Martin Johnson : L'histoire du Capitaine Emblématique de l'Équipe de Rugby d'Angleterre

RugbyZAP dresse le portrait de rugbymen ayant marqué l’histoire du rugby mondial. Plongez au cœur de l’histoire du rugby avec le parcours fascinant de Martin Johnson, un leader incontesté qui a marqué son époque. Découvrez comment cet homme, devenu une légende, a su inspirer et transformer le rugby anglais.

Martin Johnson, figure emblématique du rugby anglais.

Les Débuts d'une Légende

Né le 9 mars 1970 à Solihull, au sud-est de Birmingham, Martin Johnson déménage avec sa famille à Market Harborough, non loin de Leicester l’année de ses 7 ans. Il fréquente successivement la Ridgeway Primary School, Welland Park et l’école supérieure Robert Smyth School à Market Harborough. C’est là qu’il s’essaie au rugby, mais également au football américain. Johnson choisit finalement le rugby après avoir joué au football américain pendant une saison avec les Leicester Panthers.

En 1987, il rejoint la sélection de rugby à XV des écoles anglaises. Après quelques matchs avec Leicester, Martin Johnson prend la direction de la Nouvelle-Zélande et rejoint l’équipe de King Country, après avoir été convaincu par l’ancien All Black Colin Meads. Il évolue alors en deuxième division du championnat inter-provincial néo-zélandais pendant deux ans. Le jeune anglais impressionne tellement par son niveau qu’il est sélectionné pour une tournée de deux semaines en Australie avec l’équipe des moins de 21 ans de Nouvelle-Zélande en 1991. En septembre de la même année, il fait son retour en Angleterre.

Ascension au Sein de Leicester et Premières Sélections Nationales

Martin Johnson réalise sa première saison complète avec Leicester en 1991-1992, au terme de laquelle les Tigers terminent sixièmes. En parallèle, le géant anglais dispute deux matchs avec l’équipe d’Angleterre B et connaît ses premières sélections avec les Barbarians. La saison suivante, Johnson remporte son premier titre avec Leicester en décrochant la Coupe d’Angleterre grâce à son essai victorieux en finale face aux Harlequins. Si la saison 1993-1994 est un échec pour Johnson et Leicester (deuxième du championnat et défaite en finale de Coupe d’Angleterre contre Bath) la saison suivante est plus glorieuse.

Le deuxième ligne anglais remporte son premier Tournoi des 5 Nations avec le XV de la Rose en réalisant le Grand Chelem et gagne le championnat avec les Tigers pour la première fois. En juin, il dispute la Coupe du monde qui se joue en Afrique du Sud. Avec l’Angleterre, il termine premier de sa poule et élimine l’Australie en quart de finale.

Domination Nationale et Émergence Internationale

Les années qui suivent sont marquées par un nouveau succès au 5 Nations en 1996, puis un second titre en Coupe d’Angleterre en 1997. Malgré une année blanche en 1998, les saisons suivantes vont être couronnées de succès pour Martin Johnson. Après trois ans de disette en Premiership, il remporte quatre titres de champion d’Angleterre consécutifs avec Leicester entre 1999 et 2002.

Martin Johnson Packs a Punch

Au niveau international, le capitaine Johnson et l’Angleterre reviennent également sur le devant de la scène en 2001, en décrochant leur premier titre du Tournoi des 6 Nations depuis l’arrivée de l’Italie l’année passée. En 2002, Martin Johnson ne connaît pas le même succès avec le XV anglais qu’avec son club, qui réalise de nouveau le doublé championnat-Coupe d’Europe.

Le Triomphe Ultime : La Coupe du Monde 2003

Martin Johnson et ses coéquipiers du XV de la Rose connaissent toutefois la gloire en 2003. Si la saison en club est un échec, Johnson vit sa plus belle année en tant que capitaine de la sélection nationale avec la conquête de deux titres majeurs de sa carrière. Il réalise d’abord le Grand Chelem pour la seconde fois avec l’Angleterre dans le Tournoi des 6 Nations après 1995. Puis, à l’automne, il participe à sa troisième Coupe du monde qui se déroule en Australie.

Les anglais réalisent le sans faute pendant la phase de poule et se qualifient pour la phase finale. Ils battent d’abord le Pays de Galles en quart, puis la France en demie et rejoignent l’Australie en finale. Johnson et les siens viennent à bout des Wallabies à la toute fin des prolongations grâce à un drop de Jonny Wilkinson.

Martin Johnson soulevant la Coupe du Monde en 2003.

