Décès de basketteurs NBA : Hommages et souvenirs

Le monde du basketball a été frappé par plusieurs décès de figures emblématiques de la NBA. Cet article rend hommage à ces joueurs et dirigeants qui ont marqué l'histoire du basketball.

Caleb Swanigan : Un destin tragique

Son nom n’avait peut-être pas beaucoup franchi les frontières de la NBA où il a officié durant quelques années. Caleb Swanigan était un de ces sans-grade de la puissante Ligue américaine.

Caleb Swanigan a été retrouvé mort ce 21 juin chez lui, à Fort Wayne dans l’Indiana. Les causes de son décès ne sont pas encore connues mais il semble que le basketteur soit décédé de cause naturelle. Il avait 25 ans. Quel destin tragique que celui de cet ailier fort qui pouvait aussi jouer pivot !

Né à Indianapolis, Swanigan a eu une enfance sordide, bringuebalé de foyers en famille d’accueil. Quand il a fêté son 13e anniversaire en 2010, il avait déjà connu cinq foyers pour sans-abri avec sa mère et ses cinq frères et sœurs. Il avait aussi été inscrit dans 13 écoles différentes.

Boulimique de nourriture, il n’était à la préadolescence qu’un enfant obèse sans avenir destiné à faire la manche dans les coins des rues où il dormait. Son père Carl est mort en 2014 des suites du diabète. Il pesait 230 kg pour 2,03 m au moment de son décès. Son fils a commencé à prendre le même chemin avant de s’en écarter, puis d’y revenir à la fin de sa courte vie. À 14 ans, Caleb Swanigan mesurait 1,88 m mais pesait autour de 160 kg.

Caleb Swanigan

Un espoir né du basket

C’est le basket qui l’a sorti une première fois de l’enfer.

Sa taille (2,06 m à l’âge adulte) lui a permis d’être repéré par Roosevelt Barnes, un coach de l’AAU (Amateur Athletic Association), une ligue de basket amateur comme il en existe aux États-Unis où le sport business écrase tout. C’est là, vers 15 ans, que le jeune Swanigan, vite surnommé « M. Basketball » par ses nouveaux potes, est devenu un joueur de basket. L’adolescent redescendu à 120 kg, son poids de forme, s’est transformé en un athlète musclé à force de rééquilibrer son alimentation.

Champion du monde avec les U 17 puis les U 19 américains, en 2014 et 2015, il a fait les beaux jours de Purdue, une puissante université américaine. En 2017, à 20 ans, l’ancien sans abri s’est présenté à la draft NBA. Il est choisi en 26e position par les Portland Trail Blazers et sa trajectoire incroyable passionne vite l’Amérique. L’intérieur a disputé 75 matchs NBA entre 2017 et 2020 entre Portland et Sacramento, son autre franchise.

Des difficultés après le Covid

Son temps de jeu moyen, environ huit minutes par match, n’a pas été époustouflant. Il est resté un joueur de banc qui pouvait entrer à tout moment pour marquer un ou deux paniers. C’est pourquoi il n’était pas un joueur très connu en Europe. Il s’est investi durant sa carrière dans les écoles américaines pour aider les enfants à mieux manger chaque jour, la malbouffe étant un fléau aux États-Unis.

Swanigan a disputé son dernier match NBA quand le Covid a mis la NBA à l’arrêt en mars 2020. Tout a recommencé quand le virus s’est fait moins virulent, mais pas lui. Sans le basket, sa seule raison de vivre, le joueur a sombré dans une profonde dépression dont il ne s’est jamais relevé.

En 2021, il avait évité la prison pour récidive de possession illégale de marijuana. « Il paraît clair qu’il a des soucis dans sa vie. Vous ne savez rien de ce qu’il traverse et vous ignorez ce qui l’a mené vers ce changement drastique.

Jerry West : L'incarnation de l'excellence

Jerry West, joueur et dirigeant emblématique de la NBA, est mort mercredi 12 juin à l’âge de 86 ans, a annoncé dans un communiqué le club des Clippers de Los Angeles, où il était consultant.

