À l'approche du championnat de Pro D2, l'attention se porte sur les budgets des équipes engagées dans cette compétition. Rugbyrama révèle les chiffres clés qui pourraient influencer la saison à venir.
Le Rugby Club de Vannes (RCV) a fait son entrée en Top 14. Petit Poucet dans l'élite du rugby français, le premier club breton à accéder à ce niveau de compétition, muscle son budget. Il passe de 13 millions d'euros à 20 millions d'euros.
La montée en Top 14 a créé un engouement qui a dépassé les frontières du Morbihan pour gagner la Bretagne et bien au-delà. Et c'est ce qui permet au club de boucler ce budget.
RC Vannes : Un budget en progression constante
Comme chaque année, le promu possède le plus faible budget du Top 14. Cette année, c’est Vannes qui affiche le plus petit chiffre avec 19 millions d’euros. Mais, avec une augmentation de 7 millions d'euros, le club breton a mis les moyens de ses ambitions pour exister au plus haut niveau.
En effet, sur les six dernières années (en excluant 2020 où aucun club n’était monté en Top 14 en raison du Covid), seul Bayonne était parvenu à débuter un exercice avec un meilleur budget que celui de Vannes en 2024-2025 (21,5 millions à l’époque).
Si le RC Vannes se maintient en Top 14, sa masse salariale progressera la saison prochaine avec un budget autour de 23 millions d’euros. Les récentes prolongations d'Edwards ou Kalamafoni témoignent de la volonté du RCV de garder ses leaders.
Le championnat reprend pour le RC Vannes qui se déplace au Racing (12e) pour la 16e journée de Top 14. Relancé dans la lutte pour le maintien après sa victoire cruciale face au Stade Français, le RC Vannes va essayer d’enchaîner un deuxième succès consécutif face à l’autre club parisien, également en difficulté.
Les supporters du RC Vannes savent recevoir

Les Particularités du Modèle Économique du RC Vannes
"Notre modèle économique est différent de celui des grosses locomotives du Top 14 que peuvent être des équipes comme Montpellier qui a un actionnaire et mécène qu'est Altrad. On peut aussi citer Clermont-Ferrand avec Michelin. Nous, nous misons sur un important nombre de partenaires, plus petits mais qui partagent notre projet", résume Olivier Cloarec, président du RCV.
Après neuf années passées en Pro D2, l'anti chambre du Top 14, le club vannetais est passé de 90 à 500 partenaires et désormais à 650 avec la montée.
"Nous voulons fédérer l'économie bretonne autour du projet", ajoute Olivier Cloarec. Concrètement, les financements issus des partenariats privés sont passés de 6,2 millions d'euros à 9,5 millions d'euros.
Au premier rang des partenaires privés, on retrouve Interaction (1 000 salariés et 410 M€ de CA en 2023). Le groupe d'intérim rennais est partenaire du club depuis 2018 et a souhaité augmenter fortement son soutien financier.
"Depuis le 1er juillet, nous sommes nationaux comme le RCV. Confirmer cette fidélité au club, c'est aussi soutenir le rugby puisque ce sport est porteur de valeurs que l'entreprise partage, symbole d'engagement, parfois dans la confrontation sur le terrain mais toujours dans le respect de l'adversaire", confie Loïc Gallerand, le dirigeant d'Interaction.
Du côté des sponsors, le groupe coopératif Eureden via sa marque d'aucy confirme son réengagement.
Ouverture du Capital et Soutien Local
L'autre levier actionné renvoie à l'ouverture du capital de la Société Anonyme Sportive Professionnelle (SASP) qui dirige le club. Composée de 34 actionnaires, elle enregistre l'arrivée d'Interaction mais aussi du chipsier morbihannais Altho, de LDC dont la filiale Société Bretonne de Volaille a son siège dans le Morbihan, d'Ultimate Fishing, l'e-commerçant belle ilois spécialisé dans le matériel de pêche. Le groupe finistérien Le Saint (produits frais) rejoint aussi l'aventure.
Le capital est donc passé de 400 000 euros à 3 millions.
La billetterie est aussi une composante importante. Les 9 000 abonnements (sur les 12 000 places du stade) proposés par le club ont trouvé preneurs immédiatement quand le club a enregistré 50 000 demandes.
