L'histoire du rugby entre Brive et La Rochelle : Une rivalité passionnante

La rivalité entre Brive et La Rochelle est un chapitre captivant de l'histoire du rugby français. Bien que les deux clubs soient centenaires, leurs rencontres au plus haut niveau ont été relativement rares. Cet article explore les moments clés de cette rivalité, en mettant en lumière l'ascension historique du Stade Rochelais vers le Top 14 et les confrontations marquantes entre ces deux équipes.

Un duel historique : Brive domine, La Rochelle riposte

En un peu plus de 60 ans, il y a eu 25 matchs entre les deux équipes et le bilan tourne en faveur des brivistes avec 19 victoires. Sur ces 19 victoires, le CAB reste maitre à Amédée-Domenech avec 13 victoires en autant de matchs. Marcel-Deflandre est un stade fétiche pour les corréziens qui en 12 rencontres a vu 6 victoires noires et blanches et 2 matchs nuls. Les maritimes ne se sont imposés qu'à 4 reprises. Mais attention, Brive n'a plus connu la victoire depuis la saison 1998/1999 et un succès 33 à 13. Depuis cette date, La Rochelle est restée maître chez elle avec 4 succès de rang (dont 1 en Pro D2).

Si la région de La Rochelle est bien connue des limousins en été, le duel en rugby entre La Rochelle et Brive n'est pas si commun que ça. Les deux clubs sont centenaires (l'ASR étant plus vieux que le CAB) mais ils ont eu du mal à se retrouver dans la même division en même temps.

Le match de la montée en Top 14 : Brive, théâtre d'une victoire historique (2010)

Le 23 mai 2010, à Brive, Lyon, 2e (95 points) et La Rochelle, 3e (94) se disputent le dernier billet pour le Top 14. Au jeu des pronostics, le LOU mène grâce à sa double victoire, dans le Rhône (20-14) puis à Marcel-Deflandre (18-19). C’est compter sans l’élan initié contre Oyonnax et la maturité d’un groupe défait en finale contre Dax à Bordeaux en 2007, puis en demie chez le Racing et à Albi…

« On était venus trois jours avant. Il faisait une chaleur de malade », se rappelle Franck Jacob. « Le matin du match, “Zouzou” (Thomas Combezou, NDLR) essayait de pêcher, on avait pas mal rigolé, enchaîne Rémi Talès. Une sérénité se dégageait, même si Lyon avait fait une très belle saison. Et quand on arrive et qu’on voit tous les supporteurs dans les parcs, ça nous a fait quelque chose… » Le Stadium est plein en jaune et noir. « Un truc de fou, dit David Darricarrère.

« Depuis la finale contre Dax, cela a toujours été une frustration. Une grosse partie du public était là, on avait vu l’effet que pouvaient avoir les encouragements sur nous. Or, tu dois rester assez fermé. Contre Dax, je n’étais pas prêt, j’étais très jeune, j’avais limite pleuré avant de jouer », confie Benjamin Ferrou. « Cette finale, on l’a mieux préparée que 2007. On était allé sur le terrain avant, ce n’était pas le cas à Bordeaux, développe Florian Ninard. Malgré tout, on passe à travers. »

Un match sous tension

4e, 20e et 25e minutes, Lyon a déjà marqué trois essais sur des erreurs qui coûtent cher au centre Jérôme Jacquet. « On fait un changement au bout de trente minutes. Cela nous fait de la peine, mais c’est indispensable », souffle « Darri ». « Il y avait une telle unité… Tout le monde est resté concentré », rembobine Tamato Leupolu.

Le pilier et sa première ligne mettent au supplice le LOU en mêlée. « Pendant des années, Serge (Milhas) nous l’a bien fait travailler, souligne le Néo-Zélandais. Si elle est forte, tu peux faire n’importe quoi. Sinon, tes trois-quarts se disent que ça va être compliqué. » « Notre mêlée et notre pack ont permis notre montée en puissance cette saison-là. La finale le reflète, note Benjamin Ferrou. On était toujours dans les clous grâce à eux. » Et au festival - même de loin - de Benjamin Dambielle, 6/8 au pied.

