Le monde du basket trépigne d’impatience depuis plusieurs mois, tous attendent la reprise de la NBA, considérée comme le meilleur "championnat du monde". Quatorze Français, dont trois Ultramarins, sont engagés dans le championnat nord-américain de basket, la NBA. Comme Victor Wembanyama, treize autres Français attaquent la nouvelle saison NBA avec des ambitions différentes et parmi eux, deux Guadeloupéens et un Martiniquais.
Rappelons que cinq Guadeloupéens ont joué en NBA : Rodrigue Beaubois, Mickaël Gelabale, Jérôme Moiso, Johan Petro et Mickaël Pietrus. Un record national pour un département. Sans parler de Rudy Gobert dont le père Rudy Bourgarel est originaire de l’île.

Carte de la Guadeloupe
Rudy Gobert : Le Retour du Taulier ?
Après une première saison en dents de scie avec son nouveau club des Timberwolves du Minnesota, qui l’a recruté à prix d’or en 2022, le Guadeloupéen veut maintenant rebondir. Décevant tout comme son équipe lors des matchs à enjeu, le pivot n’a pas eu le même rendement que lors de ses huit saisons avec les Jazz de l’Utah, même s’il a tourné à 13,4 points par match.
Arrivé pour aider les Timberwolves à passer un cap, le Guadeloupéen n’a pas réussi à s’entendre dans le jeu avec ses coéquipiers, notamment avec Karl-Anthony Towns. Éliminé dès le premier tour des play-off (Minneapolis n’a plus franchi un tour de play-offs depuis 20 ans) par Denver, la saison de Rudy Gobert a été très compliquée. Elle s’est soldée par un coup de poing à un coéquipier et une élimination précoce au premier tour de la coupe du monde avec l’équipe de France.
À 31 ans, et pour sa onzième saison, "Gobzilla" veut rebondir et montrer qu’il est encore le joueur de classe, élu trois fois meilleur défenseur de l’année en NBA en 2018, 2019 et 2021.

Rudy Gobert en action
Théo Malédon en Eaux Troubles
L'aventure continue entre Théo Malédon et les Charlotte Hornets. Devenu agent libre à l'issue de son bail avec la franchise de Caroline du Nord la saison dernière, le meneur guadeloupéen de 22 ans a rempilé avec un contrat "two way", c'est-à-dire qu'il naviguera entre l'équipe NBA et les Greensboro Swarm, l'équipe réserve, en G-League, la Ligue de développement de la NBA.
Arrivé pour prendre le relais de Tony Parker en Amérique et perpétuer la lignée des meneurs français, Théo Malédon n’a pour l’instant pas réussi à confirmer les espoirs placés en lui. Blessé à une épaule, Malédon n’a pas participé aux matchs de présaison et il semble loin d’être un titulaire en puissance du cinq majeurs, ni même un premier choix en sortie de banc.
Après trois saisons en NBA et plusieurs clubs, la quatrième saison de Théo Malédon semble être celle de la dernière chance. L’ancien joueur de l’ASVEL, qui caresse toujours le doux rêve d’être présent pour les JO de Paris 2024, sait qu’il part de loin. Mais à l’aube de cette nouvelle saison, le joueur de 22 ans, une fois débarrassé de ses soucis physiques, pourrait bien en surprendre plus d’un et être la belle surprise de la saison régulière.
Rayan Rupert, la Découverte du Grand Monde
À 19 ans, Rayan Rupert, qui espérait être drafté dès le premier tour, n’est que le 43ème choix. Le Martiniquais va donc vivre une saison de "Rookie" au sein de la franchise de Portland. Fils du regretté Thierry Rupert et frère de l’internationale Iliana Rupert, Rayan, qui évolue au poste d’arrière, aura sans doute sa chance durant cette saison.
Joueur à fort potentiel, il est capable de défendre à tous les postes sur le terrain. En revanche, son assise offensive est encore à travailler s’il veut prétendre à une place assurée, au moins sur le banc. Formé à l'INSEP, le Martiniquais avait fait le choix surprenant de partir en Australie à la fin de son cursus au centre fédéral. Après une saison chez les New Zealand Breakers, il a décidé de tenter l'aventure américaine.
La bonne nouvelle pour le vice-champion d'Australie, est qu’il a signé un contrat garanti de deux ans, plus un en option, ce qui lui ouvre la possibilité d’évoluer en NBA à coup sûr dans les années à venir. En attendant, il va devoir patienter et attendre son heure dans cette équipe pas taillée pour jouer les premiers rôles en NBA cette saison.

