Au XXIe siècle, Metz a usé et abusé de l'ascenseur. Présent 35 années consécutives en première division entre 1967 et 2002, le club messin a rompu cette série au terme d'une saison achevée à la 17e place de l'ancienne Division 1. Le début d'une folle série de remontées et descentes qui a connu son 16e épilogue jeudi soir.
Tombeurs de Reims (3-1 a.p., 1-1 à l'aller) à Auguste-Delaune en barrages L1/L2, les Grenats ont en effet validé un quatrième changement de division consécutif. Si l'on élargit un peu la focale, c'est même le sixième sur les huit dernières années. Une habitude que les supporters messins avaient représentée sur un tifo portant le message ironique « Priorité aux habitués », déployé lors de la manche aller, au Stade Saint-Symphorien.

2002 : La Fin d'une Série, le Début d'une Nouvelle
Bien installés dans l'élite, les Grenats chutent dans la toute fraîchement renommée Ligue 2 en 2002, en échouant à la 17e d'un Championnat à 18 équipes. Les Lorrains retrouvent toutefois la Ligue 1 dès la fin de saison suivante, avec une solide 3e place obtenue notamment grâce aux 13 buts d'Emmanuel Adebayor. Le jeune togolais, meilleur joueur messin, s'envole toutefois pour Monaco, une habitude à Metz. Emmanuel Adebayor a été l'un des grands acteurs de la remontée de Metz en 2003.
Malgré son départ, la remontée s'ensuit de deux maintiens consécutifs en L1 en 2004 (14e), puis 2005 (16e), avec la révélation Franck Ribéry, passée six mois au club à peine.
Sauvés pour deux points la saison précédente, les protégés du président Carlo Molinari terminent lanterne rouge de Ligue 1 en mai 2006. La remontée dès l'exercice suivant, avec un second titre de champion de Ligue 2 à la clé, est toutefois suivie d'une nouvelle 20e place synonyme de relégation dès 2008, avec un total peu enviable de 24 points en 38 journées.
2008-2012 : L'Ascenseur Tombe en Panne
En lice pour jouer la montée et encore solide 3e du classement avec cinq points d'avance sur le 4e de Ligue 2 à la 30e journée, Metz enchaîne sept matches sans victoire et retombe au 5e rang. En 2009, le club est donc contraint de passer une deuxième saison consécutive dans l'antichambre pour la première fois depuis 45 ans. C'est le moment choisi par le président Molinari pour une passation de pouvoir avec Bernard Serin, devenu nouvel actionnaire majoritaire en 2006.
Metz s'enlise, puisque 4e de L2 en 2010, le club termine 17e de justesse en 2011 (sauvé à la 37e journée), avant de reculer d'une place et de basculer en National pour la première fois de son histoire un an plus tard. En danger, le club s'appuie sur les 4 millions d'euros liés au départ de Sadio Mané au Red Bull Salzbourg pour pérenniser son avenir direct.

Des Montées à la Pelle, du National à la L1
Rappelé sur le banc, Albert Cartier s'appuie sur des joueurs formés au club (Ngbakoto, Bussmann, Métanire, etc) et le soutien d'un public record pour remonter directement, en 2013, grâce à une 2e place derrière l'US Créteil-Lusitanos. Une dynamique poursuivie à l'échelon supérieur.
Malgré l'objectif maintien affiché en L2, les Messins confirment leur retour en L1 dès la 34e journée, sous l'impact du buteur Diafra Sakho (20 buts en L2). Promus dans le costume de champion, ils vendent le Sénégalais et rebasculent aussi vite en L2, au terme d'une saison cauchemardesque et marquée par un recrutement raté.
Mais le club, tel un habitué, prend la 3e place de Ligue 2 sur le fil au Havre, à égalité parfaite et seulement devancé au nombre de buts inscrits sur la saison (54 contre 52). Une montée signée Philippe Hinschberger, qui a rapidement pris le relais du Belge José Riga sur le banc et maintient Metz en L1 grâce à une 14e place la saison suivante. Mais l'ancien joueur du club devenu entraîneur est licencié en octobre 2017, et la saison se conclut à la 20e et dernière place de L1, avec 24 revers au compteur.
Metz embauche Frédéric Antonetti durant l'intersaison 2018 et remonte au terme d'une saison maîtrisée de bout en bout. Le club mosellan termine champion de L2 avec 81 points malgré l'absence prolongée de l'entraîneur corse, parti au chevet de sa femme, malade, et l'intérim de Vincent Hognon. L'actuel entraîneur de Valenciennes maintient Metz en 2020 (15e), puis récidive la saison suivante avec le retour sur le banc d'Antonetti (10e).
Les meilleurs buts de la saison !
2022 : Le Tournant Raté
Revenu aux commandes, le Corse participe à cette saison 2021-2022 conclue à une 19e place très décevante. Metz manque l'occasion d'enchaîner pour la première fois au XXIe siècle une quatrième saison consécutive en L1 et embauche le Roumain Laszlo Bölöni pour remonter au plus vite. Pari réussi avec une inattendue 2e place de L2 à trois points du Havre, encore suivie d'une relégation malgré le retour en prêt abouti de Georges Mikautadze en janvier (13 buts, barrages compris).
L'issue est cruelle puisque les Grenats, 16es et barragistes, chutent en barrages face à Saint-Etienne (1-2, 2-2), après avoir mené 2-0 lors de la manche retour. Un revers lourd de conséquences qui coûte sa place à Bölöni, remplacé par Stéphane Le Mignan. Malgré un groupe remodelé et plutôt affaibli, l'ancien entraîneur de Concarneau offre une septième remontée en L1 à Metz depuis le début du XXIe siècle.

Barrages Ligue 1 McDonald's : Historique des Vainqueurs
Les Barrages Ligue 1 McDonald's ont été réinstaurés à l’occasion de la saison 2016/2017. Le FC Metz est devenu le 4e club promu dans l'élite en sept éditions, après l'ASSE la saison dernière, l'AJA il y a deux saisons et l'ESTAC en 2017.
| Saison | Vainqueur |
|---|---|
| 2024/25 | FC Metz (promu) |
| 2023/24 | AS Saint-Étienne (promu) |
| 2022/23 | Non disputé (passage à 18 clubs en Ligue 1) |
| 2021/22 | AJ Auxerre (promu) |
| 2020/21 | FC Nantes (maintenu) |
| 2019/20 | Non disputé pour cause de covid |
| 2018/19 | Dijon FCO (maintenu) |
| 2017/18 | Toulouse FC (maintenu) |
| 2016/17 | ESTAC Troyes (promu) |
L'histoire du FC Metz est une saga de hauts et de bas, caractérisée par une instabilité chronique entre la Ligue 1 et la Ligue 2. Les supporters, habitués à ces montagnes russes émotionnelles, espèrent désormais une ère de stabilité et de succès durables dans l'élite du football français.