Marquinhos, le défenseur brésilien du PSG, a eu l'occasion d'affronter de nombreux attaquants de renom au cours de sa carrière. Il partage son point de vue sur les joueurs les plus impressionnants et les plus difficiles à marquer.
Après le récital offensif du PSG face au Celtic Glasgow (7-1) et avant le choc à Monaco, ses prestigieux équipiers accaparaient son esprit…
3 minutes où Neymar HUMILIE les joueurs de Ligue 1
Les Joueurs les Plus Marquants Selon Marquinhos
Draxler, le plus technique
Marquinhos a déclaré : "J'ai affronté les trois plus grands - Cristiano Ronaldo, Messi et Neymar - mais en technique pure, c'est Draxler qui m'a le plus impressionné. Même s'il n'a pas la vitesse des trois, il élimine les adversaires sur son contrôle, sa touche de balle, son intelligence de jeu… Il est milieu mais j'ai quand même envie de citer Verratti. Il m'a scotché dès le premier jour où je suis arrivé à Paris [en 2013]. Il ne connaît pas la pression. Tranquille. Il se balade sur le terrain comme s'il faisait du shopping."

Julian Draxler, milieu de terrain du PSG.
Brandao, le plus agressif
Marquinhos se souvient : "Des joueurs qui font mal, il y en a pas mal en Ligue 1! Mais je me souviens surtout de Brandão. A chaque ballon, il y allait vraiment fort. Pas forcément avec l'intention de faire mal, mais il aimait bien le contact. Utiliser son corps, s'appuyer sur toi, ça faisait partie de sa panoplie."
Ibrahimovic, le plus chambreur
Selon Marquinhos, "Zlatan [Ibrahimovic ] est trop fort! Son mental, ses expressions… Il sort toujours des trucs incroyables. Avec lui, tu sais qu'il va se passer quelque chose pendant le match. Il arrive à maîtriser ses adversaires avec un regard, un geste. Dès fois, il me chambrait à l'entraînement et ça me faisait rigoler. Mais il me donnait aussi des conseils, genre : "Si t'es en difficulté, tu balances le ballon devant mais t'essaies de me viser." De toute façon, moi, pour m'énerver, faut vraiment pousser au bout du bout. Ça a dû arriver une ou deux fois dans ma carrière. Et encore, je ne m'en souviens même pas…"
Neymar, le plus craint
Marquinhos confie : "Ma bête noire, c'est Neymar. Il a toujours une solution : quand tu fermes d'un côté, il va de l'autre ; quand tu le serres de près, il se déplace, anticipe et peut changer d'idée en une fraction de seconde. En fait, il a trop de cordes à son arc, ça va trop vite. En plus, je l'affronte tous les jours, maintenant! Sérieusement, c'est un plaisir parce que nous, les défenseurs, on veut affronter de grands joueurs en match comme à l'entraînement. Et ici, on est servis! Imaginez : dans une opposition, il y a Neymar, Di Maria et Lucas d'un côté ; Mbappé, Cavani et Draxler de l'autre."

Neymar, attaquant vedette du PSG.
Lucas, le plus aérien
Marquinhos explique : "Lucas. Oui, je sais, il est petit [1,72 m] mais il a un "jump" et un timing… incroyables! Honnêtement, il me bat de la tête. Sur les six mètres, le coach demande même d'envoyer le ballon sur lui. Falcao? Oui, il est aussi très bon dans ce domaine. Lui, c'est un n° 9 vraiment complet. Je l'avais joué lors de mon premier match en Ligue 1 [22 septembre 2013, 1-1] et il avait marqué."
Suarez, le plus truqueur
Marquinhos note : "Avant, quand il était à Santos et moi aux Corinthians, Neymar c'était le pire. Il était malin, provoquait. Et dès que tu le touchais un peu fort… Il s'est calmé à ce niveau-là. Avec la maturité et le jeu en Europe, il a compris que c'était mieux parfois de rester debout et de garder le ballon pour tenter de marquer. [On l'interroge sur Luis Suárez, qui l'avait poussé à la faute et provoqué le penalty du 5e but lors de la remontada.] Oui, il y a Suárez aussi. Avec son expérience, il sait où le défenseur va intervenir et quand amplifier son mouvement pour que l'arbitre siffle une faute. Ça peut énerver…"
Cavani, le plus physique
Marquinhos souligne : "Cavani, c'est impressionnant. Il court partout du début à la fin. A la 90e minute, il a encore cette envie d'aider, de marquer, de défendre. Cette débauche d'énergie que vous voyez en match, il la reproduit tous les jours à l'entraînement. Pareil. Ce n'est pas le propre d'un attaquant de pointe de faire des efforts pour défendre. Lui si, et pourtant c'est un nom. Quand il voit qu'un joueur a besoin de souffler, il compense. C'est magique, ça nous donne de la force."
Messi et Neymar les plus humiliants
Marquinhos avoue : "Je me suis déjà pris des petits ponts ou d'autres dribbles comme ça, mais ce sont des choses qui arrivent dans le foot. Je ne me suis jamais senti humilié en un contre un. Du coup, je ne me souviens pas d'une action précise. De manière générale, Messi peut te ridiculiser sur un dribble, un contrôle, une accélération ou rien que par son intelligence. Neymar aussi."
