Marc Lièvremont : Biographie d'un Joueur de Rugby Iconique

Marc Lièvremont, figure emblématique du rugby français, a marqué son époque par son talent et son engagement sur le terrain.

Grosse émotion de Marc Lièvremont [Evènements Tournée en ARG]

Son parcours, riche en émotions et en succès, témoigne de sa passion pour ce sport.

Marc Lièvremont sous le maillot de l'équipe de France.

Jeunesse et Débuts

Fils d'Irène (lorraine de souche germanique) et Roland Lièvremont (originaire du Jura), Marc naît le 28 octobre 1968 à Dakar au Sénégal où son père, militaire engagé dans la Marine, y est basé depuis le printemps 1966. Marc a 6 mois lorsque ses parents quittent le pays. La famille Lièvremont, qui doit suivre leur père dans toutes ses missions militaires, s'installe ensuite définitivement à Argelès-sur-Mer en 1973.

Roland Lièvremont quitte l'armée et devient éducateur pour handicapés mentaux. Irène, de confession catholique, s'investit dans la religion. Marc est l'aîné d'une fratrie de huit enfants (Marc, Vincent, François, Thomas, Matthieu, Claire et les jumeaux Pierre et Luc). Toute la famille habite dans une immense maison de campagne, surnommée « la Ribambelle ».

C'est à l'âge de 5 ans et demi, en CP, que Marc Lièvremont découvre le rugby à XV ; ses premiers instituteurs sont éducateurs au club local d'Argelès : l'Étoile sportive argelésienne. Le jeune Lièvremont apprécie également la randonnée, la lecture, les jeux de société avec ses frères et sœur et les réunions familiales.

En difficulté à l'école, Pierre Aylagas, alors conseiller régional du Roussillon, lui propose d'aller à Béziers en section sport-études. Parti à l'âge de 15 ans, il passe trois ans en terre biterroise sous l'égide de Raoul Barrière avant de décrocher un Bac B. En parallèle, il suit ses amis d'Argelès qu'il quitte pour jouer à l'USAP et dispute la Coupe Frantz-Reichel, le championnat junior (moins de 21 ans). Il délaisse le poste de trois-quart centre pour celui de troisième ligne aile.

En 1987, alors qu'il joue en Nationale B (championnat destiné aux équipes réserves) avec Perpignan, il est convoqué par Pierre Aylagas en sélections régionales du Roussillon et dispute le Trophée Maaf.

Carrière en Club

Arrivé au cours de la saison 1988-1989, Marc Lièvremont dispute son premier match en équipe première contre Nîmes (défaite 16-12) le 29 janvier 1989. Malgré le limogeage de Roland Génis, Lièvremont garde la confiance du nouveau duo Dominique Bacave - Jean-François Imbernon. Réaligné contre l'équipe de Blagnac de Christophe Deylaud, Lièvremont et ses coéquipiers sont corrigés 7-23 à domicile. L'USAP ne se qualifie pas pour la phase finale en fin de saison.

Parallèlement, Lièvremont doit accomplir ses obligations militaires au Bataillon de Joinville à Fontainebleau et continue ses études. Alors qu'il opte pour devenir éducateur sportif, il passe alors deux années en STAPS à Montpellier aux côtés de Philippe Boher puis entame une formation aux examens d'éducateur au CREPS de Toulouse.

Sur les terrains, Lièvremont se fixe définitivement au poste de troisième-ligne aile, plus particulièrement à gauche (numéro 6), comme son père et la majorité de ses frères plus tard. Il devient un redoutable plaqueur malgré son petit gabarit pour un troisième-ligne (1,82 mètres pour 84 kilos) et, petit à petit, le chouchou du stade Aimé-Giral bien qu'il n’ait aucune origine catalane.

Alors que le rugby n'est pas encore devenu professionnel, Lièvremont travaille à la mairie de Perpignan, en parallèle de sa carrière de joueur, où il est détaché auprès des écoles primaires.

