Les volleyeurs français, doubles champions olympiques en titre, ont dominé la scène internationale, mais un titre mondial manque à leur palmarès déjà impressionnant. L'équipe de France de volley-ball, avec des joueurs clés comme Nicolas Le Goff, Antoine Brizard, Jenia Grebennikov et Théo Faure, aborde le championnat du monde 2025 avec une ambition claire : décrocher l'unique médaille qui leur résiste encore.

Les volleyeurs français Nicolas Le Goff, Antoine Brizard, Jenia Grebennikov et Théo Faure lors d'un match de la Ligue des nations.
Jamais titrés au championnat du monde, les volleyeurs français sont toujours à la recherche du titre mondial manquant encore à leur collection de trophées. Doubles champions olympiques en titre en 2021 et 2024, champions d'Europe en 2015, et quatre fois vainqueurs de la Ligue des nations (2015, 2017, 2022, 2024), les Bleus ont, pourtant, toujours peiné aux Mondiaux, dont l'édition 2025 débute vendredi 12 septembre.
Les Défis du Championnat du Monde
Alors, comment expliquer que cette compétition résiste encore aux Français ? Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus, évoque d'emblée la densité du plateau international. "La concurrence est rude au niveau mondial. Les équipes sont très proches en termes de niveau et la marge est minime, commence le passeur emblématique des Bleus, qui a dépassé le cap des 400 sélections."
Ces deux succès sur la scène mondiale ont bien eu lieu, non pas au Mondial, mais aux Jeux olympiques, un rendez-vous planétaire "à part", où "l'envie est encore plus forte", estime le pointu Jean Patry. "On a aussi bien performé sur la Ligue des Nations (VNL), glisse ce dernier. Elle amène quelque chose qui nous va bien, une décontraction et un détachement du résultat final, qui nous permet de bien nous exprimer parce qu'on arrive à jouer relâchés et à prendre du plaisir. Ce n'est pas le cas, c'est vrai, sur les championnats du monde, où l'enjeu est complètement différent, car celui-ci est supérieur.
Entraîneur des Bleus entre 2012 et 2021, Laurent Tillie souligne, lui, le format de la compétition : "Sur les éditions précédentes, les championnats du monde étaient une longue compétition, avec beaucoup de matchs en phase de poules."

Les volleyeurs français Yacine Louati et Théo Faure, lors d'un match de la Ligue des Nations.
Pour l'édition 2025, la compétition évolue, avec seulement trois matchs de poules avant les phases finales. Un format qui ressemble d'ailleurs à celui des JO. "La compétition va aller très vite. Il va falloir beaucoup de constance et un peu de chance", annonce Laurent Tillie, qui estime que leur qualité de jeu est "suffisante pour espérer un podium".
Mais après une VNL manquée, les hommes d'Andrea Giani pourraient y puiser une force salvatrice pour le championnat du monde. "La VNL n'était pas un objectif à cocher cet été, elle a servi à donner du temps de jeu aux jeunes et donner du repos aux cadres, relativise le pointu des Bleus. Nous sommes passés un peu à côté, notamment contre la Slovénie, dont le match a laissé un goût amer. Nous étions un peu amorphes, et nous avons mal joué.
Ambitions et Motivation
Aux Philipinnes, les Bleus voient grand et ne visent rien d'autre que l'or. "On veut un gros résultat, ambitionne Jean Patry, parce que cela va être la dernière compétition pour pas mal de gars de l'équipe. Cela va nous donner un petit truc en plus. Une page va se tourner et on a envie de terminer en beauté." Une volonté de bien faire donc, sans pour autant "se mettre trop de pression et nous faire déjouer."
"On est tous en mission sur ce championnat du monde. On a à cœur d'aller chercher cette médaille qui nous manque." Comme il s'agit peut-être de la dernière compétition qu'ils joueront tous ensemble, et qu'ils ne l'ont jamais gagnée, cet objectif va les motiver, reconnaît Laurent Tillie. Ils ont l'expérience et la fraîcheur avec des jeunes joueurs.
