Matthieu Lartot : Son Combat Contre le Cancer et Son Retour Inspirant

Le présentateur de Stade 2 et commentateur du rugby et de Roland-Garros sur les antennes de France Télévisions, Matthieu Lartot, a annoncé sur ses réseaux sociaux la récidive de son cancer du genou. Voix et visage bien connus des amoureux et des amoureuses de rugby, Matthieu Lartot avait dû être absent des commentaires pour plusieurs mois en raison d'une récidive de son cancer du genou.

Matthieu Lartot, commentateur sportif de France Télévisions.

L'Annonce de la Récidive

Mathieu Lartot a officialisé la nouvelle sur son compte Instagram : déjà atteint d’un cancer du genou quand il avait 16 ans, le commentateur sportif de France Télévisions, aujourd’hui âgé de 43 ans, est de nouveau touché par la maladie. « Puisque de nos jours tout se sait…autant que ce soit moi qui vous l’annonce », a-t-il écrit. Il indique : "Je suis aujourd'hui contraint de m'éloigner de l'antenne pour remonter sur le ring et combattre le cancer une deuxième fois".

« Depuis 3 semaines je savais que ce moment arriverait. 26 ans après, l’histoire bégaie malheureusement », écrit ce spécialiste du rugby. Selon Le Parisien, Mathieu Lartot avait découvert par hasard lorsqu’il était adolescent qu’il souffrait d’un cancer à une articulation.

Il ajoute : « Il y avait 1 à 5% de chance que ça arrive et c’est arrivé. Ça va secouer très fort mais je suis prêt et très bien entouré ». S’il va prendre un peu de recul, il assure qu’il ne sera « jamais très loin des terrains et des équipes de France TV Sport ».

Un Passé Déjà Marqué par la Maladie

En effet, il y a 26 ans, après un choc lors d’un match de rugby, Matthieu Lartot avait dû être opéré d’une tumeur appelée sarcome synovial. Sa maladie, puis une infection nosocomiale, ont donc obligé les médecins à raccourcir sa jambe de 2,5 centimètres.

L'Amputation et le Chemin vers l'Acceptation

Le 16 juin, il a été amputé de sa jambe droite, à la suite d’une récidive d’un cancer au genou. Matthieu Lartot : J’étais déjà un peu préparé dans ma tête car ma jambe était en mauvais état. Même sans la découverte de cette nouvelle tumeur, il aurait fallu de toutes façons que je me fasse amputer un jour ou l’autre. Je n’aurais pas pu avoir une autre prothèse de genou. Il n’y avait donc pas de doute sur l’issue.

M. L : Ayant vécu plus de vingt ans avec une jambe raide, j’avais déjà accompli le chemin mental. Je me disais que peut-être je vivrais mieux sans. J’étais déjà dans l’acceptation. Et puis, il y avait surtout l’enjeu de la maladie. Je savais très bien que pour me donner toutes les chances de m’en sortir et d’éradiquer ce sarcome, il fallait enlever la jambe. C’était aussi assez clair pour mon épouse.

D’avril à juin, j’ai eu la chimiothérapie. L’amputation a eu lieu le 16 juin. Ensuite, je suis allé en centre de rééducation. J’avais déjà expérimenté exactement le même protocole 26 ans plus tôt, donc je savais pertinemment à quoi m’attendre.

En effet, je suis dans une configuration particulière, amputé très haut, au-delà de mi-cuisse. Il me reste 14 centimètres de jambe. Les prothésistes, les médecins n’étaient pas ultra optimistes sur mes capacités à pouvoir être appareillé convenablement pour retrouver une bonne marche. Sauf que j’étais déterminé à leur montrer que c’était possible. Ma marge de progression est encore importante. Au quotidien, à force d’être confronté à des situations différentes, je vais devoir m’adapter.

Vivre avec une Prothèse

C’est très variable. Les journées où je travaille, je la porte du matin au soir sans discontinuer. Quand je suis chez moi, je la mets un peu moins. Mais c’est aussi bien… Car dans la vie d’une personne amputée, l’une des grandes préoccupations est de prendre soin de son moignon. Tout repose sur lui. Le moindre problème de peau, d’irritation me mettrait à l’arrêt. Donc, il y a une utilité à faire respirer le moignon et à ne pas mettre la prothèse toute la journée.

Je prends la canne, parce que ça me tranquillise. Et puis, c’est extrêmement énergivore de marcher avec une prothèse. D’autant plus avec la longueur de mon moignon. Sans canne, ce serait trop compliqué d’assumer une journée en extérieur.

Il n’y a pas de démarche militante de ma part. En revanche, si je veux vivre en assumant pleinement ce handicap, je ne peux pas me cacher. Très longtemps avec une jambe raide, le regard des autres était déjà sur moi. Quand j’arrivais dans un stade de rugby pour commenter un match, les gens voyaient bien que j’avais un handicap invisible. Donc j’avais déjà cheminé par rapport à l’acceptation de mon handicap. J’ai tout de suite assumé ce “côté bionique” de la personne amputée.

Oui, j’ai constaté que selon la cause de l’amputation, maladie ou accident par exemple, on ne nous donne pas la même chance dans la prise en charge financière de notre appareillage. Moi, j’ai la chance d’être bien intégré dans la société, d’avoir un métier, d’être entouré. Au centre de rééducation, j’ai côtoyé des personnes dans des situations parfois très compliquées. Il y a beaucoup de progrès à faire en matière d’inclusion et d’accessibilité.

