Histoire du match de rugby entre Brive et Mont de Marsan

Avant de partir en vacances, il est toujours bon d'y partir avec un bon résultat. Brive avait plusieurs objectifs pour cette réception de Mont de Marsan : réagir après Colomiers et l'emporter pour rester dans la course à la 2e place.

Face à Mont de Marsan, Brive a l'occasion de valider un très bon bloc. Le CAB le fait et reste dans la course à la 2e place au classement. Cela pouvait être un match piège durant lequel Brive perd des points importants dans sa lutte à distance afin d'obtenir la 2e place de la Pro D2. Brive procède à plusieurs changements notamment en raison des blessures à Colomiers.

Brivistes et montois vont devoir s'affronter et jouer avec un 3e adversaire : le vent. Le match a du mal à se lancer dans les premières minutes avec des équipes qui ne veulent pas prendre de risque et veulent jouer chez l'adversaire. Il y a des approximations comme ces différentes touches perdues. Du côté de Brive, un joueur commence une moisson : Retief Marais. Chaque équipe reste dans sa filière.

Mont de Marsan n'hésite pas à relancer et à jouer à la main. Brive s'applique à bien défendre et à repousser les montois dans leur camp. Le Stade Montois passe près d'un essai avec la combinaison entre Simao Bento et Patricio Fernandez mais un en-avant à 5 mètres de l'en-but empêche l'essai d'être marqué (6'). Nacani Wakaya déchire le rideau défensif briviste mais arrivé lancé, Ioane Iashagashvili perd le ballon au contact de Marcel Van der Merwe (9').

Le pack briviste se fait sanctionner dans la foulée sur la mêlée qui suit et Christophe Loustalot ouvre le score (0-3, 11'). Face au vent, Brive doit se faire violence et jouer à la main mais ne parvient pas à trouver les espaces. En mêlée, Brive continue d'être pénalisé mais si Brive a des difficultés en mêlée, c'est la touche qui pose problème à Mont de Marsan avec Marais qui s'élève au dessus de tout le monde pour voler un ballon important à l'entrée de ses 22 mètres (23').

Brive joue dans son camp mais va parvenir à renverser la table d'une manière plutôt chanceuse. Tout part d'une interception de Gatien Massé. Mont de Marsan se trouve alors dans une très bonne position sur les 22 brivistes. Derrière, Christophe Loustalot ne se comprend pas avec Willie Du Plessis et manque ses deux passes. Pas le temps de profiter car sur le renvoi, Geoffrey Malaterre se fait coffrer au sol et concède la pénalité. Loustalot réussit son coup de pied (7-6, 28').

Les deux équipes enchainent les fautes mais Mont de Marsan se met en danger. Brive se rapproche de l'en-but avec des pénaltouches mais sur le second maul, les avants brivistes se mettent à la faute en créant un écran (32'). L'alignement montois peine à trouver une solution face à Marais et Brive en profite pour avancer en puissance avec Courtney Lawes et finir par récupérer une pénalité, à 40 mètres dans l'axe. Mais Curwin Bosch trouve le poteau sur sa tentative (34').

Les mêlées peinent à se jouer avec le même côté dans le viseur de l'arbitre : droitier briviste et gaucher montois. Alors qu'on s'approche de la pause et que le score reste très serré, un exploit personnel va tout débloquer. Stuart Olding porte le ballon sur les 40 mètres, feinte la passe et se crée l'intervalle tout seul. Sur le coup d'envoi, cette fois, pas d'erreur côté briviste et le ballon est envoyé en dehors des limites pour revenir aux vestiaires. Seulement un accrochage entre Marcel Van der Merwe et Aurélien Lafforgue qui s'échangent les numéros de téléphone !

