L'histoire du SM Caen en Ligue 1: Une Montagne Russe d'Émotions

Suivre le club normand, comme supporter passionné, simple spectateur ou journaliste, c'est l'assurance de ne (presque) jamais s'ennuyer. Matchs reportés, pénalties concédés, affaires extra-sportives, exploits retentissants, montées en Ligue 1, descentes en Ligue 2... Difficile de vivre une saison "normale" en Normandie. Sur le terrain, ou en coulisses, de son propre gré ou à son insu, le Stade Malherbe de Caen collectionne les anecdotes extraordinaires.

Les fans Rouges et Bleus ne comptent plus les ascenseurs émotionnels, ils vivent aux rythmes des hauts et des bas de leur club de cœur avec l'impression d'avancer dans le chariot d'une montagne russe. Plongeon dans l'histoire rocambolesque du SMC.

Les Débuts et l'Accession à l'Élite

Les prémices du club remontent à 1892 : au lycée Malherbe, les lycéens et leur proviseur créèrent le Club Malherbe qui deviendra l'Union Athlétique du Lycée Malherbe trois ans plus tard. En 1899, un autre club de sport vit le jour à Caen : il s'agit du Club Sportif Caennais aux couleurs rouge et bleu. En 1907, l'Union Athlétique du Lycée Malherbe deviendra le Club Malherbe Caennais et se spécialisa dans la pratique du football. L'événement majeur de la vie de ces deux clubs aura lieu à l'automne 1913 avec la fusion des deux entités sportives. Le Stade Malherbe Caennais naquit le 17 novembre 1913, sur la terrasse du café du Chalet (place du 11 novembre). La naissance du club normand fut rapidement suivie de ses premiers malheurs durant la grande guerre. 39 personnes du club décédèrent entre 1914 et 1918.

Après avoir manqué la montée en barrage en 1987, Caen ne rate pas la marche la saison suivante. Premier, à égalité avec Strasbourg à l'issue de la saison régulière, Malherbe élimine Lyon, puis Niort en barrage pour accéder à la D1 pour la première fois de son histoire. Alors que tout va bien sur le terrain, c'est mouvementé en coulisse.

En 1987-1988 : Accession à l'élite et agitation en coulisse. Après avoir manqué la montée en barrage en 1987, Caen ne rate pas la marche la saison suivante. Premier, à égalité avec Strasbourg à l'issue de la saison régulière, Malherbe élimine Lyon, puis Niort en barrage pour accéder à la D1 pour la première fois de son histoire. Alors que tout va bien sur le terrain, c'est mouvementé en coulisse. Au cours de la saison, le président Serge Viard est remplacé par Jean-Jacques Fiolet, et l'entraineur Pierre Mankovski annonce qu'il part entrainer Le Havre la saison suivante.

Les Premières Saisons en D1 et la Découverte de l'Europe

Les débuts du Stade Malherbe en D1 furent plutôt laborieux avec 6 premiers matchs couronnés d'autant de défaite. Le déclic se produisit à Venoix devant le leader Toulon et une victoire 2-1, le vieux stade du boulevard Detolle devint rapidement une citadelle imprenable à l'ambiance explosive au point d'être nommé le "petit chaudron" en hommage à Geoffroy Guichard. Cette saison là, le SMC se promena tout au long de la saison à la limite de la zone rouge pour finalement se sauver au soir de la dernière journée grâce à un succès 3-0 contre Cannes.

Les sommets du Stade Malherbe furent atteints en 1992. Au terme d'une énorme saison ponctuée d'une 5ème place, les Caennais décrochèrent l'Europe. A l'hiver 92, les Normands étaient même 2ème du championnat derrière Marseille mais devant Auxerre, Monaco ou le Paris SG ... Cette période de réussite sportive étant malheureusement rattachée à l'abyssal déficit financier du club.