Rayan Rupert lors d'un match
Rodrigue Beaubois : Flash-back sur les Prémices de sa Carrière
Finaliste en 2018 du championnat espagnol de basket avec le club de Saski Baskonia, Rodrigue Beaubois effectue une carrière riche, il est passé par la France la NBA, la Belgique et l'Espagne. En 1995, Rodrigue Beaubois a 7 ans, il est passionné de foot et taquine le cuir avec ses amis. Un soir, il tombe sur un match NBA, c'est la révélation et il devient passionné de basket. Il s'inscrit dans l'équipe des New Stars de Pointe à Pitre et nourrit le rêve de jouer en NBA.
A 14 ans, il est élu MVP du tournoi GuyMargaoù s'affrontent les sélections de jeunes de Guadeloupe, Martinique et Guyane. Malgré ces performances, Rodrigue Beaubois ne reçoit pas de contact de la part de clubs professionnels. A 16 ans, il s'impatiente et pense arrêter le basket. Au même moment, Jean François Martin entraîneur des espoirs du club de Cholet est en Guadeloupe pour superviser des jeunes joueurs. Il est séduit par la conduite de balle, la vitesse de jambes et l'adresse de Rodrigue Beaubois.
Il rencontre ses parents et lui propose de passer quelques jours à Cholet pour s'entrainer et visiter les installations du club. Le jeune joueur est séduit et rejoint le club choletais en 2005. Son passage dans la franchise est marqué par un match à 40 points contre les Golden State Warriors le 27 mars 2010 et un titre de champion NBA en 2011.
Georges Bengaber : La Cheville Ouvrière du Basket Guadeloupéen
Georges Bengaber est la cheville ouvrière du club de l’ASC Ban-é-Lot, célèbre pour avoir sorti Jim Bilba et Jérôme Moiso. C’est aussi le responsable technique du Pôle de la Guadeloupe, une île de seulement 400 000 habitants mais qui est peuplée de futurs basketteurs de haut niveau.
Il est parti en métropole pour des études en 1971 et il a rencontré Robert Monclar sur l’un des terrains de Romainville et il l’a invité à venir au Racing Club de France là où il était dirigeant. Il a été pris tout de suite dans l’équipe et il y a joué pendant six ans avant une grave blessure au genou. En février 1979, il revient en Guadeloupe. Le club de Ban-é-Lot existait depuis dix ans créé par Jacques Cicofran. Il est joueur jusqu’en 1986 et après il est entraîneur jusqu’à maintenant.
Il a été formé par les frères Buffière (André et Maurice). Il continue à aller voir ce qui se passe à l’extérieur. Au mois de septembre, il est allé quinze jours à Atlanta pour faire travailler son fils (Grégory, qui est espoir au Mans) et pour apprendre. Il est responsable de la formation des jeunes au Pôle et Patrick Cham qui est CTS lui donne carte blanche.
Le basket est le troisième sport. Le premier c’est le cyclisme et le deuxième le football. Nos jeunes ont du talent ! La détection se fait dans les écoles. A Ban-é-Lot, on a une cellule de détection qui fréquente les écoles de Pointe-à-Pitre.
Il y a de très gros progrès dans la formation des basketteurs guadeloupéens et dans la perspective d’en faire ensuite une profession. Avec ce qui a été mis en place à la ligue, vous êtes suivi depuis l’âge de dix ans, un travail est fait, les sélections se font ensuite. Vous allez au Pôle Guadeloupe et là vous êtes repérés par les structures des équipes de France. Il y a de moins en moins de talents qui se perdent.
J'AFFRONTE... LA GUADELOUPE ! (RENCONTRE ABONNÉ)
Noël Nijean : Un Parcours Inspirant
Noël Nijean est né le 30 janvier 1983 à Fort-de-France, en Martinique. Il est repéré à l’âge de onze ans par Jérémy Licyr. À cette époque, Saint-Ange Vébobe joue un rôle déterminant dans son développement. C’est grâce à lui que Noël intègre l’INSEP à quinze ans. Durant ses trois années à l’INSEP, Noël est sélectionné en équipe de France cadets, avec laquelle il termine 4e au championnat d’Europe. Il poursuit ensuite sa progression en équipe de France juniors et remporte le titre de champion d’Europe en 2000.