À l’issue de ces championnats du monde, plusieurs cadres de l'équipe de France vont se rapprocher de la retraite internationale. Benjamin Toniutti, mais aussi Jenia Grebennikov ou Nicolas Le Goff entre autres pourraient être sur le départ post-Mondial, même si rien d'officiel n'a été annoncé.
Pour cela, les Bleus, qui retrouveront Earvin Ngapeth et Jean Patry, blessés respectivement au genou droit et malade cet été, devront déjà finir en tête de leur groupe, composé de la Corée du Sud, de la Finlande et de l'Argentine.
"Leur poule est équilibrée et la France devrait s'en sortir tranquillement, avant les matchs couperets de la phase finale", prédit Laurent Tillie. "Au regard des prétentions qui sont les nôtres, c'est inimaginable qu'on ne passe pas les poules, assure Jean Patry.
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Le Triomphe aux Jeux Olympiques de Paris 2024
C'est le match dont rêvent tous les joueurs de sports collectifs, une sorte de France-Brésil du 12 juillet 1998 mais en volley, une finale olympique emballante contre la meilleure équipe du monde : trois sets secs, une master class ! Benjamin Toniutti, capitaine de l'équipe de France, nous décrypte ce 10 août 2024 où, dans une Arena Paris Sud en fusion, les Bleus ont disloqué la Pologne (25-19, 25-20, 25-23) pour conserver leur titre de Tokyo. Un exploit que seules deux autres équipes avaient réalisé avant elle, l'URSS (1964 et 1968) et les États-Unis (1984 et 1988).
Un « mur de Paris infranchissable »
Tout au long de la finale, l'équipe de France a soumis les champions d'Europe, emmenés par le phénoménal cubano-polonais Wilfredo Leon, à une qualité de block exceptionnelle qui lui a permis de prendre l'avantage dans le troisième set en passant de 2-3 à 7-5.
« On a deux ailiers Jean (Patry) et Antoine (Brizard) très forts au block, raconte Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus. Nico Le Goff est également un gros contreur, ainsi que Barthélémy (Chinenyeze). En face, ils avaient les meilleurs attaquants polonais au poste 4 (ailier à gauche au filet). On pouvait donc leur mettre la pression sur leur point fort et contenir ce poste 4. La dimension physique était très importante. On savait qu'ils allaient faire des points mais l'idée était de constamment les freiner et qu'ils se mettent à douter. C'est ce qui est arrivé. Antoine a bloqué deux fois de suite Tomasz Fornal (réceptionneur-attaquant polonais), ce qui a fait sortir celui-ci du match... Or, Fornal est un joueur décisif pour son équipe. Les Bleus sont parvenus à faire déjouer les attaquants polonais.
Un « Magic » Earvin
Autre atout majeur des Bleus, l'efficacité en réception et en défense d'Earvin Ngapeth, MVP du tournoi et meilleur joueur français de l'histoire.
« L'un des points cruciaux du match a consisté dans notre faculté à mettre une pression énorme sur les Polonais au service tout étant hyper solides en réception, explique Benjamin Toniutti. On a tenu des services à 125 km/h grâce, notamment, à Earvin, et ça les a obligés à forcer le leur et à commettre des fautes. Et puis il y a eu ce sauvetage incroyable d'Earvin (au troisième set, à 16-17, le réceptionneur-attaquant sauve de la main droite une frappe de Leon qui avait transpercé le block formé par Patry et Chinenyeze). Ils avaient tout fait comme il faut et, malgré ça, la balle revient ! Là, l'adversaire se dit : "Mais qu'est-ce que je dois faire pour marquer un point !" Psychologiquement, cette séquence a marqué les Polonais. Élu MVP du tournoi olympique, Earvin Ngapeth a été l'un des grands artisans de la victoire des Bleus.