Qualifié pour la première fois de son histoire en Coupe de l'UEFA, Caen écope du Real Saragosse, l'équipe qui monte en Espagne. Au terme d'une double-confrontation aux scénarios improbables, l'équipe de Daniel Jeandupeux est éliminée dès son entrée en lice (3 buts à 2, défaite au retour 2 buts à 0). En championnat, la saison est moyenne. Caen brille par intermittence sous les exploits de sa pépite Xavier Gravelaine, 22 buts toutes compétitions confondues.

En 1991-1992 : La peur de la faillite, la récompense Coupe d'Europe. Malgré un début de saison poussif et de très gros problèmes financiers, le Stade Malherbe décroche la 5ème place de Division 1. En principe, cette position n'est pas qualificative pour une coupe d'Europe mais le drame de Furiani "profite" aux Caennais. La demi-finale entre Bastia et Marseille ne se joue pas, la coupe de France n'a pas de vainqueur. La Fédération et la Ligue s'entendent pour donner le ticket pour l'Europe au 5ème de D1 : bingo pour Caen, qui peut remercier son maire Jean-Marie Giraud, son nouveau président Guy Chambily et la solidarité normande des entrepreneurs locaux qui parviennent à combler le déficit du club. En parallèle, la première pierre du stade d'Ornano est posée.

En 1992-1993 : Saragosse, Gravelaine et le Bayern. Qualifié pour la première fois de son histoire en Coupe d'Europe (C3), Caen écope du Real Saragosse, l'équipe qui monte en Espagne. Au terme d'une double-confrontation aux scénarios improbables, l'équipe de Daniel Jeandupeux est éliminée dès son entrée en lice (3-2, 0-2). En championnat, la saison est moyenne. Caen brille par intermittence sous les exploits de sa pépite Xavier Gravelaine, 22 buts toutes compétitions confondues. Au terme de la saison, le SMC dit adieu au stade de Venoix et inaugure le stade d'Ornano par une victoire étincelante contre le Bayern Munich (4-1).

(Haut, de gauche à droite): Montanier, Point, Paille, H.

Des Montées, des Descentes et une Finale de Coupe de la Ligue

Descendu en 1997, le SMC peine à retrouver l'élite malgré le beau jeu prôné par Pascal Théault. Patrick Remy le remplace et parvient à emmener le club en Ligue 1 au terme de sa deuxième saison sur le banc malherbiste. Après un départ catastrophique (3 défaites, 2 nuls) et une place de lanterne rouge, Caen enchaine seize matchs sans défaites, dont dix victoires. Comme souvent, l'hiver est rude au SMC qui ne gagne que deux matchs sur sept en janvier-février, mais encore une fois, le sprint final sera royal avec neuf victoires en douze matchs, Caen retrouve la L1.

Caen retrouve la Ligue 1 après huit ans à l'échelon inférieur. Avec une équipe inexpérimentée, Malherbe ne remporte que quatre matchs lors de la phase aller. Pire, le club normand ne gagne que deux fois entre la 15ème et la 32ème journée, même si Lyon, futur champion, Monaco (3ème) et Marseille (5ème) figurent au tableau de chasse des Normands. Ce parcours contraste avec l'épopée en Coupe de la Ligue où Caen s'incline en finale contre Strasbourg.

Le dernier événement majeur de la vie du club reste la finale de la coupe de la ligue disputée au Stade de France devant 80.000 personnes. Pour sa première grande finale, Malherbe défia Strasbourg pour une défaite 2-1.

En 2003-2004 : Des montagnes russes et la remontée tant espérée. Descendu en 1997, le SMC peine à retrouver l'élite malgré le beau jeu prôné par Pascal Théault. Patrick Remy le remplace et parvient à emmener le club en Ligue 1 au terme de sa deuxième saison sur le banc malherbiste. Après un départ catastrophique (3 défaites, 2 nuls) et une place de lanterne rouge, Caen enchaine seize matchs sans défaites, dont dix victoires. Comme souvent, l'hiver est rude au SMC qui ne gagne que deux matchs sur sept en janvier-février, mais encore une fois, le sprint final sera royal avec neuf victoires en douze matchs, Caen retrouve la L1. Pour l'anecdote, le 27 septembre 2003, Caen bat Saint-Etienne pour un double-anniversaire : les 10 ans du stade d'Ornano et les 90 ans de la création du club.

