Le volley-ball est un sport où le contact avec le ballon est très court et celui avec l’adversaire exceptionnel. Par conséquent, le volley-ball (indoor ou beach volley) constitue l’un des sports les moins traumatiques. Cependant, les gestes techniques lors des différentes phases de jeu (service, réception, passe, attaque) doivent néanmoins être parfaitement maîtrisés pour éviter les pathologies traumatiques et micro-traumatiques.
Cet article explore les différentes causes des blessures à l'avant-bras au volley-ball, leurs traitements et les mesures de prévention.
Syndrome de Loge
Le syndrome de loge aigu correspond aux symptômes aigus accompagnant l’augmentation pathologique brutale de la pression intra-musculaire. Le mécanisme du syndrome aigu de loge associe dans un cercle vicieux et auto-entretenu la baisse de la vascularisation tissulaire et l’augmentation de la pression intra-musculaire. À partir de 30mm de mercure, le flux tissulaire peut être totalement interrompu.
Le syndrome chronique de loge survient essentiellement chez le sportif et particulièrement lors de la pratique de la moto et de la planche à voile. Les lésions liées aux syndromes de loge intéressent principalement les muscles et les nerfs.
Symptômes
La douleur est le symptôme au premier plan, siégeant au niveau de la loge lésée sous forme de tension et de crampe, très intense voire extrême par rapport au mécanisme causal, résistant aux antalgiques et aux changements de position. La douleur est augmentée par la surélévation du membre à la différence de celle liée à l’œdème post-traumatique. La douleur est exacerbée par l’extension passive du poignet et des doigts.
Dans le cadre du syndrome de loge chronique, les signes cliniques se limitent à une claudication musculaire d’effort intermittente ; la douleur survient donc spécifiquement à l’effort s’accroissant progressivement et nécessite l’arrêt de l’exercice.
Complications
Le syndrome de loge aiguë à la phase séquellaire en l’absence de traitement est lié à la nécrose musculaire. La fibrose se présente sous forme de cordons durs qui se rétractent et entraînent les articulations en flessum jusqu’à l’ankylose en flexion.
L’attitude typique est en flexion-pronation du coude, poignet en flexion, IP en flexion, pouce adductus et fléchi dans la paume, tout mouvement actif étant impossible ou très faible, car les muscles les plus atteints sont rétractés et totalement inefficaces.
Diagnostic
La mesure de pression intramusculaire est l’examen essentiel. Elle est nécessaire en cas de doute, mais on ne doit pas l’attendre en cas de certitude. À l’avant-bras, la mesure se fait à la jonction tiers moyen-tiers supérieur, en superficie dans le flexor carpi ulnaris et en profondeur en arrière du cubitus.
Traitement
L’aponévrotomie et l’ouverture des périmysiums est l’étape suivante. À l’avant-bras, la voie d’abord sinueuse antérieure décrite par Tsuge permet d’ouvrir la loge antérieure superficielle et profonde. Le diagnostic est facilement confirmé lorsque les masses musculaires jaillissent à travers l’incision. Il est préférable d’ouvrir les deux loges et l’ouverture du compartiment externe est rarement nécessaire.
À la main, les muscles interosseux palmaires et dorsaux et les thénariens sont libérés par des incisions rectilignes centrées. Les doigts sont libérés par une incision bilatérale.
Le parage musculaire ne doit jamais être réalisé en urgence car l’absence de saignement et l’aspect sont de mauvais éléments d’appréciation ; les capacités de régénération sont très importantes. Le principe de la décompression est techniquement strictement identique.
Les résultats du traitement du syndrome de loge aigu sont assez médiocres en raison essentiellement du retard fréquent dans le diagnostic et la mise en route du traitement (70% de bons résultats pour un traitement avant la 12e heure contre moins de 10% après ce délai et moins de 30% de patients sans séquelles). Les résultats du traitement du syndrome de Volkmann dépend évidemment de la gravité des lésions. Le principe est de rendre une main utile, c’est à dire sensible et si possible mobile.
