Le rugby à XIII en France est marqué par des rivalités intenses et des moments de gloire inoubliables. Parmi les clubs qui ont façonné l'histoire de ce sport, Albi Rugby League et Carcassonne XIII occupent une place de choix. Leur affrontement est devenu un classique, une lutte acharnée pour la suprématie nationale.
Finale U15 2022-2023 - Albi vs AS Carcassonne - 1ère Mi-Temps

Le Stade Albert Domec à Carcassonne, lieu de nombreux affrontements historiques.
Les Débuts de l'US Carcassonne
Voilà 126 ans maintenant, à quelques jours du match de barrage face à Albi à Domec (samedi, 15 h) que l’USC a vu le jour ! C’est le 6 mai 1899 pour être précis que les statuts de l’Union Sportive Carcassonnaise ont été déposés. Ses membres fondateurs étaient au nombre de 26. L’association avait alors pour siège le café Ambigu, boulevard de la Préfecture.
En novembre 1906, fusion entre les clubs de l’Étoile Sportive Carcassonnaise et de l’USC : création de l’ASC dont les statuts ne seront déposés qu’en 1910. "Même si les appellations ont changé au cours des 125 ans suivant le 6 mai 1899, notamment lors de la fusion en 1906 avec l’ESC (Étoile Sportive Carcassonnaise) pour donner l’ASC (Association Sportive Carcassonnaise), nous sommes toujours dans la lignée USC, n’en déplaise à certains commentateurs.
L'Affaire Legay et le Passage au Rugby à XIII
Carcassonne, mécontente d’avoir été lésé lors d’une rencontre avec Biarritz et après avoir déposé une réclamation en bonne et due forme, décida de pratiquer le rugby à XIII et de quitter la FFR. Cette décision fit l’effet d’une bombe dans le Landerneau quinziste. Sous l’impulsion de Gallia, le rugby à XIII fit l’apparition dans le Sud de la France. Cette cruelle vexation s’ajoutait aux nombreuses brimades dont la Fédération avait accablé depuis quelques temps les clubs ayant participé au schisme de l’UFRA.
Une réunion mouvementée se tint au café Not (place Carnot). A l’unanimité moins une voix - celle de M. Vitalis-Brun - l’A.S.C passa à la dissidence ; la Fédération Française de Rugby à XIII l’accueillit à bras ouverts. M. Ramond restait à la barre. Dirigeants et joueurs l’assurèrent de leur fidélité : Jean Duhau, Emile Fabre, Anglade, Vallès. Mais c’était alors le règne de Roanne, Villeneuve, Albi, Bordeaux et Perpignan.

Un match de Rugby à XIII.
L'US Carcassonne Champion de France de Deuxième Division en 1975
Cinquante ans déjà d’une épopée formidable ! Samedi prochain, l’US Carcassonne recevra Albi à Domec en barrage de Nationale. Le 11 mai 1975 en finale à Condom dans le Gers, l’US Carcassonne domine Cognac (15-6) et s’adjuge le titre de champion de France de deuxième division. Il faut dire que la route qui amena au titre fut parsemée d’embûches.
De ce match de phase de qualification face à Rodez à St-Jacques (aujourd’hui stade Jean-Claude Mazet) arrêté prématurément en raison de bagarres à répétition à cette fameuse finale à Condom à laquelle assistait le président de la FFR lui-même Albert Ferrasse. Car les sanctions prises suite aux débordements de cet USC-Rodez (match perdu et trois points retirés au classement) allaient finalement reléguer les Canaris à la dernière place qualificative.
Les héros de la finale furent : Jeannot Vidal, Daniel Grauby, Jean-Michel Ducloux, Claude Mur, François Vidal, Jacki Blanc, Jean-Claude Guttierez, Marc Gademer, Jean-Louis Pujol, Henry Raynaud, Daniel Bustaffa, Serge Negre, Bernard Poujade, Réné Cutillas (Bernard Branchereau) et Robert Malves.
Le 9 mars, en 1/32es de finale au stade des Pont-Jumeaux de Toulouse, c’est d’abord le Condom d’un certain Paul Barella qui se dresse. "J’avais commis la première faute sur lui sur les cinquante mètres en coin, sans penser qu’il allait non seulement la tenter mais aussi et surtout l’enquiller", se rappelle Marc Gademer, le 3e ligne centre carcassonnais de l’époque. L’USC s’impose (10-6).
