion dans la moitié de terrain montoise, les hommes de Bernard Goutta ont concrétisé les temps forts.
"Dimanche, nous retournons à l’entraînement. Personne n’est fatigué. Tout le monde a coché ce match, parce qu’un derby, c’est particulier", assurait Ferdinand Dréno, auteur d’une prestation remarquable dans le travail de l’ombre, notamment 14 plaquages, le meilleur total du match.
Pour son compère Baptiste Moreno, formé dans les Pyrénées-Orientales avant d’atterrir à Carcassonne en 2023, la saveur est encore plus intéressante. "Je suis Catalan, donc Béziers est un beau derby. Je le sais, cette semaine, tout le monde va s’envoyer comme des chiens", argumentait le talonneur.
Puis, c’était au tour de Mehadji Tidjini de lancer le Béziers - Carcassonne à sa manière, par des mots bien choisis. "C’est un derby, c’est toujours différent, atypique. Ce n’est plus une histoire de classement, de points. Nous l’avons vu la saison dernière contre Narbonne, c’est vraiment à part. Non seulement pour nous, le staff et les joueurs, mais aussi pour le club, les dirigeants, et surtout les supporters.
Quand il y a un club pas loin, avec un passé prestigieux comme Béziers, tu as envie de te jauger. Et comme c’est un derby, c’est encore décuplé. Nous allons y aller pour savoir ce que l’on est capable de donner", lançait l’entraîneur des trois-quarts audois.
Une semaine d’entraînement à la fois intense et excitante s’annonce du côté de Domec.
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