Les vestiaires ne sont plus vraiment un lieu secret, soustrait au regard des spectateurs et des téléspectateurs. Une initiative de Canal+ permet de voir ce qui était jadis caché : samedi dernier, on a ainsi pu voir le centre du Racing 92 Anthony Tuitavake dévasté dans les vestiaires d'Armandie après son carton rouge à Agen. Une scène qui rappelait celle d'un Maxime Machenaud inconsolable au Camp Nou et réconforté tant bien que mal par un coéquipier après son expulsion en finale en juin 2016. Dimanche, on a vu Clermontois et Toulonnais se resserrer une dernière fois dans le vestiaire avant le choc tant attendu de la 2e journée.
Rebelote à la pause, avec quelques images des consignes du staff ou de joueurs qui discutent entre eux pour un ajustement tactique. Dans le sport français, on ne voit ça nulle part ailleurs, sauf à de très rares exceptions. Au début, c'était une ou deux personnes qui entraient dans le vestiaire, caméra sur l'épaule. Depuis 5 ans, la chaîne cryptée a installé une caméra fixe au plafond ou au-dessus du casier pour tout filmer. Le récent dispositif couvre tout le vestiaire et peut zoomer si besoin.
Avec le nouveau contrat de droits télé en vigueur depuis 2015, plus la peine d'appeler les clubs pour avoir l'autorisation de filmer, c'est devenu une obligation. Cela concerne les affiches premiums, celle du samedi après-midi et du dimanche 16h50.
L'UBB (Union Bordeaux Bègles) est évidemment très exposée après son titre de Champion d'Europe et qui a fait l'objet d'un documentaire diffusé sur Canal+ qui montre la vie de groupe de l'UBB. Une séquence forte du documentaire diffusé sur Canal+ relance le débat sur ce lieu devenu peut-être trop filmé dans le rugby moderne.
Le documentaire est disponible sur MyCanal. Il offre une plongée rare dans les coulisses de l’UBB, entre exigence sportive et vie de groupe.
Mais il n'y a pas de son.
RUGBY MOTIVATION 3
Le Vestiaire : Un Lieu de Vérité ?
Et là les amoureux du rugby peuvent être frapper d’une légère schizophrénie entre l’envie de connaitre ces moments mais aussi l’idée qu’un groupe, un vestiaire doit être protégé. Faut-il montrer ces moments d’intimité collective ?
Théo Nanette confirme : « Il y a des discours bien plus virulents que celui de Max. Mais ce qu’il dit, il le dit avec le cœur. Et ça, ça passe. »
Guy Novès, invité de 100%UBB vendredi 10 octobre, avant la diffusion du documentaire, évoquait indirectement cette problématique : « ce que je disais aux joueurs, je ne le disais pas aux médias. Il faut être conscient de ça »
Théo Nanette, ancien demi de mêlée de Bègles et Steven Holloway de l’US Bouscat reviennent sur la défaite face à Toulouse, mais surtout sur ce qui ne se voit pas toujours : la vie intérieure du vestiaire.
Face à un Stade Toulousain revanchard, l’Union Bordeaux Bègles a aligné une équipe rajeunie. Une rotation assumée par le staff, comme le souligne Théo Nanette : « pour les jeunes, c’est un très beau baptême de l’air. Il n’y a pas mieux pour jauger le niveau attendu. »
Steven Holloway salue leur maturité : « j’ai presque envie de les mettre cinq matchs de suite à la charnière. Au sixième, ils font le boulot »
Parmi les séquences fortes une prise de parole de Maxime Lucu, capitaine blessé, s’adressant à ses coéquipiers après la défaite au Stade Français. Des propos qui résonnent comme un électrochoc : « si à la J2 on n’a pas envie, comment vous voulez qu’en novembre, en plein hiver, on ait envie ? Là-dedans on est petit. Personne n’a pris ses responsabilités »
Le silence qui suit est pesant. Théo Nanette, qui connaît bien le groupe, décrypte : « Max, ce n’est pas dans son habitude de pousser des coups de gueule. S’il le fait, c’est qu’il en ressent la nécessité. Et le silence derrière prouve son influence. »
Steven Holloway, lui, nuance : « Le vestiaire, c’est sacré. Ces discussions doivent rester entre joueurs. Les caméras n’ont pas à y entrer ».