"Limoges était premier, quasiment invaincu, voire invincible", explique Jean Vidal, le pilier droit uscéiste. Et Marc Gademer de camper le décor : "Il y avait dans leur rang, l’international Marcel Puget, le pilier Cardebat, deux 2e ligne, l’un qui s’appelait Canard, pour la pluie ça allait bien, et l’autre Pouchan, deux gaillards de plus de 2 mètres.
Alors qu’il n’avait pas plu dans le secteur depuis un certain moment, les dirigeants locaux avaient décidé d’arroser pour faire du bien à la pelouse. Sous une pluie battante et sur un terrain transformé en piscine, l’USC réalise un match plein devant le leader du championnat ! Victoire (12-6) et en bonus l’accession au groupe B pour les troupes de l’entraîneur Loulou Rouan.
Le 6 avril en 1/8es, l’USC écarte de sa route Mauvezin à St-Girons (9-6). Le 20 avril Castelsarrasin accueille le quart de finale face à Objat. "C’est le match qui m’a le plus marqué. Objat avait un gros paquet. On les a battus dans les mêlées ouvertes, mais eux en mêlées fermées, ils nous ont posé beaucoup de problèmes", avoue sans détour Jean Vidal.
Même son de cloche du côté de Marc Gademer : "Ce fut pur moi le match le plus difficile. Le 27 avril à Graulhet, l’USC décroche son billet pour la finale (11-6) avant la consécration en finale à Condom face à Cognac le 11 mai 1975 (succès 15-6).
Pour la petite histoire, les points furent marqués par Jean-Louis Pujol (1 essai), Bernard Poujade (1 transformation) et Henry Raynaud (1 transformation, 2 drops). "C’est un moment qui reste gravé à vie dans une carrière", assure Jeannot Vidal.
"Puis de jouer avec mon frère, avec une bande de copains… Il y avait aussi quand même des types comme Bustaffa capables à tout moment d’exploits, des Bernard Poujade, Robert Malves… des types qui pouvaient faire la différence. Jean-Louis Pujol aussi, il fut impérial en phases finales.
Ce qui m’avait aussi surpris, ce sont les gens qui étaient venus voir le match. Tout Carcassonne était à la finale. Et l’accueil au retour… Il y avait du monde partout. Il avait plu. La fête était prévue place d’Armes sous chapiteau, mais en raison du mauvais temps, ça avait été reporté au gymnase du viguier.
Le lendemain, on avait poursuivi à Fontiers-Cabardès chez la famille Bonnafoux. On avait fait un méchoui. C’était M. Jean-François Albiach retenait pour sa part "un gros paquet d’avants. Un groupe soudé. L’entraîneur Loulou Rouan était fédérateur, et notre capitaine Jean-Louis Pujol un super joueur, décisif sur les matches. Et derrière, ça galopait. Il y avait Daniel Bustaffa. L’équipe était complète.
Avant la finale, si je me rappelle bien, je crois que nous avions dormi à Valence-d’Agen. Puis, ce dont je me souviens, c’est le soir quand nous sommes arrivés à Carcassonne.
Quand Marc Gademer conclut : "Du haut du boulevard Barbès au café des Négociants, on a découvert le principe de la lévitation. Il y avait une telle foule… on était emporté. C’était la folie.
Albi Champion de France de Rugby à XIII en 2024
Ils l'ont fait ! Après trois finales nationales perdues, la dernière en date contre ce même adversaire en finale du championnat 2024, Albi Rugby League est devenu champion de France ce dimanche sur la pelouse du Parc des sports et de l'amitié de Narbonne en venant à bout de Carcassonne (26-16) sous les vivats de plusieurs centaines de supporters albigeois qui avaient fait le déplacement : six bus avaient été affrétés.
Les orange et noir ont fait la différence en seconde mi-temps après avoir dû remonter un handicap de 10 points pour revenir à la pause sur un score de parité (10-10). Ils auraient pu prendre un coup de massue lorsque suite à un nouvel arbitrage vidéo, l'essai était accordé à Escarre (16-10).
Mais Pedrero avec un essai en coin non transformé relançait le match (61e) et après un énième arbitrage vidéo, l'essai en force de Clément Tailhades était accordé et transformé ! Albi passait en tête (20-16) à trois minutes et tuait le match dans la foulée sur une percussion de Le Cam !

Célébration de la victoire d'Albi.
Dissidence et Championnat du Languedoc
Sur le plan national, après de nombreuses vexations, le mécontentement grondait dans les grands clubs et une dissidence se fit sous l’égide de l’UFRA, réunissant avec l’A.S.C, plus de quinze des meilleurs formations françaises. En 1934-1935, l’A.S.C enleva le titre de Champion du Languedoc.
