Le Canada, bien que reconnu comme le pays du hockey sur glace, possède une riche histoire dans le domaine du football. Toutefois, il est important de noter qu'il s'agit du football canadien, qui présente des différences notables par rapport à la discipline pratiquée aux États-Unis.

Genèse et Évolution du Football Canadien
Les premières traces d'un match de football au Canada remontent à 1861, à l'université de Toronto. Par la suite, diverses ligues se sont formées au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. En 1909, la Grey Cup a été créée, un trophée qui récompense encore aujourd'hui l'équipe victorieuse du championnat. La Canadian Football League (CFL) a vu le jour en 1958, résultant de la fusion de toutes les équipes professionnelles en une ligue unique. La finale du championnat 2019 a été regardée par environ quatre millions de téléspectateurs au Canada, témoignant de l'engouement pour ce sport.
Distinctions entre la CFL et la NFL
Plusieurs détails distinguent la CFL de la National Football League (NFL) américaine. Au Canada, le terrain fait 110 yards (100,5 mètres), contre 100 chez son voisin. Il est également plus large. Les poteaux sont situés à l'entrée de la zone d'en-but (comme au rugby), alors qu'aux États-Unis, ils sont tout au bout du terrain.
Une escouade, qu'elle soit offensive ou défensive, se compose de 12 joueurs en CFL, soit un de plus qu'en NFL. L'absence de tight end est compensée par la présence de deux slotbacks, des receveurs supplémentaires positionnés derrière la ligne offensive avant chaque action. En défense, il y a cinq defensive backs en CFL, contre quatre en NFL. De plus, une équipe en CFL dispose de seulement trois tentatives pour gagner 10 yards, contre quatre en NFL.
Dans une saison régulière, chaque formation de CFL joue 18 matches (la NFL est passée à 17 en 2021). Enfin il existe un système de points que la NFL ne connaît pas : une équipe canadienne peut marquer un point sur une action qui implique un coup de pied. Si un field goal est manqué mais que le ballon entre dans la zone d'en-but, l'équipe inscrit un point. Sur un coup de pied de dégagement, si, là aussi, le ballon atterrit dans l'en-but, ou si l'équipe qui le reçoit ne sort pas de cette zone, un point revient à l'équipe qui a botté.
Structure de la CFL : Équipes et Organisation
Pays gigantesque, le Canada a néanmoins fort peu de grandes villes et, du coup, pas un grand nombre d'équipes de football. Actuellement il en existe neuf, réparties en deux conférences. Les Toronto Argonauts sont les pionniers dans cette ligue, ils ont été créés en 1873. À l'inverse, les Ottawa Redblacks n'ont vu le jour qu'en 2014.
Les sept autres franchises sont les Alouettes de Montréal, les British Columbia Lions (basés à Vancouver), les Hamilton Tiger-Cats, les Winnipeg Blue Bombers et les Edmonton Elks. Ces derniers se sont longtemps appelés Edmonton Eskimos, mais ils ont changé de nom l'année dernière, en raison de la controverse autour du mot « Eskimo » désormais considéré comme raciste vis-à-vis à des Inuits.
Toronto est le recordman de victoires en Grey Cup (17). Les Winnipeg Blue Bombers ont, eux, le record de participation (23). Ils avaient gagné la dernière édition en 2019 (33-12 contre Hamilton). La saison 2020 de CFL ne fut pas disputée, à cause de la pandémie de Covid-19. Le championnat se joue de juin à novembre. Six équipes accèdent aux play-offs. Le vainqueur de chaque conférence est dispensé du premier tour, que disputent le deuxième et le troisième.