Les trois points de Trévor Clévenot
10-10, troisième set. Trévor Clévenot enchaîne une attaque, un contre sur Bartosz Kurek, l'attaquant principal des Polonais, puis une autre attaque, faisant basculer le score de 11-10 à 13-10. Le break s'avérera décisif au moment de conclure et illustre la capacité de l'équipe de France à créer des écarts.
« La qualité d'attaque de Trévor (Clévenot, 11 points) et de Jean (Patry, 17 points) a été exceptionnelle. Trévor, c'est un joueur qui rend complètement fou les adversaires. Il voit parfaitement le block, arrive à se sortir de situations compliquées. Même avec une mauvaise balle, Il analyse vite la situation et sort le coup le plus efficace. Derrière tout ça, il y a l'intelligence de la situation, de l'ADN volley, mais aussi beaucoup de travail. Trévor, c'est clairement le plus gros bosseur de l'équipe. Trévor Clévenot a inscrit 11 points face aux Polonais.
Et Quentin Jouffroy signe trois aces
Quentin Jouffroy, utilisé jusqu'alors comme joker au service, donne le coup de grâce en fracassant trois aces pour faire passer les Bleus de 18-18 à 23-18 dans le troisième set.
« L'entrée de Quentin a été décisive. On était à sept points de gagner les Jeux... Quand tu as un gars qui entre et débloque la situation à ce moment-là, c'est exceptionnel. Il connaît son rôle, entre pour ça, le fait parfaitement. Il n'a pas la meilleure main mais c'est à son crédit car ce n'est pas facile de réceptionner sa balle. Le service de Quentin n'est pas vraiment flottant et pas vraiment smashé. C'est un geste hybride, avec peu de rotation. En général, un serveur a des caractéristiques auxquelles on s'adapte. Face à lui, c'est très compliqué de le faire. Dans le troisième set, Quentin Jouffroy a été impérial au service.

Earvin Ngapeth lors de France-Slovénie (JO Paris 2024)
Comme si c'était écrit
Cet après-midi-là, l'équipe de France a roulé sur la Pologne comme si elle était saisie par une forme de transe. Les Bleus ont maintenu un niveau de jeu inouï. Tous au sommet de leur art, et ce, lors de la finale des Jeux. À Paris !
« On était possédés. On avait depuis la demi-finale (victoire 3-0 contre l'Italie, quadruple championne du monde) un sentiment d'invincibilité. Notre parcours, c'est le summum. Et tout s'est passé comme si on avait imaginé, avant, un match presque idéal. Sur le plan du jeu, de la concentration, de l'agressivité, de la solidarité... Chaque entrée a été positive. Comme si tout avait été écrit. Alors que ce n'est pas ça. Il a fallu de la préparation physique, psychologique... On était programmés pour ces Jeux. Le contexte a aussi compté. On était poussés par des millions de personnes. Mais tout de même, réaliser un match comme ça avec une telle pression... On a tous rêvé de ce moment, de jouer de cette façon-là en équipe. Y arriver, ça donne un sentiment incroyable. Unique. »
Earvin Ngapeth : La Pierre Angulaire de l'Équipe
Si ses équipiers ne l'ont pas attendu, le 31 août, pour aller de l'hôtel - point de rendez-vous de l'aéroport Charles-de-Gaulle- jusqu'au comptoir d'enregistrement d'où l'équipe de France s'envolait vers l'Asie, Earvin Ngapeth en reste à 34 ans la pierre angulaire. Elle n'est plus vraiment la même sans son talent en attaque et en défense, ni même son énergie et son esprit de compétition contagieux à l'entraînement.
"Il met la pression aux autres : 'je suis Earvin, je vais reprendre ma place'" explique à l'AFP le sélectionneur Andrea Giani en joignant le geste à la parole, tapant du poing dans sa paume pour illustrer l'attitude de Ngapeth lors du stage en août à Cannes.