Martin Johnson a effectué la majorité de sa carrière à Leicester, club avec lequel il a remporté 9 titres. Martin Johnson a reçu de nombreuses distinctions individuelles pendant et après sa carrière de rugbyman.

Héritage et Influence

Après sa carrière de joueur, Martin Johnson a influencé le rugby en devenant entraîneur et consultant. Il a occupé le poste de sélectionneur de l’équipe d’Angleterre, partageant son expérience et sa vision stratégique. Sa capacité à inspirer et motiver les joueurs reste légendaire. Johnson a également contribué à des projets de développement du rugby à la base, aidant à promouvoir le sport auprès des jeunes générations.

Martin Johnson incarne le leader charismatique et inspirant sur le terrain. Sa capacité à galvaniser ses coéquipiers et à prendre des décisions sous pression a marqué les esprits. Son approche stratégique et son calme exemplaire ont influencé de nombreux joueurs, consolidant son statut de légende.

Tableau des Réalisations Majeures de Martin Johnson

Réalisation Année
Coupe d'Angleterre avec Leicester 1993
Grand Chelem au Tournoi des 5 Nations 1995
Championnat d'Angleterre avec Leicester 1995
Tournoi des 5 Nations 1996
Coupe d'Angleterre avec Leicester 1997
Champion d’Angleterre consécutifs avec Leicester 1999-2002
Tournoi des 6 Nations 2001
Grand Chelem au Tournoi des 6 Nations 2003
Coupe du Monde 2003

Ronald Poulton Palmer : Un Capitaine Sacrifié par la Guerre

Rugbyman de génie dévoué au XV de la Rose, Ronald Poulton Palmer est mort au front à 25 ans, en 1915. Un siècle plus tard, il est le joueur le plus célébré outre-Manche.

Sir Poulton aura connu la tristesse de survivre près de trois décennies à son fils, auquel il a consacré une biographie emplie de sanglots. Ce qui indique que le lieutenant Poulton Palmer était une célébrité de son temps : le plus grand rugbyman anglais, sinon mondial, le capitaine de l’invincible XV de la Rose d’avant-guerre. Si populaire, tant aimé, que sa mort, à 25 ans, fit les titres des journaux et que son père fut persuadé qu’il avait été victime d’un acte délibéré des Allemands pour saper le moral anglais.

La dernière demeure de Ronald Poulton Palmer se trouve en effet dans le carré réservé au régiment d’infanterie du Royal Berkshire, dans le cimetière de Comines-Warneton (Wallonie). Le trois-quarts fut tué le 5 mai 1915 par un tireur embusqué pendant la guerre de position qui s’installa dans le secteur meurtrier de Ploegsteert. Le rugby paya un lourd tribut dans la grande boucherie. La guerre prit leur capitaine à trois sélections : aux All Blacks, Dave Gallaher ; aux Ecossais, David Bedell-Sivright et aux Anglais, Poulton Palmer.

Des recherches menées en 2013 par l’historien Nigel McCrery ont établi que 140 internationaux de neuf nations différentes - dont 29 Anglais - périrent au feu. Ce qui représente 10 % de l’ensemble des sélectionnés depuis 1900.

Avec sa nouvelle enceinte et Poulton dans la ligne d’arrières, l’Angleterre, dépossédée de sa couronne depuis près de deux décennies par le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande, paraissait invincible. Elle réalisa deux grands chelems en 1913 et 1914.

Le dernier match international avant le conflit se déroule le 13 avril 1914 austade du Matin, qui sera rebaptisé stade Yves-du-Manoir, à Colombes (Hauts-de-Seine). La France est balayée 39-13, et la presse locale salue dans le centre « le plus grand joueur du monde » après ses quatre essais inscrits. L’exploit est historique : aucun Anglais ne l’a précédemment réalisé dans le tournoi, et ce record attendra 2011 pour être égalé, avec Chris Ashton (écarté du Mondial 2015) contre l’Italie. On ­reparlera alors de Poulton, surtout pour railler Ashton.

En 17 sélections, ponctuées de 14 victoires, Poulton Palmer aura inscrit 28 points - huit essais et un drop. Cela semble peu, mais comme l’indique son deuxième biographe, James Corsan, dans For Poulton and England : The Life and Times of an Edwardian Rugby Hero (Troubador, 2009), « une sélection nationale était perçue comme un honneur suprême, d’autant qu’avec des ­carrières plus brèves et moins de matchs internationaux au calendrier, obtenir dix sélections était alors l’équivalent de quarante ou plus à l’ère moderne ».

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