2004-2005 : Une finale qui coûte cher. Caen retrouve la Ligue 1 après huit ans à l'échelon inférieur. Avec une équipe inexpérimentée, Malherbe ne remporte que quatre matchs lors de la phase aller. Pire, le club normand ne gagne que deux fois entre la 15ème et la 32ème journée, même si Lyon, futur champion, Monaco (3ème) et Marseille (5ème) figurent au tableau de chasse des Normands. Ce parcours contraste avec l'épopée en Coupe de la Ligue où Caen s'incline en finale contre Strasbourg. L'entraineur, Patrick Remy est limogé, remplacé par Franck Dumas, devenu entre temps directeur sportif.

Après cet aller/retour, et une finale de Coupe de la Ligue, les Caennais ont connu des débuts catastrophiques. Accusant un lourd retard à l’allumage, les Malherbistes échouèrent finalement d’un rien, grâce à une seconde partie de saison extraordinaire, derrière Lorient.

Au printemps 2010, les hommes du Président Jean-François Fortin et du Manager général Franck Dumas décrochèrent une nouvelle accession en Ligue 1, symbolisée par la mentalité et l’état d’esprit d’une équipe exemplaire. Vainqueurs des clubs les plus huppés de France - Marseille et Lyon - en ouverture du championnat, Nicolas Seube et ses partenaires réussirent même deux des exploits les plus prestigieux de l’histoire du Stade Malherbe Caen.

En 2011-2012, après un bon début de saison du Stade Malherbe (9ème après 13 journées), les Caennais traversent trois mois d'hiver sans gagner le moindre match de championnat.

La saison 2012-2013 marque un changement à la tête de l'équipe car Patrice Garande, alors entraîneur adjoint, prend la place de Franck Dumas qui avait dirigé l'équipe première durant 7 saisons. Nouvel entraîneur, nouvel effectif, cette saison de transition aurait pu se terminer en exploit car les Malherbistes terminent ce championnat de Ligue 2 à la 4ème place alors qu'ils ont occupé une place sur le podium durant 13 journées.

Le club est rebaptisé Stade Malherbe Caen Calvados Basse-Normandie.

Voici un aperçu des classements du SM Caen à travers les différentes divisions:

Division Classement
Division Honneur Normandie (D2) 5ème
DH Normandie (D3) 5ème, 4ème, 1er (x3)
CFA (D3) Divers classements entre 2ème et 13ème
D2 Divers classements entre 2ème et 17ème
D1/L1 Divers classements entre 5ème et 19ème
Ligue 2 Divers classements entre 1er et 18ème
National (D3) Relégué en 2024-2025

L'Incroyable Saison 2014-2015 et les Saisons Récentes

Après deux années au purgatoire, Caen est de retour dans l'élite du football français, bien décidé à s'y installer durablement. A l'intersaison, Xavier Gravelaine est revenu au club dans le costume de directeur général, avec le Projet 2020 dans la mallette. Première originalité, le SMC doit disputer ses deux premiers match "à domicile" au Mans, dans le MMArena à cause des Jeux Equestres Mondiaux organisé en Normandie : deux défaites.

Malgré deux victoires à l'extérieur pour entamer la saison, Caen n'est pas au niveau et termine la phase aller avec seulement 15 points au compteur, soit cinq de retard sur le premier non relégable. Mis à part Sochaux en 2008/2009, aucun club n'avait réussi à se sortir de pareil bourbier, d'autant plus qu'en coulisse, la justice s'en prend au SMC, le soupçonnant d'avoir arrangé le "match de la montée" contre Nîmes la saison précédente.

