Le 30 avril 2005 reste une date gravée dans les annales du Racing Club de Strasbourg. Ce jour-là, au Stade de France, le Racing a décroché la Coupe de la Ligue en battant le Stade Malherbe Caen 2-1 lors d’une finale mémorable.

Coupe de la Ligue
L’édition 2004-2005 de la Coupe de la Ligue, la onzième de la compétition, a été marquée par le parcours brillant du Racing Club de Strasbourg. Après avoir surmonté les différentes étapes et vaincu des clubs comme Lille, Clermont et Saint-Etienne, le Racing a atteint la finale, qui s'est déroulée au Stade de France devant 78 732 spectateurs, face au Stade Malherbe Caen.
Une Finale Épique au Stade de France
Ce 30 avril 2005, sous la direction de l’entraîneur Jacky Duguépéroux, Strasbourg a ouvert le score à la 38e minute grâce à Mamadou Niang. Caen a rapidement répliqué par Sébastien Mazure (42e), mais c’est un superbe coup franc de Jean-Christophe Devaux à la 79e minute qui a offert la victoire aux Alsaciens (2-1).
Ambiance finale de la Coupe de la Ligue 2005 Caen - Strasbourg
Les Héros de la Victoire
Il est impossible d'évoquer la victoire du Racing lors de cette soirée d’avril 2005 sans rendre hommage aux joueurs qui en ont été les artisans. Si la paire offensive Pagis-Niang a marqué les esprits, c’est Mamadou Niang qui a lancé les hostilités en ouvrant le score à la 38e minute. À la réception d’un centre au second poteau, il place une tête croisée imparable pour le gardien caennais.
Mais le héros incontestable de la rencontre reste Jean-Christophe Devaux : à la 79e minute, il inscrit le but décisif d’un coup franc somptueux, frappé du coup du pied à 24 mètres, offrant ainsi au Racing une précieuse victoire 2-1 en finale de la Coupe de la Ligue. Rémy Vercoutre, solide dans ses cages, a su préserver l’avantage jusqu’au coup de sifflet final.
Le Parcours du RC Strasbourg : Une Histoire Riche
L'histoire du RC Strasbourg est riche et jalonnée de moments marquants. Tout commence au début du 20e siècle. Grâce à leurs économies et le soutien de leur instituteur, ils feront l’acquisition d’une véritable balle en cuir. Nous sommes en 1906 et les rencontres ont lieu au Polygone, en Alsace allemande. Après la guerre, le FC Neudorf est rebaptisé RC Strasbourg Neudorf puis dans la foulée Racing Club de Strasbourg.
Le samedi 10 juin 1933, au restaurant de la Bourse, le Racing fait le grand saut dans le professionnalisme grâce à une Assemblée Générale extraordinaire. Tout commence bien pour le Racing qui s’installe immédiatement dans les hauteurs du championnat, il termine 2e en 1934-35, 3e en 1935-36, 6e en 1936-37 et 5e en 1937-38. C’est alors que se produit ce que l’on a considéré à l’époque comme un miracle. Les SR Colmar liquidèrent leur section professionnelle.
Il retrouve des couleurs les deux saisons suivantes mais lors de l’exercice 1951-52, le club de la Meinau va connaître le pire avec la première relégation en D2 à l’issue de la plus mauvaise année de l’histoire du club. On assiste à un délire dans les rues de Strasbourg, le retour des vainqueurs est triomphal.
Les années qui suivent ne resteront pas dans les annales, Strasbourg remonte puis redescend en D2. La Coupe de France revient à Strasbourg en 1966, quinze ans après, sous la houlette de Paul Frantz grâce à une victoire en finale contre Nantes (1-0). En 1970, on adopte des nouveaux statuts mais le Racing redevient Racing Club de Strasbourg six ans plus tard.
Nous sommes en 1976, le club est en D2 et va remonter en D1. Le promu termine l’année à la troisième place et se prépare à vivre la plus belle page de son histoire. Cette saison restera comme la référence. Malheureusement, ce sommet ne durera pas et le Racing plonge dans la crise. Les années 80 seront de sinistres mémoires et les « Bleus » retrouvent la D2 en 1986.
Grâce à un grand match face à Rennes en match de barrage retour, remporté 4-1 et un but inoubliable du regretté Stephen Keshi, Strasbourg retrouve le plus haut niveau en 1992. Deux ans plus tard, il joue les premiers rôles en championnat toute l’année mais ne termine que 9e après une saison exemplaire. Suivra un magnifique parcours en Coupe de l’UEFA, après des qualifications face aux Glasgow Rangers et Liverpool, en 1/8 de finale (3-0, 0-2), le Racing bat l’Inter de Milan 2-0 à la Meinau mais s’incline 3-0 au match retour.
