Handball Féminin au Cameroun : Actualités et Défis

Le handball féminin au Cameroun est confronté à des défis importants, malgré des performances notables sur la scène africaine et mondiale. Cet article explore les événements récents, les controverses et les perspectives d'avenir pour cette discipline sportive dans le pays.

Ouverture de la Saison 2024

La Fédération Camerounaise de Handball (FECAHAND) a officiellement lancé sa saison 2024 le dimanche 16 juin 2024 au stade Ngodi à Akwa, Douala. Cette première journée sportive a été marquée par des rencontres passionnantes :

  • Dames : Tonnerre Kalara club Handball de Yaoundé a battu Douala Handball club de Douala sur le score de 32 à 11.
  • Hommes : Renaissance Handball star de Douala a été vaincu par Friendship handball de Yaoundé sur le score de 21 à 12.

Championnat National d’Élite de Handball 2024

Le Championnat national d’Élite de Handball 2024 a débuté le 16 juin au stade municipal de Ngodi à Akwa à Douala. Au terme des premières rencontres de la saison, l’équipe de Renaissance s’est inclinée face à l’équipe de Friendship de Yaoundé sur un score de 21 à 12.

La copie rendue pour cette première journée à Douala malgré la fine pluie a été propre, de grande qualité. De belles choses ont été proposées en attaque, avec 75% de réussite aux tirs, tout comme en défense, avec une solidité notable.

Préparation pour la CAN Féminine de Handball en RD Congo

La participation du Cameroun à la 26e édition de la CAN féminine de handball en RD Congo est hypothétique. Pour mettre les vice-championnes d’Afrique dans des conditions optimales de préparation, la Fédération camerounaise de handball a loué une partie du complexe de Japoma. Ce qui permet au Coach Serge Magali et à ses filles de répéter les gammes avant le début du tournoi prévu le 27 novembre prochain à Kinshasa.

Mais le problème de cette équipe réside dans la question des primes de stage et de participation à la compétition qui n’ont toujours pas été versées. Une situation qui entame le moral des filles qui ne savent pas si elles prendront le vol ce week-end pour la RDC, afin de prendre part à la CAN comme prévoyait le programme initial arrêté par la Fecahand.

Très silencieux sur la question, le ministère des Sports et de l’Éducation physique n’a toujours pas réagi officiellement, malgré les déclarations de certaines joueuses dans les médias. Cependant, une source interne nous fait savoir que le problème résiderait à la Présidence de la république.

Rumeurs de Suspension Démenties

Alors que certaines rumeurs avaient circulé concernant une suspension de l’équipe féminine de Handball camerounaise par l’IFH, sa fédération a démenti l’information. L’équipe féminine de handball du Cameroun n’est pas suspendue par la Fédération internationale de handball, indiquait la FECAHAND dans un communiqué hier. Une rumeur courait récemment, celle d’une sanction de quatre ans contre les Lionnes Indomptables par l’instance mondiale du handball.

Dans un communiqué publié hier, le président de la Fécahand Abba Oumate parle d’une « rumeur infondée ». Et d’ajouter davantage de précisions, une fois celle-ci démentie. « Aucune décision de suspension n’a été prise à l’encontre de notre équipe nationale dans par l’IHF », affirme-t-il.

Une rumeur qui a vu le jour alors que l’IHF sanctionnait, en avril dernier, la FECAHAND, alors que son équipe était vice-championne d’Afrique, pour non-respect des exigences documentaires en matière d’obtention de visa pour le pays hôte du tournoi.

Manque de Participation aux Qualifications pour les Jeux Olympiques 2024

Les Camerounaises restent cela dit privée de participation au tournoi qualificatif pour les Jeux Olympiques 2024. Les Lionnes indomptables ont été remplacées à la dernière minute par la Grande-Bretagne dans ces qualifications pour Paris 2024. Les joueuses ne sont même plus choquées. « Ce genre de couac, c’est tout le temps », avance Makamte Fabiola, joueuse au Montpellier 3M et membre de l’équipe nationale du Cameroun. Mais ce coup-ci, la sanction est lourde : pas de JO.

Les joueuses de hand camerounaises devaient s’envoler le 11 avril pour Debrecen (Hongrie) afin de tenter de décrocher un ticket pour Paris 2024 lors d’un Tournoi de qualification olympique. Elles resteront, déçues et remontées, aux portes de l’avion, se faisant remplacer par l’équipe du Royaume-Uni.

« L’équipe nationale du Cameroun n’a pas respecté les documents requis pour l’obtention du visa pour se rendre en Hongrie à temps pour participer au Tournoi de qualification olympique (TQO) féminin », a affirmé la fédération internationale de handball (IHF) dans un communiqué le 9 avril. Le lendemain, la fédération nationale de handball du pays confirme. « La FECAHAND a le regret de confirmer la non-participation de l’équipe au tournoi qualificatif des JO ».

