Esch-sur-Alzette : Haut lieu du Beach-Volley

Ce week-end, Esch-sur-Alzette est une fois de plus une terre de beach-volley. Le stade Émile-Mayrisch coiffe la colline du Gaalgebierg au bout d’une route en lacets le long de laquelle s’égrènent maisons cossues, courts de tennis, aires de jeux pour enfants et terrains de beach-volley.

Image d'illustration du Beach Volley

Le beach volley va s’installer en ce milieu de semaine place Duroc, et cela va durer tout le mois de mai.

À travers bois, un randonneur descendrait vers le quartier ouvrier de la Frontière, fief de la populaire Jeunesse, club le plus titré du Luxembourg.

Au club house du Fola, aménagé au bord de la pelouse, Gilbert Goergen ne ménage pas les voisins.

« Gérard ne serait jamais allé à la Jeunesse ! Il vient d’une famille attachée à la figure du Folaman gentleman », assure le vice-président, membre du comité du Fola depuis 1989, au sujet du premier engagement dans le football de l’enfant d’Esch-sur-Alzette, ville de 40 000 habitants au cœur d’une ré...

Le stade Émile-Mayrisch coiffe la colline du Gaalgebierg au bout d’une route en lacets le long de laquelle s’égrènent maisons cossues, courts de tennis, aires de jeux pour enfants et terrains de beach-volley.

À travers bois, un randonneur descendrait vers le quartier ouvrier de la Frontière, fief de la populaire Jeunesse, club le plus titré du Luxembourg.

Au club house du Fola, aménagé au bord de la pelouse, Gilbert Goergen ne ménage pas les voisins.

« Gérard ne serait jamais allé à la Jeunesse !

En 2006, le Fola célèbre son centenaire. Depuis 1994, il végète entre les deuxième et troisième divisions. Les festivités organisées pour l’occasion lui permettent d’apurer ses dettes.

Quelques mois plus tard, Gérard Lopez, qui vient de faire fortune à la faveur du rachat de Skype par eBay, est élu président d’un club où il a joué, jeune, pour l’équipe C.

« Gérard m’a toujours dit qu’il mettrait ses sous quand le club n’aura plus de dettes », se souvient Gilbert Goergen qui voit arriver Skype et SAP comme sponsors.

Avec un budget doublé, dépassant les 2,5 millions d’euros par saison et abondé à 50 % par Gérard Lopez, le train de vie du Fola est bouleversé.

Il retrouve l’élite dès 2008 et embauche jusqu’à dix-huit salariés dont quatorze joueurs dans un pays où moins de 20 % d’entre eux sont professionnels.

« Gérard n’a pas apporté que de l’argent. Il a professionnalisé le club à tous les étages, notamment la formation. »Avec un budget doublé, dépassant les 2,5 millions d’euros par saison et abondé à 50 % par Gérard Lopez, le train de vie du Fola est bouleverséDevenu propriétaire de l’écurie Lotus en 2010, Gérard Lopez appose le blason du Fola sur ses F1 et l’équipe B du Fola arbore les couleurs de Lotus.

On a beau parler, en ville, de l’éventuelle arrivée de Patrick Kluivert après son aventure lilloise, Gérard Lopez n’engage pas de nom ronflant.

Son meilleur coup restera la venue de Jeff Strasser, ancien défenseur de Metz, au poste d’entraîneur en 2010.

« Il est à la base du projet, mais il ne faut pas non plus négliger le travail de Pascal Welter, le directeur sportif », note Christophe Nadin, journaliste indépendant installé au Grand-Duché et suiveur du football luxembourgeois de longue date.

« Lopez, moins présent après le rachat de Lotus, ne s’immisçait pas dans les affaires sportives, ce qui a permis au Fola de réaliser des campagnes de recrutement intelligentes et équilibrées. »Et de rivaliser avec le F91 Dudelange de Flavio Becca.

À l’époque, l’actuel mécène du Swift Hesperange écrase la concurrence avec un budget annuel estimé à 4 millions d’euros.

En 2013, le Fola finit par remporter son premier titre de champion depuis 1930. Il réitère l’exploit en 2015.

« L’engagement de Lopez au Fola doit aussi être compris comme une réplique à Becca, une manière de bomber le torse », explique Christophe Nadin, rappelant que les deux hommes se livrent une lutte sans merci sur le juteux marché de l’immobilier.

Cette inimitié ne les empêche pas de partager des intérêts communs en F1 jusqu’à la cession de Lotus en 2015.

Cette année-là, Flavio Becca profite de l’ouverture d’une information judiciaire pour blanchiment, après une transaction suspecte de 2 millions d’euros entre Lotus et une société d’un partenaire d’affaires de Gérard Lopez par l’intermédiaire du Fola, pour attaquer son adversaire.

Sur les hauteurs du Gaalgebierg, l’hiver est rude.

Celui de 2016-2017 est glacial : en janvier, le bienfaiteur du Fola prend la présidence du Losc et doit donc, en vertu d’une règle de l’UEFA, abandonner celle du club eschois.

« Son départ était non organisé », regrette Gilbert Goergen, « précipité », confirme Christophe Nadin.

Des sponsors et la plupart des joueurs professionnels partent, Jeff Strasser rejoint Kaiserslautern.

Le budget annuel retombe entre 1 et 1,5 million d’euros.

Devenu son président d’honneur, Gérard Lopez garde le contact avec le Fola.

Par le truchement d’une société américaine, il met ainsi en place un partenariat : contre la somme d’1,2 million d’euros, le club doit financer un réseau de recruteurs au Luxembourg pour le compte de Lille.

Après seulement quelques mois, les Américains interrompent les versements alors qu’ils sont encore censés payer 400 000 euros.

En ajoutant les salaires des derniers joueurs professionnels, le Fola doit combler un trou de 600 000 euros…

« Cinq membres du club ont dû contracter des prêts bancaires personnels pour ne pas qu’on se retrouve en difficulté », lâche Gilbert Goergen.

Sur le terrain, l’après-Lopez ne fait pas encore de dégâts. Si la stratégie du trading, assumée par Gérard Lopez, diffère de sa politique menée au Fola Esch, les Girondins de Bordeaux entretiennent des liens avec le pays d’origine de leur président.

Le groupe Jogo Bonito, leur maison-mère, est ainsi domicilié « sur la place », comme on surnomme le centre financier et d’affaires de Luxembourg-Ville.

Claude Zimmer, actionnaire minoritaire de Jogo Bonito et ancien membre du conseil de la Banque centrale du Luxembourg, vient d’intégrer le conseil d’administration du club : dans les années 2000, il co-présidait le RM Hamm Benfica dans la capitale du Grand-Duché.

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