Le club de handball d'Istres, un pilier du sport provençal, a une histoire riche et une ambition constante de progresser. De ses débuts modestes dans les années 1970 à son statut actuel en Liqui Moly Starligue, le club a connu des hauts et des bas, mais a toujours maintenu une forte identité locale et une volonté de former de jeunes talents.

Les Débuts et l'Ascension du Club
Le club de handball d'Istres est créé au tout début des années 1970, au sein de l'Office municipal des sports, par une équipe de passionnés de handball parmi lesquels on compte René Sauvan, Michel Calamand et René Davini. Sous la houlette de son président M. Joyet, le Handball Club d'Istres commence à franchir peu à peu les séries régionales, tout en développant une politique interne de formation des jeunes.
Devenu Istres sports, le club ne décolle vraiment qu'en 1984 avec les arrivées du président Alain Brisson et de l'entraîneur polonais Ignacy Pazur recruté grâce à une petite annonce de L'Équipe. Dès lors, tout va aller très vite :
- Montée en Nationale 3 (D4) en 1985
- Montée en Nationale 2 (D3) en 1986
- Deuxième de Nationale 2 derrière Cannes en 1987
- Montée en Nationale 1B (D2) en 1988
Cette dernière est acquise après une impressionnante série de victoires conclue par une victoire en finale face à Saint-Michel-sur-Orge (victoires 32-23 à Istres et 35-32 à Saint-Michel).
Le club oscille au cours des saisons suivantes entre les deuxième et troisième niveaux nationaux. En 1992, alors que le moment était plutôt à l'euphorie de la montée du professionnalisme en France, le président Constant Cambouris et les dirigeants préfèrent opter pour la rétrogradation volontaire en Nationale 2 (D3) afin d'assainir les finances du club.
Dès la saison suivante, au profit d'une augmentation du nombre de clubs participants, Istres Sports intègre la toute nouvelle Nationale 1 fédérale (D2) qu'il concluait par une belle troisième place de sa poule. En 1994, les ambitions du club sont illustrées par les recrutements de Bruno Martini, Gilles Derot et Serge Laurain.
L'Ère de la Division 1 et les Défis
Pour sa première saison en Division 1, le club recrute alors des joueurs reconnus tels que Gaudin et Saračević, puis la saison suivante Cochard, Munier ou encore l'international roumain Dedu. Si le club termine sa première saison à une honorable huitième place et se retrouve la nouvelle locomotive du handball provençal après la disparition de l'OM Vitrolles, l'année 1996 se termine par le renvoi de l'entraîneur Jean-Louis Derot plombé par les mauvais résultats du club.
Après une saison en D2, l'équipe retrouve l'élite de la D1 emmenée par son entraîneur Franck Bulleux, sous la présidence de Jean-François Serre en 1998-99 ; le club poursuit et amplifie sa politique de formation des jeunes, avec l'appui du COFIJ (Centre Omnisports de Formation et d'Insertion des Jeunes).
Par la suite, le club oscille régulièrement entre le haut de tableau en D2 (de 2012 à 2014, de 2015 à 2018 et en 2023-2024) et le bas de tableau en D1 (en 2014-2015, de 2018 à 2023).
Voici un tableau récapitulatif des performances récentes d'Istres Handball :
| Saison | Division |
|---|---|
| 2012-2014 | D2 (Haut de tableau) |
| 2014-2015 | D1 (Bas de tableau) |
| 2015-2018 | D2 (Haut de tableau) |
| 2018-2023 | D1 (Bas de tableau) |
| 2023-2024 | D2 (Haut de tableau) |
Saison Actuelle et Nouvelles Ambitions
Maintenu de justesse en Liqui Moly Starligue, Istres peut désormais se projeter sur sa future saison. En vérité, le club, qui a communiqué sur ses nouvelles recrues, s'était déjà bien projeté : les arrivées d'Anders Eggert, Lucas Vanègue, Xoan Ledo et Alejandro Marquez avaient déjà été officialisées il y a quelques mois.
Le retour de prêt de Jotham Mandiangu, qui portait les couleurs de Besançon cette saison, était également connu. Mais dans cette liste, un nouveau nom est apparu : celui de Marko Nikolic. Cet ailier gauche serbe de 23 ans a commencé cette saison au RD Butan Plin Izola, club de deuxième division slovène, avant de jouer en première division polonaise, au Stal Mielec, en deuxième partie de saison (36 buts en 12 matchs).
Par ailleurs, le club provençal a promu un joueur issu de son centre de formation : le Belge Raphaël Kotters, 21 ans, signe son premier contrat pro avec Istres. Le jeune arrière droit est arrivé dans les Bouches-du-Rhône il y a deux ans, et après une première année difficile, il est monté en puissance au point d'avoir des apparitions plus fréquentes avec l'équipe première cette saison.
Le Istres Provence handball a affiché ses nouveaux objectifs et présenté ses joueurs pour sa saison qui vient de débuter. Huit recrues viennent renforcer l’équipe évoluant encore en Liqui Moly Starligue cette saison, notamment sur la base arrière, soit plus de la moitié du groupe : ”C’est énorme. Mais dans notre club, il y a toujours une incertitude entre montée et descente, ce qui rend difficile la stabilité”, explique le président Benjamin Gonzalez, en poste depuis trois saisons.
Bastien Cismondo : Un Entraîneur Local aux Commandes
Le changement majeur reste l’arrivée de Bastien Cismondo au poste d’entraîneur principal. Ancien capitaine et figure locale formé à Istres, il effectue sa première expérience à la tête d’une équipe professionnelle : “C’est quelqu’un de chez nous, qui connaît le contexte, le club, et qui a pu faire ses propres choix d’effectif. C’est peut-être le gros changement de l’intersaison”.
Le président insiste toutefois sur le temps nécessaire : “Il va falloir être patient pour trouver des automatismes, une ambiance, une équipe. L’objectif, cette fois, est de recruter sur le moyen terme, avec des contrats de deux à trois ans”. L’idée est claire : attirer de jeunes joueurs venus parfois de l’étranger, leur offrir une expérience tremplin, tout en construisant un noyau plus stable : “On leur dit : aidez-nous à progresser ici, et après vous pourrez partir plus haut. Mais faites avec nous une petite aventure de deux ou trois ans”.
À Istres, le handball garde une place à part. “On est très bien positionnés, c’est le sport numéro 1 de la ville, le dernier sport professionnel sur Istres, alors que le rugby, le volley féminin, le foot ou le tennis de table ont pris de moins en moins de place au niveau professionnel”.
Mais sportivement, l’IPH reste prudent : monté en D1 et maintenu ces dernières saisons, le club veut franchir un cap : “On ne veut pas seulement se sauver à la dernière minute. L’objectif est de bâtir un beau projet, de structurer, de grandir, et de développer nos partenariats”.
Côté billetterie, une légère hausse est annoncée : 7 € pour un match classique, un peu plus pour les affiches de prestige. Les abonnements sont proposés à 99 € (84 € en cas de renouvellement) : “C’est un sport qui se vit en famille, avec de belles valeurs”, insiste Benjamin Gonzalez.
Malheureusement, les “Taureaux” n'ont pas réussi à se qualifier en Coupe de France contre Frontignan (défaite 37/30) le 2 septembre dernier. Ils ont aussi trébuché lors de la première journée de championnat à Nîmes (28-29).