Le Beach Volley Féminin : Évolution des Règles et Débats sur la Tenue

Le beach-volley, discipline olympique depuis 1996, a connu une évolution significative de ses règles vestimentaires, suscitant des débats passionnés sur la tenue des joueuses et l'image du sport. Initialement axé sur la plastique des athlètes en mini-bikinis, le beach-volley féminin a dû s'adapter pour inclure des considérations culturelles et religieuses, tout en faisant face à des critiques concernant l'hypersexualisation.

C'est sur les plages de Santa Monica, en Californie, que la discipline fait son apparition dans les années 1920. À l’époque, il s’agit d’une simple distraction pour les familles américaines qui tentent d’échapper à la grande dépression en se rendant à la plage. La discipline se professionnalise bien des années plus tard, lors de son introduction au programme des Jeux olympiques, d’abord comme sport de démonstration à Barcelone en 1992, puis comme sport olympique à part entière en 1996 à Atlanta.

Seize ans après son intégration aux Jeux Olympiques, le beach-volley féminin est aujourd’hui en quelque sorte victime de son succès. Devant l’afflux de nouvelles nations souhaitant défendre leurs chances, la Fédération internationale de volley-ball (FIVB) a pris la décision de modifier son règlement. Les fameux mini-bikinis qui ont fait la réputation de ce sport en attirant l’œil du grand public ne seront plus l’attribut incontournable des beach-volleyeuses cet été à Londres …

L'Assouplissement des Règles : Une Réponse aux Diversités Culturelles et Religieuses

Afin de promouvoir la discipline dans l'ensemble des pays, y compris les plus conservateurs, la fédération internationale de beach-volley (FIVB), sport olympique depuis 1996, a en effet assoupli ses règles en 2012, avant les Jeux de Londres.

Aussi, pour respecter « les croyances culturelles et/ou religieuses » de certains pays souhaitant défendre leurs couleurs en compétitions internationales, notamment aux JO, la Fédération internationale de volley-ball (FIVB) autorise un premier rallongement des tenues en 2012. Maintenant, il y a trois choix supplémentaires », précise l’instance.

Les joueuses peuvent depuis cette date porter un legging long ou un bermuda descendant jusqu'à 3 centimètres au-dessous du genou, et revêtir un tee-shirt, à manches courtes ou longues. «Nous avons ajouté une possibilité afin de répondre à des motifs religieux ou culturels», expliquait à l'époque le directeur de la communication de la FIVB. En pratique, ce fut surtout en raison de la météo londonienne pas vraiment clémente que les beach-volleyeuses durent se couvrir lors des Jeux d'été de 2012.

Le règlement sportif de 2016 édicté par la fédération internationale précise, en plus des habituelles brassières dévoilant le nombril, le type de tenues autorisées en raison de «croyances religieuses ou culturelles.» Les athlètes peuvent ainsi jouer les jambes entièrement couvertes, et porter des manches allant jusqu'aux poignets :

Les joueuses peuvent choisir des tenues plus couvrantes pour des raisons culturelles ou religieuses.

En 2016, aux JO de Rio, les beach-volleyeuses égyptiennes Doaa el-Ghobashy et Nada Meawad ont été autorisées à se couvrir les bras et les jambes. Mais ces dispositions ne semblent s’appliquer qu’aux joueuses qui avancent effectivement des « motifs culturels et/ou religieux » justifiant une plus grande couverture de leurs corps.

Lors de leur victoire face aux Allemandes ce lundi soir, les Françaises Lézana Placette et Alexia Richard portaient un short et une brassière, étant l'une des rares équipes à ne pas avoir de bikini pour le tournoi de beach-volley féminin aux Jeux olympiques de Paris. En effet, le règlement ne l'impose plus.

Lézana Placette et Alexia Richard détonnent dans le tournoi de beach-volley féminin. Lors des Jeux olympiques de Paris, la paire française porte un short et une brassière plutôt que le bikini, qui garde les faveurs de la majeure partie des autres concurrentes. Depuis les JO de Londres, les joueuses ont la possibilité de choisir.

Mais si le bikini était auparavant obligatoire en compétition, il est resté dans la norme en beach-volley malgré la possibilité de choisir une autre tenue. En revanche pour le beach-handball, il avait fallu attendre 2021 pour un assouplissement de la règle, en raison notamment d'une protestation norvégienne.

