Une page de l’histoire du sport s’est écrite. Fils de LeBron James, Bronny James a été sélectionné en 55e position de la draft 2024 par les Los Angeles Lakers. Pour la toute première fois de l’histoire de la NBA, un père et son fils devraient donc évoluer en même temps dans la plus grande ligue de basket au monde.
Alors que LeBron James, 39 ans, a toujours annoncé vouloir jouer avec son fils en NBA avant de prendre sa retraite, Bronny James, 19 ans, a été choisi en 55e position du deuxième tour de draft par les Lakers ce jeudi soir.
Le père et le fils devraient donc fouler les parquets de NBA ensemble la saison prochaine, une première dans l'histoire. C'était son dernier rêve avant de raccrocher et il est en passe de devenir réalité.
LeBron a jusqu'à ce samedi pour activer sa dernière année de contrat. Cette arrivée de Bronny aux Lakers intervient alors que LeBron a jusqu'à ce samedi pour activer sa dernière année de contrat, optionnelle, avec les Lakers pour 51 millions de dollars (47,6 millions d'euros). Dans le cas contraire, il deviendrait agent libre et aurait le choix de rejoindre l'une des 30 franchises NBA. Une hypothèse qui a pris du plomb dans l'aile ce jeudi soir.
Retenu en 55e position d'une draft qui comptait 58 choix, cet arrière de 1,86 m, qui fêtera ses 20 ans en octobre, avait annoncé il y a quelques jours « vouloir se faire son propre nom » en NBA. Mais en devenant le premier joueur à jouer avec son père dans la grande ligue, il devrait quoi qu'il arrive marquer l'histoire. Avec la légende paternelle, quatre fois titrée et qui s'apprête à vivre sa 22e saison, la tâche s'annonce ardue.
En étant drafté au second tour, c'est-à-dire au-delà de la 30e place, Bronny James ne bénéficie pas d’un contrat garanti. Mais les intentions des Los Angeles Lakers ne font guère de doute. Ainsi, pour beaucoup, Bronny James ne doit sa place en NBA qu’à la carrière de son paternel, sa draft par les Lakers étant seulement un moyen pour les Angelinos de convaincre LeBron James de rester la saison prochaine.
« Quand je pense aux Los Angeles Lakers, je pense à une franchise où l’histoire du basket se joue », a déclaré le manager général de l’équipe, Rob Pelinka, lors d’une conférence de presse. « Cela semble être quelque chose qui pourrait être magique », a ajouté le responsable.
Avec le #52 pick lors de cette Draft, les Golden State Warriors avaient coché le nom de Bronny. Et l'intérêt des Dubs était visiblement sérieux. Mais au cours de l'exercice 2023-2024, Golden State avait essayé de réaliser un trade pour LBJ. Les Lakers, face à cette approche, ont laissé le dernier mot à l'ex-joueur des Cleveland Cavaliers. Par respect pour cette décision, les Warriors ont donc oublié Bronny. Car ils savaient que les deux membres de la famille James avaient l'envie de marquer l'histoire en jouant ensemble en NBA. En tout cas, il est intéressant de voir que même sans les Lakers, et l'influence de LeBron, Bronny avait sa place en NBA.
Bronny James SHINES in Lakers #NBAPreseason Finale! 🔥| October 18, 2024
Un talent brut face aux attentes
Il est probablement le plus grand nom de la Draft NBA 2024, alors qu’il est très loin d’en être le meilleur joueur. Bronny James - fils de LeBron James - fait beaucoup parler de lui malgré un potentiel qui semble limité et une saison compliquée en NCAA.
Quand vous êtes le fils de LeBron James, vous vous retrouvez très vite dans la lumière sans même n’avoir rien demandé à personne. Quittant l’Ohio pour Los Angeles en 2018 en même temps que son fameux père, Bronny James rejoint le lycée de Sierra Canyon, l’un des programmes référence en Californie. L’attention continue évidemment de le suivre.
C’est d’autant plus le cas que le parcours de Bronny et ses copains de high school est le sujet d’un documentaire, « Top Class », réalisé par la société de production de LeBron (Uninterrupted / SpringHill Entertainment). Certains matchs de Sierra Canyon sont aussi diffusés sur la chaîne nationale ESPN.
Victime d'un malaise cardiaque en juillet dernier, le 13 juillet 2023, lors d’une séance d'entraînement, il a été victime d’un arrêt cardiaque qui l’a tenu éloigné des parquets jusqu’au mois de décembre. En termes d’adaptation, on a connu mieux.