L’ancien meneur ou arrière des Los Angeles Lakers (1960-1974), franchise avec laquelle il échoua sept fois en finale du championnat NBA avant de finalement soulever le trophée en 1972, était « l’incarnation de l’excellence au basket », selon les Clippers, au point de servir de modèle au logo officiel de la ligue.

Jerry West, surnommé « Mr. Clutch » pour ses exploits en fin de match en tant que joueur, a été intronisé au Hall of Fame en tant que joueur en 1980 et de nouveau en tant que membre de l’équipe olympique américaine médaillée d’or en 1960 en 2010. Il sera intronisé une troisième fois plus tard cette année en tant que contributeur.

Il a été All-Star lors de chacune de ses 14 saisons NBA, sélectionné 12 fois dans l’équipe All-Star de la NBA, membre de l’équipe des Lakers de 1972 qui a remporté un championnat, MVP des finales NBA en 1969, malgré la défaite de son équipe, et a été sélectionné dans l’équipe du 75e anniversaire de la NBA.

Jerry West a été directeur général de huit équipes championnes NBA avec les Los Angeles Lakers. Il a également travaillé dans les bureaux des Memphis Grizzlies, des Golden State Warriors et des Clippers. Parmi ses nombreux moments forts en tant que dirigeant avec les Lakers : il a sélectionné Magic Johnson et James Worthy, puis a recruté Kobe Bryant et finalement Shaquille O’Neal pour jouer aux côtés de Bryant.

Même dans les dernières années de sa vie, M. West était considéré comme une royauté du basket-ball. Il s’asseyait régulièrement au bord du terrain lors des matchs de Summer League à Las Vegas, regardant souvent plusieurs matchs par jour tout en saluant de longues files de joueurs.

Il est 25e sur la liste des meilleurs marqueurs de tous les temps de la NBA, et bien que la ligue n’ait jamais confirmé que West était en fait le modèle de son logo - un joueur dribblant un ballon, sur un fond rouge et bleu - elle n’a jamais dit le contraire non plus.

Jerry West

Les hommages du monde du sport ont rapidement afflué après l’annonce de la mort de West.

Les Los Angeles Dodgers ont publié une déclaration qualifiant West de « figure indélébile du paysage sportif de Los Angeles depuis plus de soixante ans », et la NBA prévoyait un hommage avant le match 3 des finales NBA entre les Boston Celtics et les Dallas Mavericks mercredi soir. « Jerry West est l’une de mes personnes préférées parmi celles que j’ai eu l’honneur de connaître dans la NBA », a déclaré mercredi Micky Arison, associé directeur général du Miami Heat. « Il m’a accueilli dans la ligue, a offert des conseils dès le premier jour, et n’a rien demandé en retour. Il va nous manquer. »

Originaire de Chelyan, en Virginie-Occidentale, West était connu comme un joueur tenace rarement satisfait de ses performances.

Il a grandi en tirant dans un panier cloué sur le côté d’un hangar et s’entraînait souvent jusqu’à ce que ses doigts saignent. Il est devenu le premier joueur de lycée de l’histoire de l’Etat à marquer plus de 900 points en une saison, avec une moyenne de 32,2 points en menant East Bank High à un titre d’Etat. Le basket-ball, révélera-t-il plus tard, était sa thérapie.

Dans ses Mémoires, West by West : My Charmed, Tormented Life, West a raconté une lutte de toute une vie contre la dépression. Il a écrit que son enfance était dépourvue d’amour et remplie de colère à cause d’un père abusif. Il racontait qu’il se sentait souvent sans valeur, et pour combattre cela, il mettait son énergie à jouer au basket-ball.

Kobe Bryant : Une légende inoubliable

Hommage à Kobe Bryant : la peine inconsolable de Michael Jordan

Le basketteur américain, star de la NBA, Kobe Bryant est décédé dimanche matin dans le crash de son hélicoptère, intervenu à Calabasas, à proximité de Los Angeles, dans le sud de la Californie, selon le site américain d'actualités sur les célébrités TMZ.

Agée de 13 ans, Gianna Bryant, une des quatre filles de la star, a également perdu la vie dans ce crash qui a fait neuf victimes au total, a indiqué le maire de Los Angeles Eric Garcetti. L'appareil, un Sikorsky S-76B construit en 1991, avait décollé du John Wayne Airport dans le comté d'Orange à 9 heures dimanche matin, heure locale. L'appareil a survolé l'intégralité de l'agglomération de Los Angeles avant de s'écraser sur une colline au nord-ouest de la ville, entre Santa Monica et Malibu une heure plus tard.