Les Avis Divergents sur l'Intimité du Vestiaire
Azéma : «Ça fait un moment que l'intimité du vestiaire n'existe plus»«Le rugby coûte de plus en plus cher pour le diffuseur donc je pense que c'est normal en contrepartie d'ouvrir un petit peu le vestiaire. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, explique Christophe Urios, le manager de Castres, pas plus dérangé que ça.
On peut offrir ces moments-là à des abonnés, ce sont ce que les téléspectateurs recherchent. Il y a des moments où c'est moins facile, mais on fait confiance au diffuseur pour ne pas en faire trop et jusque-là, il n'y a pas eu de souci.»
Son homologue clermontois Franck Azéma est plus fataliste sur le sujet : «Au début, je n'y étais pas favorable. Mais on n'a plus le choix maintenant donc il faut bien s'en accommoder. Disons qu'il faut vivre avec son temps. Ça fait un moment que l'intimité du vestiaire n'existe plus, c'est comme ça. S'il y avait le son en revanche, ce ne serait pas acceptable.» On entendrait alors les joueurs se motiver avec des mots crus, comme ils le font parfois, des entraîneurs dévoiler leur tactique ou pousser des gueulantes avec des mots fleuris à la mi-temps.
C'est exactement le genre de séquence croustillante que recherche le diffuseur et dont raffolent les téléspectateurs. «Quand je regarde un autre sport, c'est le moment qu'on préfère après le match ou la compét' en eux-mêmes, reconnait Grégory Lamboley, l'ancien Toulousain aujourd'hui à La Rochelle.
En Ligue 1, même si le diffuseur est le même, impossible d'avoir accès à ce genre d'images. Pourtant, qui n'a pas envie de voir Unai Emery parler en direct à sa flopée de stars à la mi-temps dans le vestiaire du PSG ? Dans le football anglais, les caméras sont carrément interdites de couloir.
Eric Bayle : «Ça donne du piquant à l'avant-match» C'est ce qui manque par exemple en foot.» «En même temps, est-ce qu'un vestiaire de foot est aussi intéressant qu'un vestiaire de rugby ? se demande Eric Bayle, le commentateur des affiches du dimanche après-midi sur Canal.
En rugby, dans un avant-match, voir les joueurs se regrouper une dernière fois, sortir du vestiaire, puis les accompagner en ambiance jusqu'au terrain avec des caméras dans les couloirs, ça apporte quelque chose au direct, ça fait aussi monter la pression en quelque sorte.»
«Ça fait partie de l'ADN des retransmissions Canal, poursuit-il. Les investissements sont devenus tellement importants qu'on doit avoir une couverture pointue de ces événements, et ces images en font partie. Si un sport veut se mettre en avant, comme c'est le cas du rugby, il doit aussi accepter une couverture plus large. Et quand on a entre 15 et 30 minutes d'avant-match et un après-match comme le dimanche avec le Canal Rugby Club, il faut bien des images qui sortent de l'ordinaire.»
Lamboley : «Avant, on se foutait à poil facilement» Et Eric Bayle de rappeler qu'il n'y a jamais eu de scandale après la diffusion d'images en direct, que cela ne concerne que deux matches sur sept par journée, qu'il ne s'agit pas non plus de zoomer sur les tableaux noirs ou encore qu'on ne montre jamais à la fin du match le vestiaire de l'équipe qui a perdu.
«Au début, les anciens gueulaient, on s'attaquait un peu à leur jardin secret, se rappelle-t-il avec le sourire. Alors on mettait une serviette sur l'objectif et je me souviens d'entraîneurs qui allaient débrancher les câbles». Un entraîneur à Toulouse ? Guy Novès peut-être ? «Il n'aimait pas ça, c'est clair. Pour lui, c'était une question de respect de l'intimité des joueurs. Alors, il donnait son autorisation de temps en temps, pour trois minutes, pas une de plus.»