Entre 1989 et 1997, l'USAP, irrégulière en championnat, n’atteint les quart-de-finales que deux fois : en 1993 (défaite à nouveau 10-9 contre Toulon) et 1995 (défaite 12-12 ; 5-4 aux t.a.b contre Castres) sans jamais aller plus loin. L'USAP remporte cependant le Challenge Yves du Manoir 1994 sous la houlette de Paul Toussat (qui a remplacé Georges Coste) qui récompense la génération de Lièvremont avec Boher, Dispagne et Gérard Majoral (son pendant en troisième ligne).

Il porte le brassard de capitaine pendant sa dernière saison au club, en 1996-1997. Mais alors que le club a changé d'encadrement et que Marc Lièvremont continue de concilier rugby et activité de sapeur-pompier, la lassitude s'installe. Contacté par Max Guazzini et Bernard Laporte (président et entraîneur du Stade français) au printemps 1997, Lièvremont est séduit par le projet d'envergure du duo francilien.

Pour son retour dans l'élite en tant que promu, Guazzini fait signer pas moins de 23 nouveaux joueurs, dont plusieurs internationaux comme Simon, Moscato, Gimbert, Juillet, Roumat, Dominguez, Dominici,... au Stade français. De son côté, Lièvremont voit son salaire multiplié par trois, découvre la vie parisienne et joue dans une équipe taillée pour le titre. Les hommes de Laporte réalisent une saison exceptionnelle : Demi-finaliste du Challenge européen, les franciliens terminent premier de leur poule en phase régulière et retrouve Perpignan en finale du championnat au Stade de France.

Contacté par les Harlequins de Londres, Marc Lièvremont choisit finalement de rejoindre Biarritz où il retrouve son frère Thomas. Pour sa première saison au BO, il échoue en demi-finale du championnat face à l'AS Montferrand (9-16) et est éliminé en Coupe d'Europe en quart par le Munster (38-29). La saison 2001-2002 est auréolée d'un nouveau titre de champion de France remporté contre Agen. Lièvremont ne dispute pas la finale, rattrapé par une nouvelle blessure à son genou droit. Cette dernière l'empêche définitivement de retrouver les terrains. Alors qu'il lui restait deux ans de contrat, le président du BO Marcel Martin lui propose une reconversion dans le staff technique en tant qu'analyste vidéo.

Carrière Internationale

Régulièrement sélectionné en équipe régionale, Marc Lièvremont fait notamment partie de la sélection du Languedoc-Roussillon qui s'incline 35-18 face à l'Australie, champions du monde en titre, le 23 octobre 1993, marquant un essai à la 77e minute. L'année suivante, il fait partie de la tournée d'été des Barbarians français, menés par Serge Blanco et Jean-Pierre Rives, en Australie ponctuée par deux victoires.

Ses bonnes prestations lui ouvrent les portes du XV de France. Au lendemain de la Coupe du monde 1995, une nouvelle génération (dirigée par Jean-Claude Skrela auquel s’adjoindra Pierre Villepreux) est mise en place. Lièvremont poursuit sa progression chez les Bleus et participe à la tournée estivale en Argentine, en compagnie de son frère, Thomas.

Peu avant, en début d'année 1998, Marc Lièvremont dispute le Tournoi des V nations. Remplaçant lors du premier match contre l’Angleterre, il profite de la blessure de Philippe Benetton pour former la troisième-ligne titulaire avec son frère et Olivier Magne. Le XV de France réalise le Grand Chelem en surclassant notamment le Pays de Galles (0-51) lors du dernier match. Durant cette année presque parfaite (une seule défaite contre l'Australie), Lièvremont participe à toutes les rencontres et devient un cadre de l'équipe de France.

La saison 1998-1999 est tronquée pour le joueur parisien qui se blesse de nouveau au genou droit. Il se fait opérer début 1999 et doit manquer le Tournoi, qui s'avère calamiteux pour le XV de France : dernier avec 1 victoire et 3 défaites. Une facture de la clavicule contrarie la fin de saison de Lièvremont.