La sensibilité repose sur le traitement des lésions nerveuses. La mobilité nécessite de libérer les articulations de leur raideur et supprimer la rétraction tendino-musculaire avant de transférer éventuellement des muscles actifs.
Le syndrome des loges
Autres Blessures Courantes au Volley-Ball
Outre le syndrome de loge, d'autres blessures peuvent survenir lors de la pratique du volley-ball :
- Tendinite: Douleur au niveau d'un tendon, souvent aux genoux, épaules, poignets ou coudes.
- Entorse: Lésion traumatique d'une articulation due à un étirement ou une déchirure des ligaments.
- Contracture musculaire: Contraction longue et involontaire d'un muscle, souvent causée par un surentraînement ou un traumatisme.
- Élongation: Élongation des fibres musculaires, provoquant des microlésions.
- Claquage: Déchirure d'une ou plusieurs fibres musculaires.
Ces blessures nécessitent du repos, des séances de kinésithérapie et, dans certains cas, une immobilisation ou une intervention chirurgicale.
Voici un tableau récapitulatif des blessures courantes, leurs causes et traitements :
| Blessure | Causes | Traitement |
|---|---|---|
| Tendinite | Activité excessive, mauvaise posture, gestes répétitifs | Repos, kinésithérapie, électrothérapie, cryothérapie |
| Entorse | Étirement ou déchirure des ligaments suite à un coup ou une hyperextension | Repos, immobilisation, chirurgie (si rupture des ligaments) |
| Contracture musculaire | Surentraînement, traumatisme | Étirements, application de chaleur |
| Élongation | Effort intense et violent sans échauffement | Électrothérapie, kinésithérapie |
| Claquage | Effort intense et violent sans échauffement | Immobilisation, cicatrisation du muscle |
Volley-ball et beach-volley : les risques de blessures et les pathologies les plus fréquentes
Les gestes techniques lors des différentes phases de jeu (service, réception, passe, attaque) doivent néanmoins être parfaitement maîtrisés pour éviter les pathologies traumatiques et micro-traumatiques.
Pathologies traumatiques et microtraumatiques selon les gestes techniques
- Le service
Le service dit « smashé » avec élan et saut est responsable de microtraumatismes de l’épaule (liées à l’armé et le fouetté) et du genou (liées au saut).Au niveau de l’épaule dominante, le geste du « smash » avec surtout le fouetté finissant le mouvement peut provoquer une lésion par étirement du nerf sus-scapulaire au passage du col de l’omoplate. Cette atteinte neurologique entraîne souvent une atrophie visible du muscle sous-épineux, un déséquilibre de l’articulation de l’épaule avec ascension de la tête humérale responsable d’un conflit sous-acromial et d’une tendinopathie de la coiffe des rotateurs.
Au niveau de la jambe d’appel, la répétition des sauts entraîne souvent des tendinopathies quadricipitale ou rotulienne (tableau « jumper’s knee »).
- La réception
Il y a peu de pathologies liées à cette action.Cependant, l’évolution récente de certaines règles avec surtout l’autorisation de réceptionner à deux mains (geste de la passe) en plus de la réception classique dite « en manchette » occasionne de plus en plus de lésions traumatiques au niveau des doigts (fractures des phalanges, entorses interphalangiennes ou métacarpo-phalangiennes et ruptures des tendons extenseurs de type « Mallet-Finger »).
- La passe
Quand la passe est bien réalisée, il y a peu de pathologies traumatiques ou microtraumatiques associées.Ce geste est effectué à deux mains, doigts écartés, coudes sensiblement parallèles avec un mouvement d’extension des coudes, une poussée en extension des membres inférieurs et un ajustement directionnel par les doigts et les deux pouces.
Au niveau du membre supérieur des entorses interphalangiennes distales peuvent survenir occasionnellement.Des tendinopathies du coude peuvent survenir dans le cadre de micro-traumatismes répétitifs.
- L’attaque
L’attaque est la phase de jeu la plus spectaculaire du volley-ball. Elle nécessite beaucoup de coordination, de puissance et d’adaptation technique.