De l'époque où il négociait directement avec les clubs avant les matches, Eric Bayle se rappelle de quelques refus, «mais dans la saison, chaque club avait joué le jeu au moins une fois, même si c'était pour quelques minutes sans intérêt en termes d'images.»
Même s'il n'y est pas opposé, Christophe Urios rappelle qu'il y a toujours moyen d'éviter la caméra. «On s'adapte, rigole-t-il. On connaît très bien notre stade quand même et les caméras ne sont pas partout.» «S'il faut, on va s'isoler dans les douches, dans la salle de muscu, confirme Lamboley.
C'était le cas à la mi-temps car on a parfois des choses à se dire, le ton peut monter et il vaut mieux ne pas tout voir sinon, aujourd'hui, avec les réseaux sociaux et tout ça, tout serait surinterprété. La mi-temps est un moment parfois délicat, c'est le moment où la caméra peut être la plus dérangeante. L'avant-match, qui est plus aseptisé aujourd'hui, et l'après-match quand on a gagné, on fait bien des selfies et des vidéos aves son téléphone donc on a moins de choses à cacher.»
«Avant, on se foutait à poil facilement, se marre Lamboley. Alors on se chambrait le lendemain et tout le monde en rigolait. Du coup, maintenant, on a la serviette à portée de main pour se couvrir avant d'aller à la douche, le genre de chose qu'on ne voyait jamais dans un vestiaire avant.
Le Stade Français Paris et la Santé des Joueurs

Dans le cadre de son engagement pour la santé et la sécurité de ses effectifs, le Stade Français Paris annonce un partenariat avec BrainEye, société australienne de technologie médicale spécialisée dans l’analyse oculaire. BrainEye est une application mobile capable d’évaluer, en moins de 60 secondes, les mouvements oculaires de l’utilisateur grâce à la caméra d’un smartphone.
Ces mouvements, reconnus scientifiquement comme des marqueurs fiables de l’état neurologique, sont comparés à des données de référence personnalisées (âge, sexe, historique médical) pour détecter d’éventuelles anomalies cérébrales.
« Le sujet des commotions est devenu un enjeu majeur de notre sport. Il faut continuer à améliorer leur détection et leur prise en charge. Notre équipe médicale utilise BrainEye depuis plusieurs mois et a été convaincue par sa simplicité d’usage et la richesse des informations fournies. En tant que premier partenaire de BrainEye en France nous voulons ouvrir la voie à d’autres clubs. « La santé cérébrale est un enjeu de société et nous sommes heureux de mettre à disposition un outil accessible et fiable pour l’évaluer. Dès notre rencontre, nous avons été marqués par l’attention que le Stade Français Paris accorde à la santé et au bien-être de ses joueurs et joueuses, des équipes de jeunes à l’équipe professionnelle, en passant par les anciens pratiquants du club. Nous sommes impressionnés par le professionnalisme et l’engagement du club pour améliorer la sécurité des joueurs et joueuses.
Et si l’on racontait un partenariat autrement ? La voiture TEE s’est imposée comme le vecteur idéal. À travers ce point de vue unique, c’est une autre facette du Stade Français Paris qui se dévoile : celle du collectif au travail, du rythme quotidien et le goût de l’effort. Cette idée, co-construite avec les équipes du club, s’appuie sur une relation de confiance. Chez Fraikin, la mobilité ne se limite pas à la mise à disposition de véhicules. C’est une culture de service, d’adaptation, de réactivité. Ce projet illustre cette philosophie : sortir du cadre, imaginer des formats qui ont du sens, et créer du contenu vivant. Cette vidéo est bien plus qu’un clin d’oeil. Elle reflète un partenariat actif, incarné aussi bien sur le terrain qu’en coulisses.