L'histoire du football à Canet-en-Roussillon est marquée par des moments de gloire en Coupe de France, mais aussi par des défis financiers qui menacent l'avenir du club. Retour sur un parcours tumultueux.
C’était le 7 mars 2021. Ce soir-là, les amateurs de Canet-en-Roussillon, près de Perpignan, écrivaient une nouvelle page de l’histoire de la Coupe de France en éliminant l’Olympique de Marseille en 16e de finale de l’épreuve. Le club catalan avait créé l'exploit en Coupe de France contre l'Olympique de Marseille en 2021.

En 2021, le Canet-en-Roussillon Football Club éliminait l’Olympique de Marseille de la Coupe de France. En 2021, la bande à Toufik Ouadoudi, Yohan Baï et Jérémy Posteraro vivaient pourtant les plus belles émotions de leur carrière, en éliminant l’Olympique de Marseille (2-1) en seizièmes de finale de la Coupe de France, sur la pelouse du stade Gilbert-Brutus de Perpignan.
Le point culminant de l’épopée de ce petit club de National 2 (la quatrième division du foot français) qui s’était finalement incliné en quart de finale devant Montpellier par un petit but d’écart (1-2). Quelques semaines plus tard, Canet-en-Roussillon se hissait en quarts de finale de la compétition, battu avec les honneurs par Montpellier. Le club amateur réalisait là le plus grand exploit de son histoire.
En 2018, Canet avait déjà réussi la performance de se hisser en 16es de finale de la Coupe, éliminé par Caen (1-1, 3-4 aux tirs au but). Mais pour y parvenir Pascal Vié, et son compère de la défense centrale, Adrien Mendy, avaient dû passer pas moins de six obstacles la saison dernière.
Dont certains particulièrement coriaces : "Notamment nos deux premiers adversaires, Le Buisson que nous avions difficilement battus 2 à 0, et surtout la PH d’Arceaux Montpellier, qui nous avait poussés aux tirs au but. C’était en début de saison, Canet venait d’accéder au CFA2 avec un effectif qui tournait beaucoup, se souvient Pascal, d’où ces tâtonnements que les Catalans allaient gommer au fil des rencontres.
Bref, les Canétois ne se posaient même pas la question de savoir si courir après deux lièvres à la fois n’allait pas finir par leur jouer un vilain tour. "Pour nous, enchaîne Pascal Vié, même si le championnat restait notre objectif prioritaire, chaque match de Coupe nous apportait son lot d’adrénaline, et on y mordait à pleines dents."
Mais une fois passés avec succès les 5e et 6e tours face à l’ASPM (2-1) et Alès (3-0), "au terme de notre match de Coupe le plus abouti jusque-là", il allait falloir se mesurer à cette Ligue 2 tant attendue, et un AC Ajaccio a priori "imprenable." Un match dont Vié se souvient surtout - et au-delà de la victoire 2 - 0 - "car, dit-il, on s’était gelé ! Heureusement il y avait eu ce joli succès au bout sinon nous n’aurions eu que des engelures comme souvenir."
La trêve hivernale est là, en National 3, ça tourne toujours bien avec une intéressante 4e place derrière les trois réserves pros de Toulouse, Montpellier et Nîmes, malgré cette inexplicable défaite à Saint-Michel 4 à 3 face à Castanet après avoir mené 3 à 1. Et le bourreau des Catalans ce soir s’appelait… Mathieu Castaing, auteur de 3 buts en dix minutes ! Le Toulousain est aujourd’hui canétois, comme par hasard.
Bien vu. Et bien servi avec le club de Ligue1 de Caen à affronter. "Nous n’étions évidemment pas favoris mais, dans un stade archi comble et devant un public tout acquis à notre cause, nous avons sorti le match le plus abouti de notre parcours. Il ne reste plus maintenant à Pascal Vié et à ses copains qu’à écrire un "remake" de la saison dernière, à condition que Fréjus-Saint-Raphaël baisse la garde, bien entendu.
Ce sont bien sûr les fameuses conséquences d'un magnifique parcours en coupe. Les joueurs canétois qui ont été éliminés en quart-de-finale de la coupe de France se sont faits remarquer et c'est ainsi que l'attaquant Yohan Baï s'engage avec un club bulgare de niveau européen.
Le CSKA Sofia s'est attaché les services de l'attaquant pour trois saisons. Le CSKA Sofia a été sacré 31 fois champion de Bulgarie et s'est qualifié pour l'Europa League de la saison prochaine. Yohan Baï était surveillé par plusieurs clubs français et le CSKA l'a remarqué lors du match contre Marseille.
Le club a alors contacté Canet et a finalement mandaté un recruteur pour superviser le joueur lors du match contre Montpellier."Moins cher que Zlatan..."Les négociations ont été rapides entre les deux clubs. Du côté bulgare, les discussions ont été menées par Alan Pardew, le directeur sportif mais aussi Hristo Stoichkov, l'ex joueur du Barça et star bulgare est désormais actionnaire du club.
C'est la première fois de son histoire que Canet réalise un transfert. Concernant la somme en question (ainsi que le pourcentage), le CRFC ne veut pas rien dévoiler. Le manager général Jordi Delclos est "fier pour le joueur et pour le club" et préfère ironiser sur la transaction financière : "Il est moins cher que Zlatan (Ibrahimovic) mais plus cher que moi".
