Le Blagnac Sporting Club Rugby (BSCR) est un club avec une histoire riche et passionnante, profondément enracinée dans la ville de Blagnac. Fondé en 1922, le club a traversé des époques de gloire et de défis, mais a toujours su rester fidèle à ses valeurs fondatrices.

Les débuts du club
En 1922, MM. Lapeyrade, Gendre et Lavigne créent le BSC, un club omnisports. La Mairie cède alors un terrain, non loin du stade actuel, où footballeurs et rugbymen se partagent la zone. Les matchs sont soumis à une logistique sommaire, et laissent place à des scènes cocasses et surprenantes quand les joueurs eux-mêmes changent les poteaux entre chaque matchs.
Fier d’arborer les couleurs rouge et bleu, les premiers rugbymen de Blagnac remportent le premier sacre de l’histoire du club en 1937. Cette ascension va être brutalement arrêtée avec la guerre qui va faire rage de 1939 à 1945. Des lors, plusieurs années vont être passées sous silence, ce même silence qui accompagnera la perte tragique de certains membres de l’équipe. Ainsi le nouveau maire de la ville décide de nommer Ernest Argelès, alors président du football, en charge du rugby.
À peine arrivé, les résultats ne se font pas attendre avec une coupe des pyrénéens et un titre de champion des Pyrénées de IVème séries glanés de 1948 à 1949. Jusqu’alors peu soucieuse des sports, et faute de moyens, la Mairie met en place les premiers équipements du club. Les « Rouge et Bleu » se voient octroyer un terrain exclusif, proche de l’emplacement de notre stade actuel, à ne plus partagé avec le football.
Une première tribune y est construite, faite de tôles, de bois, et montée sur pilotis pour éviter sa destruction les jours de crues. Cependant, rarement l’homme l’emporte sur la nature, et un jour de 1952, une terrible inondation emporte tout sur son passage. « STF, sans terrain fixe », du moins déportés à la Meunière, nos Blagnacais n’en déchantent pas moins, voyant leurs rangs grandir en même temps que le Village devient Ville.
En effet une équipe réserve et une équipe junior se constituent, et loin d’être des vagabonds, ce sont plutôt de vrais princes qui remplissent de victoires et de trophées leurs baluchons, comme lors de la saison 54-55. Vainqueurs du Challenge de Toulouse, Champion de 2eme série et Vice Champion de France.
Endurcis par des entraînements spartiates, et pour certains le dur labeur des champs ou de l’usine, s’entrainant sur un terrain digne de l’ex Yougoslavie, nos Champions sont avant tout des passionnés. Et il faut l’être, pour jouer sur un terrain vague, avec pour seul vestiaire l’arrière cour d’un café, et l’eau froide de la pompe publique pour se doucher, sans compter un éclairage bricolé à l’aide d’une rampe et de phares de camion.
De 1955 à 1960, la Razzia continue avec une accession en Promotion Honneur, dont l’équipe est rapidement championne, suit un titre de Champion de France, auquel s’ajoute 2 titres de champions Honneur et la montée en 3éme division. En plus du succès, le club se dote d’un tout nouveau complexe en 1957, et Ernest Argeles en visionnaire et précurseur, crée l’école de rugby l’année suivante.
L'ascension dans les années 1960 et 1970
En cette année 1960, les Rouges et Bleus entrent dans la cour des grands. En 1967, le complexe s’agrandit, un second terrain est édifié, s’y ajoute l’entrée du stade et un logement pour le gardien, conséquences du développement du Club, de la société de loisir, et de la croissance exponentielle du nombre de spectateurs.
Toute cette bonne humeur est quelque peu entachée par le départ en 1972, d’Ernest Argelès, qui quitte la Présidence du Club. Après 24 ans de bons et loyaux services, ce grand homme a édifié et structuré notre Club ; son empreinte reste encore perceptible et son esprit de travail et de conquête plane toujours dans les travées de son stade éponyme.
Lancés, dés la saison suivante, alors que le Club avait connu les affres de la relégation ; nos Rouge et Bleu accèdent de nouveau à la 3éme Division. Jouant les premiers rôles pendant 4 ans, l’équipe ne va cesser de s’améliorer, et arrive à maturation lors de l’année 1979. Ce groupe de joueurs talentueux, entrainé par James Carles et Roger Guiter, réalisent un grand coup dans l’histoire du BSCR.
Les années 1980: L'apogée
Alors en 2éme Division (équivalent de notre Fédérale 1 actuelle) le BSCR, se stabilise. Au cœur d’un championnat aux teintes d’un Rugby encore régional, l’équipe de l’épopée de 1979 continue sa progression. D’année en année, jouant les troubles fêtes et les premiers rôles, en 1982 nos « Rouge et Bleu » passent à la vitesse supérieure. Vainqueur du challenge de l’essor, les adversaires sont avertis d’emblée.
« 1983 », une année clef dans l’histoire de notre Club, qui s’octroie son premier grand titre National face à Lyon sur un cinglant 38 à 3 et gravit une marche de plus dans la conquête des sommets du Rugby hexagonal. Solidement installés, les Caouecs vont réaliser un trajet similaire. En 1988, la tactique est la même qu’en 1982, le groupe s’acclimate au niveau de la Division, donne un avertissement à ses concurrents, ici en gagnant le Challenge Riquet face à l’US Carcassonne, et monte en fin saison.