Enfin, les aides publiques sont reconduites. La ville de Vannes apporte ainsi 540 000 euros.
Une vraie dynamique territoriale entoure le Rugby club Vannes.
Il existe un seul club de rugby professionnel en Bretagne et il est à Vannes, dans le Morbihan.
En Pro D2 depuis la saison 2016-2017 et bien placé cette année dans la course pour l’accession au Top 14, le Rugby club Vannes est le porte-étendard du ballon ovale en Bretagne.
« Être la seule offre de rugby du territoire nous donne une longueur d’avance sur les projets des autres », confie Martin Michel, directeur général du club.
« Les partenaires viennent à nous.
« C’est un lieu de rencontres et d’échanges professionnels, l’endroit où il faut être pour exister et se montrer », confirme Martin Michel.
Les partenaires proviennent majoritairement du bassin du Golfe du Morbihan - Vannes agglomération.
« Il y a aujourd’hui une vraie volonté de faire venir des partenaires du département, voire de la région », ambitionne le directeur général.
« Nous voulons attirer les grandes compagnies, notamment dans l’agro-alimentaire, un gros secteur en Bretagne. Nous comptons déjà avec nous sur la Société bretonne de volailles.
Avec plus de 70 salariés entre la société anonyme sportive professionnelle et l’association sportive, 450 licenciés, 750 adhérents et un budget d’environ 7,8 millions d’euros cette saison, le RC Vannes anime son territoire.
La saison 2017-2018 a attiré près de 110 000 spectateurs à la Rabine (9 100 places en configuration optimale), lui offrant la 4e meilleure affluence de Pro D2.
« Une étude de la Ligue nationale de rugby a estimé l’impact économique positif pour le bassin de l’agglomération à 4 millions d’euros », relate Martin Michel.
Le stade est très bien situé, en centre-ville.
« Les soirs de matchs, c’est l’effervescence sur le port de Vannes, dans les restaurants et les bars. De plus, nous privilégions les prestataires locaux pour les traiteurs et les services dans le stade.
« Nous voulons nous donner les moyens de pérenniser le club au niveau professionnel pour que les jeunes bretons qui souhaitent s’épanouir dans le rugby puissent s’accomplir chez nous », explique Martin Michel.
« Il faut garder notre attractivité pour conserver le leadership régional. Cela passe par le développement du stade et des infrastructures. Heureusement, nous bénéficions d’un tissu local dynamique. »
Le RC Vannes peut compter sur la Ville, son premier partenaire, l’Agglomération, le Département et la Région pour l’aider dans les dispositifs de formations.
Les Budgets des Autres Clubs de Pro D2
Le RC Vannes a su amortir la relégation en Pro D2 grâce à son modèle économique stable, porté par ses 650 partenaires.
Pour la première fois de son histoire, le RC Vannes a connu un coup d’arrêt dans sa progression sportive. Après avoir grimpé les échelons, pas à pas, jusqu’à accéder au Top 14, le club morbihannais est retourné en Pro D2.
Le rugby club de Vannes est passé a un budget de 20 millions d’euros. Le président Olivier Cloarec a fait quelques paris pour atteindre cette somme et avoir l’aval de la DNACG.
Le RCV avait un budget de 13 millions d’euros en Pro D2. Il était prévu de l’augmenter d’un million pour une autre saison en Pro D2 en 2024/2025.
Le club est monté en Top 14 après la victoire contre Grenoble le 8 juin 2024. Il a fallu revoir le budget.
Olivier Cloarec s’est fixé l’objectif de 20 millions d’euros. « Il y a eu une semaine de fête pour les joueurs. Pour nous, cela a duré deux journées. On a vite construit le nouveau budget. L’objectif des 20 millions n’est pas encore complètement atteint, mais je n’ai aucun doute que nous allons y parvenir », explique Olivier Cloarec le 18 juillet 2024.
Le club a rencontré la direction nationale d’aide et de contrôle de gestion (DNACG) avec un « budget réaliste » de 20 millions. Jouer à guichets fermés toute la saison. Des partenariats avec des entreprises privées de 6,2 millions à 9,5 millions. Aussi, on a été sondé de grosses entreprises.
La DNACG a validé assez difficilement notre budget en nous demandant certaines garanties.