Le double champion olympique, en étant élu meilleur joueur du tournoi à chaque fois, retrouvait le groupe après avoir soigné sa tendinopathie au genou droit pendant trois semaines au centre de rééducation de Capbreton (Landes).
Cette blessure l'a engagé dans une course contre la montre pour pouvoir disputer le Mondial et tenter de décrocher enfin le seul titre qui manque à l'équipe de France. "Quand on m'annonce que je vais aller à Capbreton pendant trois semaines, je ne suis pas prêt du tout. Et puis je me suis mis en mission. Je me suis mis dans ma bulle. Je me suis dit 'ce rendez-vous d'équipe, je ne peux pas le rater', donc j'ai bossé" raconte-t-il.
D'autant que "les gars m'ont fait ressentir aussi que c'était important que je sois là" ajoute le réceptionneur-attaquant, souvent handicapé par des blessures en amont des compétitions internationales. Dont avant l'Euro-2023, déjà au genou.
La présence de sa femme et de ses enfants à Capbreton a été un précieux soutien et deux mois plus tard, l'objectif semble atteint. "Je n'ai aucune douleur. Au niveau technique, ça va car le ballon c'est ma vie. Mais je n'avais jamais coupé aussi longtemps. Pendant trois mois je n'ai pas sauté, l'épaule n'a pas tourné, donc forcément il y a du boulot. Les deux premiers jours (d'entraînement) tu as l'impression que le ballon va très vite" explique Ngapeth, qui s'estimait, le 31 août avant de s'envoler pour l'Asie, à "70%" de ses capacités physiques.

Earvin Ngapeth (France)
Il lui restait deux semaines, avant l'entrée en lice des Bleus dimanche, pour gagner les 30% restant. Même "peut-être une en plus", puisque la phase de poules (Corée du Sud, Finlande et Argentine) lui autorise une certaine montée en puissance avant le début des choses sérieuses.
Cette coupure forcée lui a aussi offert un ballon d'oxygène, après un premier qu'a constitué son passage à Poitiers, son club de coeur, pour une pige de quelques mois dans la foulée du titre olympique de Paris.
Si son ami et capitaine Benjamin Toniutti devrait dire adieu aux Bleus après le Mondial, Ngapeth se projette lui jusqu'aux JO de Los Angeles dans trois ans.
"Je suis là tant que le genou va bien et tant que physiquement ça va. Je touche du bois mais l'envie est là, pour l'instant je sens que je peux encore tenir trois ans" explique-t-il, aiguillonné notamment par la volonté de décrocher un troisième titre olympique de rang, une performance jamais réalisée.
Les Ambitions de Benjamin Toniutti
L'équipe de France de volley, tenante du titre, est arrivée au village olympique et débutera sa compétition ce dimanche (17 heures) face à la Serbie. Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus, a affiché ses ambitions face aux médias.
Benjamin Toniutti (capitaine de l'équipe de France, avant l'entrée en lice des Bleus aux JO) : « On a envie, on a l'ambition de... On sait que ça va être compliqué, on n'est pas les seuls. Mais bien sûr qu'on a envie de gagner cette médaille d'or. Est-ce que ce sera une déception si on est médaillé d'argent ? Non. Une médaille de bronze ? Non. On veut l'or, forcément. On veut déjà se qualifier rapidement en quarts de finale, donc bien jouer. Mais l'ambition, bien sûr, c'est de gagner. Après, être médaillé olympique à Paris, ce serait quelque chose d'exceptionnel. »
Earvin Ngapeth (réceptionneur-attaquant de l'équipe de France) : « L'émotion qu'on a vécue à Tokyo, en étant de l'autre côté du monde, sans personne dans la salle, on se dit que la vivre à Paris, devant nos supporters et nos familles, ce serait quelque chose d'incroyable. On a du mal à s'imaginer pouvoir vivre une émotion aussi grande qu'on a vécu à Tokyo. Je pense que la motivation est déjà là, c'est le fait d'être à Paris et de défendre un titre olympique à Paris. C'est super compliqué de se préparer à ce qu'on va prendre dans la gueule.
