Critiqué pour ses tarifs, DAZN n’est pas non plus épargné chez les gérants de bars. Beaucoup d’amateurs de Ligue 1 considèrent que la plateforme de streaming leur a manqué de respect en fixant des prix trop élevés à son arrivée. Certains estiment les prix du principal diffuseur de la Ligue 1 trop élevés pour s’abonner et préfèrent prendre le risque de perdre des clients dans leur établissement. DAZN a beau multiplier les réductions ces derniers mois, les critiques ne faiblissent pas.

Le prix de DAZN pour les bars
Chez les gérants de bars aussi, le montant demandé par DAZN pose problème. Il faut savoir que ces établissements, eux, ne peuvent pas payer les 14,99 euros par mois proposés lors du Black Friday. Le prix mensuel s’élève plutôt à 199 euros. Alors pour le gérant du JM’s Café à Rouen, lassé de devoir changer d’abonnements en fonction du choix de diffuseurs, il est impossible de s’imposer une nouvelle charge « juste pour la Ligue 1 », alors qu’il paye déjà l’accès à Canal+. « En tant que professionnel, les abonnements aux chaînes ça revient trop cher, là avec DAZN en plus, ça ne serait pas tenable », s’est-il justifié dans des propos relayés par Actu.fr.
Son choix a évidemment des conséquences sur les clients à la recherche d’un écran pour voir la Ligue 1. « J’ai dû refuser des dizaines de tables, a avoué le chef d’entreprise qui mise sur la chaîne cryptée. On compense avec du football anglais, vu qu’il y a pas mal d’Anglais qui viennent ici. » La présence de Britanniques en Normandie a d’ailleurs incité le gérant du bar Hasson Mickael à privilégier le rugby jugé plus populaire.
Tensions et négociations autour des droits TV
Toujours dans une bataille juridique avec DAZN, la LFP est censée récupérer un chèque de 140 M€, grâce à deux versements de 70 M€ les 30 avril et 30 juin prochains. Or DAZN menaçait de ne payer que 90 M€. Mais depuis quelques jours, Nicolas de Tavernost a été officiellement nommé directeur général de LFP Media et cela semble enfin faire avancer les choses. Car après une médiation qui a finalement échoué, l’ancien patron de M6 a indiqué que DAZN était manifestement prêt à arrêter en fin de saison en versant une indemnité un peu revue à la baisse que ce qui était proposé à la sortie de la médiation, à hauteur de 100 millions d’euros, comme l’informe L’Equipe. La plateforme arrêterait donc de diffuser la Ligue 1 en fin de saison après cet accord et la LFP devrait ainsi lancer sa propre chaîne dès la saison prochaine.
Mais une autre solution a également été proposé à la Ligue par DAZN pour éviter de payer ces 100 M€ : que le service de streaming prenne à sa charge les frais, notamment de production, en restant donc en partenariat. Et en ce qui concerne le match négocié par BeIN Sports, le groupe franco-qatarien serait prêt à le céder. BeIN Sports pourrait également fabriquer cette chaîne 100% Ligue 1 pour le compte de la LFP, de quoi faciliter un retour du dialogue avec Canal +, en partenariat avec BeIN. Mais pour l’instant, il reste à finaliser un accord de départ avec DAZN, qui doit prochainement régler son avant-dernière échéance de 70 millions d’euros. Un dénouement semble enfin proche.
Après les négociations désastreuses des droits TV et la polémique sur les prix d’abonnements à DAZN, la situation est de plus en plus catastrophique pour la Ligue 1. Sur les ondes de RMC, pendant l’émission l’After Foot, le journaliste sportif Daniel Riolo a révélé que la plateforme britannique ne compterait que 100 000 abonnés en France.
Le #BoycottDAZN sur les réseaux sociaux
À quelques jours de la reprise de la Ligue 1, le #BoycottDAZN est en tendances sur X. Des milliers d’internautes reprochent au nouveau diffuseur du championnat de France de football ses prix beaucoup trop chers. Les prix du nouveau diffuseur de la Ligue 1 sont jugés bien trop élevés. Les JO de Paris terminés, la Ligue 1 de Football reprend ses droits ! Dès ce vendredi à 20 h 45 les passionnés du ballon rond pourront se délecter d’un Le Havre-PSG en ouverture de la 1ère journée de championnat. Du moins les plus fortunés d’entre eux… En effet, le match sera diffusé sur DAZN, cette plateforme de diffusion britannique qui vient d’acquérir les droits de diffusion auprès de la LFP, moyennant 400 millions d’euros.
Ce tarif correspond à celui de l’offre « Unlimited » de DAZN, qui est la plus complète. Mais son prix monte à 39,99 € si l’on y souscrit sans engagement. À ce prix, nous n’avons même pas accès à l’intégralité des matchs puisque l’affiche du samedi à 17 h sera, elle, diffusée sur BeIn Sports. Un prix jugé bien trop élevé par beaucoup d’internautes. Les remontrances se multiplient contre la plateforme britannique qui est l’objet d’un véritable réquisitoire.
Ces internautes appellent à ne pas s’abonner, non pas pour que DAZN révise ses prix. Mais bien pour que ce Netflix du foot fasse faillite le plus tôt possible. Plus cher donc que DAZN, ce qui n’a ne l’avait pas empêché de vendre son abonnement sous la marque « Telefoot » moins cher, à 25,90 € par mois pour son offre la plus complète qui comprenait également la Ligue 2 notamment. Un prix pourtant jugé trop onéreux, déjà à l’époque : Telefoot n’a pas dépassé les 500 000 abonnés alors qu’il lui en fallait 3,5 millions pour atteindre l’équilibre financier.
L'impact sur le streaming illégal
La politique tarifaire de DAZN a eu une autre conséquence : l’explosion du streaming illégal. Pour assouvir leur passion du ballon rond, de nombreux internautes se sont tournés vers l’IPTV illégale, à travers des décodeurs frauduleux ou des applications pirates. Certains avaient même recours à un simple VPN pour regarder les matchs de la Ligue 1 diffusés gratuitement sur une chaîne YouTube brésilienne. D’après un sondage de l’institut Odoxa publié fin août, 2,5 millions de français suivent le football illégalement. Un comportement que comprennent 6 français sur 10. D’ailleurs, 65 % des sondés estiment que la politique tarifaire de DAZN incite à suivre la Ligue 1 de manière illégale.