Mont de Marsan résiste bien mais ne concrétise pas ses quelques occasions. En ce début de seconde période, Brive cherche à conserver la balle dans le camp adverse mais la défense gagne les duels et fait reculer l'attaque. Jusqu'au moment où enfin, Brive va développer une attaque qui fait mouche ! Curwin Bosch accélère, casse un plaquage et crée la différence. Il sert Geoffrey Malaterre le long de la ligne de touche. Le 3e ligne avance et a deux solutions : Courtney Lawes à l'intérieur et Erwan Dridi à l'extérieur. Le 3e ligne opte pour la sécurité avec son ailier. Dridi joue au pied pour lui-même, éliminant les deux derniers défenseurs face à lui. Le rebond est favorable et c'est un 9e essai pour lui cette saison (19-6, 45'). Depuis le temps qu'on attendait un essai comme celui là !

Brive a le bonus offensif provisoirement mais Mont de Marsan n'a pas dit son dernier mot. Mont de Marsan fait mal dans le jeu au pied et sous pression, Bosch doit concéder une mêlée à 5 mètres. Les deux équipes font appel massivement à leur banc en ce début de seconde période. Les montois insistent devant mais au sol, les brivistes grattent le ballon et obtiennent une pénalité qui fait beaucoup de bien (53').

Après ce coup de chaud, c'est au tour de Brive de se montrer dangereux. A la suite d'une pénaltouche dans les 22 mètres adverses, on pense au classique maul mais cette fois, une combinaison différente est tentée. Le ballon est dévié sur Asier Usarraga qui entre dans les 5 mètres. Le ballon ressort sur Lawes mais le capitaine briviste est bloqué sur un maul et la défense récupère la munition (57'). L'alignement montois a toujours autant de mal et la mêlée briviste obtient une nouvelle pénalité.

L'alignement briviste pense perdre la munition mais Francisco Coria Marchetti traine par là et permet de conserver le ballon. Un ballon qui est écarté jusqu'à l'aile. Les avants ont changé de côté et sont sur la ligne montoise. Maxime Sidobre, en bon demi de mêlée, voit un trou de souris et plonge dans l'en-but (26-6, 65'). La sécurité pour le bonus offensif ne va pas durer longtemps. Tout de suite, Mont de Marsan obtient une touche dans les 22 brivistes. Michael Faleafa est repris sur la ligne d'en-but. Ioane Iashagashvili relève le ballon et marque en force (26-13, 67').

On se rend coup pour coup. De retour dans le camp adverse, Brive obtient une pénalité. Alors que la touche était envisageable, on opte pour prendre les points. Mais Bosch manque la tentative (71'). Hugo Verdu va faire un aller-retour sur le terrain. Tout juste revenu sur le terrain pour remplacer Stuart Olding, il tape une chandelle mais y laisse un adducteur (73').

Brive s'installe dans le camp montois et trouve du liant entre avants et 3/4. La mêlée remporte une pénalité qui se transforme en pénaltouche à 5 mètres. On connait tous la suite de l'histoire : Samuel Maximin capte le ballon, le maul se forme et Lucas Da Silva franchit la ligne (33-13, 78').

Vous pensez deux dernières minutes sans histoire ? C'est mal connaitre le CAB ! La vidéo est demandée pour un plaquage dangereux de Tevita Ratuva. Son match avait commencé avec un essai mais il va se terminer par un carton rouge (79'). Le 2e ligne faisait son retour de trois semaines de suspension. Mont de Marsan est sur la ligne briviste et Aurélien Lafforgue marque en force. Un essai qui est validé avec la vidéo (33-20, 81').

Brive fait le plein avec ce bonus offensif mais y laisse des blessés et un suspendu. Après le non-match offensivement du côté de Colomiers, tout le monde espérait voir quelque chose d'attractif sur la pelouse. Si le match peine à se lancer totalement, il se débloque finalement sur des actions individuelles, un peu de chance avec Ratuva et un exploit personnel pour Olding. En deuxième période, Brive se montre plus présent dans le camp adverse et parvient à valider son bonus offensif. Mais Mont de Marsan n'a jamais offert une marge de sécurité très importante au CAB, comme les deux essais dans le dernier quart d'heure le montrent.