Placée sous le signe de la « reconquête », la saison 2003-2004 doit permettre au Racing de stabiliser le club parmi l’élite nationale et de regagner les faveurs du public alsacien. La saison suivante sera marquée par la deuxième victoire du club en Coupe de la Ligue. Le 30 avril 2005, le Racing, emmené par Jacky Duguépéroux, remporte ce trophée en dominant Caen (2-1) et se qualifie, ainsi, pour la coupe de l’UEFA où il atteint le stade des huitièmes de finale.
Au terme de ce Championnat 2005-06, le Club strasbourgeois termine hélas 19e de la Ligue 1 et est donc relégué à l’étage inférieur. Mais il n’y fera qu’un cours passage. Avec Jean-Pierre Papin à sa tête, l’équipe du RCS reprend l’ascenseur pour l’élite un an après l’avoir quittée. A l’été 2007, Jean-Marc Furlan remplace JPP en tant qu’entraîneur de l’équipe pro.
Après un début de parcours encourageant, les Cohade, Gameiro, Bellaid et consorts connaîtront un terrible trou à partir du mois de mars. En effet, en enchaînant onze défaites d’affilée jusqu’à la dernière journée, le Racing ne parviendra pas à se maintenir en Ligue 1 et replonge donc en L2. C’est le début d’une période trouble, marquée entre autres par une relégation en National pour la première fois de l’histoire professionnelle du club, lors de la saison 2010-2011.
A l’été 2011, le Racing, en dépôt de bilan, est obligé de repartir en CFA2. Entraîné par François Keller, il parviendra à grimper d’un échelon avant que son frère Marc, accompagné de dix autres actionnaires et avec l’appui de la région et de la ville, ne reprenne le club avec l’objectif de le replacer dans le monde professionnel.
La saison 2012-13 est éprouvante avant de se conclure en apothéose. Après une défaite à domicile contre Moulins (0-4), tout semble perdu. Mais les hommes du capitaine Sikimić vont réaliser une fin de saison incroyable alignant six victoires et un nul. Le 2 juin 2013, au bout d’un match épique contre Raon-l’Etape à Epinal (3-2), devant 3 000 supporters aux anges, le Racing monte en National.
Jérémy Grimm (Colmar) et Dimitri Lienard (Mulhouse) rejoignent le club pour une saison suivante très compliquée et dont l’issue ne se jouera pas sur le terrain. Malgré le remplacement comme entraîneur de François Keller par Jacky Duguépéroux, le 28 mars 2014, le Racing est relégué sportivement.
L’année suivante, avec les renforts d’Alexandre Oukidja, Ernest Seka, Mayoro N’Doye et Stéphane Bahoken notamment, ainsi que l’arrivée de Jérémy Blayac au mois de janvier, la montée en Ligue 2 se joue à la dernière journée. La victoire face à Colomiers (2-0) ne suffit pas. Le retour dans le monde professionnel survient enfin en 2016. L’accession en Ligue 2 est obtenue à Belfort (0-0) lors de l’avant-dernière journée.
Le Racing revient à un niveau qu’il n’avait plus connu depuis la saison 2008/2009. Pour son retour en Ligue 2, le club fait appel à un nouvel entraîneur, Thierry Laurey (GFC Ajaccio). Kader Mangane, Laurent Dos Santos, Anthony Gonçalves, Khalid Boutaib, Baptiste Guillaume et Jean-Eudes Aholou au mois de janvier, font partie des nouvelles recrues.
L’objectif affiché est le maintien mais, poussé par son incroyable public, le Racing se bagarre pour la montée toute la saison. Tout se joue lors de la dernière journée. Revenu au plus haut niveau du football français, le club alsacien se battra toute la saison pour réussir son challenge : rester en Ligue 1. Huitième peu avant la trêve hivernale avec 24 points en 18 journées, il semble pourtant bien parti pour y parvenir avec les apports de Dimitri Foulquier, Kenny Lala, Bakary Koné, Pablo Martinez, Jonas Martin, Benjamin Corgnet, Nuno Da Costa, Idriss Saadi et Martin Terrier.
Il faut un miracle et il se produit le 12 mai. Contre Lyon, qui joue sa place en Ligue des Champions, le Racing est mené 2-1 à quelques minutes de la fin. Nuno Da Costa entre alors en jeu et égalise. Le maintien : cela reste l’objectif à l’aube de la saison 2018/2019. L’effectif est renforcé par des joueurs confirmés, le gardien Matz Sels, Stefan Mitrović, Lamine Koné, Adrien Thomasson ou Lionel Carole, mais aussi des garçons pleins d’avenir tels Lebo Mothiba, Ludovic Ajorque et Ibrahima Sissoko.