Kobe Bryant, âgé de 41 ans, avait exclusivement joué pendant 20 ans au sein de la franchise NBA des Los Angeles Lakers. Quintuple champion NBA , il est l'un des sept joueurs à avoir inscrit plus de 30.000 points en carrière. Kobe Bryant est également double champion olympique 2008 et 2012 avec l'équipe des Etats-Unis. Sélectionné en 13e position lors de la draft 1996 de la NBA par les Hornets de Charlotte, alors qu'il est lycéen, il est immédiatement transféré aux Lakers de Los Angeles.

Kobe Bryant

Après plusieurs saisons d'apprentissage dans la NBA, il forme avec Shaquille O'Neal l'un des duos les plus dominants de l'histoire de la NBA, réalisant un triplé historique en 2000, 2001 et 2002.

Il change son numéro 8 pour le numéro 24 avant la saison 2006-2007 qu'il termine en tant que meilleur marqueur de points. En 2008, il est désigné meilleur joueur de la saison régulière (MVP). Il remporte deux nouveaux titres en 2009 et 2010. Kobe Bryant avait mis un terme à sa carrière le 13 avril 2016, après un dernier match durant lequel il inscrit 60 points.

La NBA a immédiatement rendu hommage au joueur et à son exceptionnelle carrière, notamment dimanche soir à l'occasion du match entre les Rockets de Houston et les Nuggets de Denver. La partie a débuté par une minute de silence.

Reggie Lewis : Une étoile filante

« Myocardite fulgurante ». C’est ce qui est inscrit sur le rapport d’autopsie de Reggie Lewis, décédé le 27 juillet 1993 à 27 ans. Ce jour-là, deux membres de la sécurité de l’université Brandeis le découvraient dans un gymnase du campus, près de la ligne à 3-points, inerte. La saison suivante est celle de la confirmation, mais aussi de la prise de responsabilités puisque la retraite de Larry Bird lui permet de devenir co-capitaine des Celtics.

Avec ses 20.8 points de moyenne, et le soutien des anciens (Robert Parish et Kevin McHale) et de Xavier McDaniel, il parvient à maintenir Boston dans le Top 4 à l’Est. Viennent alors les playoffs avec une opposition face aux Hornets de Larry Johnson, Alonzo Mourning et de ses potes Muggsy Bogues et David Wingate. Ce 29 avril 1993, Boston possède l’avantage du terrain, et dès le Game 1, Reggie Lewis frappe fort : 10 points en 3 minutes !

Mais après le match, les Celtics comprennent que cette chute n’est pas anodine et le staff médical l’envoie faire des tests dans un hôpital où il passe entre les mains de 12 cardiologues. Furieux de ce verdict, il quitte carrément l’hôpital pour avoir un deuxième avis.

Dans le second établissement, il tombe sur un médecin qui lui explique qu’il a simplement fait une syncope, que son cœur est en bonne santé, mais qu’il devra être suivi par un médecin pour la reprise du basket.

Reggie Lewis n’a pas le choix : il accepte ces conditions, et ne joue d’ailleurs plus pendant les playoffs. Le 27 juillet, dans un obscur gymnase d’une petite fac’ du Massachusetts, son cœur s’arrête à nouveau. Pour de bon… À quelques kilomètres de là, sa femme l’attendait à la maison pour lui annoncer qu’elle était enceinte de leur deuxième enfant.

Toute la NBA est sous le choc, mais une grosse polémique vient ternir la douleur de la famille et de ses proches. Le Wall Street Journal se fait l’écho d’une contre-autopsie qui mettrait en évidence la présence de cocaïne dans ses tissus. Le club et la famille portent plainte contre le journal, et l’affaire sera finalement classée… Autre plainte de la famille, celle contre le médecin qui l’avait autorisé à rejouer.

Vingt ans plus tard, la chaîne ComcastSportsNet diffusa « Remember Reggie : The Reggie Lewis Story », un documentaire de 90 minutes.