Ce comité était à ce moment-là, le plus fort de France et ses équipes étaient redoutées sur tous les terrains. Avoir atteint ce titre était déjà un exploit. Cette même saison, le Quart de finale du Championnat de France qui opposait à l’A.S.C les troupes de l’A.S Montferrandaise de Franquenelle, fut une rencontre magnifique. Dimur, Caruesco, J.
Titre de Champion de France Junior en 1944-1945
En 1944-1945, une équipe de jeunes formés dans les minimes de l’A.S.C remportait le titre de Champion de France Junior. Certains de ce jeunes joueurs devaient par la suite illustrer le rugby carcassonnais et français : Labazuy, Guilhem, Py, Bertrand, Consigny, Malrieu, Vinges, Ponsinet, Combettes, Albert, Carrère, Riccio, etc.
Le Rugby à XV Continue
Cependant, le rugby à XV continuait d’être défendu dans la ville par une poignée de sportifs : Vitalis, Andrieu, Martignole qui, sous le nom de Stade, ensuite sous celui du 1er Club de 1900, l’Union Sportive, rassemblèrent les bonnes volontés pour continuer l’ancienne tradition. Les efforts furent récompensés en 1950 par le titre de Champion de France Honneur Promotion.
Devenue en 1952 l’Union Sportive Cheminots, ses dévoués dirigeants, faute de moyens financiers suffisants, ont réservé toute leur sollicitude à la formation des jeunes qui défendent avec courage les couleurs de la Cité dans le Championnat junior. Ce club a formé de grands joueurs : Lucien Mias, Henri Rancoule, Antoine Labazuy, Espanol, Médus, etc.
Pendant cette période, les couleurs de Carcassonne ont défendues dans le Championnat Scolaire par le lycée et l’Ecole Normale.
Domination de l'ASC XIII Après la Libération
L’A.S.C XIII, après la Libération, allait pendant connaître pendant huit ans d’innombrables jours de gloire. Sur tous les stades d’ovale, les canaris affirmèrent leur suprématie. Ils furent Champions de France en 1945, 1946, 1950, 1952, 1953 ; finalistes en 1947, 1948, 1949. Vainqueurs de la coupe en 1946, 1947, 1951, 1952 et tombèrent en finale en 1945, 1948 et 1949.
La réputation de la famille Taillefer passa les monts et les mers. L’A.S.C se produisit en Grande-Bretagne et reçut au stade de la Pépinière (A. Domec), devenue La Mecque du XIII, les meilleurs clubs anglais (Wigan, Warrington, Hull, Hallifax…). Au cours de leurs tournées en Europe, les Kangourous et les Kiwis ne manquait jamais de se mesurer avec les canaris.
Dans le même temps, les sélectionneurs puisaient à pleines mains dans le grand club audois. Et le Treize de France d’alors, à ossature carcassonnaise, remportait d’indiscutables et retentissants succès. La liste de nos internationaux est impressionnante. Contenons-nous de citer ceux qui, en 1951, aux Antipodes, furent sacrés champions du monde : Puig-Aubert, Ponsinet, Mazon, Martin.
Quand ces jours d’exception eurent émigrés sous d’autres cieux, l’A.S.C fit confiance aux éléments issus de l’école des Juniors : Guilhem, Benausse, Tesseire, Delpoux et Jamme notamment, qui participèrent en mai-août 1955 à la deuxième tournée victorieuse en Australie.
Entre-temps, MM. Ramond, Nouvel, Seigné et Cougnenc avaient demandé et obtenu l’honorariat, après avoir passé le flambeau à MM. Reynès, Debat, Luguel, toujours avec l’éternel M. Lafosse.
Une Finale Épique en 2024
Dans une partie stressante ce dimanche 25 mai en finale du Super XIII, les Albigeois ont été libérés de l’étreinte audoise en fin de match grâce à deux essais. Vous savez ce que représente près d’un demi-siècle d’attente ? Une allégresse folle, un moment de communion, des milliers de sourires, des embrassades. Voilà ce que cela représente.
Et ce moment de grâce, Albi Rugby League a enfin pu y goûter ce dimanche 25 mai à Narbonne, en disposant de Carcassonne en finale du Super XIII (26-16). 77. Comme la minute à laquelle Clément Tailhades a décidé de se tordre, avec une force que seule cette noble quête d’un sacre peut offrir.
Parce qu’il en avait des Audois sur le dos, mais il a trouvé les ressources pour se retourner sur la ligne, forcer l’arbitre à appeler la vidéo, et provoquer des hurlements de joie chez les milliers de supporters des Orange et Noir massés dans les tribunes du Parc des Sports et de l’Amitié. De même que chez ses coéquipiers.
