Faf de Klerk: L'ascension d'un blond sud-africain au sommet du rugby mondial

Le numéro 9 est l’un des rugbymen sud-africains les plus connus. Faf de Klerk est l’un des rugbymen les plus connus et repérables de la planète ovale.

Mais beaucoup de gens s’interrogent : d’où vient ce prénom Faf ? En fait, il s’agit d’une abréviation courante de Francois en afrikaans. Son ancien coéquipier Francois Steyn était, lui, surnommé «Frans».

De Klerk est originaire de Nelspruit, une ville du nord-est de l'Afrique du Sud, proche des frontières avec l'Eswatini et le Mozambique.

Localisation de l'Afrique du Sud.

Un long chemin vers la reconnaissance

Si Faf de Klerk est aujourd'hui devenu un cadre du squad sud-africain, en étant notamment un élément prépondérant dans la conquête du titre de 2019 au Japon, il a mis longtemps à s’imposer en équipe nationale. Il était jugé alors trop petit (1,72 m pour 88 kg), pas assez costaud au sein d’une sélection connue pour ses armoires à glace et ses physiques XXL. Un reproche également fait à l’ailier Cheslin Kolbe, devenu lui aussi incontournable en équipe nationale.

La taille n'a pas d'importance dans le rugby! | FAF de Klerk dans la Coupe du monde de rugby

L'ancien sélectionneur Allister Coetzee ne comptait pas sur De Klerk et il a fallu attendre l’arrivée de Rassie Eramus, débarqué alors que l’Afrique du Sud traversait l’une des pires crises sportives de son histoire (8 défaites en 2017), pour qu’il ait enfin sa chance.

Voyant que son avenir international était bouché, Faf de Klerk a choisi de s’exiler en Angleterre chez les Sharks de Sale en 2017. Un choix payant puisqu'il a rapidement brillé avec le club de la banlieue de Manchester, il a même été élu dans l’équipe type de la Premiership à l’issue de sa première saison, en 2018.

Il retrouve son plaisir de jouer et développe son jeu au pied, qui est désormais l’un de ses points forts. «La chose la plus importante quand je suis arrivé à Sale, c'est que l'on m'a donné un rôle dans lequel je devais faire la différence, avait-il expliqué. J'ai eu beaucoup de responsabilités : dans la façon dont on voulait jouer, dont on voulait utiliser le jeu au pied, dont on travaillait nos courses.»

Des performances de premier ordre qui sont rapidement venues aux oreilles de Rassie Erasmus.

Un rôle prépondérant au sein des Springboks

Au pays des hommes rudes et pénibles, les demis de mêlée ont un rôle prépondérant pour cornaquer ces packs de golgoths. Avant de se fixer et de briller au poste de demi de mêlée, Faf de Klerk a joué à l’ouverture au lycée. Et, plus jeune, il avait une idole : le numéro 9 des Springboks champions du monde en 1995, Joost van der Westhuizen. Il a d’ailleurs posté sur son compte Instagram une photo où, gamin, il pose aux côtés de «VDW», décédé en 2017 à 45 ans des suites de la maladie de Charcot.

Faf de Klerk jeune avec son idole Joost van der Westhuizen.

Comme son modèle, De Klerk est un demi de mêlée particulièrement dur au mal dans le combat, malgré un physique léger.

Plusieurs anciens champions du monde 1995 les ont d’ailleurs contactés, avant la finale contre la Nouvelle-Zélande. «Ils nous ont envoyé quelques messages. Certains sont venus à l'entraînement, on a tout leur soutien, a raconté De Klerk.

Un joueur excentrique et attachant

Faf de Klerk ne manque pas d’humour. Il pose régulièrement avec des déguisements les plus farfelus. Et l’image de lui, posant avec le Coupe Webb-Ellis en slip aux couleurs du drapeau sud-africain, a fait le tour des réseaux sociaux.

Il est aussi connu pour sa belle chevelure blonde, qui lui a valu d’être comparé au Prince Charmant des dessins animés Shrek. Sur les réseaux sociaux, il pose régulièrement avec son épouse Miné van Niekerk, tout aussi blonde que lui.

Faf de Klerk (Afrique du Sud) se débarrasse de Fumiaki Tanaka (Japon).