15-20 à la pause, rien n’est fait. C’est même là que le match bascule. « Avec toute notre histoire, la complicité créée, on était passé à autre chose, à ce qu’on voulait faire. Ce groupe était merveilleux. Serge a donné des consignes simples : “Si vous faites le job, vous passerez” », n’a pas oublié Franck Jacob. « J’ai perdu tellement de finales que j’avais retenu pas mal de leçons, rigole aujourd’hui le Bigourdan. À la mi-temps, les joueurs savaient qu’on allait gagner parce qu’on les avait convaincus qu’on était mieux physiquement. Là, les joueurs ont gagné, tu le sens. En fait, on avait gagné dans la semaine. »

Le tournant du match : Ferrou, le détonateur

« On était regonflé à bloc, abonde David Darricarrère. On était en train de prendre le dessus, on cherchait à faire passer le message. » Florian Ninard l’a entendu : « D’habitude, quand on passait à travers, on prenait un coup de gueule de Serge. Là, il était hyper posé, c’est ce qui m’a le plus surpris. Et là, il nous a décrit les essais que l’on allait marquer, en nous demandant des inversions entre “Benji” et Rémi.

« Les Lyonnais étaient persuadés d’avoir gagné psychologiquement, ils se voyaient champions avant le match, alors avec trois essais… Mais ils étaient morts. Il faisait chaud, je connaissais certains mecs en face, j’avais joué avec eux à Bourgoin, ils étaient en difficulté sur les replacements, décrypte Ferrou. Je voyais les brèches, il fallait créer les espaces. » Alors le demi de mêlée se décale, agresse les lourds avants du LOU par sa vitesse. Il marque à la 53e en position d’ouvreur puis, à dix minutes de la fin, il pénètre au centre et sert Florian Ninard qui, d’un terrible raffut sur le visage de Xavier Sadourny, entre au panthéon maritime en même temps qu’il donne un avantage définitif à son équipe (32-26).

« Les gens étaient désabusés et au final, le miracle se produit. Ce geste a marqué un renversement peut-être improbable. C’était une émotion immense pour les Rochelais », sait l’ancien ailier. « Après des années de hauts et de bas ensemble, on avait vécu des situations qui nous avaient préparés pour cette finale, sourit Tamato Leupolu. Tout le monde savait quoi faire pour réagir. »

Pas les Lyonnais, qui font « une fin de match catastrophique, ils tentent des drops alors qu’il y a 6 points d’écart et qu’ils peuvent nous mettre en difficulté. Ils font une faute au sol qu’il ne faut surtout pas faire. En fait, ils ont pété un câble parce qu’ils étaient dans le rouge, qu’il y avait 12 000 Rochelais qui leur mettaient une pression folle. Sur chaque impact, on avançait, avec le public derrière nous, raconte Ferrou. À la fin, tout explose. C’était un truc de fou. Pour la plupart, c’était notre premier gros club, on se battait depuis huit ans, on faisait des phases finales mais on n’arrivait pas à passer le cap. Quand tu vis ça avec ton club, c’est génial ! »

Un tatouage à vie. À vif. « Mon fils a retrouvé le match sur Internet, on l’a regardé tous les deux au début du confinement, j’en ai eu des frissons », livre Darricarrère. « Ce sont des bons moments quand j’y repense, des émotions que je ne vis pas pendant ce confinement. Aujourd’hui, ça me manque. J’aimerais revoir les mecs.

L'ambiance électrique du Stade Marcel Deflandre

Le club s'apprête à annoncer un 50ème stade complet consécutif en championnat. 16 000 personnes pour la venue des Corréziens, dont plus de 13 000 abonnés. Série en cours depuis le 2 Janvier 2016 avec la réception de Castres. Depuis cette date, et à chaque rencontre de championnat, le stade est maintenant complet. Depuis la création d'une nouvelle tribune en dur, Apivia celle au sud du stade, la capacité de Marcel Deflandre est portée à 16 000 places. La saison dernière, avec un taux d'occupation maximum, le Stade Rochelais a d'ailleurs été le premier club du Top 14 en affluence en ratio place disponible/place occupée.

Les supporters viennent parfois de très loin. De Poitiers, Saint Nazaire ou encore de SaintesAvec un noyau dur de plus de 13 000 abonnés, il ne reste finalement que peu de places en vente à chaque match. L'équation est d'autant plus compliquée quand il s'agit d'un match de gala. Des supporteurs qui viennent parfois de très loin. De Poitiers, Saint Nazaire ou encore de Saintes. Un public de passionné, de connaisseurs, avec de nombreux abonnés de longue date comme Pascal. Il a 59 ans. Son premier match à La Rochelle remonte au début des années 80.