Le capitaine des Bleus, Benjamin Toniutti, a fêté sa 400e sélection en battant l'Iran et, ainsi, qualifié l'équipe de France pour la finale de la Ligue des nations début août en Chine.
Benjamin Toniutti (capitaine de l'équipe de France de volley) après la victoire contre l'Iran ce samedi : « C'était ma 400e sélection en équipe de France ce soir (samedi). Je l'ai découvert vendredi soir. Car je ne compte pas... Je suis content car cela a toujours été un objectif pour moi de perdurer dans le temps. De tout faire pour marquer l'Histoire du volley français. C'est beaucoup de travail. J'ai toujours cette motivation d'aider l'équipe du mieux possible. Je suis ravi de le faire ici, en Pologne, car c'est un pays qui m'a accueilli depuis dix ans. De fêter cette 400e ici, c'est spécial. Pour cette victoire contre l'Iran, ça a été décisif de gagner ce premier set alors qu'on était derrière tout le set. On a très bien servi. On leur a mis beaucoup de pression. On est qualifiés pour la finale de la Ligue des nations en Chine. La cerise sur le gâteau c'est le match (dimanche) contre la Pologne dans une salle magnifique. Ce sera un tout autre match que la finale des Jeux. »
« On remporte le premier set grâce à deux points sur des blocs. C'est important. Dans le troisième set, on a perdu un moment la lucidité quand nous menions... » Giani, entraîneur de l'équipe de France
Andrea Giani (entraîneur de l'équipe de France de volley) : « C'était un match serré avec notamment deux sets serrés. On remporte le premier set grâce à deux points sur des blocs. C'est important. Dans le troisième set, on a perdu un moment la lucidité quand nous menions... Dans le sport quand tu as une chance de gagner faut la saisir... Le match contre la Pologne sera un match différent.
L'Équipe Féminine de Volley-Ball
La capitaine Héléna Cazaute, fer de lance de l'attaque, incarne le visage d'une équipe de France féminine de volley-ball décomplexée avant d'affronter le Brésil, ce dimanche (14h30) à Chiang Mai en Thaïlande, pour son premier choc au Mondial.
Pour leur première participation à une Coupe du monde en 51 ans, les Bleues sont proches d'accomplir leur objectif de se qualifier pour les 8e de finale, grâce à leur succès inaugural contre Porto Rico (3-1), vendredi.
Elles veulent accrocher le Brésil
Mais elles ne s'interdisent pas d'aller plus loin, ni de réussir un coup d'éclat. Les volleyeuses tricolores, longtemps considérées comme le parent pauvre des sports collectifs français, ont progressé ces dernières années au point de vouloir rivaliser avec les meilleures nations mondiales.
Les Brésiliennes, troisièmes aux JO 2024 et vice-championnes du monde en titre, « on peut les accrocher », affirme Cazaute. En juillet, les Françaises se sont inclinées au tie break face aux coéquipières de la star Gabi, dans le cadre de la Ligue des nations, au Japon.
« Je pense qu'elles vont arriver avec un état d'esprit différent. Mais nous, on ne va pas changer notre mentalité. La mauvaise expérience des JO
A 27 ans, Cazaute a goûté au plus haut niveau avec la sélection lors des Jeux à Paris, mais l'expérience a tourné court, avec trois défaites en autant de rencontres, à chaque fois sur le score de 3-0. « C'est passé tellement à une allure que je n'ai pas l'impression qu'on ait vraiment tiré les enseignements » des Jeux, explique-t-elle. En Thaïlande, c'est « une autre équipe », avec un nouveau sélectionneur, Cesar Hernandez, insiste-t-elle.