A la pause, Brive a fait la moitié du chemin et a validé en 2e période son succès bonifié. C'est le 7e bonus offensif obtenu par Brive à domicile sur ses 11 victoires. Pour le moment, seul Grenoble fait mieux avec 8 bonus en 11 victoires. Lors de ce bloc, Brive a fait le plein à domicile et cela lui permet de revenir à égalité avec Provence à la 2e place et aussi de se donner une petite marge sur Béziers et Montauban. Pas une mauvaise chose sachant que le prochain match est à ...

Après le match plus que compliqué en attaque du côté de Colomiers, Brive devait réagir et faire beaucoup mieux. Pire cela aurait été compliqué mis à part déclarer forfait. Face à Mont de Marsan, face à une équipe certes remaniée mais qui n'a pas forcément l'habitude de fermer le jeu, Brive a su exploiter les espaces et également les ballons de récupération. En touche, Retief Marais a été un cauchemar pour l'alignement adverse. Collectivement, si les avants sont toujours très présents dans le résultat offensif, les 3/4 ont pu se dégourdir les jambes.

Brive a eu le ballon (61% de possession), dans le camp adverse (58% d'occupation) et en particulier dans les 22 adverses (58% de possession). Surtout, contrairement à la semaine précédente, le CAB a couru (127), a passé (166), a cassé des plaquages (32), a passé après contact (11) et a, au final, marqué des essais (5).

Sur ce match là, une association était sous l'observation de tous. Comment allait se passer la connexion entre Stuart Olding et Curwin Bosch ? Olding est le couteau suisse briviste, un peu 10, un peu 12 et un peu 15. Bosch est l'ouvreur mais avec les Sharks, il avait déjà évolué à l'arrière à quelques reprises. Face aux difficultés offensives du club, de nombreux supporters avaient cette idée en tête : Olding en 10 et Bosch en 15. Si on peut prendre une image de golf, Olding est bon dans le petit jeu, le jeu de fer alors que Bosch a ce qu'il faut pour attaquer le parcours avec son drive, quitte parfois à ne pas toucher le fairway.

Comme l'a très bien dit Olding en conférence de presse, il y a encore des automatismes à travailler mais les deux joueurs peuvent s'échanger la place en fonction de la position de la balle. Stuart Olding marque son essai sur un exploit personnel et Curwin Bosch a bien alterné entre jeu au pied, passe et attaque de ligne. Les deux joueurs terminent avec une ligne de stats presque identique : 97 mètres parcourus, 1 franchissement, 5 défenseurs battus pour Olding, 95 mètres parcourus, 1 franchissement, 8 défenseurs battus pour Bosch. Le sud-africain est passé de 3 passes contre Colomiers à 14 contre Mont de Marsan ! Ce match contre les montois était un bon premier test. Ce n'est que sur la durée qu'on verra si ce duo peut fonctionner ensemble.

Même quand tout se passe bien, Brive n'arrive pas à s'offrir un match tranquille. Alors que Brive inscrit son 4e essai, se donnant une sécurité pour le bonus offensif, la pression revient rapidement derrière avec l'essai montois. Pareil en fin de match avec le 2e essai de Mont de Marsan juste après le 5e essai du CAB. Très souvent cette saison, cette marge de sécurité n'existe pas pour les brivistes. Avec toujours le risque de prendre un essai en toute fin de match et de perdre le bonus offensif. A domicile, Brive a pris 7 bonus offensifs, 4 l'ont été avec la marge minimum. Il serait bien de se mettre à l'abri bien plus tôt.

L'autre mal qui ronge Brive depuis le début de la saison et même depuis la phase retour est l'indiscipline. Brive écope très souvent d'un carton rouge. Alors que tout se passait bien, voilà que Brive doit terminer à 14. Ironie de l'histoire, Tevita Ratuva revenait de suspension pour désormais repartir en suspension.