Ces derniers mois, j’ai pris conscience que j’avais un rôle à jouer parce qu’il y a énormément de gens qui m’ont écrit, qui me sollicitent, qui me poussent.

C’est plutôt une libération. Je vais accéder à une mobilité bien supérieure à celle que j’ai pu connaître. Aujourd’hui, je peux monter à l’arrière d’une voiture. Quand je m’assieds au restaurant ou à la cantine face aux personnes qui mangent avec moi, je n’ai pas ma jambe qui traîne. Plus que de performance sportive, ce dont j’ai besoin aujourd’hui, c’est de profiter d’activités dont j’ai été privé en tant que père.

Je pourrais, si je le souhaite, pratiquer le tennis-fauteuil, le basket-fauteuil. Beaucoup de sports m’attirent. Mais la priorité est de partager avec mes enfants ce que je n’ai jamais pu faire avec eux.

Retour à l'Antenne et Objectif Coupe du Monde

Tel un sportif, l'objectif était affiché pour le commentateur : participer au mondial de rugby en France en septembre 2023. Commentateur attitré des Bleus depuis 2009, il a connu les années noires du XV de France... avant que celui-ci ne retrouve la victoire ces derniers mois, au point de faire partie des équipes favorites pour la Coupe du monde de rugby, qui débutera en septembre en France. « Comme les Bleus, mon seul objectif en 2023 est la victoire », a d’ailleurs écrit Mathieu Lartot.

A quelques jours du coup d'envoi du Mondial de rugby en France, le présentateur sportif Matthieu Lartot est de retour à l'antenne, 3 mois seulement après la récidive de son cancer et l'amputation de sa jambe droite. Moins de trois mois après son amputation de la jambe droite, liée à la rechute d'un cancer du genou, le Monsieur rugby de France Télé Matthieu Lartot va retrouver l'antenne pour le Mondial, fort d'un « rétablissement éclair » motivé par son amour de l'ovalie.

Eloigné du petit écran et des stades depuis l'annonce de sa maladie en avril, le journaliste de 43 ans commentera sept matches sur les dix revendus au service public par TF1, principal diffuseur de la compétition organisée en France à partir du 8 septembre 2023. « On y va avec entrain, avec passion, on est très, très impatients », assure Matthieu Lartot lors d'un entretien à l'AFP, quelques jours avant de reprendre le micro pour le choc entre les Sud-Africains, champions du monde en titre, et les Ecossais, dimanche à Marseille.

Un retour à « la vie normale », synonyme d'exploit pour celui qui a dû combattre le cancer une deuxième fois, 26 ans après une première tumeur au genou. Le Mondial -diffusé par France Télé pour la première fois depuis 2011- en ligne de mire, « je me suis mis comme les joueurs de l'équipe de France dans un état d'esprit de sportif de haut niveau ».

Résultat, deux mois et demi après son opération, le commentateur rugby et tennis faisait son retour le 3 septembre 2023 sur le plateau de « Stade 2 ». Cinq jours plus tard, il ira soutenir les Bleus face aux All Blacks pour le match d'ouverture. Les professionnels de son centre de rééducation estimaient pourtant qu'il lui faudrait quatre mois pour recommencer à se déplacer.

Mais « j'ai eu beaucoup de chance d'être à la fois très bien entouré médicalement » et d'avoir « très bien cicatrisé », ce qui a permis un appareillage rapide. Sans compter le visionnage de vidéos de gens amputés ou encore les nombreux « petits conseils » donnés par des athlètes paralympiques.

Le rugby lui a ainsi servi de « moteur », après lui avoir déjà sauvé la vie. C'est à l'issue d'une blessure que l'ancien demi de mêlée de l'AS Mantes (Yvelines) avait découvert à 16 ans sa première tumeur. Faute de devenir joueur professionnel, il s'est tourné vers le journalisme. Dès la résurgence de la maladie, il a tenu a être « transparent », en l'annonçant sur les réseaux sociaux, « par souci de protéger » ses proches et parer aux spéculations qu'entraînerait son retrait de France Télé.

De quoi contribuer, à l'instar d'autres personnalités comme sa consoeur Laurie Delhostal ou le chanteur Florent Pagny, à la libération de la parole autour du cancer. « On peut vite avoir honte d'être malade », explique Matthieu Lartot, relatant par exemple sa « trouille », plus jeune, de se voir refuser un crédit immobilier.

Marchant avec une canne, il assure qu'il n'aura « aucune difficulté » à couvrir le Mondial, « compétition internationale majeure avec des grands stades qui sont tout à fait adaptés » à son handicap. Mais certaines enceintes le seront moins, et de nombreux « aménagements » restent à faire « dans la vie de tous les jours », notamment dans les transports en commun.

L'Engagement et les Projets Futurs

Il envisage désormais de monter une association pour aider les adolescents qui en souffrent à accéder à des prothèses de genou, les plus sophistiquées -autour de 100 000 euros- n'étant pas remboursées par la Sécurité sociale.

Son histoire inspirante, Matthieu Lartot a décidé de la raconter à travers "On n'ampute pas le coeur", paru aux éditions Robert Laffont. Un livre que le journaliste sportif viendra présenter à l'Espace Culturel E.Leclerc Saint-Médard-en-Jalles le mercredi 24 avril à partir de 14h30. Une conférence aura d'abord lieu avant une séance de dédicaces programmée entre 15h30 et 17h30.

Victime d’une rechute de son cancer, Matthieu Lartot va se faire amputer

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