L'Expérience des Victimes de Neymar
«Ah moi j’avais prévenu hein ». Depuis son canapé dans les Côtes d’Armor, Lucas Deaux compatit avec le Téfécé. Alors que les hommes de Pascal Dupraz viennent de prendre six pions dans le museau face au « PSG-de-Neymar », comme n’a cessé de le crier Stéphane Guy au micro de Canal + ce soir-là, le milieu de terrain guingampais comprend la détresse des Violets.
Une semaine plus tôt, lui aussi a fait la connaissance de Neymar, sur la pelouse du Roudourou, lors de la large victoire parisienne (3-0). Une soirée qu’il n’est pas près d’oublier. En effet, pour ses premiers pas dans le championnat de France, le Brésilien a fait de Lucas Deaux sa chose. Petit pont, feintes de corps avec ablation des reins, sombrero, Neymar lui aura tout fait. A la fin du match, le joueur n’en revient toujours pas.
a« C’est un délire ce mec. Je ne sais pas s’il est humain, c’est un phénomène. Je l’avais déjà vu à la télé mais, en vrai, c’est incroyable. Je suis vraiment content qu’il soit dans le championnat. Même si on prend des petits ponts ou d’autres trucs… (…) Franchement, je pense que je vais avoir du mal à m’endormir tellement j’ai été impressionné. »Dans sa voix, point de colère, dans ses mots, point de dégoût. C’est aussi ça, l’effet Neymar. Faire naître chez ses victimes une forme d’admiration à son égard, une sorte de syndrome de Stockholm revisité à la sauce samba.
Contre Toulouse, au Parc des Princes, Neymar a voulu soigner sa première sortie dans son nouveau jardin. Et là encore, ça a fait très, très mal. Pour se rendre compte de ce que ça veut dire de jouer contre le phénomène, on a parlé avec Alexis Blin, le jeune milieu de terrain toulousain.
« On a essayé de défendre sur lui mais la réalité c’est que c’est quasiment impossible. En un contre un il est injouable. En fait tu dois t’attendre à ce que le mec parte d’un côté ou de l’autre en permanence, et avec une vivacité, pffff (il souffle)… Franchement je n’ai jamais vu ça. Et le problème, c’est que pour l’arrêter il faut faire faute ou s’y prendre à plusieurs. Mais même là… Plusieurs fois on est allé à trois sur lui et il est parvenu à s’en sortir… »
Comme le Roudourou une semaine plus tôt, le public du Parc a lui aussi eu droit à sa dose de régalade. Le geste le plus marquant, le plus sale aussi, c’est sur Corentin Jean qu’il est tombé.
« Le mec est imprévisible, regarde ce qu’il fait à Coco…, rigole Blin. C’est ça qui fait craindre Neymar, c’est qu’il est capable de te sortir un truc comme ça au milieu de tout et de te passer en un contre un. »
En tête à tête sur la ligne de touche avec l’attaquant du Téf, le n°10 parisien a décidé soudainement d’embraser le Parc « A la fin du match, Coco nous a dit ‘je ne pouvais rien faire’. Le ballon se lève et hop il n’est plus là ! Le mec est au-dessus de tout, qu’est-ce que tu veux faire ? »
Après plusieurs vaines tentatives, Alexis Blin a quand même fini par réussir à mettre un taquet à Neymar. Malgré le carton jaune, ça soulage. « Je ne dirais pas que c’est de la frustration, mais un peu quand même, admet volontiers le Toulousain. Et puis c’est aussi pour lui montrer qu’on est là, qu’on ne se cache pas. Après voilà, on ne va pas se mentir, quand t’as 20 ou 30 % de possession de balle durant tout le match, que tu cours après le ballon pendant 90 minutes, c’est dur… »
« C’est sûr que c’est agaçant de se faire passer à chaque fois en un contre un. Après voilà, c’est Neymar… »
En Espagne, certains n’ont que très peu goûté au « joga bonito » de Ney. C’est le cas notamment des joueurs de l’Athlétic Bilbao. A l’époque déjà, Neymar avait tenté de passer sa fameuse « lambretta ». Même Luis Enrique, alors coach du Barça : « En Espagne, ce genre de geste est mal vu. Si j’étais joueur de l’Athletic, moi aussi j’aurais réagi de la même manière voire pire. » En France aussi (déjà ?), le numéro de soliste-provocateur agace.
« Il est arrivé en Ligue 1 comme si c’était le roi du monde. Ça m’agace, a balancé récemment le Nantais Abdoulaye Touré en conférence de presse. Si j’étais amené à jouer contre lui, je ne resterais pas les yeux ouverts à le regarder jouer. »
Aujourd’hui, s’il provoque, c’est uniquement balle au pied.
« C’est aussi ce qu’on s’est dit, confirme Alexis Blin. Il joue, il ne parle pas, il fait ce qu’il sait faire sans en rajouter. C’est dans ses gestes techniques qu’il est provocateur mais ça, c’est le footballeur qui est comme ça, pas l’homme. Et heureusement qu’il y a des joueurs comme ça, c’est aussi ce qui fait la beauté de ce sport.