L'histoire du football regorge de moments mémorables, et parmi ceux-ci, la victoire du Benfica Lisbonne en Ligue des Champions 1962 occupe une place de choix. Ce triomphe, survenu après une éclatante victoire contre le Real Madrid, a marqué une époque et a contribué à forger la légende du club portugais.
Pour bien comprendre l'importance de cette victoire, il est essentiel de revenir sur le contexte de l'époque. La génération dorée du Benfica, composée de figures légendaires comme José Águas, Eusébio, Mário Coluna, José Augusto et António Simões, était en pleine ascension et s'apprêtait à marquer l'histoire du football européen.
1962 European Champion Clubs' Cup Final (Benfica 5–3 Real Madrid)

Eusébio, figure emblématique du Benfica Lisbonne.
Le Parcours Vers la Gloire
La campagne de Ligue des Champions 1961-1962 a été marquée par des performances exceptionnelles du Benfica Lisbonne. L'équipe a surmonté des obstacles redoutables pour atteindre la finale, démontrant une maîtrise technique et une force collective impressionnantes.
En 1962, après une éclatante victoire contre le Real Madrid, Béla Guttmann aurait réclamé une revalorisation salariale. Face au refus de ses dirigeants, il aurait démissionné, non sans lancer une phrase restée célèbre : « Sans moi, Benfica ne gagnera plus jamais une Coupe d’Europe pendant 100 ans ».
La Finale Épique Contre le Real Madrid
La finale de 1962, qui s'est déroulée à Amsterdam, a été un match riche en émotions et en rebondissements. Le Benfica Lisbonne a affronté le grand Real Madrid, quintuple vainqueur de la compétition, dans un duel au sommet.
Malgré la présence de stars telles que Di Stéfano et Puskas dans l'équipe madrilène, le Benfica a su faire preuve de courage et de détermination. Portée par un Eusébio des grands jours, l'équipe portugaise a renversé la vapeur et s'est imposée sur le score de 5-3, remportant ainsi sa deuxième Ligue des Champions consécutive.

Finale de la Coupe des clubs champions européens 1961-1962 : Benfica Lisbonne contre Real Madrid.
L'Héritage de Béla Guttmann
Il est essentiel, pour commencer, de souligner un fait souvent ignoré : aucune trace de la fameuse déclaration attribuée à Béla Guttmann - celle de la malédiction promise après son départ - n’apparaît avant 1988. Ce n’est qu’à la veille de la finale de la Coupe des clubs champions européens, disputée à Stuttgart face au PSV Eindhoven, que le journal Gazeta dos Desportos évoque pour la première fois cette idée étrange : « Que Benfica brise enfin la « malédiction » prononcée par Béla Guttmann il y a de nombreuses années… »
L'homme qui sera comparé, quelques décennies plus tard, à José Mourinho pour leur communication provocante et leur goût commun pour les grosses primes, aurait également ajouté par la suite : « Quand j’ai signé à Benfica, le club recevait 2500 dollars pour chaque match amical. Quand je suis parti, c’était 250 000. J’ai rendu Benfica millionnaire. Qu’y ai-je gagné ? Une récompense ridicule. Comme tout le monde, je ne pensais pas pouvoir gagner la Coupe d’Europe. Je n’ai pas demandé de prime à la hauteur. J’ai reçu 2000 dollars de moins pour la première Coupe d’Europe que pour le titre de champion du Portugal. Pour la deuxième, j’ai reçu 14 000 dollars. C’était mieux. Mais même avant ça j’avais pris la décision de partir. Benfica me traitait de façon ordinaire. Quand j’ai pris l’avion entre Vienne et Nuremberg, pour le compte du club, ma femme m’avait accompagné exceptionnellement. Et les dirigeants du club se sont empressés de me demander de régler la moitié de la facture à mon arrivée à Lisbonne.
En réalité, le 10 mai 1962, à peine une semaine après la victoire contre le Real Madrid, Benfica annonçait la fin du contrat de Guttmann, à son initiative : « Il s’en va de son plein gré, conformément à sa règle de ne jamais rester plus de deux ans dans le même club. Il a honoré le Benfica et mérite notre reconnaissance.
Le 24 mai 1962, le journal du club, O Benfica, relate un dîner d’adieu en son honneur : il y reçoit un service d’argenterie et une broche en diamants. Le président Fezas Vital[3] salue son travail, et la salle entière scande : « Fica ! Fica ! » (Reste !). Quelques semaines plus tard, dans une interview au Mundo Desportivo, Guttmann affirme que ses relations avec le club sont excellentes, précisant que les joueurs l’appellent encore affectueusement Avozinho[4]. En juin, Manuel da Luz Afonso[5], directeur du football benfiquiste, précise que Guttmann a choisi de rompre son contrat, pourtant valable jusqu’en juillet. Le club espérait encore son retour.
Les Coupes d'Europe du Benfica Lisbonne
Voici un tableau récapitulatif des titres et finales du Benfica Lisbonne en Coupe d'Europe :
| Année | Compétition | Résultat |
|---|---|---|
| 1961 | Coupe des Clubs Champions | Vainqueur |
| 1962 | Coupe des Clubs Champions | Vainqueur |
| 1963 | Coupe des Clubs Champions | Finaliste |
| 1965 | Coupe des Clubs Champions | Finaliste |
| 1968 | Coupe des Clubs Champions | Finaliste |
| 1988 | Coupe des Clubs Champions | Finaliste |
| 1990 | Coupe des Clubs Champions | Finaliste |