"Au nord, c'était les Anglais, au sud c'est les Toulonnais, à l'uest c’était les Lyonnais, à l'Ouest le Stade Rochelais." Une initiative de la band'à la Corniche, un groupe de musiciens et des Bagnards. Pour Greg, le joueur de bandjo et de guitare, "Il fallait trouver quelque chose de personnalisé, comme cela peut exister déjà à Bayonne ... on est tombé d'accord sur les Corons ... ça sonnait bien."

Un groupe qui ne manque pas d'humour et qui a voulu également laisser un message personnel à Brive attendu samedi soir. Une chanson de plus pour chambrer un peu les corréziens, sur un air de "Céline".

Un Stade Rochelais-Brive qui promet en terme d'ambiance. Il faut juste maintenant ne pas louper ce rendez-vous sportivement. Après quatre défaites en six match depuis le début de la saison, le Stade Rochelais est 12ème au classement, le promu corrézien est devant lui ... à la 9ème place.

Saison actuelle : Enjeux et perspectives

Le classement ne laisse planer aucun doute. Le maintien est l'ordre principal du jour pour les deux équipes. Actuellement, après 17 journées, Brive est 10e avec 35 points et La Rochelle 13e avec 30 points. 5 points d'écart séparent les deux équipes soit finalement le résultat du match aller. Le CAB a l'avantage mais le calendrier qui arrive est loin d'être évident : 3 déplacements (La Rochelle, Toulon, Oyonnax) pour 1 seule réception (Racing). Il faut donc prendre des points dès que possible pour éviter de voir le petit matelas fondre comme neige au soleil. Après avoir Clermont et Grenoble difficilement, le Stade Rochelais doit l'emporter jeudi soir sous peine de voir ses concurrents directs s'éloigner d'eux. Autre point important : le goal-average particulier. Le CAB a les moyens de faire un résultat sur les bords de l'Atlantique qui lui ferait le plus grand bien à la tête et au classement. La Rochelle ne peut se permettre de perdre des points à domicile qui plus est contre un concurrent direct.

Sur le papier, le duel entre Brive et La Rochelle semble déséquilibré. Le dernier de Top 14 reçoit, ce samedi à 17 h, les champions d'Europe en titre. La dernière confrontation entre les deux clubs, la saison passée, a largement tourné à l'avantage des Charentais-Maritimes (41-15). Mais, car il y a un mais, la forteresse maritime a vacillé la semaine dernière face à Pau. Les Jaunes et Noirs ont encaissé une défaite historique, à domicile de surcroit. 21-38. La Section a infligé aux Rochelais leur plus large revers à domicile depuis...

Sébastien Boboul ne s'en cache pas : il a fallu remettre les pendules à l'heure cette semaine. "On a senti beaucoup d'implication de la part des joueurs" explique l'entraineur des 3/4, "on est revenus sur des vieilles méthodes, des vieux discours. Renouer avec le succès, se rassurer avant la coupure, c'est l'objectif des hommes de Ronan O'Gara qui se déplacent en Corrèze sans leurs internationaux. Danty, Alldrit et Atonio, retenus pour le premier test match des Bleus contre l'Australie, ne seront pas du voyage. Le vice-capitaine du Stade Rochelais, remis de sa fracture à une côte, s'attend à une confrontation musclée. "Quand tu es sur les dernières places, tu joues plus que le maintien, tu joues peut-être l'avenir du club et de ta famille.

Éprouvés mais pas abattus. C'est la ligne défendue par les cadres du CAB ce matin en conférence de presse. Le bloc de 10 matches qui arrive à son terme samedi a ébranlé l'équipe. "Il nous reste 80 minutes à faire. Après les joueurs vont pouvoir souffler, se régénérer et penser un peu à autre chose. Ça devient un peu oppressant. Les Brivistes peuvent craindre la réaction d'orgueil des Rochelais. Charge donc à Arnaud Mela, trois semaines après sa prise de fonction d’entraîneur en chef, d'infuser un esprit positif dans les rangs. "Il faut se lâcher. Ne pas se dire à la fin : si seulement j'avais osé. "Il y a une nouvelle façon de voir les choses. On a une structuration plus aboutie et différente de ce qu'il y avait sur les mois précédents donc ça apporte beaucoup de fraîcheur. Le contenu des entraînements est différent. On a peut être plus d'ambition offensive sur les derniers mois.

Grands moments du Stade Rochelais - Ambiance à Marcel Deflandre

Tableau des confrontations récentes

Saison Match Résultat
2022-2023 La Rochelle vs Brive 41-15
1998-1999 La Rochelle vs Brive Victoire de La Rochelle
Avant 1998 Brive vs La Rochelle Domination de Brive (13 victoires à domicile)

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