Wes Unseld : Un pilier des Bullets

L'ancien intérieur Wes Unseld, joueur, coach et dirigeant emblématique des Bullets (aujourd'hui Wizards), est décédé mardi à 74 ans. La franchise des Washington Wizards vient de perdre en Wes Unseld l'un des plus grands joueurs de son histoire, si ce n'est le plus important en concurrence avec Elvin Hayes.

Ensemble, ces deux intérieurs avaient mené l'équipe de la capitale fédérale, qui portait alors le nom de Bullets, jusqu'à son seul titre, en 1978.

Choisi en deuxième position de la Draft (derrière Hayes) dix ans plus tôt par les Bullets, alors basés à Baltimore, Unseld était alors dans une pente déclinante de sa carrière, se concentrant sur ce qui faisait sa force, le rebond, alors que c'était un « petit » pivot de 2,01 m. Ce qui ne l'avait pas empêché d'être désigné MVP de la finale.

Malgré un physique lourdaud, Wes Unseld avait été un joueur dominant dès son arrivée en NBA, deuxième et dernier joueur de l'histoire à être élu à la fois rookie de l'année et MVP de la saison régulière (en tournant à 13,8 points et 18,2 rebonds) après Wilt Chamberlain. Ce qui lui a valu d'être introduit au Hall of Fame de Springfield en 1988.

Il n'en fut pas de même de sa carrière de coach, où là encore il ne connut qu'une équipe, les Bullets, de 1987 à 1994, et ne se hissa en play-offs qu'une fois, la première année. Son fils, Wes Unseld Jr, a suivi cette voie du banc puisqu'il est aujourd'hui adjoint n°1 des Denver Nuggets.

Unseld gardait une grande aura au sein de la franchise, dont il fut également vice-président et manager général, jusqu'à sa mort ce mardi à l'âge de 74 ans, des suites de divers problèmes de santé, dont une pneumonie.

Junior Bridgeman : Du basketball à l'empire commercial

Ancien joueur NBA à la carrière honorable dans les années 70-80, avant de faire fortune dans les fast-foods et la distribution de bouteilles de Coca-Cola, Junior Bridgeman est mort subitement mardi, à l'âge de 71 ans.

Drafté par les Lakers en 1975 mais échangé trois semaines plus tard contre un certain Kareem Abdul-Jabbar, l'ailier/arrière d'1,96m a joué la quasi-totalité de sa carrière NBA, jusqu'en 1987, chez les Milwaukee Bucks. Sixième homme reconnu, recordman (en son temps) du nombre de matchs disputés avec la franchise du Wisconsin (711), Bridgeman avait d'ailleurs vu son numéro 2 y être retiré en 1988.

Devenu patron de plus de 450 fast-foods sur le territoire américain, l'ex-basketteur a tout revendu en 2016 pour 250 millions de dollars, en partie réinvestis dans un projet qui l'a propulsé sur une autre planète: une entreprise d'embouteillage et de distribution de Coca-Cola.

Grâce un quasi-monopole sur trois États américains dans ce secteur, et un triplement du chiffre d'affaires en huit ans, Junior Bridgeman avait ainsi vu sa fortune grimper, selon les estimations de Forbes en février, à... 1,4 milliard de dollars, soit 1,28 milliard d'euros.

Tableau récapitulatif des joueurs décédés

Nom Âge au décès Cause du décès Principales réalisations
Caleb Swanigan 25 ans Cause naturelle (non précisée) Champion du monde U17 et U19, joueur NBA (Portland, Sacramento)
Jerry West 86 ans Non précisée Champion NBA (1972), MVP des finales (1969), Hall of Fame (joueur et dirigeant)
Kobe Bryant 41 ans Accident d'hélicoptère Quintuple champion NBA, double champion olympique
Reggie Lewis 27 ans Myocardite fulgurante Co-capitaine des Celtics, 20.8 points de moyenne
Wes Unseld 74 ans Problèmes de santé (pneumonie) MVP de la saison régulière et des finales, champion NBA (Bullets)
Junior Bridgeman 71 ans Crise cardiaque Carrière NBA honorable, succès commercial (fast-foods, Coca-Cola)

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