Le parcours du SL Benfica en Ligue des Champions est riche en émotions, alternant moments de gloire et périodes de disette. Retour sur les moments marquants de ce club emblématique dans la plus prestigieuse des compétitions européennes.
Dans la sainte trinité qu'il compose avec le FC Porto et le Sporting Portugal, le Benfica Lisbonne est le club qui compte le plus de fidèles (et de loin) au Portugal. Les Aguias ont su se forger une histoire riche en cent dix-huit années d'existence, marquée par de fabuleuses épopées et d'immenses succès, notamment en Ligue des champions.
Au sommet du football européen dans les années 1960, le club portugais écrasait tout sur son passage. Entre 1960 et 1969, les Lisboètes remportent huit championnats (sur dix disputés) et décrochent en 1961 la toute récente Coupe des clubs champions face au FC Barcelone en finale (3-2), sous la houlette de l'immense coach Béla Guttmann et mené par son capitaine « O Monstro Sagrado » (le monstre sacré) Mario Coluna et l'immortel attaquant Eusébio. Lisbonne est alors une équipe indestructible, une machine capable d'écraser n'importe quel colosse.
Le club remporte par deux fois la Coupe des clubs champions (actuelle Ligue des champions) successivement en 1961 et en 1962, respectivement aux dépens du FC Barcelone et du Real Madrid. Cet exploit, les Lisboètes le réitèrent l'année suivante en renversant l'ogre Real Madrid (5-3) - après avoir été mené (2-3) par un triplé de la légende hongroise de la Maison blanche Ferenc Puskas.
Si cette victoire reste à ce jour son dernier succès en C1, la domination du Benfica sur l'Europe du football a prospéré avec trois autres finales disputées (1963, 1965, 1968) dans la compétition la plus convoitée.

Confrontations Mémorables Contre le FC Barcelone
Les confrontations entre le FC Barcelone et Benfica ont marqué l'histoire de la Ligue des Champions. Les deux équipes se connaissent bien, après s'être affrontées à plusieurs reprises dans la compétition. Le duel le plus mémorable est celui de la finale de la Coupe d'Europe en 1960/61. Les Portugais avaient battu les Catalans 3-2. Le Barça menait mais Benfica avait repris l'avantage avant la pause (2-1).
Un autre match qui restera dans les annales entre le Barça et Benfica a eu lieu lors de la saison 1991-1992. Lors de la première Ligue des Champions de l'histoire, le Barça et Benfica s'étaient affrontés en finale de groupes.
Au XXIè siècle, les deux équipes ont joué l'une contre l'autre en 2006. Cette saison-là, les Catalans ont remporté leur deuxième Ligue des Champions. Ils s'étaient imposés contre les Portugais (match nul à l'aller et 2-0 au Sportify Camp Nou au retour). Plus récemment, ils se sont également affrontés lors de la saison 2011/12, en phase de groupes. En 2021, ils se sont rencontrés deux fois en phase de poules. À Lisbonne, Benfica a battu le Barça 3-0, tandis qu'au Spotify Camp Nou, le résultat était 0-0. Le dernier duel frénétique entre le Barça et Benfica date d'il y a un mois. C'était l'avant-dernier match de la poule unique de la Ligue des Champions.
La Malédiction de Béla Guttmann
L'histoire de Benfica est aussi marquée par une malédiction tenace. En 1962, les Portugais remportaient leur deuxième Ligue des champions de suite, face au Real Madrid (5-3), sous la houlette de Béla Guttmann, technicien reconnu. Mais à la fin de la saison, l'entraîneur hongrois s'en va, déçu que le club ne lui accorde pas l'augmentation de salaire qu'il réclamait.
Et de lâcher : ''Le Benfica ne gagnera plus de Coupe d'Europe pendant cent ans !''
Les Grands Récits - Béla Guttmann, deux voyages au paradis et un siècle de purgatoire pour Benfica
Le club reste ainsi sur une série de huit finales européennes consécutives perdues depuis 1963. Il prend par la suite part à cinq autres finales dans la compétition, trois dans le restant des années 1960 (1963, 1965 et 1968) et deux autres en 1988 et 1990. Le Benfica dispute également trois finales de Coupe UEFA/Ligue Europa en 1983, 2013 et 2014, toutes perdues.
Cinq finales de Ligue des champions et trois de Ligue Europa plus tard, il n'a toujours pas été contredit. Cette malédiction plane toujours sur le club, ajoutant une dimension tragique à ses tentatives de reconquête européenne.
Car le club lisboète a perdu sa huitième finale européenne de rang, face au FC Séville, en Ligue Europa, aux tirs au but cette fois (0-0, 4 à 2). Et ce alors que le Benfica a bénéficié d'occasions à la pelle. De quoi passer pour un loser continental. Malchance ou peur de gagner, selon les avis. A moins qu'une malédiction explique tout ça.

Après vingt années de disette en Ligue des champions (et une finale de C3 perdue en 1983), le Benfica Lisbonne retrouve une finale de C1 le 25 mai 1988. Mais, là encore, les Lisboètes s'inclinent face aux Néerlandais du PSV Eindhoven au bout de la séance des tirs au but (0-0, 6-5 tab). Vaincu, le club encaisse sa quatrième défaite consécutive en finale européenne. Portés par une génération dorée (Valdo, Magnusson, Vata), les Aguias se qualifient à nouveau pour la finale de la Coupe des clubs champions deux ans plus tard, après avoir éliminé au Portugal l'OM en demi-finale retour (2-1, 1-0). La tristement fameuse main de l'Angolais Vata avait privé les Phocéens d'une place en finale de l'édition 1990. Et face au Milan AC, rebelote. Les hommes de Sven-Göran Eriksson s'inclinent en finale (1-0).
