Le paysage du volley-ball professionnel en France est marqué par des disparités financières importantes entre les clubs. Les budgets varient considérablement, allant du simple au double, avec des extrêmes allant du Tours Volley-Ball, le plus riche, au Cambrai Volley, le plus modeste. Il est important de noter qu'avoir le plus gros budget prévisionnel ne se traduit pas toujours par la masse salariale la plus élevée.
Les Neptunes de Nantes, malgré leur statut de finalistes du championnat de France, sont confrontées à la nécessité de renouveler profondément leur effectif. Le manager général, Sylvain Quinquis, sera contraint de restructurer l'équipe pour la saison à venir. De l’effectif 2024-2025, il ne restera pas grand monde, alors les Neptunes de Nantes vont devoir ouvrir un nouveau chapitre de leur histoire.
Le groupe d’expertise comptable Amarris a débuté son partenariat avec les Neptunes en cours de saison et s’est fait plus présent lors des playoffs. Il compte renouveler son soutien la saison prochaine.
Après l’exploit des Bleus aux derniers Jeux Olympique de Tokyo, jamais le volley tricolore n’avait bénéficié d’une si belle exposition, sportive et médiatique.
Disparités budgétaires en Ligue A féminine
Un exemple frappant de ces disparités est illustré par les budgets des clubs de Ligue A féminine. Quimper Volley 29 a affronté un défi de taille en rencontrant successivement Nantes et Le Cannet, respectivement deuxième (2,23 millions d'euros) et troisième (1,9 M€) budgets du championnat. Par la suite, Quimper Volley a accueilli Mulhouse, le club le mieux doté avec 2,75 millions d'euros, soit trois fois le budget de Quimper, qui s'élève à 880 000 euros, le plaçant en 13e position sur 14 clubs.
Le Quimper Volley, maintenu in extremis en Ligue A, grâce à une wild card, ne devance que France Avenir, le Pôle France.
À l'intérieur, les ballons claquent aussi sur le luxueux sol synthétique à l'entraînement des Neptunes de Nantes, vice-championnes de France (2025) de volley. Au mur, une banderole vante le palmarès de leurs cousines des Neptunes de Nantes handball, premier club de la ville vainqueur d'une Coupe d'Europe, la Ligue européenne (C2) 2021.
« L'état dans lequel on a récupéré le club nous a été fatal à la fin de la saison », constate Sylvain Quinquis, l'entraîneur des Neptunes Volley.
Avec un budget réduit de 2,2 M€ à 1,1 M€ et seulement 7 joueuses pro mais portées par l'enthousiasme de leur équipe dirigeante historique autour de la présidente Monique Bernard, les Neptunes volley visent la remontée dans l'élite dès cette saison. « Les gens du club se sont battus "de ouf" pour nous mettre dans les meilleures conditions, ça donne envie de se battre avec eux », sourit la libéro Stella Vidaller, l'une des deux pros rescapées de l'an dernier avec la passeuse Léna Chameaux. Après quatre journées et autant de victoires, elles voguent en tête de leur division.
Ali Rebouh, vice-président de Nantes Métropole, délégué au sport de haut niveau, analyse les déboires des clubs féminins de la ville : « Dans les disciplines féminines, dès qu'un gros partenaire s'en va, c'est plus compliqué. Le modèle économique est extrêmement fragile car il n'y a pas de droits télé. C'est important à nos yeux d'avoir du sport féminin de haut niveau à Nantes, il faut trouver cet équilibre. La montée des féminines du FC Nantes en D1 est une bonne nouvelle, mais nous souhaitons à très court terme retrouver au moins un ou deux clubs féminins de plus dans le paysage nantais. C'est pourquoi on accompagne notamment les volleyeuses afin qu'elles puissent retrouver l'élite dans les deux ans. »
Chez les handballeuses, « on rame, mais on est déjà heureux d'être en vie », souligne la coprésidente Emmanuelle Neraudau.
Selon nos informations, la mairie verrait d'un très bon oeil que le club entre dans le giron des garçons du HBC Nantes, dont la réussite économique et sportive (11,1 M€ de budget, près de 6 000 spectateurs de moyenne, 3e de la dernière Ligue des champions) est exemplaire mais de plus en plus isolée.
Voici un tableau comparatif des budgets de quelques clubs de Ligue A féminine :
| Club | Budget (en millions d'euros) |
|---|---|
| Mulhouse Alsace | 2,75 |
| Neptunes de Nantes | 2,23 |
| Le Cannet | 1,9 |
| Quimper Volley 29 | 0,88 |
Ces chiffres illustrent les défis financiers auxquels sont confrontés certains clubs pour rivaliser avec les équipes les mieux financées.