Les pathologies traumatiques du membre inférieur seront rencontrées essentiellement lors de la phase de réception du saut. Elles concernent principalement la cheville, l’avant-pied et le genou. Le plus souvent, il s’agit d’un traumatisme par écrasement du pied de l’adversaire au contre, de l’autre côté du filet ou même celui de son propre passeur.
Au niveau de la cheville, les entorses du ligament latéral externe en inversion sont les traumatismes les plus fréquents du Volley-ball tant en loisir qu’en compétition de haut niveau. La torsion en éversion est plus rare mais souvent grave avec des entorses du LLI ou des fractures de la malléole interne tibiale.
Au niveau de l’avant-pied, ce sont surtout des fractures de la base du 5ème métatarsien, toujours avec un mécanisme de torsion en inversion lors de la réception du saut sur pied adverse. Les autres entorses du pied, sous-astragaliennes ou médio-tarsiennes (Chopart) sont moins fréquentes.
Au niveau du genou, la réception du saut d’attaque peut être responsable d’entorses des ligaments latéraux internes ou externes et de rupture du ligament croisé antérieur. La rupture du tendon rotulien ou du tendon quadricipital lors de la phase brutale d’extension pendant le saut reste exceptionnelle.
Au niveau de la main surviennent principalement des fractures des phalanges ou des entorses interphalangiennes lors des attaques contrées en fin de geste. Les attaques dites « dans le vide » (passes mal ajustées) peuvent provoquer des ruptures des tendons de la coiffe des rotateurs (sur des tendinopathies fissuraires pré-existantes) chez les joueurs de compétition, surentraînés ou en fin de carrière.
Les pathologies microtraumatiques spécifiques surviennent principalement au niveau de l’épaule dominante et de la jambe d’appel.
Au niveau de l’épaule, la pathologie la plus fréquente est la tendinopathie du supra-épineux avec ou sans conflit sous-acromial. Les lésions du bourrelet glénoïdien sont également fréquentes (fissure, SLAP lésion). Elles apparaissent à cause de frottements répétés de la tête humérale contre la glène lors du smash (mouvements de l’armé et du fouetté).
Les lésions neurologiques sont relativement fréquentes avec les lésions d’étirement du nerf sus-scapulaire au passage du col de l’omoplate avec selon la localisation une lésion du supra-épineux associée à une souffrance de l’infra-épineux (échancrure coracoïdienne) ou une atrophie isolée de la fosse infra-épineuse avec souffrance secondaire du tendon infra-épineux (échancrure spinoglénoïdienne).
Il existe également des lésions de compression du nerf sus-scapulaire par un kyste postérieur du bourrelet.
Au niveau du genou, la phase d’attaque est principalement responsable de tendinopathies rotuliennes (fissures, enthésopathies, micro-ruptures). Il existe des tendinopathies corporéales et les pathologies plus fréquentes de la pointe de la rotule (« jumper’s knee »). Plus rarement, la tendinopathie siège au niveau de son insertion au niveau du tibia (tubérosité tibiale antérieure).
Le syndrome rotulien avec chondropathie fémoro-patellaire est plus fréquent chez les femmes en particulier avec une dysplasie fémoro-patellaire ou un genu valgum.
Les lésions ostéochondrales du dôme astragalien (LODA) sont le plus souvent la conséquence d’entorses à répétition. La répétition des sauts d’attaque pendant les matches et surtout des entraînements, par mécanisme d’impacts au sol lors de la réception, augmente le risque de développement et de gravité de ces lésions.
Les lésions ostéo-cartilagineuses du coude surviennent après les mouvements répétés d’extension brutale lors des smashes avec fouetté (microfracture olécranienne, ostéochondromes intra-articulaires avec tableau de blocage douloureux et gonflement).

Les accidents d’instabilité de cheville ou de genou lors de la réception du saut du contreur sont encore plus fréquents qu’en attaque.
Les traumatismes de la main sont également très fréquents et sont liés à un mauvais placement des mains.