Depuis la nouvelle formule de la Ligue des champions (1992), le Benfica a dû se résoudre à passer d'acteur majeur à simple figurant des joutes continentales. Le club lisboète n'a effectivement connu que quatre quarts de finale (1995, 2005, 2012 et 2015) sur les trente dernières années en C1 et a perdu deux finales consécutives en Ligue Europa (2013 et 2014) contre Chelsea (1-2) puis face à Séville (0-0, 2-4 tab). Le club a ainsi échoué huit fois en finale européenne pour dix rencontres.
Voilà donc soixante ans que la chance ne sourit plus aux Lisboètes sur la scène européenne. À l'inverse, dans le même temps, son ennemi juré, le FC Porto, a remporté la compétition reine (1987 et 2004) et n'a cessé de briller. À croire que la prophétie de Béla Guttmann, qui avait quitté le Benfica après l'avoir porté à son apogée, était exacte. Le sorcier hongrois avait claqué la porte du club en 1962 en lançant cette phrase célèbre : « Je m'en vais en vous maudissant. À partir d'aujourd'hui et pendant cent ans, Benfica ne remportera pas une Coupe d'Europe. »
La malédiction opère toujours, même si, en 2014 - pour les 110 ans du club -, le président du Benfica, Luis Filipe Vieira, avait érigé une statue de Guttmann fabriquée en Hongrie avec ses deux coupes aux grandes oreilles dans les mains pour tenter de conjurer le sort.
Les paroles de Guttmann commencent à résonner différemment dans l’environnement du club. «La génération de nos grands-parents croit beaucoup à cette histoire, glisse Miguel Barros (38 ans), un fanatique de Benfica. La théorie ne cessera toutefois plus d’être ravivée, entre tentatives de lever la malédiction du «sorcier hongrois» (ainsi qu’il était surnommé au Portugal) et… finales perdues.
Parcours Récent en Ligue des Champions
Benfica, qu'as-tu fait de ton passé ? Acteur majeur des joutes continentales au siècle dernier, le club lisboète joue les figurants depuis quelques saisons. L'écurie portugaise n'a plus connu la consécration en Ligue des champions depuis soixante ans. Sa dernière finale remonte à… 1990 !
Pourtant, l'outsider Benfica a commencé sa campagne européenne 2021-2022 sur les chapeaux de roues et tient tête au Paris Saint-Germain, son adversaire du soir, en tête du groupe H - après une belle victoire contre la Juventus. Portés par une jeune équipe talentueuse et un coach ambitieux, les Aguias (Aigles) rêvent désormais de marcher sur les traces de leurs glorieux aînés. Un succès dans le mythique Estadio da Luz propulserait le Benfica en tête de la poule et assurerait sa qualification pour le tour suivant.
Pour l'édition 2022-2023 de la Ligue des champions, le tirage au sort a placé le Benfica Lisbonne dans le groupe H considéré comme l'un des groupes de la mort, en compagnie du Paris Saint-Germain, de la Juventus de Turin et du Maccabi Haïfa[36]. Faisant figure d'outsider, les Aigles terminent premiers de leur groupe en s'imposant à deux reprises face au Maccabi Haïfa (2-0 à l'aller et 1-6 au retour) et également face à la Juventus (victoire 1-2 à l'aller et une spectaculaire victoire 4-3 au retour). Face au club parisien, Benfica concède le nul à deux reprises.
À l'issue de la phase de poule, le Paris Saint-Germain et le SL Benfica se retrouvent alors à égalité parfaite : pour la première fois de l'histoire de la compétition, les deux équipes ont été départagées au classement selon le 7e critère qui prévoit « Le plus grand nombre de buts marqués à l’extérieur dans tous les matches du groupe », qui donne alors l'avantage au Benfica Lisbonne[36]. Lors des huitièmes de finale, les Aigles héritent du Club Bruges qu'ils éliminent sans difficulté (2-0 ; 5-1).
Lors de la saison 2023-2024, Les Aigles commencent la saison par une défaite contre Boavista FC (3-2) puis enchaînent une série de 22 matchs sans défaite en championnat. En Ligue des champions, ils vont terminer troisième de leur groupe et être ensuite reversés en Ligue Europa où ils vont achever leur parcours lors des quarts de finales contre l'OM.
La saison 2024-2025 débute mal pour Benfica qui va s'incliner lors de la première journée du championnat contre FC Famalicão (2-0) . Le début de saison poussif va contraindre la direction à licencier Roger Schmidt[40]. En septembre 2025, après une défaite à domicile en Ligue des champions contre le Qarabağ FK (2-3) lors de la première journée de la phase de groupes, la direction du club décide de se séparer de Bruno Lage[43].
L’entraîneur portugais signe un contrat de deux saisons, avec une clause permettant aux deux parties d’y mettre fin dans les dix jours suivant la fin de la saison 2025-2026[44]. Lors de sa présentation officielle, Mourinho déclare revenir « avec émotion », tout en affirmant qu’il souhaite avant tout « rendre Benfica compétitif sur le plan national et européen »[45].
Tableau : Parcours du Benfica en Ligue des Champions
| Saison | Résultat |
|---|---|
| 1960-1961 | Vainqueur |
| 1961-1962 | Vainqueur |
| 1962-1963 | Finaliste |
| 1964-1965 | Finaliste |
| 1967-1968 | Finaliste |
| 1987-1988 | Finaliste |
| 1989-1990 | Finaliste |
| ... | ... |