Il n'y avait pas une pression dingue sur les épaules du CAB avant ce match mais il fallait montrer un meilleur visage que celui de Colomiers. Un visage plus offensif illustré par la première association Olding en 10 et Bosch en 15. Les deux joueurs ont amené de l'énergie en attaque et c'était l'effet recherché. Brive s'est un peu plus lâché offensivement, avec un très bel 3e essai. Cela reste un chantier perpétuel mais face à Mont de Marsan, le contrat a été rempli. Les vieux démons restent toujours présents et il faudra toujours les combattre jusqu'à la fin de la saison.

Voici un tableau récapitulatif des statistiques clés du match :

Statistique Brive Mont de Marsan
Possession 61% 39%
Occupation du camp adverse 58% 42%
Occupation des 22 adverses 58% 42%
Mètres parcourus 127 N/A
Passes 166 N/A
Plaquages cassés 32 N/A
Passes après contact 11 N/A
Essais marqués 5 2

Suite à ces événements, des changements ont été apportés à l'encadrement de l'équipe. Réunie lundi, la direction de Brive a décidé de se séparer de son manager David Darricarrère et de rappeler Pierre-Henry Broncan, qui était devenu directeur du rugby l'an dernier et s'était éloigné de l'équipe professionnelle.

C'est toujours la même histoire... Quand les résultats d'une équipe ne sont pas bons, les dirigeants se séparent très souvent de l'entraîneur en chef. C'est ce qu'ont décidé lundi soir les patrons de Brive, qui étaient réunis lors d'un conseil d'administration. Plus gros budget de Pro D2, le club corrézien réalise un début de saison catastrophique avec déjà 5 défaites en 11 matches, dont deux à domicile. Un bilan décevant pour une équipe qui rêve de retrouver l'élite à la fin de la saison. Il y a quinze jours, elle se rassurait devant Mont-de-Marsan (68-10), mais vendredi dernier, elle a replongé à Béziers (25-17). Elle est aujourd'hui huitième du classement, à 4 points, d'Agen, sixième. Elle n'a donc déjà plus le droit à l'erreur.

Promu manager général en juin dernier, David Darricarrère - qui était le principal adjoint de Pierre-Henry Broncan avant que celui-ci prenne du recul et devienne directeur du rugby - a été démis de ses fonctions. Mais il reste au club... Pour le remplacer, Thierry Blandinières, le président, a exclu la piste extérieure, alors que le nom de Franck Azéma qui n'est plus le manager de Perpignan revenait avec insistance. Il faudra nommer un nouveau manager en juin, car Broncan ne restera pas Il a demandé à Pierre-Henry Broncan de reprendre la direction de l'équipe et ce dernier a accepté. Un chassé-croisé étrange. Pour rappel, Broncan et Darricarrère, qui étaient très proches, sont brouillés depuis quelques mois.

Quid du staff, composé d'Arnaud Méla, Obé Shvelidze et Saïd Hirèche, trois anciens Brivistes ? Il doit rester en place. Pierre-Henry Broncan doit juste trouver un entraîneur de l'attaque, car Darricarrère couvrait ce secteur.Ce n'est pas la première fois que le départ de Darricarrère a été évoqué cette saison. Ce fut le cas début novembre mais Thierry Blandinières, le président, avait alors démenti, demandant aux différentes forces du club de faire bloc autour du manager. Cela n'aura pas duré longtemps. Sous contrat jusqu'en 2028, Darricarrère reste au club, en attendant la nomination d'un nouveau manager en juin prochain. Pierre-Henry Broncan, lui, arrive en fin de contrat en juin et ne restera pas. Pour bien valider un bloc, il faut bien le terminer.

Le CA Brive veut creuser l’écart à Mont-de-Marsan

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