La capitaine Héléna Cazaute, fer de lance de l'attaque, incarne le visage d'une équipe de France féminine de volley-ball décomplexée. Elle apporte une « assurance », poursuit Juliette Gelin, qui a joué la saison dernière avec Cazaute à Milan.

Un Parcours Ascendant
À 27 ans, Cazaute a goûté au plus haut niveau avec la sélection lors des Jeux à Paris, mais l'expérience a tourné court, avec trois défaites en autant de rencontres, à chaque fois sur le score de 3-0. «C'est passé tellement à une allure que je n'ai pas l'impression qu'on ait vraiment tiré les enseignements» des Jeux, explique-t-elle. En Thaïlande, c'est «une autre équipe», avec un nouveau sélectionneur, Cesar Hernandez, insiste-t-elle. L'entraîneur espagnol a placé au coeur de son projet Cazaute, qui le lui rend bien : contre Porto Rico, l'ancienne Cannoise a sonné la charge avec 21 points, dont neuf dans le premier set, dans un moment critique pour son équipe alors gagnée par le trac du début de compétition. «C'est une joueuse qui nous donne beaucoup de choses, sur le terrain et en dehors», commente auprès Hernandez.
Héléna Cazaute, 25 ans, est le symbole de cette équipe de France de volley-ball qui se relève. La capitaine et réceptionneuse-attaquante formée au Volley-Club Gruissan (VCG) a d’abord gagné la Challenger Cup. Avant de mettre le cap sur les Jeux Olympiques de Paris, elle a perdu en quart de finale de l’Euro féminin contre la meilleure sélection au monde, l’Italie, qui évoluait à domicile. Le palmarès de la Gruissanaise ne cesse de s’étoffer : Ligue européenne 2022, Challenger Cup 2023, en équipe nationale, championne de France 2019 (Cannes) et 2021 (Mulhouse), coupe de France 2018 (Cannes), 2021 (Mulhouse), Challenge Cup avec le Chieri 76. Bref, ce n’est pas pour rien que la Gruissanaise est une cadre de la sélection bleue.
Les ambitions d'Héléna Cazaute
L'Audoise de naissance rêve aussi d'une médaille avec la France ou du Final 8 de la Ligue des nations dès « l'année prochaine ». Un quart de finale en Thaïlande, « ce serait déjà incroyable », continue-t-elle. Avec son nouveau club, le VakifBank Istanbul, qu'elle a rejoint cet été après quatre années en Italie, c'est la Ligue des champions qui l'anime, après une finale et une demi-finale perdues ces deux dernières années.
Elle renforce la confiance du groupe », affirme Hernandez au sujet de son étoile. « On ne doit pas s'endormir sur notre bonne Ligue des nations. C'est au Mondial qu'il faut être performantes, le plus dur reste à venir. Mais j'aime notre insouciance », tempère l'ancienne Milanaise et future joueuse du Vakif Istanbul, qui entre dans son prime et suscite désormais les comparaisons avec les meilleures joueuses françaises du passé.
La Team Athlètes Viparis, après #Paris2024 (feat Héléna Cazaute)
Un Leadership Naturel
Vous êtes capitaine de cette équipe de France. Cela représente-t-il beaucoup de responsabilités ? Oui, surtout sur la partie avec les journaux, l’entraîneur. Je suis le relais avec l’entraîneur, le manager… C’est une fierté d’être capitaine de l’équipe de France.
Est-ce un rôle naturel chez vous ? Oui, je suis une leader, je ne me force pas à donner plus. C’est naturel et c’est aussi pour ça, je pense, que l’entraîneur m’a nommée. Je m’entends bien avec tout le monde.
D’où vient ce leadership ? Je suis une des filles qui a commencé le volley très tôt. Je suis dans le bain depuis que j’ai 6-7 ans. Des filles ont commencé le volley à 10-12 ans. J’ai vécu des coupes de France jeunes, des finales, avec la sélection… Cette volonté de toujours gagner, d’aller chercher plus loin, plus fort qui a fait de moi ce que je suis, c’est-à-dire ce leader sur le terrain.
« Quand je suis sur le terrain, je suis contente de l'avoir. C'est une pièce maîtresse », abonde la libéro Juliette Gelin, qui a joué la saison dernière avec Cazaute à Milan. Face aux compliments, « il faut garder la tête sur les épaules et se dire qu'il y a encore du taf », répond l'intéressée.
Équipe de France Féminine de Volley-Ball: Composition
Voici la composition de l'équipe de France féminine de volley-ball :
| Poste | Nom | Club | Âge | Taille |
|---|---|---|---|---|
| Centrales | Amandha-Marine Sylves | Pinerolo (Italie) | 23 ans | 1,93 m |
| Centrales | Christina Bauer | LOVB Houston (Etats-Unis) | 36 ans | 1,96 m |
| Centrales | Léandra Olinga Andela | Ilisiakos BC (Grèce) | 26 ans | 1,85 m |
| Récep/Attaquantes | Héléna Cazaute | Vero Volley Milano (Italie) | 26 ans | 1,84 m |
| Récep/Attaquantes | Amélie Rotar | Roma Volley Club Femminile (Italie) | 23 ans | 1,88 m |
| Récep/Attaquantes | Halimatou Bah | Neptunes Nantes (Ligue A) | 20 ans | 1,87 m |
| Libéros | Amandine Giardino | Neptunes de Nantes (Ligue A) | 29 ans | 1,72 m |
| Libéros | Juliette Gelin | Vero Volley Milano (Italie) | 22 ans | 1,65 m |
| Passeuses | Nina Stojiljkovic | Aydın Büyükşehir Belediyespor (Turquie) | 27 ans | 1,78 m |
| Passeuses | Emilie Respaut | Pays d'Aix Venelles (Ligue A) | 21 ans | 1,76 m |
| Pointues | Lucille Gicquel | - | - | - |
| Pointues | Iman Ndiaye | Keçiören Belediyesi Sigorta Shop (Turquie) | - | - |
| Remplaçante | Maéva Schalk | Volero Le Cannet (Ligue A) | 18 ans | 1.85 m |
« Le Brésil a Gabi, l'Italie Paola (Egonu) », développe-t-il, Cazaute « fait la différence pour nous. »
Les Défis et les Perspectives d'Avenir
En cas d'exploit face au Brésil, les Françaises auront quasiment en poche leur ticket pour les 8es de finale à Bangkok, a priori contre la Chine ou la République dominicaine. Entraînées depuis 2018 par le Belge Emile Rousseaux, elles auront dès la phase de groupe affaire à un immense défi face aux Américaines, championnes olympiques en titre, la Chine, triple championne olympique et la Serbie, médaillée de bronze des aux Jeux de Tokyo.
Pour leur première participation à une Coupe du monde en 51 ans, les Bleues sont proches d'accomplir leur objectif de se qualifier pour les 8e de finale, grâce à leur succès inaugural contre Porto Rico (3-1), vendredi. Elles veulent accrocher le Brésil Mais elles ne s'interdisent pas d'aller plus loin, ni de réussir un coup d'éclat. Les volleyeuses tricolores, longtemps considérées comme le parent pauvre des sports collectifs français, ont progressé ces dernières années au point de vouloir rivaliser avec les meilleures nations mondiales.
Les Brésiliennes, troisièmes aux JO 2024 et vice-championnes du monde en titre, « on peut les accrocher », affirme Cazaute. En juillet, les Françaises se sont inclinées au tie break face aux coéquipières de la star Gabi, dans le cadre de la Ligue des nations, au Japon. « Je pense qu'elles vont arriver avec un état d'esprit différent. Mais nous, on ne va pas changer notre mentalité.