Manon Bigot : Portrait d'une Joueuse de Rugby Déterminée

L'entrée en lice des Bleues dans le Tournoi des Six Nations a été réussie, mais pas entièrement convaincante. Pour une équipe d'Écosse elle aussi victorieuse le weekend dernier, il faudra clairement hausser le curseur et gagner en régularité.

Le Contexte du Tournoi des Six Nations

Les Bleues ont dominé pour leur entrée en lice dans le Tournoi des Six Nations, mais le score de 38-17 signifie que les Bleues ont encaissé deux essais et que cette large domination a connu quelques ratés, notamment en terme d'utilisation du ballon. Beaucoup de petites maladresses, d'actions inachevées, l'on pourrait dire que c'est logique pour une entrée en lice, mais tout de même.

Néanmoins, il n'y a pas lieu de tirer la sonnette d'alarme : l'opposition était faible, l'Irlande ayant raflé la cuillère de bois l'an dernier. L'intensité devrait monter d'un cran ce samedi, l'Écosse étant en confiance après avoir décroché un succès inattendu au Pays de Galles. En 2020, les Bleues avaient concédé un match nul inattendu ici, et le résultat devra être différent pour que l'on continue de croire au Grand Chelem.

Focus sur Manon Bigot

La Blagnacaise est actuellement convalescente. C’est à croire que seule une blessure pouvait l’arrêter, et encore… « Ce n’est pas un coup d’arrêt, juste un stop, un petit frein à mes ambitions », précise d’entrée Manon Bigot, la talonneuse du Blagnac Rugby Féminin. Victime d’une fracture de la malléole, lors de la tournée automnale avec les Bleues, la revenante se contente pour le moment « de travailler et de serrer les dents ».

En à peine quelques échanges, on comprend rapidement à qui on a affaire. La trentenaire est une femme de tempérament à la fois très sympathique et avenante mais dotée d’un moral d’acier. « J’ai cette réputation, cet état d’esprit qui m’anime depuis toujours et qui me sert dans mon activité de joueuse de rugby comme dans mon métier de pompier professionnel », analyse-t-elle très justement à propos de sa personne. Des caractéristiques mentales et physiques qui lui ont permis de réaliser un incroyable come-back.

Un Parcours Inattendu

« J’avais stoppé pour deux raisons. Combattre, telle pourrait être la devise de la numéro 2 du BRF, elle qui a porté pendant trois ans l’uniforme des chasseurs alpins. « J’étais au 27e régiment de chasseurs alpins, basé à Annecy, c’était la seule unité qui acceptait d’accueillir les femmes donc je me suis engagée, j’ai appris à skier, marcher et courir dans la montagne », raconte Manon, capable de relever n’importe quel challenge.

Des défis comme être originaire du Loir-et-Cher et réussir la rude formation militaire d’un régiment d’élite dans les Alpes, ou bien faire partie des 16 % de pompiers femmes de l’hexagone. « C’est marche ou crève », rit Manon avant de poursuivre, « j’ai retenu ça de l’armée et je peux le transposer au rugby, apporter ma détermination ».

Une énergie mise au service de sa passion pour la balle ovale. « J’ai repris modestement, je ne savais même pas si j’avais encore le niveau de l’Élite 1 », glisse-t-elle avec humilité. Le Tournoi des 6 Nations 2024 se jouera sans le XV de France.

Le récital des bleus I France vs Écosse I Coupe du Monde de Rugby 2003 🇫🇷🏴󠁧󠁢󠁳󠁣󠁴󠁿

Tableau Récapitulatif du Parcours de Manon Bigot

Aspect Détails
Blessure Fracture de la malléole lors de la tournée automnale
Profession Talonneuse du Blagnac Rugby Féminin et pompier professionnel
Expériences Chasseur alpin pendant trois ans
État d'esprit Détermination et moral d'acier

Les Enjeux Actuels du Rugby Féminin

Depuis l’échec dans « sa » Coupe du monde, il semblerait que l’absence d’objectif pour « l’après », alors que Fabien Galthié bénéficie d’un contrat sans condition jusqu’en 2028, ait pris tout le monde de court. Et plombé les esprits dans et autour de l’équipe nationale. Au lieu reprendre son souffle, pour apparemment ne pas avoir envisagé de scénario triste, l’encadrement national aurait dû prévoir de nouvelles étapes de progression à franchir après le Mondial quel qu’en soit le résultat.