Une saison NCAA discrète
Ce constat, aussi sévère soit-il, s’explique notamment par la très discrète saison 2023-2024 du fiston James. À USC (Université de Californie du sud), pour sa toute première expérience en NCAA, à l’échelon le plus élevé du championnat universitaire américain, il a compilé 4,8 points (à 36% au shoot), 2,8 rebonds et 2,1 passes décisives en 19 minutes par match. Loin, très loin des statistiques d’un joueur dominant.
À USC, où il évoluait notamment aux côtés d'Isaiah Collier, drafté en 29e position par Utah, Bronny James n'a pas réussi à faire monter sa cote auprès des recruteurs.
Bronny James va jouer 25 matchs en NCAA pour des stats de 4,8 points, 2,8 rebonds, 2,1 passes et 0,8 interception à moins de 37% de réussite au tir. Une saison compliquée pour lui, ce qui est tout à fait compréhensible au regard de ce qu’il a dû traverser.
« J’ai eu une année avec des hauts et des bas, mais tout cela a contribué à me faire grandir en tant qu’homme, étudiant et athlète », tentait de positiver le principal intéressé sur Instagram en avril dernier, au moment de son inscription à la draft. Il a reçu le feu vert des médecins pour jouer en NBA quelques semaines plus tard, en mai.

Forces et faiblesses de Bronny James
Au-delà de ces soucis de santé, Bronny James a affiché quelques limites. Même s’il présente des qualités athlétiques extrêmement sérieuses - les chiens ne font pas des chats -, sa petite taille (environ 1,86m) peut être problématique pour exister en NBA. À son poste (arrière), les joueurs aussi petits sont peu nombreux.
Jalen Brunson ou Kyrie Irving sont les rares contre-exemples de joueurs de cette taille qui parviennent à être dominants. Dans toute la ligue, une quinzaine de joueurs affichent moins d’1,88m sous la toise.
Mesuré à seulement 1m87 sans chaussures au NBA Draft Combine, Bronny James est plus petit que ce qui était annoncé à l’université (1m93). Ce manque de taille réduit forcément son potentiel défensif. Vous pouvez être le meilleur défenseur du monde, si votre adversaire est plus grand et shoote au-dessus de vous, vous ne pourrez pas faire grand-chose.
Au regard de sa taille, il pourrait potentiellement glisser vers le poste de meneur pour avoir du temps de jeu en NBA. Dans ce cas, il devra développer son aisance balle en main. Lorsqu'il porte le ballon, il affiche pour l’instant quelques limites sous la pression. "S'il doit jouer au poste de meneur de jeu, il devra gérer une pression intense tout en plaçant son équipe en position d'attaque et en lisant simultanément la défense", souligne ESPN.
Le shoot extérieur est aujourd’hui un point faible chez Bronny. La mécanique est loin d’être dégueu, par contre les pourcentages font mal aux yeux : moins de 37% au tir cette saison à USC, dont 26,7% à 3-points, et moins de 68% aux lancers-francs. Encore une fois, on rappelle que James revenait d’un arrêt cardiaque et que cela peut impacter un joueur de plusieurs manières différentes, notamment sur le plan mental.
En plus de ses limites actuelles au tir, Bronny James est également limité quand il s’agit de créer des situations pour lui-même, ou pour les autres. Son répertoire offensif en tant que scoreur/playmaker est faible, le handle n’est pas ouf, et son manque d’agressivité est souvent pointé du doigt. Tout cela fait de Bronny James un joueur peu impactant au scoring et qui met peu de pression sur les défenses adverses quand il a le ballon sur jeu demi-terrain. Sa faible production offensive à USC (moins de 5 points de moyenne) en est le symbole.
Malgré ces doutes, Bronny James est présenté comme un solide shooteur à trois points et un bon défenseur. Des points forts qui lui valent des comparaisons avec De'Anthony Melton (Philadelphia Sixers) ou Gary Harris (Orlando Magic), soit des profils très différents de LeBron James.
"ll y a beaucoup d'incompréhension en raison de la comparaison avec son père. Bronny n'est pas le type de joueur qui a besoin d'avoir le ballon en main. C'est un combo-guard qui excelle à la passe et au catch-and-shoot. Une description plus proche d'un joueur comme Danny Green que LeBron James", résumait PD Web, spécialiste du recrutement, dans les colonnes de L’Équipe en mai 2023.