DAZN enfin au prix juste ? 39,99 euros par mois, c’est ce qu’il faut payer pour avoir accès à huit matchs d’une journée de Ligue 1 en direct, et le dernier en décalé. Un tarif qui ne séduit pas grand monde. Derrière ces chiffres, on y verrait le spectre du désastre Mediapro. En 2021, le diffuseur s’est retrouvé incapable de payer les droits de diffusion à la LFP et a dû tout simplement baisser le rideau.
Ligue 1 + : Une nouvelle alternative ?
Le début du championnat vendredi sera le théâtre d’un petit événement très attendu : le lancement de la nouvelle chaîne Ligue 1 +. Après l’échec de DAZN la saison passée, les nombreuses désertions et le désintérêt croissant du public, Ligue 1 + a face à lui un énorme défi pour attirer le nombre d’abonnés ambitionné par la Ligue, à savoir un million de personnes d’ici la fin de la première saison.
Lancée lundi, la campagne d’abonnement est pour le moment « très encourageante » selon Nicolas de Tavernost, le patron de LFP Media, invité mercredi matin sur RTL. « C’est un démarrage très important et nous sommes très satisfaits de succès de l’opération », poursuit-il.
Profitant d’une première vague de publicité plutôt réussie, elle a aussi réussi à convaincre certains de franchir le pas grâce à ses différentes offres proposées (aux environs de 14 euros en moyenne) à des tarifs jugés adéquats pour regarder huit matchs de L1 par journée - le dernier étant sur BeIN Sports. Parmi eux, beaucoup avaient choisi l’an passé de boycotter DAZN et son offre de lancement à 29,99 euros. C’est le cas Baptiste et Emeric, qui viennent tous deux de s’abonner. L’année passée, ils regardaient le championnat de manière illégale. Un choix motivé par des tarifs jugés excessifs et un manque de qualité de la retransmission de DAZN.
Il n’a pas choisi l’illégalité de gaieté de cœur : « Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait l’année dernière mais vraiment ce n’était pas possible le rapport qualité/prix. »
Emeric, quant à lui, « cherchait des liens sur X et allait sur Telegram ». Mais c’était constamment le parcours du combattant : « On est souvent en retard par rapport au direct et c’est compliqué de trouver des bons liens. Il y avait une forme de stress, je devais chercher trente minutes avant pour ne pas louper le début de la rencontre. » Il a donc choisi de se simplifier la vie, quitte à payer, avec une retransmission fiable et de meilleure qualité.
Lucas, supporter marseillais de 22 ans, a également été attiré par « les contenus et le casting alléchant ». Il met notamment en avant « une prise d’antenne une heure à l’avance, les magazines du dimanche soir et les têtes d’affiche ». Parmi les stars de la plateforme, on retrouve le champion du monde 2018 Adil Rami, ultra-populaire depuis qu’il s’est lancé sur Twitch ou encore Souleymane Diawara.
Parmi les néo-abonnés que nous avons interrogés, la plupart invoque, naturellement, des raisons financières. Comme pour Thomas, 22 ans, qui a choisi l’offre de lancement via DAZN à 9,99 euros les trois premiers mois : « Même s’il n’y avait pas eu cette offre j’aurais quand même pris l’abonnement à 14,99 euros qui reste encore très accessible. » D’autant plus que le jeune supporter du SCO d’Angers a l’opportunité de partager son compte avec son père ou son frère. Il a choisi une offre qui propose le visionnage sur deux écrans en simultané.
Un autre élément entre également en ligne de compte : la volonté de contribuer au modèle économique du championnat français. « Je supporte un club qui a échappé à la mort, s’amuse Baptiste, le supporter de l’OL. Ce n’est pas 10 ou 15 euros par mois qui vont aider mais si je peux faire une bonne action et aider mon club pourquoi pas. »
Lucas, 22 ans, est également dans ce cas de figure. Il utilisait un IPTV avec son père depuis plusieurs années. La crise des droits TV de la Ligue 1 lui a fait prendre conscience de l’urgence : « Quand j’ai appris la santé économique du championnat l’année dernière j’ai souscrit pour soutenir les droits TV dont dépendent les petits clubs. C’est important pour la compétitivité du championnat.

Un éventuel départ de DAZN plongerait le football français dans l’incertitude. Un bras de fer judiciaire semble se profiler si la rupture se concrétise. En attendant, la LFP étudie un plan B, possiblement via la création d’une chaîne interne. Mais une clause contractuelle interdit encore toute discussion avec d’autres diffuseurs, sauf si DAZN accepte d’y renoncer en échange d’une contrepartie. Le mois d'avril sera sans doute décisif dans les discussions. Pour cause, la prochaine échéance de versement, fixée au 30 avril (environ 70 millions d’euros), pourrait à nouveau être partiellement bloquée par le diffuseur.
Le contrat entre la Ligue 1 et Mediapro a été rompu précipitamment en décembre 2020 et Canal + a récupéré les droits de diffusion. Pour le plus grand bonheur de ses abonnés à l’époque.