Se contenter de vouloir consolider sur quelques certitudes de jeu au-delà de talents épars n’a visiblement pas suffi et, au-delà, de nouveaux objectifs pour effacer le traumatisme infligé par l’arbitrage et les Springboks font défaut. Après la défaite contre l’Afrique du Sud, se sont évaporés tous motifs de remobilisation car une page de cette histoire enivrante de l’équipe de France se refermait. Sans doute aurait-il fallu refermer le livre tout à fait. Et en lire un autre en l’énonçant clairement.

L'Absence d'Antoine Dupont

Signe que le temps était venu de rebattre les cartes en France après des années euphoriques, Antoine Dupont, capitaine du XV de France, a pressenti ce besoin de se régénérer. Ne serait-ce sans doute que pour tester sa propre envie de continuer à jouer au rugby en allant se frotter à une discipline voisine (le rugby à 7 pour disputer le tournoi olympique cet été) en s’allégeant de la pression qui pesait sur lui pour avoir été le guide des Bleus pendant quatre ans.

Comment le XV de France pourrait se passer de lui revenait à forcer l’équipe à s’émanciper de sa vision du jeu ? Peut-être en en créant une déclinaison différente. Et pour sa part, il s’est fixé un nouveau défi pour ne pas rester dans l’ornière d’une expérience amère. Sa place laissée vacante aurait dû inciter les entraîneurs et ses coéquipiers à se retrouver autour d’un plan de travail rompant avec les limites du précédent, à le faire oublier.

Le Fair-Play dans le Sport

Avant d’être étouffé par l’actualité olympique en elle-même, le Forum des images à Paris déroule posément une longue programmation consacrée au sport. Toutes époques, tous regards se mêlent pour mieux révéler en quoi celui-ci n’échappe pas aux grandes problématiques sociétales, mais aussi en quoi il constitue une matière à traiter singulière pour les réalisateurs et réalisatrice de cinéma. L’année olympique évidemment, mais cela dit c’est une thématique très intéressante sur le plan du cinéma. C’était l’occasion d’en profiter.

On a choisi en revanche ce titre « Fair-play » parce qu’on voulait aussi aborder le sport à travers ses valeurs, creuser ce qu’est « l’esprit sportif » et voir dans quelle mesure il dépasse la sphère sportive. Au-delà des films sur le sport, il y aura des séances sur le fair-play financier, le fair-play dans les relations humaines. La programmation n’est pas axée en effet sur l’olympisme mais sur le sport au sens large.

Au-Delà de la Compétition

On peut d’abord filmer du sport, on peut aussi filmer des états d’âme de sportifs, la conquête, la reconquête de soi, l’esprit de compétition, les rivalités, les vocations, etc. Tout cela peut constituer le sujet d’un film dans lequel on ne va pas forcément voir un match ou une action se dérouler. Ça peut être aussi la relation entre un sportif et son entraîneur, je pense là à un film de George Cukor, Mademoiselle Gagne-tout, c’est un film de 1952, assez rigolo avec Katharine Hepburn et Spencer Tracy.

Elle y joue au tennis, elle était d’ailleurs elle-même assez sportive, et s’il y a des scènes de sport, on y parle aussi de la relation entre le coach et le sportif et de tout ce que cela charrie. Donc, notre programme, outre comment filmer le sport, s’intéresse à ce que représentent les sports, aux enjeux de chacun puisque ce ne sont pas les mêmes selon que l’on pratique un sport individuel ou collectif. On a cherché à réunir des films assez divers.

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