Après une préparation très compliquée, les Bleus peinent à battre le Canada (33-20) en ouverture à Béziers puis s'imposent de façon poussive contre la Namibie (47-13) et les Fidji (28-19). Premier de leur groupe, le XV de France se qualifie pour les quarts-de-finale malgré les prestations en demi-teinte et les blessures de nombreux joueurs.

Opposé à l'Argentine en quart, les Bleus réalise un très bon début de match et l'emportent (47-26) malgré l'efficacité du buteur argentin Gonzalo Quesada. En demi-finale, la France retrouve les All Blacks, grands favoris de la compétition emmenés par leur ailier Jonah Lomu. Mené 10-24 à la 45e minute, Marc Lièvremont et ses coéquipiers parviennent finalement à s'imposer 43-31 à Twickenham. Il s'agit d'un des plus grands exploits du rugby et du sport français, encore à ce jour.

Blessé à la cuisse en demi, Lièvremont tient tout de même sa place en finale le 6 novembre 1999 contre l’Australie. Encore en course à la pause (menés 12-6), les Bleus, vraisemblablement fatigués de leur exploit contre la Nouvelle-Zélande, craquent en seconde période et s'inclinent 35-12 au Millenium de Cardiff.

Il a évolué en tant que troisième ligne aile dans les clubs de Perpignan, Paris et Biarritz, mais aussi en équipe de France de 1995 à 1999, marquant 5 essais en 25 sélections, et participant notamment au Grand Chelem de 1998 et à la Coupe du monde 1999.

Reconversion

En 2003, Marc Lièvremont est nommé entraîneur des Espoirs avec Jean-Philippe Saffore. Possédant déjà ses diplômes, c'est durant cette période qu'il découvre la fonction qui va le conduire jusqu'au XV de France. Tout en s'inspirant de ses anciens dirigeants, il développe sa propre perception du jeu, son autorité, ses valeurs et la relation avec ses joueurs.

À la même époque, il est sollicité par la Fédération via la Direction technique nationale (DTN) pour prendre en charge l'équipe de France des moins de 21 ans, aux côtés de Philippe Agostini. Placé sous la houlette de Max Godemet, dont il s’inspira des méthodes d'entraînement, Lièvremont mène les jeunes français lors du Tournoi des moins de 21 ans en 2005 et en Coupe du monde des moins de 21 ans disputée en Argentine où la France atteint les demi-finales.

En 2005, Marc Lièvremont accepte le poste d'entraîneur de l'US Dax que lui a proposé le comité du club. L'effectif présent est renforcé par l'arrivée d'Emmanuel Menieu, Christophe Milhères, Philippe Carbonneau et plusieurs joueurs Espoirs. Avec l'aide de Jean-Philippe Coyola, il emmène Dax jusqu'en finale de Pro D2 en fin de saison. Le club échoue face à Albi (défaite 12-8) mais prend sa revanche la saison suivante en battant La Rochelle (victoire 23-16) le 27 mai 2007, accédant ainsi au Top 14.

Sélectionneur du XV de France

Pendant la Coupe du monde 2007, Marc Lièvremont est contacté par Bernard Lapasset, alors président de la FFR, pour succéder à Bernard Laporte au poste de sélectionneur du XV de France. D'abord réticent et lié contractuellement à l'US Dax, Lièvremont accepte finalement la proposition. La nomination est officialisée le 24 octobre 2007.

Dans son groupe, Lièvremont choisit Lionel Nallet (Castres) comme capitaine et s'appuie sur une nouvelle génération de joueurs (Barcella, Parra, Trinh-Duc, Ouedraogo, Picamoles). Pour leur entrée dans le Tournoi 2008, les Bleus impressionnent offensivement face à l’Écosse (27-6) et l'Irlande (26-21) emmenés notamment par Vincent Clerc et Cédric Heymans. Défaits au Stade de France par l’Angleterre (13-24), les joueurs français se rattrapent contre l’Italie (25-13). Tout proche de la victoire finale, le XV de France craque finalement face au Pays de Galles (29-12) qui réalise le Grand Chelem.