L'entraîneur espagnol a placé au coeur de son projet Cazaute, qui le lui rend bien : contre Porto Rico, l'ancienne Cannoise a sonné la charge avec 21 points, dont neuf dans le premier set, dans un moment critique pour son équipe alors gagnée par le trac du début de compétition. « C'est une joueuse qui nous donne beaucoup de choses, sur le terrain et en dehors », commente auprès Hernandez.
« Le Brésil a Gabi, l'Italie Paola (Egonu) », développe-t-il, Cazaute « fait la différence pour nous. » « Quand je suis sur le terrain, je suis contente de l'avoir. C'est une pièce maîtresse », abonde la libéro Juliette Gelin, qui a joué la saison dernière avec Cazaute à Milan. Elle apporte une « assurance », poursuit-elle.
« Garder la tête sur les épaules »
Face aux compliments, « il faut garder la tête sur les épaules et se dire qu'il y a encore du taf », répond l'intéressée. Avec son nouveau club, le VakifBank Istanbul, qu'elle a rejoint cet été après quatre années en Italie, c'est la Ligue des champions qui l'anime, après une finale et une demi-finale perdues ces deux dernières années.
L'Audoise de naissance rêve aussi d'une médaille avec la France ou du Final 8 de la Ligue des nations dès « l'année prochaine ». Un quart de finale en Thaïlande, « ce serait déjà incroyable », continue-t-elle.
En cas d'exploit face au Brésil, les Françaises auront quasiment en poche leur ticket pour les 8es de finale à Bangkok, a priori contre la Chine ou la République dominicaine.
Le Championnat du Monde 2024 : Une Nouvelle Étape
L’équipe de France de volley rentre dans son championnat du monde, ce dimanche 14 septembre. Forte d’un tout autre statut, celui de la première nation, l’équipe de France masculine ne veut ramener que l’or des Philippines.
En 2018, cette équipe naissante, avec les jeunes Patry, Brizard et Chinenyeze, s’était arrêtée au deuxième tour. Quatre ans plus tôt, la porte s’était refermée au pied du podium après un parcours éreintant, mais la France s’était invitée à la table des grands.
« C’est presque l’un de mes meilleurs souvenirs en équipe de France malgré la quatrième place.
L’actuel capitaine est, avec Earvin Ngapeth, Jenia Grebennikov et Nicolas Le Goff, le seul rescapé de cette aventure originelle dans l’équipe actuelle. Après des hésitations pour certains, le quatuor a rempilé pour une dernière danse dans la foulée du deuxième sacre olympique.
Si ce dernier, 34 ans, se voit continuer jusqu’aux JO 2028, pas sûr que Grebennikov (35 ans) et Le Goff (33 ans) ne prolongent ne serait-ce que jusqu’au Mondial 2027.
« Cette génération mérite de finir sur un succès. Dans cette quête, les voyants sont au vert selon les Bleus, malgré une sortie de route en quarts de finale de la Ligue des nations (contre la Slovénie) présentée comme un accident. Les cadres arrivent frais après avoir bénéficié d’une large et inédite coupure. Ngapeth court encore après sa forme mais ne se ressent plus de la tendinopathie au genou qui l’a privé de compétition cet été.
« Je pense qu’on a rarement bossé comme ça au niveau volley, énergie, concentration, préparation physique… J’ai vraiment l’impression qu’on va faire un très très gros mondial », pense Ngapeth.
La route vers l’or s’annonce cependant tortueuse.
| Compétition | Années | Résultats |
|---|---|---|
| Jeux Olympiques | 2021, 2024 | Champions Olympiques |
| Championnat d'Europe | 2015 | Champions d'Europe |
| Ligue des Nations | 2015, 2017, 2022, 2024 | Vainqueurs |
| Championnat du Monde | - | Meilleur résultat: Quatrième place |