Pourtant, malgré cette guigne, Malherbe se sauve, faisant appel à Gérard Baglin, un coach mental, ramenant notamment une victoire du Vélodrome malgré deux buts de retard (3-2) et un nul du Parc des Princes (2-2) avec le même handicap et une fin de match à 11 contre 9 alors qu'aucun joueur parisien ne voit rouge.

L'année 2015 est un cru exceptionnel au SMC. Sur la lancée d'un maintien extraordinaire, Caen reprend la saison en marchant sur la Ligue 1. Avec une solide base défensive et l'apport du trio offensif Rodelin-Bessat-Delort, Malherbe manie l'art du contre et récolte neuf victoires en quinze matchs. A la trêve, Caen est 4ème et même si la phase retour est moins aboutie, le club normand termine à la 7ème place de Ligue 1, le meilleur classement de son histoire au stade d'Ornano.

Lors du dévoilement du calendrier de la saison, au mois de juin, on avait déjà un mauvais pressentiment sur la saison de Caen. La disposition des matchs n'était pas pour favoriser le club normand mais nous étions loin de penser que la météo y ajouterait de la complication. Quatre matchs reportés pour cause de brouillard ou de gel, cela ne s'était encore jamais vu. Et ce n'est peut-être pas fini...

Depuis plusieurs années en effet, le club normand vit des moments particulièrement sombres, marqués par deux rétrogradations et une véritable défiance entre la direction et les supporters. Pis, sur le terrain, l’équipe apparaît en incapacité de remonter la pente.

Sa relégation de la L1 lors de la saison 2018-2019 avec cette avant-dernière place (7 victoires, 12 nuls et 19 défaites) devant Guingamp a fait entrer le club dans une première période d’instabilité. Les deux saisons suivantes ont été plus difficiles puisque le SMC a fini 13ème puis 17ème, soit au bord de la zone de barragiste. À l’époque, Rui Almeida puis Pascal Dupraz ont dirigé l’équipe sans jamais parvenir à lui faire connaitre le Top 10.

Et puis l’éclaircie sous Stéphane Moulin et le retour du beau temps à Michel D’Ornano. Le SMC joue des coudes avec les autres cadors du championnat mais rate les barrages de deux petits points lors de l’exercice 2023-2024.

Le club normand s’agite dans les coulisses. Oaktree Capital Management, qui avait acquis Malherbe en 2020 revend ses parts à un fonds d’investissement nommé Coalition Capital en juillet 2024. Et ce n’est pas n’importe quel fonds puisque celui-ci appartient à un certain Kylian Mbappé. Cette arrivée a bousculé l’éco-système autour du SMC, joueurs et supporters compris. Les prérogatives des dirigeants en place ont été rabotées, la nouvelle direction s’est révélée inexpérimentée, sans parler des envies de départ de plusieurs joueurs et un staff livré à lui-même… Ce cocktail inflammable a fini par exploser à la figure du club normand, comme en témoigne cette saison 2024-2025 cataclysmique avec cette dernière place de L2 et ce bilan famélique (5 victoires, 7 nuls et 22 défaites). Après 41 années de présence sans interruption dans les deux premières divisions du football français, le SMC file en National.

En parallèle, Malherbe souffre de problèmes financiers qui ont découlé sur un plan social en novembre dernier. La relation entre la direction et les supporters est extrêmement tendue. Il faudra du temps et de meilleurs résultats pour que Caen retrouve son harmonie d’antan.

La saison dernière, le promu caennais a fait vibrer la Normandie avec sa remontée fantastique, passant de la place de lanterne rouge à la trêve à une belle 13e place finale.

Joueur avec le plus grand nombre de matches: Nicolas Seube (232).

Joueur avec le plus grand nombre de buts: Fabrice Divert (40).

Finaliste (1): 2004/05.

Top 3 buts SM Caen | saison 2017-18 | Ligue 1 Conforama

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