Pour la tournée estivale en Australie, Marc Lièvremont, privé des internationaux du Stade toulousain, de l'ASM Clermont Auvergne, de l'USA Perpignan et du Stade français qui disputent les demi-finales du Top 14 dans leurs clubs respectifs, convoque un groupe « expérimental » tout en rappelant Sébastien Chabal et Dimitri Yachvili. La tournée se solde par deux lourdes défaites 34-13 à Sydney puis 40-10 à Brisbane face aux Wallabies.

Durant la tournée d'automne, l'équipe de France prend sa revanche sur l'Argentine (12-6) après les deux défaites lors de la dernière Coupe du monde puis bat facilement les Pacific Islanders (42-17) au Stade Bonal (Montbéliard).

Les Bleus débutent le Tournoi 2009 par une défaite en Irlande (30-21), qui réalisera le Grand Chelem, puis enchaînent deux victoires à domicile face à l’Écosse (22-13) et le Pays de Galles (21-16). Opposée ensuite au XV de la Rose, l'équipe de France est humiliée face aux assauts anglais à Twickenham (34-10). Cette lourde défaite est partiellement compensée par les 50 points inscrits contre l'Italie lors du dernier match (50-8). Le XV de France se classe de nouveau troisième et ressort du Tournoi très critiqué.

Ce Tournoi mitigé est suivi d'une tournée d'été en Nouvelle-Zélande. En l'absence de Lionel Nallet (blessé), Lièvremont nomme Thierry Dusautoir comme capitaine. L'intérim ayant été concluant, il le restera finalement jusqu'au bout du mandat. Lors du premier match face aux All Blacks, les Bleus l'emportent à la surprise générale à Dunedin (27-22). Une première en terre Néo-Zélandaise depuis 1994. Le XV de France est tout près de réédité l'exploit de 1994 après une courte défaite (14-10) lors du second match.

Au cours de cette tournée, Marc Lièvremont doit gérer l'« affaire Mathieu Bastareaud » qui provoque une crise diplomatique entre la France et la Nouvelle-Zélande et quelques remous politiques. L'équipe de France achève sa tournée par une défaite contre l'Australie (22-6). Le bilan est malgré tout positif.

En novembre, les Bleus font face aux Springboks sud-africains, champions du monde en titre et vainqueur du dernier Tri-nations. Vaillant, le XV de France s'impose avec la manière 20-13 au Stadium de Toulouse. Après une victoire plus large face aux Samoa (43-5), l'équipe de France retrouve les All Blacks à Marseille.

En 2010, les Bleus réalisent un début de Tournoi parfait avec quatre victoires face à l’Écosse (18-9), l'Irlande (33-10), le Pays de Galles (26-20) et l'Italie (46-20) s'appuyant notamment sur une mêlée solide et leur buteur Morgan Parra. Face à l'enjeu, le dernier match contre l'Angleterre lors du « Crunch » est plus compliqué mais l'équipe de France s'impose finalement 12-10 au Stade de France le 20 mars. Les hommes de Lièvremont réalisent le Grand Chelem, le neuvième de l'histoire du XV de France et le premier depuis 2004.

Ce Grand Chelem est suivi d'une tournée catastrophique dans l'hémisphère Sud. En effet, fatigué après une fin de saison éprouvante en club, le groupe de Marc Lièvremont subit deux grosses défaites coup sur coup face à l'Afrique du Sud (42-17) puis l'Argentine.

L'équipe de France célébrant le Grand Chelem 2010.

Statistiques en Équipe de France

Voici un tableau récapitulatif des statistiques de Marc Lièvremont en équipe de France :

Période Nombre de Sélections Essais Marqués Compétitions Majeures
1995-1999 25 5 Grand Chelem 1998, Coupe du Monde 1999

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