Devant son public, la paire française s'est donnée la mission "d'éduquer le public". "On a envie que dans le beach volley, les femmes aient le choix.

Cet été, les joueuses pourront porter des shorts plus longs. Une mesure pour ne pas heurter les consciences religieuses et culturelles, selon la Fédération internationale.

Une Photo Symbolique aux JO de Rio

Le cliché, réalisé par la photographe de Reuters Lucy Nicholson aux Jeux olympiques de Rio, a été relayé des milliers de fois sur les réseaux sociaux. On y voit deux joueuses de beach volley, séparées par un filet, les bras tendus vers le ballon. A gauche, l’athlète égyptienne Doaa el-Ghobashy, manches longues et legging noir, le visage entouré d’un hijab. A droite, l’Allemande Kira Walkenhorst, vêtu d’un bikini, habituellement porté par les beach-volleyeuses.

La photo, prise dimanche 7 août, a été interprétée par certains comme le symbole de l'esprit olympique du vivre-ensemble et par d'autres, notamment par la presse conservatrice britannique, comme le signe d'un supposé «choc des cultures». «Quelle vision de la femme voulez-vous ?», interroge ainsi un internaute, opposant la femme occidentale émancipée (l'Allemande) à la femme opprimée (l'Egyptienne).

Pourtant, Doaa El-Ghobashi ne s'est pas vu imposer le voile islamique par sa fédération. Sa coéquipière, Nada Moawad, jouait d'ailleurs tête nue, le port du voile n'étant pas obligatoire en Egypte (même s'il est majoritaire). Finalement éliminées par l'Allemagne, les deux athlètes étaient les premières Egyptiennes à participer aux JO dans cette discipline.

Doaa El-Ghobashi, qui s'est exprimée à plusieurs reprises dans les médias sur le sujet, a d'ailleurs expliqué qu'elle avait «doublement vérifié que la liberté de tenue était d'application dans ce sport» avant de s'y consacrer.

Doaa el-Ghobashy et Kira Walkenhorst aux JO de Rio.

Le Débat sur l'Hypersexualisation et la Liberté de Choix

Ce changement de code vestimentaire a été vu par certains comme une entorse à un des principes fondamentaux des Jeux, la neutralité. L'article 50-2 de la charte olympique interdit en effet toute «sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale […] dans un lieu, site ou autre emplacement olympique.» Laisser les joueuses concourir vêtues de tenues couvrantes ou voilées favorise la participation des athlètes femmes, mais ne fait d'ailleurs pas consensus au sein des mouvements féministes, qui y voient une légitimation d'un instrument de domination de la femme, explique Slate.

Pour Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, «découvrir les femmes pour des raisons commerciales ou les couvrir pour des raisons religieuses, c'est les considérer comme des objets sexuels, pouvait-on lire en 2012 dans Libération. Le sport, censé être le langage universel par excellence, devient l'outil de transmission de stéréotypes et de relativisme culturel».

Finalement, ce n’est pas tant la tenue qui dérange que l’image hyper-sexualisée de la femme qu’elle renvoie, véhiculée notamment par les médias.

Le beach-volley souffre en effet d'une image hypersexualisée, véhiculée notamment par sa couverture médiatique. Une étude réalisée durant les Jeux d'Athènes en 2004 montrait ainsi que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou sur le fessier des joueuses. En 2012, le quotidien américain metro.us a d’ailleurs tourné en dérision ce ridicule traitement médiatique en photographiant les postérieurs de sportifs masculins. Le résultat est percutant : difficile de résumer la performance d’un lutteur ou d’un basketteur par une photo de son derrière. Alors pourquoi les beach-volleyeuses devraient-elles subir un tel traitement médiatique ?

« On s’entraîne dur pour réaliser une performance sportive ; voir celle-ci réduite à des images de nos corps est extrêmement vexant », regrette Alexandra Jupiter. Si toutes deux revendiquent le côté esthétique de la discipline, « qui fait partie intégrante de l’histoire du beach-volley », elles déplorent la relative immobilité de leur sport dans un monde où les mentalités évoluent en matière de sport féminin. « Si nous on joue en bikini pour l’audience, pourquoi les garçons ne joueraient-ils pas torses-nus ? », questionne Alexandra.