Passé par le centre de formation de Montpellier, le défenseur de Canet va retrouver, vendredi, son ancien club sans esprit de revanche. C’est un joueur motivé que Montpellier va retrouver, vendredi soir, à Gilbert-Brutus, à Perpignan, pour les 32es de finale de la Coupe de France. Il y en aura même dix-sept autres mais lui aura une motivation encore plus particulière.
"J’ai signé un contrat aspirant à la fin de mon année U13, se remémore Tony Algrin. Les deux premières années se passent très bien. J’ai le brassard de capitaine. "Ma mère est tombée malade et à partir de là, ça a été compliqué. J’alternais entre la semaine au centre et le week-end à l’hôpital." Cela a un impact sur sa progression et un destin qui paraît tracé.
"J’ai eu pas mal de blessures. Qui a rebondi ensuite à l’AC Ajaccio, puis à Béziers, au Touquet, Albères-Argeles et à Canet depuis deux ans où il a repris le fil de sa carrière. "J’ai un contrat amateur qui me permet de vivre que du foot comme une dizaine d’autres au club. On s’entraîne le lundi, mardi, mercredi et vendredi. Ça se structure autour. Des installations presque dignes d’un club professionnel que Tony, à 23 ans, n’a pas abandonné de retrouver.
"Nicolas Pays avec Le Puy l’an dernier, l’a montré…" Il a lui aussi éliminé Montpellier en Coupe, en Gambardella, l’année après son départ. Au moment de retrouver la Paillade, il n’aborde pas ce match avec un sentiment de revanche. "C’est plutôt faire un beau match et pouvoir affronter ce club qui me tient vraiment à cœur. J’ai un peu le sentiment d’une histoire pas finie avec Montpellier.
S’il y en aura vendredi au moment de retrouver Montpellier et notamment Enzo Tchato avec qui il a évolué chez les jeunes, le gaucher aura à cœur de prouver des choses. "Même si ça fait trois mois que je suis blessé. J’essaie de faire le maximum pour pouvoir jouer" lui qui s’inspire de la grinta des défenseurs argentins. "Le courage et le dépassement de soi, c’est l’esprit Paillade.
Ce ne sont pas les seules qualités de Tony Algrin qui se revendique comme "un défenseur à l’ancienne. Je suis bon dans le duel et dans la lecture du jeu". S’il parvient à améliorer ce secteur de jeu et à enchaîner les matches, le natif de Draguignan pourra alors s’imaginer un destin "comme Téji Savanier".
Canet Roussillon vs Olympique de marseille 2-1 Score du match
Des Difficultés Financières Croissantes
Mais deux ans après cette épopée restée dans les mémoires amateurs de belles histoires comme les aime la Coupe de France, le présent est beaucoup moins rose. Les épopées en Coupe de France de ces dernières années ne semblent aujourd’hui plus qu’un lointain souvenir pour Canet-en-Roussillon. Le club des Pyrénées-Orientales est très mal en point financièrement et présente un déficit qui s’élèverait à environ 300.000 euros et une trésorerie à sec.
Il y a quelques mois, le Canet RFC, en Nationale 2 depuis plusieurs années, accusait un déficit de plus de 300 000 euros. Le plus grand club de foot des Pyrénées-Orientales vient d’être sanctionné et rétrogradé d’une division par la Commission Fédérale de Contrôle des Clubs de la DNCG, le gendarme financier du football français.
« La situation est catastrophique » avait estimé, en novembre, le nouveau président, Mario Becerra, en découvrant un passif largement supérieur à celui présenté par l’équipe précédente à la DNCG en juillet. En 2021, le formidable parcours en Coupe avait pourtant rapporté 300.000 euros au club, sans compter les très fortes recettes aux guichets.
Les exploits sportifs semblent d’autant plus loin qu’en avril 2022, le club s’était déjà fait épingler par la Fédération française de football. Le club catalan avait créé l'exploit en Coupe de France contre l'Olympique de Marseille en 2021, Canet-en-Roussillon vient d'être sanctionné et rétrogradé d'une division.
Depuis, ce dernier fut en grande partie comblé. Mais le gendarme financier du football français a estimé que le club ne réunissait pas les conditions nécessaires à sa pérennité sur le long terme.

Menace de Rétrogradation
Sous la menace d’une double rétrogradationLa DNCG (Direction nationale de contrôle et de gestion) a décidé de rétrograder administrativement le club en Nationale 3. Conséquence de cette sanction, le club évoluera en Nationale 3 l’an prochain, voire en Régionale 1, selon les résultats sportifs de ces prochaines semaines.
Et le club est même menacé d’une double relégation puisqu’il est actuellement en position de relégable dans son championnat. Car pour rappel, les Lions sont actuellement 14es (sur 16) de leur poule de Nationale 2,À égalité avec plusieurs concurrents, à deux matchs de la fin du championnat, les Catalans doivent se hisser à la 11e place pour éviter une relégation sportive, en plus de la rétrogradation administrative, déjà actée. Il pourrait donc se retrouver en Régionale 1 la saison prochaine.
| Aspect | Situation |
|---|---|
| Déficit financier | Environ 300 000 euros |
| Décision de la DNCG | Rétrogradation administrative en Nationale 3 |
| Position en championnat | Position de relégable en Nationale 2 |
| Menace | Double relégation (sportive et administrative) |
tags: #canet #en #roussillon #football