Les fractures et entorses se situent le plus souvent au niveau des articulations interphalangiennes proximales (IPP) des doigts longs. Le classique « pouce retourné » sera responsable d’entorse métacarpo-phalangienne et plus rarement trapézo-métacarpienne, ainsi que de fractures de la base du métacarpien. Les lésions tendineuses touchent essentiellement les tendons extenseurs des doigts longs.
- La défense
Passé le contre, le ballon arrive à plus de 150 km/h (en compétition de haut niveau). Le temps de réaction pour le défenseur est extrêmement court pour positionner les mains.
Les pathologies tendineuses, ligamentaires et osseuses des doigts longs ou du pouce décrites lors du contre se retrouvent dans cette phase.
Les plongeons en défense avec appui sur la main controlatérale peuvent entraîner des traumatismes en hyper-extension (flexion dorsale) du poignet, responsables de lésions intra-carpiennes (fracture du scaphoïde, entorse scapho-lunaire).
Des traumatismes de l’épaule peuvent survenir par impact direct ou indirect : il peut s’agir de luxation de l’épaule, de disjonction acromio-claviculaire ou de fracture de clavicule.
Une impulsion brutale vers l’avant peut provoquer des lésions du triceps sural ou des ruptures du tendon d’Achille.
A partir des positions de défense au sol, le relevé rapide en flexion-rotation du genou peut entrainer une lésion méniscale (désinsertion ou fissure).
Les chocs directs entre co-équipiers en défense sont responsables de contusions, entorses ou fractures, le plus souvent au niveau des extrémités supérieures.
Comment prévenir les accidents au volleyball ?
- Comment prévenir les entorses de cheville ?
L’entorse de cheville est le traumatisme le plus fréquent (1 pour 1000 heures de pratique).Elle représente 50% des traumatismes au volley à tous les niveaux de pratique.Elle entraîne en moyenne 4 semaines et ½ d’interruption des entraînements et de compétitions.80% des entorses surviennent sur une cheville précédemment blessée, en particulier dans les 6 premiers mois de la récupération.
Prévention :
- Entraînement spécifique et amélioration de la technique des joueurs.
- Rééducation de la proprioception sur plateforme instable (plateau de Freeman …)
- Strapping et chevillières.
En cas d’entorse de la cheville, les bons réflexes :Arrêter immédiatement l’activité.Appliquer le protocole G.R.E.C.
- Glaçe
- Repos
- Elévation
- Compression
- Comment prévenir le “jumper’s knee”?
Le “jumper’s knee” affecte près de 50% des pratiquants.Les facteurs de risque :
- Les hommes sont 2 à 3 fois plus affectés que les femmes.
- Plus fréquent en pratique indoor sur des surfaces dures qu’au beach volley.
- Comment prévenir les microtraumatismes de l’épaule (shoulder overuse injury) ?
Les micro-traumatismes de l’épaule représentent 8 à 20% des traumatismes au volley.Ils entraînent en moyenne 4 semaines et ½ d’interruption des entraînements et de compétitions.Les facteurs de risque :
- Femmes plus exposées.
- Antécédents de traumatismes de l’épaule.
- Technique employée (plus ou moins traumatisante pour l’articulation gléno-humérale).
- Poids du ballon (ballon mouillé).
- Amélioration de la technique des joueurs et entraînement spécifique pour réduire les contraintes sur l’articulation gléno-humérale.
- Programme annuel de musculation (renforcement de l’épaule, résistance excentrique).
- Kinésithérapie : bilan exhaustif, rééducation poursuivie suffisamment de temps après disparition de la douleur.
- Attendre pour reprendre le sport que le sportif ait pleinement récupéré (étude biomécanique) de façon à éviter les récidives et l’évolution vers une pathologie chronique.
- Utilisation d’orthèses ou de straping (n’a pas été scientifiquement étudié).
- Conseils de prévention généraux
Préparation physique
- Echauffements et étirements.
- Retour au calme et étirements.
- Hydratation.
- Genouillères spécifiques pour protéger les genoux (chutes, plongeon).
- Chaussures adaptées avec un support de la voute plantaire et de la cheville.
- Chevillières.
- Strapping des doigts.