Les Joueuses et le Choix de la Tenue

Pourtant, plusieurs beach-volleyeuses défendent le port du bikini. Sa compatriote Jen Kessy affirmait de son côté en 2012 qu'on ne la verrait jamais en short sur un terrain, également en raison du sable qui aurait une fâcheuse tendance à finir dans les poches. Les joueurs masculins de beach-volley concourent pourtant dans cette tenue, et en débardeur.

Chaque équipe prévoit ainsi les tenues de ses joueuses, en accord avec la réglementation de la FIVB. Les volleyeuses françaises (pas sélectionnées pour les JO 2016) ont par exemple toujours joué en deux pièces, à leur demande, précise la fédération hexagonale à Libération. C'est également le cas en Allemagne. Un impératif cependant : les deux joueuses doivent porter la même tenue sur le terrain. Les beach-volleyeuses des équipes du Costa Rica, du Venezuela, d'Espagne ou encore d'Argentine ont également joué les épaules (et/ou les jambes) couvertes.

Les beach-volleyeuses françaises Aline Chamereau et Alexandra Jupiter, médaillées d’argent aux derniers Jeux méditerranéens (2018), peuvent en témoigner : l’année dernière, elles se sont vues refuser la possibilité, par l’arbitre, de se couvrir sous prétexte qu’il ne faisait pas assez froid. « Cela m’a mise hors-de-moi, se souvient Aline Chamereau. Même si elles avouent elles-mêmes préférer le bikini pour son côté pratique (par rapport à un short, par exemple, où le sable viendrait plus facilement se loger), Aline et Alexandra, toutes deux issues du volley-ball en salle, déplorent une absence de choix pour les beach-volleyeuses.

Finalement, les filles ne choisissent pas entre le volley-ball et le beach-volley, qui sont deux sports complètement différents, mais entre deux tenues vestimentaires. Mais ce n’est pas pour autant non plus qu’il perdra ses adeptes ! En effet, si la question du bikini est souvent soulevée dans les médias, elle ne l’est jamais dans le monde du beach-volley féminin. Celles qui sont contre, bien souvent, ne viennent pas au beach-volley.

Alexandra Jupiter et Aline Chamereau, deux beach-volleyeuses françaises, nous ont donné leur point de vue sur le port du bikini.

« Je trouve que c’est nul, regrette-t-elle. Parce que ça ne gâche rien à leur talent que ce soit sexy et beau à voir. Et puis, elles ont toutes des beaux corps et sont toutes très bronzées. »

« C'est parce que le sport féminin est moins médiatisé qu'on est obligées de montrer les atouts de la féminité en plus du talent, explique Anny Courtade. Sinon, on n'est pas reconnues. On parle de nous quand on sort notre calendrier mais après, c'est silence radio ! Là, dans le beach-volley, vous verrez d'ailleurs que l'attention baissera et qu'il y aura moins de public. »

Une prémonition qui inquiète la présidente du RC Cannes, par ailleurs dirigeante de la centrale d'achat régionale de Leclerc dans le Sud-Est. Mais le jour où on me dira : ‘‘vos filles vont jouer en Egypte et elles se mettront en tchador’’, on n’ira pas, c'est clair !

VolleyballLe 28/03/2012 à 17h48 - mis à jour le 28/03/2012 à 18h41La Brésilienne Larissa Franca - -Sport olympique, le beach-volley voit sa réglementation évoluer.

Les shorts pourront descendre jusqu’à trois centimètres au-dessus du genou.

VIDEO -- Les amateurs de beach volley féminin risquent de ne pas s’en remettre. La fédération internationale de volley-ball a décidé d’instaurer de nouvelles règles vestimentaires sur ce sport qui plait tant aux spectateurs masculins. Ainsi, aux prochains Jeux Olympiques de Londres, les beach volleyeuses pourront abandonner le mini-short jusqu’à présent obligatoires pour revêtir pourquoi pas un bermuda ou un t-shirt à manches longues. « Pour des raisons culturelles et religieuses, certains pays ont demandé davantage de souplesse. Ce règlement a déjà été appliqué lors de tournois de la FIVB. Cette réforme apparait comme une mini-révolution sur ce sport qui mise beaucoup sur la plastique de ses plus belles représentantes.

Mais ce n’est pas pour autant non plus qu’il perdra ses adeptes !

Qui aurait parié qu’il entrerait aux JO ? Maintenant, non seulement il y est mais en plus on peut parier en ligne sur 20Bet.

tags: #beach #volley #feminin #string