Cette fois, les Alsaciens ne trembleront pas malgré une nouvelle série de 7 matches sans succès avant une dernière victoire à Nantes (1-0) lors de l’ultime journée. Avec 49 points, le Racing se maintient haut la main récompensant un public d’une fidélité à toute épreuve (18 matches à guichets fermés sur 19).L’inimaginable se produit même le 30 mars à Lille, au Stade Pierre-Mauroy, en finale de la Coupe de la Ligue BKT. Après avoir éliminé Lille (2-0), le Racing s’impose à Marseille (1-1, 2 tab à 4), à Lyon (1-2) avant de sortir Bordeaux en demi-finale (3-2). Il reste Guingamp. Après un match sans but, le RCSA s’impose aux tirs au but (4-1).
Les Groupes de Joueurs
Pour ce match, Jacky Duguépéroux a communiqué un groupe de dix-huit joueurs:
- Le groupe strasbourgeois:
- Cassard, Vercoutre - Boka, Deroff, Devaux, Kanté - Abdessadki, Arrache, Bassila, Camadini, Johansen, Si.Keita, Lacour, Le Pen - A.Farnerud, Mphela, Niang, Pagis
Pour ce match, Patrick Remy a décidé de prendre avec lui, un groupe de 19 joueurs:
- Le groupe caennais:
- Planté, Elana - Ben Askar, Danjou, Hengbart, Seube, Zubar - Hébert, Lesoimier, Deroin, Dugardein, Lemaître, Matic, Sorbon, Rankovic, Eudeline - Mazure, Watier, Jovicic
Palmarès Récent du RC Strasbourg en Coupe de la Ligue
Le Racing Club de Strasbourg, avec ses trois titres en Coupe de la Ligue (1997, 2005, 2019), reste un acteur majeur du football français, et ce 20e anniversaire rappelle combien la passion et la ferveur alsacienne peuvent transcender tout un collectif pour aller chercher la victoire!
Ci-dessous, un tableau récapitulatif des victoires en Coupe de la Ligue depuis 1995 :
| Année | Vainqueur | Finaliste | Score |
|---|---|---|---|
| 1994-1995 | Paris Saint-Germain FC | SC Bastia | 2-0 |
| 1995-1996 | FC Metz | Olympique Lyonnais | 0-0 (5 tab 4) |
| 1996-1997 | RC Strasbourg | Girondins de Bordeaux | 0-0 (6 tab 5) |
| 1997-1998 | Paris Saint-Germain FC | Girondins de Bordeaux | 2-2 (4 tab 2) |
| 1998-1999 | RC Lens | FC Metz | 1-0 |
| 1999-2000 | FC Gueugnon | Paris Saint-Germain | 2-0 |
| 2000-2001 | Olympique Lyonnais | AS Monaco | 2-1 a.p. |
| 2001-2002 | Girondins de Bordeaux | FC Lorient | 3-0 |
| 2002-2003 | AS Monaco | FC Sochaux | 4-1 |
| 2003-2004 | FC Sochaux | FC Nantes | 1-1 (5 tab 4) |
| 2004-2005 | RC Strasbourg | SM Caen | 2-1 |
| 2005-2006 | AS Nancy-Lorraine | OGC Nice | 2-1 |
| 2006-2007 | Girondins de Bordeaux | Olympique Lyonnais | 1-0 |
| 2007-2008 | Paris Saint-Germain FC | RC Lens | 2-1 |
| 2008-2009 | Girondins de Bordeaux | Vannes OC | 4-0 |
| 2009-2010 | Olympique de Marseille | Girondins de Bordeaux | 3-1 |
| 2010-2011 | Olympique de Marseille | Montpellier HSC | 1-0 |
| 2011-2012 | Olympique de Marseille | Olympique Lyonnais | 1-0 a.p. |
| 2012-2013 | AS Saint-Etienne | Stade Rennais | 1-0 |
| 2013-2014 | Paris Saint-Germain FC | Olympique Lyonnais | 2-1 |
| 2014-2015 | Paris Saint-Germain FC | SC Bastia | 4-0 |
| 2015-2016 | Paris Saint-Germain FC | LOSC Lille | 2-1 |
| 2016-2017 | Paris Saint-Germain FC | AS Monaco | 4-1 |
| 2017-2018 | Paris Saint-Germain FC | AS Monaco | 3-0 |
| 2018-2019 | RC Strasbourg | EA Guingamp | 0-0 (4 tab 1) |
| 2019-2020 | Paris Saint-Germain | Olympique Lyonnais | 0-0 (6 tab 5) |
Le 30 avril 2025 marquera le vingtième anniversaire d’un moment phare de l’histoire du Racing Club de Strasbourg : la conquête de la Coupe de la Ligue 2005.