Elles s’étaient qualifiées à cette occasion pour celui d’avril auquel elles n’ont finalement pas mis les pieds. Et ce « Malgré tous les efforts déployés par la Fédération hongroise et la Fédération Internationale de Handball, le ministère hongrois des Affaires étrangères et l’ambassade d’Allemagne à Yaoundé, au Cameroun, au cours des dernières semaines », précise l’IHF. Même son de cloche du côté de la FECAHAND. « Cette décision a été prise malgré tous les efforts déployés par l’État du Cameroun et la Fédération ».

Alors, à qui la faute?

L'ex-internationale de handball Karichma Ekoh réagit suite à la non participation de son ancienne équipe au TQO pour Paris 2024. Elle a quitté l'équipe du Cameroun en 2021.

Réactions et Responsabilités

« C’est étrange, voilà ce qu’on s’est dit avec les filles, avance Makamte Fabiola. La compétition est prévue depuis le Mondial, on l’attend depuis octobre, ce sont les mêmes joueuses, l’équipe n’a pas changé. On sait juste que des documents n’ont pas été validés : lesquels ? pourquoi ? comment ? On ne sait pas. C’est bizarre. » Elles attendent des explications de la fédération, qui, contactée, n’a pas répondu à nos sollicitations.

La FECAHAND affirme dans son communiqué avoir multiplié les initiatives pour obtenir un rendez-vous au consulat d’Allemagne, chargé des visas. Qui l’aurait congédié sans examiner les dossiers faute d’attestation d’assurance. « Alors que le porteur était à l’extérieur » prêt à les mettre à disposition.

« C’est injustifiable, avance Paola Ebanga, demi-centre de l’équipe camerounaise. Il y a une grosse responsabilité de la part de notre Fédération qui s’y est pris très tard pour faire les demandes. ». À deux jours de l’évènement, elles n’avaient toujours pas leur billet d’avion. Raison pour laquelle la joueuse, bien que sélectionnée pour le TQO, avait décliné.

« Le problème est aussi au niveau de l’État, ajoute-t-elle. Si notre sport était pris au sérieux, ça ne serait pas arrivé ». L’évènement n’est pas isolé. Manque d’organisation, primes non payées : la Fédération multiplie les dérapages.

Alors qu’elle devait se rendre à Debrecen (Hongrie) pour participer au dernier tournoi qualificatif olympique, la sélection féminine camerounaise est restée clouée au sol, sans pouvoir prendre l’avion. À cause problèmes de visa, les Lionnes n’auront donc pas eu la chance de défendre leurs chances. Leur course vers Paris 2024 aura pris une tournure inattendue pour leur plus grand malheur. Les Lionnes n’auront finalement même pas pu mettre un pied dans l’avion, la faute à des problèmes de visa. La situation peu commune ne laisse pas indifférent.

Le lendemain, c’était au tour de la fédération camerounaise, l’autre grande fautive de l’histoire, de dire brièvement quelques mots sur la situation. Finaliste du Championnat d’Afrique des nations 2022 et qualifié pour le tour principal du dernier Championnat du monde remporté par la France, la sélection camerounaise retrouve de la régularité au plus haut niveau depuis quelques années.

« C’est une déception de ne pas pouvoir aller au bout de ses chances, de se voir imposer un résultat qu’on ne contrôle pas. Beaucoup diront qu’on n’avait aucune chance de s’en sortir mais les filles y croyaient. On sort d’un bon mondial, on a tenu tête à des adversaires de taille. Il y avait de la place. Mais alors sur qui repose la responsabilité ?

L’IHF et la FECAHAND se dédouanent respectivement. La fédération camerounaise va elle aussi dans le même sens : « Cette décision a été prise malgré tous les efforts déployés par l’État du Cameroun et la Fédération. »

Fabiola a, elle, tenté de comprendre : « C’est étrange, voilà ce qu’on s’est dit avec les filles. La compétition est prévue depuis le Mondial, on l’attend depuis octobre, ce sont les mêmes joueuses, l’équipe n’a pas changé. On sait juste que des documents n’ont pas été validés : lesquels ? Pourquoi ? Comment ? On ne sait pas.

Paola Ebanga, demi-centre de l’équipe africaine, y est allée aussi de son mot : « C’est injustifiable. Il y a une grosse responsabilité de la part de notre Fédération qui s’y est pris très tard pour faire les demandes. »

Des mots qui résonnent fortement après le choix de la joueuse de ne pas rejoindre sa sélection tandis que celle-ci n’avait toujours pas réservé les billets d’avion à deux jours de l’événement.

« Le problème est aussi au niveau de l’État.

Entre les problèmes d’organisation et les primes non versées, la FECAHAND est au cœur des critiques et on comprend aisément pourquoi.

HANDBALL CAN CAMEROUN 2021 FÉMININ RDC VS CAMEROUN REMPORTE PAR LES CAMEROUNAISES

tags: #cameroun #handball #feminin