Si Bronny James a comme modèles Davion Mitchell, Jrue Holiday et Derrick White, ce n’est pas par hasard. James s’illustre avant tout à travers ses qualités défensives. Il joue dur en un-contre-un dans sa moitié de terrain, il se place plutôt bien en aide, il sait lire les attaques adverses, et possède un physique déjà solide (95 kilos) ainsi qu’une belle envergure (2m01) pour faire face aux attaquants.
Vous ne serez pas surpris d’entendre que le fils de LeBron possède des qualités athlétiques sérieuses. S’il est assez « petit » avec son 1m88, Bronny peut décoller pour lâcher du chasedown comme papa ou conclure au cercle en transition. Vous ne serez pas surpris non plus d’entendre que le fiston James possède un vrai QI basket. Il sent bien le jeu (on/off ball), il est altruiste, il aime faire la bonne passe au bon moment pour aider le collectif. Si Bronny est loin de pouvoir être considéré comme un playmaker de premier ordre, il peut par contre trouver sa place en tant que connecteur.
De son père, il a cependant pris les qualités athlétiques, le QI basket… et une certaine forme de résistance à la pression. "J'ai été frappé par son assurance et sa capacité à gérer toute cette folie qui l'entoure. Il mesure pour l'instant 1,80m avec une carrure solide. C'est un athlète en herbe qui a le talent nécessaire pour le haut niveau, au poste de meneur ou d'arrière", expliquait en 2019 Éric Bossi, spécialiste du recrutement universitaire, sur le site Basketball Recruiting. À l’époque, Bronny James avait… 14 ans.

Un avenir en NBA ?
Pour beaucoup d’observateurs, Bronny James n’a pas le niveau aujourd’hui pour évoluer en NBA. Mais les paramètres sont évidemment différents quand on est le fils de l’un des meilleurs joueurs de tous les temps.
Dès l’adolescence, il a dû s’habituer à prendre la lumière. Être le fils de l’un des plus grands joueurs de tous les temps a contraint Bronny James à faire face à des attentes très élevées. Ce fut notamment le cas à Nanterre, où, en août 2022, sa venue au Palais des Sports Maurice-Thorez était un véritable évènement. Face à une sélection de jeunes espoirs français, Bronny James avait impressionné par sa vitesse, son impact physique et son sens du show.
Si son arrivée en NBA est perçue comme une fraude par certains, sa nouvelle franchise, elle, croit très fort en son potentiel. Les dirigeants des Lakers se félicitent d’avoir mis la main sur un jeune homme travailleur et intelligent. "Bronny est avant tout une personne très intégre", a souligné Rob Pelinka, le patron de la franchise californienne. "C'est un jeune homme qui travaille incroyablement dur. Ce sont les qualités que nous recherchons lorsque nous sélectionnons des joueurs. Le coach J.J.
Enfin, ce qu’on aime bien chez Bronny James, c’est qu’il a la tête sur les épaules. Si être le fils de LeBron peut vous ouvrir de nombreuses portes, ce n’est pas non plus facile tous les jours, entre les attentes, les critiques et la pression qui va avec. Mais Bronny parvient à bien gérer ça. Depuis le lycée jusqu’à aujourd’hui, il a souvent été loué pour sa maturité et ses qualités de coéquipier. Il veut tracer sa propre route, il ne veut pas seulement être considéré comme le fils de LeBron James, et travaille dur pour réaliser son rêve d’atteindre la NBA.
Dans le meilleur des scénarios, Bronny James peut devenir un role player solide en NBA, role player qui peut à la fois défendre dur, aider un collectif à bien tourner, et planter des tirs primés en catch & shoot. Un 3&D connecteur en quelque sorte. Mais pour ça, Bronny doit absolument progresser dans son tir extérieur. Il a montré au NBA Draft Combine qu’il avait un potentiel de shooteur, mais encore faut-il réussir à l’exploiter. S’il y parvient à terme, les défenses devront sortir plus souvent sur lui, ce qui lui ouvrira des opportunités pour faire étalage de ses qualités (sens du jeu, passes en mouvement, jeu en sortie d’écran…). En résumé, Bronny James a besoin d’un shoot extérieur pour espérer avoir un rôle offensif. Sans shoot, il risque d’être un joueur assez unidimensionnel qui pèse uniquement d’un côté du terrain.
| Statistique | Valeur |
|---|---|
| Points par match | 4.8 |
| Rebonds par match | 2.8 |
| Passes décisives par match | 2.1 |
| Pourcentage au tir | 36% |
| Pourcentage à 3 points | 26.7% |
| Pourcentage aux lancers francs | 68% |