Côté recrutement, avant la montée, il était prévu de recruter quatre joueurs. « On a réalisé ces transferts en cours de saison. On avait ciblé des joueurs capables de jouer en Top 14 : Hugo Djehi, Iñaki Ayarza, Fabrice Metz et Christiaan Van der Merwe », dévoile le président du RCV.
Les dirigeants ont ciblé huit joueurs supplémentaires : trois avants et cinq arrières. Le gendarme financier a aussi validé la masse salariale.
Le Pro D2 est un championnat de plus en plus compétitif, composé d'équipes armées pour jouer la montée en Top 14. C'est d'autant plus vrai cette saison avec la descente du RC Vannes, qui est vu par l'ensemble des entraîneurs comme l'ogre de la division.
Pourtant, le club breton ne possède pas le plus gros budget dans l'antichambre de l'élite. Avec un peu moins de 19 millions d'euros dans les caisses, le RCV possède le deuxième budget de Pro D2 derrière Brive. Provence Rugby complète un podium qui se démarque avec plus de 17 millions d'euros de budget.
Derrière, des clubs comme Grenoble, Nevers, Oyonnax et Agen se situent au-dessus des 10 millions d'euros. Cette saison, les deux clubs les moins bien lotis se nomment Aurillac et Carcassonne. Les deux clubs possèdent un budget légèrement supérieur à cinq millions d'euros.
Le CA Brive-Corrèze se positionne comme le club le mieux doté financièrement de la Pro D2, avec un budget impressionnant de 21 775 000 euros. Ce solide soutien financier leur permet non seulement de renforcer leur effectif, mais également d’aspirer à un retour en Top 14.
La saison précédente, Brive a montré de belles performances, et avec une telle assise budgétaire, ils espèrent poursuivre sur cette lancée.
Malgré un budget légèrement inférieur à celui de Brive, le RC Vannes, avec 18 906 000 euros, est perçu comme un sérieux prétendant à la montée. Leur descente de Top 14 leur confère un statut d’ogre dans cette division, et les entraîneurs s’accordent à dire qu’ils seront des adversaires redoutables.
Le club breton a les ressources nécessaires pour rivaliser avec les meilleurs et vise un retour rapide au plus haut niveau.
Complétant le trio de tête, Provence Rugby affiche un budget de 17 143 000 euros. Leur présence parmi les clubs les mieux financés témoigne de leurs ambitions et de leur volonté de se battre pour les premières places du classement.
Avec une gestion efficace de leurs ressources, ils pourraient bien se révéler être une surprise cette saison.
Derrière ces clubs phares, plusieurs équipes affichent des budgets supérieurs à 10 millions d’euros, dont Grenoble (13 451 000 euros), Nevers (14 230 000 euros), Oyonnax et Agen (12 784 000 euros chacun), et Biarritz (10 693 000 euros). Ces clubs cherchent également à se faire une place parmi les prétendants à la montée, malgré des contextes variés en termes de stabilité financière et de performances passées.
À l’opposé du spectre financier, Aurillac et Carcassonne sont les deux clubs les moins bien lotis, avec des budgets respectifs de 5 852 000 euros et 5 147 000 euros. Bien que cela puisse être un facteur limitant pour leurs ambitions, le promu audois et le club cantalou ont fait preuve de résilience dans le passé, et une gestion astucieuse pourrait leur permettre de surprendre cette saison.
Tableau des Budgets de Pro D2
| Club | Budget (euros) |
|---|---|
| Brive | 21 775 000 |
| Vannes | 18 906 000 |
| Provence Rugby | 17 143 000 |
| Nevers | 14 230 000 |
| Grenoble | 13 451 000 |
| Oyonnax | 12 784 000 |
| Agen | 12 784 000 |
| Biarritz | 10 693 000 |
| Béziers | 9 489 000 |
| Valence Romans | 8 792 000 |
| Colomiers | 8 740 000 |
| Mont-de-Marsan | 8 406 000 |
| Soyaux-Angoulême | 8 198 000 |
| Dax | 6 731 000 |
| Aurillac | 5 852 000 |
| Carcassonne | 5 147 000 |
Avec une saison prometteuse qui s’annonce, la Pro D2 semble prête à offrir un spectacle de haut niveau, où chaque club devra tirer le meilleur parti de ses ressources pour espérer atteindre la gloire.