| Équipe | Ville | Conférence | Création | Grey Cup gagnées |
|---|---|---|---|---|
| Toronto Argonauts | Toronto, Ontario | Est | 1873 | 17 |
| Ottawa Redblacks | Ottawa, Ontario | Est | 2014 | 1 |
| Alouettes de Montréal | Montréal, Québec | Est | 1946 (renaissance en 1996) | 7 |
| British Columbia Lions | Vancouver, Colombie-Britannique | Ouest | 1954 | 6 |
| Hamilton Tiger-Cats | Hamilton, Ontario | Est | 1869 (sous divers noms) | 8 |
| Winnipeg Blue Bombers | Winnipeg, Manitoba | Ouest | 1930 | 12 |
| Edmonton Elks | Edmonton, Alberta | Ouest | 1949 | 14 |
Diversité des Joueurs : Canadiens, Américains et Internationaux
Les joueurs américains, qui sortent du relevé championnat NCAA (universitaire) mais qui ne trouvent ensuite pas de place en NFL, peuvent franchir la frontière pour poursuivre leur carrière, avant un éventuel retour au pays. Le quarterback Joe Theismann, qui gagna le Super Bowl avec Washington en 1983, joua à Toronto de 1971 à 1973. Avant d'être un des meilleurs passeurs de l'histoire de la NFL (le 12e de tous les temps), Warren Moon joua six ans à Edmonton et remporta la Grey Cup cinq fois d'affilée. Doug Flutie, meilleur joueur NCAA en 1984, ne perça pas en NFL, devint une star durant les huit années qu'il passa au Canada, avant de rejouer en NFL, avec succès cette fois.
Pour éviter un trop grand nombre de joueurs US, des quotas ont été établis. Une équipe peut posséder 46 joueurs, mais pas plus de 20 Américains. Chacune d'elles peut également avoir deux joueurs qui ne sont ni Canadiens ni Américains.
CFL America Presents- "The History of Pro Football in America"
L'Importance de la Francophonie : Les Alouettes de Montréal
La francophonie en CFL, ce sont d'abord les Alouettes, la franchise de Montréal, qui ont connu plusieurs vies. L'équipe originale vit le jour en 1946 et remporta quatre fois la Grey Cup, dont la mythique édition de 1977 qui se joua au stade Olympique de Montréal sur un terrain complètement gelé (41-6 face à Edmonton devant plus de 68 000 spectateurs).
Les Alouettes disparurent en 1981, remplacées par les Concordes. Ces derniers ne jouèrent que quatre ans, sans la moindre réussite. Puis Montréal fut privée d'équipe jusqu'en 1996, date de la renaissance des Alouettes. Depuis, la franchise québécoise a remporté la Grey Cup à trois reprises, la dernière en date en 2010.
Présence Française en CFL : Focus sur les Joueurs
Au coup d'envoi de la saison 2021, il y aura huit Français sur les terrains de CFL. Le kicker Boris Bede (31 ans) est le plus ancien. Parti vivre aux USA, quand il était adolescent, il a évolué à l'université de Laval (Québec), avant de rejoindre les Alouettes en 2015 et d'y jouer cinq ans. Il est désormais à Toronto. Bede côtoiera le running back Asnnel Robo (27 ans), un ancien de l'université de Montréal, qui a signé aux Argonauts cette année, après avoir passé la saison 2019 à Calgary, où il a peu joué.
Trois autres Français avaient découvert la CFL en 2019 : le wide receiver Benjamin Plu (26 ans, British Columbia), passé par les Black Panthers de Thonon et l'université de McGill (à Montréal), avait joué les quatre derniers matches de la saison 2019 avec les Lions. Le linebacker Maxime Rouyer (26 ans), lui aussi un ancien de McGill, porte les couleurs d'Edmonton. Il a joué 17 matches et intervient notamment au sein de la special team. Le defensive end Valentin Gnahoua a rejoint les Hamilton Tiger-Cats, après être passé par McGill et les Berlin Rebels. Il a joué (et perdu) la Grey Cup en 2019 contre Winnipeg.
Deux Français ont été sélectionnés cette année, tous deux par les Ottawa Redblacks. Il s'agit du wide receiver Anthony Mahoungou (27 ans), qui a joué pour la fac de Purdue aux États-Unis, avant de tenter sa chance en NFL à Philadelphie, et du defensive back Tony Anderson (27 ans), qui a également joué en université aux USA, à Grand View. Enfin Montréal a recruté il y a quelques jours le wide receiver Kevin Kaya (26 ans).
La présence des joueurs français de football américain en Amérique du Nord est de plus en plus remarquable, témoignant de la montée en puissance du Football Américain en France mais aussi du niveau global des Français dans ce sport. Ces athlètes ont franchi l’Atlantique pour poursuivre leurs rêves de jouer à un niveau professionnel dans la NFL (National Football League), dans la CFL (Canadian Football League) ou dans un niveau universitaire en NCAA (Université américaine). La Fédération Française de Football Américain s’est associée avec Élite Athlètes pour accompagner des jeunes joueurs dans leur double projet scolaire et sportif en université américaine. Avec cette collaboration, il s’agit d’ouvrir la voie du “College Football“ aux jeunes athlètes français.