Simplement parce que le centre venait de marquer les points faisant défaut à l’ARL afin de reprendre la main dans cette finale (20-16, 77). Si Tony Gigot donnait un peu plus d’air en convertissant, en coin, la transformation, c’est surtout Corentin Le Cam qui mettait les Carcassonnais en hypoxie, et les Tarnais en transe (26-16, 79).
Les Orange et Noir, nantis de plus nombreuses occasions de scorer que leurs homologues, n’ont bénéficié d’aucun cadeau. Et sont allés se la chercher, pour écrire trivialement. Allant au bout de leurs limites physiques - plusieurs d’entre eux sont passés par des soins, idem à Carca d’ailleurs -, dont le rebond de Ben Shea sur Edenn Rogers-Smith symbolisait un juste témoin de l’intensité des débats (62).
Mais dans cette fébrilité se nichait une force. Celle pour revenir dans la partie grâce à une réalisation de Maxime Rostang, dans tous les bons coups ce dimanche (6-10, 32), et de Hnaloan Budden (10-10, 36). Celle aussi pour reprendre du poil de la bête dans l’affrontement physique, plutôt à l’avantage des Audois lors de la première demi-heure.
Et surtout celle pour signer une seconde période de caractère, en réglant les problèmes de discipline - malgré le carton jaune de Tristan Dupuy (69) -, en ne se laissant pas abattre en dépit de quelques coups du sort - ce jeu au pied de Le Cam, à une poignée de mètres de la ligne audoise, alors que le compteur de tenus était reparti à zéro (68).
Ce caractère, l’ARL se l’est forgé au cours de ses précédents rendez-vous manqués.
Les Hommes Clés
Voici les compositions des équipes lors d'un match récent:
- ALBI: Rostang; Franco, Budden, C. Tailhades, Pedrero, (o) Wall, (m) Gigot ; Goudemand ; Le Cam, Dupuy ; Bernard (Cap), Liauzun, Shea.
- CARCASSONNE: M. Escaré ; A. Escamilla, Franck, Bouregba, Gambaro (o) Herrero, (m) Albert ; Diakhaté ; Boyer (cap), Lopez-Buttignol ; Canet, Serulevu, Rogers-Smith.
Les Finales Disputées
Les rencontres entre Albi et Carcassonne ont souvent été synonymes de finales disputées et mémorables. Voici quelques exemples :
- 1956 : Albi 13-5 Carcassonne
- 1958 : Albi 8-6 Carcassonne
- 1977 : Albi 19-10 Carcassonne
- 2024 : Carcassonne 8-6 Albi
Après une attente de 48 ans, le bouclier Max-Rousié prend la direction d’Albi. Une finale qui a basculé dans les trois dernières minutes. Albi Rugby League a enfin conjuré le mauvais sort.
Pour la sixième fois de son histoire, Albi est ainsi honoré du titre de champion de France. Après les prouesses de 1938, 1956, 1958, 1962, 1977, il faut désormais ajouter 2025 - soit une attente de 48 ans - pour voir comblés de bonheur tous les supporters de la cité tarnaise. Albi succède ainsi au palmarès à Carcassonne, mais il faut bien reconnaître que les joueurs de Joris Canton reviennent de loin.
Or, cette finale a basculé dans les derniers instants. À la 77e, Albi, en infériorité numérique, fait feu de tout bois pour faire basculer la rencontre. Sur une énième attaque devant la ligne de but audoise, c’est le centre Clément Tailhades qui inscrit l’essai libérateur validé par la vidéo. Avec la transformation de Tony Gigot (20-16), la sérénité a gagné l’ARL.
En trois minutes, Carcassonne a perdu une rencontre qu’il pouvait aussi bien remporter. Tactiquement, stratégiquement, les hommes de Frédéric Camel ont été pragmatiques. Après vingt minutes de jeu, ils avaient une belle avance (10-0) fruit d’une double prouesse de Georgy Gambaro et Eden Rogers-Smith. Avant la pause, Albi a annulé le déficit (10-10). Six minutes après la reprise, un exploit personnel de Morgan Escaré a sérieusement entretenu l’espoir du succès dans les rangs carcassonnais (16-10).
Dans les rangs albigeois, la joie était bien légitime surtout après trois finales infructueuses. Justement, les hommes de Joris Canton ont trouvé un levier de motivation après la défaite en finale de la Coupe de France, le 6 avril dernier face à Saint-Estève XIII catalan.