Les années 1990 et le virage du professionnalisme
En 1992, alors redescendu en Groupe B, le Club réalise un dernier coup d’éclat en gagnant Montauban 22 à 16, avant de quitter l’élite quelques temps. Entre alors en jeu les données économiques, et la vision financière puis scientifique du Rugby remplacent peu à peu l’amour du clocher et le sympathique amateurisme ancestral de notre sport. Pour autant, le Club survit, par le talent de ses joueurs, la force de la culture rugby dans notre ville et son vivier.
À l’aube du XXI éme Siècle, le BSCR a su négocier tant bien que mal le virage du professionnalisme. Une refonte du championnat la même année nous place en Fédérale 2, pour peu de temps, car nos seniors vont effectuer un incroyable doublé. Comme toujours, stable après une montée, le Club évolue à son niveau en Fédérale 1. Jouant les premiers rôles et étant souvent dans le giron de la qualification.
Malgré une défaite en Finale face à Aurillac, le BSCR réalise une saison exceptionnelle et fait son « come-back » parmi les cadors du Rugby Français. En Pro D2, à l’aube d’une professionnalisation rapide de la structure, avec un beau recrutement et la construction d’installations dignes d’une écurie de ce niveau, le BSCR ne tient pas la cadence.
Aprés 2 années difficiles, le retour en Fédérale 1 est effectué brillament en étant en Juin 2010 Champion de France Fédérale 2 face à Strasbourg, et par un score sans appel (33-12) c’est la reconquête d’un public et d’un statut qui s’opère.
« 2012 » est le point d’orgue d’une longue Histoire de prés de 90 ans. Le BSCR c’est cette équipe qui a oscillé entre les hauts et les bas, c’est ce groupe qui à l’instar des grands Clubs a connu la gloire et la défaite, un club qui malgré l’évolution de son sport est resté attaché à ses valeurs fondatrices.
Les défis récents et la reconstruction
Début janvier 2024, Blagnac a vécu un sale moment avec le dépôt de bilan de sa SAS, et donc le forfait général de son équipe masculine, alors engagée en Nationale. Un trou de l’ordre de 900 000 euros a été évoqué. Mais le rugby ne peut pas mourir à Blagnac, la ville pouvant se targuer d’être la 3e en nombre de licenciés en Occitanie.
Désormais, l’entité se nomme le Blagnac Sporting Club Rugby. À sa tête, 3 co-présidents : Marie Rolland, Bruno Delpech et Brice Semis. Un comité directeur de 18 personnes bénévoles (des anciens et anciennes du club) a été instauré, avec un statut décisionnaire. Les 3 co-présidents ne sont qu’une entité représentative.
Niveau budget global, celui-ci s’élève désormais à 1,3 million d’euros. Un montant cohérent et qui fait de Blagnac un club moyen de Fédérale 1. Blagnac se reconstruit.
Si sa section Féminines est toujours en Élite 1 et fait partie des meilleures écuries de France, Blagnac a vu son équipe première repartir en Fédérale 1. Sous la houlette de Christophe Deylaud qui n’a pas « hésité plus de 30 secondes pour dire oui ».
Sportivement, tout va forcément demander du temps. L’équipe fanion a débuté sa saison de façon correcte avec une victoire pour deux revers. Des joueurs ont fait des sacrifices financiers. Ils touchaient plus ailleurs. Certains sont restés grâce au côté affectif.
Finalement, elle a décidé de ne pas l’abandonner. Coût du projet : 1 million d’euros. 850 000 euros sont apportés par la mairie (qui donne déjà 430 000 euros annuels au club), le restant par le Conseil départemental de la Haute-Garonne.
La volonté première : bénéficier régulièrement d’un terrain en bon état et pas inondé, comme c’était le cas précédemment, cela ayant engendré bon nombre d’arrêtés municipaux. La seconde : que toutes les catégories en profitent, et qu’Ernest-Argeles ressemble à une sorte « de centre du village » à Blagnac. Blagnac va bénéficier d’une somptueuse pelouse synthétique. Prix de l’opération : 1 million d’euros.
Les liens avec le Stade Toulousain
"On s'entend bien avec le Stade Toulousain", appuie le maire Joseph Carles. Il est vrai que les relations Blagnac-Toulouse sont très bonnes, et cela a permis à Blagnac de récupérer quelques joueurs en double licence ou des jeunes Espoirs pour composer son effectif de l'équipe première.
Les Origines INCROYABLES du Rugby 🏉 (ft. @eronote) - HALC #08
Tableau récapitulatif des titres majeurs du BSCR
| Année | Titre |
|---|---|
| 1937 | Premier sacre de l'histoire du club |
| 1954-55 | Vainqueur du Challenge de Toulouse, Champion de 2ème série, Vice Champion de France |
| 1958 | Champion de France de Promotion d’Honneur |
| 1983 | Champion de France de 2ème Division |
| 1988 | Vainqueur du Trophée Paul Ricart |
| 2001 | Champion de France Nationale 2 |
| 2005 | Champion de France Reichel B |
| 2007 | Vainqueur du Challenge de l’Espérance |
| 2010 | Champion de France Fédérale 2 |