C'est une sorte de chien de berger, mais alors de race Jack Russell, comme l'ont surnommé certains supporters des Springboks. Un petit blond (1,72 m pour 80 kg) cheveux au vent, qui cornaque les mammouths Eben Etzebeth (2,03 m pour 117 kg), Lood de Jager (2,05 m pour 122 kg) ou encore Pieter-Steph du Toit (2 m pour 119 kg). Qui gesticule, leur crie dessus, leur tape sur le dos, les encourage et les dirige, notamment sur leur arme favorite, le groupé-pénétrant. Comme celui qui a avancé sur plus de 45 mètres (!) pour éparpiller le Japon dimanche dernier en quarts de finale (26-3). Et qui était à la conclusion pour marquer le dernier essai ? François "Faf" de Klerk (28 ans, 25 sél.) lui-même, dont le rôle est loué par De Jager, qui s'amuse de la dichotomie.

"C'est vrai que parfois ça peut paraître marrant vu de l'extérieur. C'est un très bon joueur, qui dirige très bien ses avants : il est très clair dans ce qu'il veut faire et attend de ses avants." "Parfois, nous sommes fatigués et nous avons besoin de quelqu'un qui nous dise où et comment courir", ajoute le deuxième ligne.

Ce quelqu'un, d'autant plus prépondérant que les "Boks" aiment s'appuyer sur leurs rugueux et massifs avants, n'était pourtant plus en odeur de sainteté il y a encore moins de deux ans, fin 2017, avant l'arrivée de Rassie Erasmus au poste de sélectionneur.

Son prédécesseur Allister Coetzee, après en avoir fait son titulaire, l'évince en effet au soir de la déroute face aux All Blacks à Durban (57-15) le 8 octobre 2016, plus lourde défaite des Springboks à domicile de leur histoire.

L'été suivant, après sa deuxième finale de Super Rugby perdue de suite avec les Golden Lions, la province de Johannesburg, De Klerk part donc monnayer son talent à l'étranger, à Sale en Angleterre.

Dont le manager Steve Diammond attend qu'il "dicte le tempo et la direction du jeu, je pense qu'il s'accordera bien à notre style de jeu". Bien vu, De Klerk devient l'un des patrons des Sharks, "installé dans un rôle où (il devait) faire la différence pour l'équipe" explique-t-il.

"On m'a donné beaucoup de responsabilités dans l'organisation de notre jeu, sur la façon de jouer au pied, à la main. J'ai commencé à buter, à donner des coups d'envoi. Tout ça m'a beaucoup servi pour arriver où j'en suis", ajoute-t-il.

Erasmus, qui dès son arrivée en 2018 le rappelle en sélection pour en faire le taulier derrière la mêlée, confirme: aller dans la banlieue de Manchester à transformé le jeu du natif de Nelspruit.

"En partant pour Sale, Faf a élargi sa palette, s'est amélioré dans sa façon de mener le jeu. Parfois, en Afrique du Sud, nous jouons moins tactique car les conditions de jeu ne sont pas les mêmes (qu'en Europe), et que le format (du Super Rugby) est différent, c'est un peu tout pour le jeu", analyse ainsi le sélectionneur.

"Alors qu'en Europe, d'après mon expérience au Munster (qu'il entraînait avant de prendre en main l'Afrique du Sud, NDLR), il faut être capable de varier, d'utiliser le pied, de poser le jeu, savoir quand ralentir ou accélérer. Il faut réellement contrôler ses avants, la communication est vraiment importante", ajoute-t-il.

Faf de Klerk en Top 14 ?

La star de l'Afrique du Sud, Faf de Klerk, pourrait prochainement débarquer dans le Championnat de France...

Le Top 14 a déjà vu passer du beau linge depuis de nombreuses années. Il y a eu le Néo-Zélandais Dan Carter, double vainqueur de la Coupe du monde avec les All Blacks en 2011 et 2015, membre de l'USAP en 2008-2009 et surtout du Racing 92 entre 2015 et 2018. Auparavant, le club parisien a aussi compté dans ses rangs un certain Jonathan Sexton (2013-2015). Dans ces eaux-là, Jonny Wilkinson avait lui terminé son bail inoubliable à Toulon (2009-2014). Outre l'Anglais, champion du monde en 2003, et l'Irlandais, les spectateurs de l'Hexagone ont également eu la chance de voir à l'œuvre les Néo-Zélandais Tana Umaga, Byron Kelleher, Joe Rokocoko et Ali Williams, ainsi que les Sud-Africains Bryan Habana, Bakkies Botha et John Smit, ou les Australiens Matt Giteau et George Smith.