Par la suite, Noël évolue dans plusieurs clubs professionnels français (Quimper, Bourg-en-Bresse, Bondy), et apporte son énergie et son talent au poste d’ailier fort. En Guadeloupe comme en Martinique, les dispositifs de détection existent, mais leur efficacité peut varier. Le CREPS implanté aux Abymes en Guadeloupe, occupe une place centrale dans ce dispositif parfaitement orchestré. En Martinique, la situation se révèle plus complexe qu’on ne pourrait imaginer.
Noël Nijean est bien placé pour évoquer le choc que représente un départ vers la métropole à un âge si jeune. L’acclimatation demeure difficile : le froid, la solitude, le changement d’alimentation, tout est inédit. Cependant, une chose reste constante : « ceux qui ont réussi avaient une volonté forte de représenter au mieux leur île ».
Antillais et Métropolitains : Une Histoire d'Amour dans le Basket
Un temps marquées par l’indifférence, les relations entre Antillais et Métropolitains se sont transformées en histoire d’amour. De Jacques Cachemire à Kévin Séraphin, en passant par Jim Bilba, les joueurs venus des mers chaudes ont illuminé le basket français.
La Guadeloupe, la Martinique, deux îles, et la Guyane plantée en Amérique du Sud, furent initialement des territoires marqués au fer rouge par les guerres des empires coloniaux européens et l’esclavage. Ce sont aujourd’hui trois départements d’Outre-Mer. Que serait, que vaudrait, l’équipe nationale sans ses forces antillaises et plus crûment sans son or noir ?
Jacques Cachemire était un super athlète mais il avait un jump shot totalement désaxé quand il quitta sa chère Guadeloupe. Cachou fut la première star antillaise du basket-ball et Patrick Cham, 58 ans aujourd’hui, alors au fin fond de la Guadeloupe, se souvient d’avoir entendu son nom à la radio et aperçu furtivement quelques images de lui alors qu’il était ado.
Quitter son île, le soleil, la mer, la douceur des Alizées, c’est forcément un crève-cœur. C’est Georges Ithany, alors en vacances, qui découvre à St. Claude un jeune gars de 17 ans doué et bien bâti, Patrick Cham. « C’est comme ça que le recrutement se faisait. Quelqu’un qui était dans le circuit te voyait et te faisait une proposition. La détection n’était pas organisée même si une filière se mettait en place.
Deux Guadeloupéens, deux big men, vont foirer leur carrière si l’on songe à leur formidable potentiel, Rudy Bourgarel et Jérôme Moiso. Rudy Bourgarel, le père de l’actuel pivot des Utah Jazz Rudy Gobert, qui lui ressemble physiquement comme deux palmiers antillais, était promis à la draft 89.
Si nombre d’Antillais sont tentés par l’aventure américaine, il reste que la venue en métropole demeure l’axe prioritaire pour les enfants des îles. La paire Jeff Martin, comme coach recruteur, Jacques Catel, le directeur du centre, font un job cinq étoiles.
Jacques Cachemire revenait régulièrement en Guadeloupe durant la période estivale et y prêchait la bonne parole. Jim Bilba a pris le relais. Mike Gelabale a organisé le Gelabale Slam ouvert aux garçons comme aux filles. Steeve Essart a conservé des liens très forts avec la Guyane.

Le basket en Guadeloupe
Tableau Récapitulatif des Basketteurs Guadeloupéens en NBA
| Nom du Joueur | Poste | Équipes NBA | Faits marquants |
|---|---|---|---|
| Rudy Gobert | Pivot | Utah Jazz, Minnesota Timberwolves | Plusieurs fois élu meilleur défenseur de l'année |
| Rodrigue Beaubois | Arrière | Dallas Mavericks | Champion NBA en 2011 |
| Mickaël Gelabale | Ailier | Seattle Supersonics, Dallas Mavericks, Minnesota Timberwolves | Carrière honorable en NBA |
| Jérôme Moiso | Pivot | Boston Celtics, Charlotte Hornets, New Orleans Hornets, Toronto Raptors, New Jersey Nets, Cleveland Cavaliers | 145 matchs NBA au compteur |
| Johan Petro | Pivot | Seattle SuperSonics / Oklahoma City Thunder, Denver Nuggets, New Jersey Nets, Atlanta Hawks | Carrière solide en NBA |
| Mickaël Pietrus | Arrière | Golden State Warriors, Orlando Magic, Phoenix Suns, Boston Celtics, Toronto Raptors | A eu une carrière notable en NBA |
| Théo Malédon | Meneur | Charlotte Hornets | Contrat "two way" |
| Rayan Rupert | Arrière | Portland | Saison de "Rookie" |
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