Albi tient enfin un titre majeur après de longues années de labeur. Un bouclier que les Albigeois vont tenter de conserver. Mais, il est bon de rappeler que Carcassonne apprécie les années paires. En 2022 et 2024, les Carcassonnais ont soulevé le bouclier Max-Rousié.
La Domination Récente
Depuis le début du 21e siècle, après les dominations successives de Villeneuve sur Lot, Pia, Lézignan, Toulouse ou Limoux, deux équipes sont revenues au sommet de la discipline : Carcassonne et Albi. Avec ses treize titres de Champion de France et ses dix-sept Coupe Lord Derby au palmarès, Carcassonne XIII est le club le plus titré du Rugby à XIII national.
L’étroite rivalité entre les deux clubs commence vraiment lors de la saison 2022-2023, au terme de laquelle les hommes de Fred Camel s’imposent (36-12) face aux Tarnais en finale de la Coupe de France à Brutus, avant de les faire à nouveau plier (26-16) quelques semaines plus tard en demi-finale du championnat à Domec.
Des Finales Très Disputées
Tristan Dupuy et ses amis ont payé pour apprendre, mais ils ont retenu les leçons. Aussi, lors de la saison régulière de l’exercice suivant, les Canaris s’inclinent à Mazicou (14-20), puis au retour au pied de la Cité (30-32). Ce qui ne les empêche toutefois pas de terminer en pole position la phase de classement, devant… les Albigeois !
Les deux adversaires se retrouvent ensuite en finale à Narbonne, où, au bout du suspens, les jaune et noir arrachent un 13e bouclier (8-6) sur un essai de funambule de Maika Serulevu, inscrit à la 77e minute. On a alors le sentiment que les forces semblent s’équilibrer et que le vent pourrait bientôt tourner.
Confirmation en est apportée le 14 décembre 2024, lorsque la bande à Gigot vient prendre la Cité (18-8) avant de remporter (58-16) un match en retard sans enjeu, disputé un mercredi de mai, en soirée, sur leur herbe. Leaders incontestés au terme de la saison régulière, les poulains de Joris Canton se présentent en favoris au Parc des Sports et de l’Amitié, d‘autant que les Carcassonnais doivent composer avec de nombreuses blessures.
Malgré ce, Alexis Escamilla et ses coéquipiers parviennent à prendre le score, avant d’être rejoints à la pause (10-10) et de baisser pavillon (16-26) tout en fin de rencontre.
Quoi qu’il en soit, la lutte sans merci que se livrent ces deux poids lourds depuis ces dernières saisons ne semble pas près de s’éteindre et promet de solides empoignades dans la quête du leadership.
En Quête du Titre Suprême
En quête du titre suprême depuis plusieurs saisons, Albi a l’occasion d’enfin toucher au planchot ce dimanche face à Carcassonne. Demi-finaliste en 2023 et finaliste en 2024, Albi veut enfin franchir la marche manquante cette saison. Un objectif assumé par le président Pierre Maynadier, qui a déclaré dans les colonnes de La Dépêche qu’il y avait une « grosse attente » pour enfin ramener le titre cette année.
Leader de la phase régulière, Albi dispose de solides arguments sur toutes ses lignes pour l’emporter sur le terrain. Cette saison, Albi et Carcassonne XIII se sont rencontrés trois fois. Et à chaque fois, les Tarnais en sont sortis vainqueurs, notamment lors de la demi-finale de Coupe de France Lord Derby qui a particulièrement marqué les esprits.
Forcément, ce bilan parfait lors des confrontations directes donne un avantage certain aux protégés de Joris Canton et Fabien Denis. Mais, il y a un mais. Les Tigers restent en effet sur trois défaites lors de leurs trois dernières finales. Pour espérer emporter cette finale, Albi devra vaincre ses démons, et garder le contrôle du match pendant 80 minutes.
La Popularité Retrouvée d'Albi
En attendant de connaitre l’issue sportive de cette saison, Albi a déjà emporté une première bataille en dehors des terrains. En effet, le club est revenu sur le devant de la scène dans sa ville. Belles affluences régulières à Mazicou, soutien populaire qui n’a pas faibli même dans les temps faibles de la saison… Albi a pu compter toute l’année sur son public.
La popularité gagnée rapidement par l’ARL dans sa ville doit servir d’exemple pour les autres clubs. Grâce à de beaux résultats sur le terrain et au beau travail de ses dirigeants en dehors, Albi est redevenu une place forte du rugby à XIII en France. Il ne manque plus qu’un titre pour sceller ce retour sur le devant de la scène.
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