Un autre grand nom pourrait garnir prochainement les rangs du championnat de France. Un géant du rugby mondial qui s'est « payé » le XV de France lors de la dernière Coupe du monde il y a 2 ans avant d'aller jusqu'au bout, comme 4 ans plus tôt. Il s'agit de Faf de Klerk.

D'après Rugbyrama, le CV du demi de mêlée sud-africain à la crinière blonde tourne en effet dans l'Hexagone. Le joueur de 33 ans, sous contrat chez les Yokohama CanonEagles jusqu'en 2026, serait « ouvert à une expérience en France ».

Et son nom aurait récemment circulé du côté du RC Toulon... Le club varois doit s'occuper des cas Ben White (27 ans), engagé jusqu'à juin prochain, et Baptiste Serin (31 ans).

Faf De Klerk lors de la finale de Coupe du monde 2023.

Retour en sélection et nouvelle expression

Le demi de mêlée sud-africain Faf De Klerk a intégré le groupe de l'Afrique du Sud, qui affrontera la Nouvelle-Zélande les deux week-ends prochains dans le cadre du Rugby Championship.

L'équipe d'Afrique du Sud aura quatre demis de mêlée à disposition pour affronter les All Blacks lors des 3e et 4e journées du Rugby championship les deux prochains week-ends. Dimanche, le sélectionneur Rassie Erasmus a décidé d'appeler Faf De Klerk (33 ans, 60 sélections), deux fois vainqueur de la Coupe du monde, en 2019 et 2023, qui complète ainsi l'effectif des Boks, déjà riche de Grant Williams, Cobus Reinach et Morne van den Berg.

De Klerk n'avait pas joué les deux premiers matches contre l'Australie. Les Springboks affronteront d'abord les Néo-Zélandais samedi prochain à l'Eden Park d'Auckland - là où ils n'ont plus gagné depuis 1937. Puis le samedi 13 septembre ils retrouveront les All Blacks à Wellington.

Joueur au style atypique, Faf de Klerk s'apprête à disputer une deuxième finale mondiale, face à la Nouvelle-Zélande, ce samedi 28 octobre au Stade de France.

Dans le cadre de la Coupe du monde de rugby 2023, une nouvelle expression est née : "se faire secouer comme un Faf de Klerk". Une légende accompagnée d'une vidéo où l'on voit le demi-de mêlée se faire violemment bouger par l'Anglais Joe Marler, lors de la demi-finale remportée par les Springboks face au Quinze de la Rose 16 à 15.

Si la séquence a bien fait rire la toile, c'est bien Faf de Klerk qui a de quoi sourire, lui qui n'est qu'à une rencontre de devenir double champion du monde, après le titre de 2019.

Une belle revanche pour celui qui a perdu sa place en 2021, face à la concurrence à son poste de Jaden Hendrikse. L'homme d'un mètre 72, l'un des plus petits du tournoi, a réussi à reprendre le dessus, pour finalement devenir l'un des hommes forts de la sélection sud-africaine. C'est lui qui a notamment récupéré le ballon décisif permettant à son équipe de s'imposer face à la France lors du quart de finale.

Agé de 32 ans, le joueur qui a fait l'essentiel de sa carrière en Angleterre au club de Sale, avait conquis le coeur du public sud-africain pour son look et son style décalé. Devenue le symbole d'une sélection rafraichissante, la réalité du terrain a rattrapé le natif de Nelspruit.

Déjà lors du Mondial 2019, son jeu très minimaliste avait cristallisé les critiques au pays. Une blague a même longtemps circulé pour illustrer le style ennuyeux de Faf de Klerk : "Quelle est la différence entre Faf et le temps ? Le temps, ça passe".

Et même si la victoire finale au Japon en 2019 avait fait taire les critiques, le joueur a su faire évoluer son jeu, utilisant beaucoup moins le pied, pour le plus grand bonheur de l'Afrique du Sud, aux portes d'un quatrième sacre mondial au Stade de France.

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