Le cas du Paris Volley et la recherche d'investisseurs
Le marché est rouge, réflexion sur les stratégies d’investissement :
Le Paris Volley, voisin de Charléty avec sa salle Charpy, a mandaté une société de levée de fonds et d’investissement pour trouver un nouveau partenaire d’envergure internationale susceptible de lui offrir les moyens de ses ambitions.
Le Paris Volley dispose en effet de l’une des masses salariales les plus faibles de la Ligue A masculine, si ce n’est la plus basse. Et d’un budget parmi les moins élevés du championnat, loin des leaders en la matière, à commencer par Tours, club avec lequel il partage pourtant un palmarès incroyable. Si le TVB repose beaucoup sur le financement privé, le Paris Volley vit lui des derniers publics.
Depuis plusieurs saisons le club est très largement financé par la Ville de Paris à hauteur de près de 80% de son budget (1,2 millions d’euros en début de saison). La subvention accordée par la mairie de Paris s’élevait à 826.000 euros au titre de l’année 2021, un montant en diminution de 100.000 euros par rapport à celui accordé l’année précédente. Le montant a encore baissé en 2022, ce qui était prévu.
Une première rencontre a eu lieu à Paris.
Mais le club parisien a également essuyé la perte de son plus gros sponsor. Au total, les pertes estimées se chiffrent plus de 300.000 euros. Le budget du club pourrait atteindre 1,4 voire 1,5 million d’euros, mais pas davantage, souffle-t-on au club. Pour maintenir à flot ses ambitions, le Paris Volley a donc entamé des discussions avec plusieurs interlocuteurs, trois en provenance du Moyen-Orient (Qatar, Bahreïn, Arabie Saoudite) et un autre des Etats-Unis.
Les discussions ont débuté il y a trois mois environ. Selon nos informations, deux investisseurs potentiels se détacheraient, l’un en provenance du Qatar, l’autre du Bahreïn, les deux interlocuteurs en question n’ont en revanche pas les mêmes ambitions. L’un souhaiterait entrer au capital du club, tandis que l’autre préférerait investir en tant que sponsor. Le Paris Volley a déjà reçu la visite d’un représentant d’un pays du Golfe, lequel a eu droit à une visite des installations après avoir rencontré les dirigeants parisiens.
L’image de la ville de Paris et le rayonnement de la capitale en vue des JO 2024, où l’équipe de France défendra son titre, les perspectives qu’offrent un marché vierge, avec un énorme potentiel de valorisation, sont autant d’atouts dans la manche des dirigeants du Paris Volley. Sans compter que le volley est l’un des sports les plus populaires et les plus pratiqués dans le monde. De quoi attirer des investisseurs.
"Une montée au capital, c’est un mariage, on a vu des affaires qui ne se sont pas faites, avertit cependant une source proche du dossier. Même si le deal était bon, ça ne marchait pas entre les deux propriétaires, c’était de l’humain, ça ne 'cliquait' pas entre eux, à l’inverse on a eu des transactions ou le dossier n’était pas si mirobolant." Une issue positive est espérée d’ici à la fin de l’année.
Cette démarche témoigne de la nécessité pour certains clubs de trouver des sources de financement alternatives pour assurer leur pérennité et leur compétitivité.

Difficultés financières et liquidations judiciaires
Le paysage sportif nantais a été marqué par des difficultés financières et des liquidations judiciaires touchant plusieurs clubs, notamment les Neptunes de Nantes handball et volley, ainsi que Nantes-Rezé Basket 44 et Nantes-Rezé Métropole Volley (NRMV). Ces clubs ont connu des relégations sportives et des dépôts de bilan, illustrant la fragilité de l'équilibre entre ambitions sportives et développement économique.
Les Neptunes hand et volley avaient été réunies en 2021 sous le pavillon de Réalités, puissant groupe immobilier régional : investissements massifs, projet de construction d'une « Neptune Arena » ultramoderne... Elles ont été emportées par la chute de leur actionnaire, aujourd'hui en redressement judiciaire après l'effondrement du marché de l'immobilier.
En juillet 2024, Réalités s'est brutalement retiré, laissant des ardoises considérables.
« On a vécu deux tremblements de terre successifs », résume Emmanuelle Neraudau, nouvelle coprésidente des handballeuses avec Loïc Geffroy.
Les volleyeurs du NRMV ont vu trop grand, eux aussi, rattrapés par des charges élevées et par un contrôle de l'Urssaf. Peu avant leur effondrement, ils étaient encore en train de négocier un énorme transfert : celui de la star des Bleus Earvin Ngapeth.
Les basketteuses du NRB étaient, elles, en difficulté financière depuis des années. Les mauvais résultats et les querelles locales ont fait le reste, après une fusion précipitée avec un autre club de Rezé. « Les collectivités nous ont mis la pression pour réunir les deux clubs, mais l'intelligence collective n'a pas été au rendez-vous », estime l'ancien dirigeant Bertrand Vigouroux.
