Le 8 mars 2017, le FC Barcelone réalisait un exploit retentissant en s'imposant 6-1 face au Paris Saint-Germain en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions. Cette "remontada", survenant après une défaite 4-0 à l'aller, reste gravée dans les mémoires comme l'un des moments les plus mémorables - et controversés - de l'histoire du football. Pour le FC Barcelone, c’est un match légendaire; pour le Paris Saint-Germain, une rencontre cauchemardesque.
Dix jours après son déplacement à Marseille, le PSG s'offre, un autre type de Classique, face au FC Barcelone, un adversaire dont il croise la route très régulièrement sur la scène européenne. C'est simple, le Barça est l'adversaire étranger que le club parisien a le plus affronté en Ligue des champions depuis l'arrivée des investisseurs qataris en 2011.
L'élément déclencheur est la fameuse remontada de 2017, lorsque le FC Barcelone a remonté quatre buts de retard pour éliminer le PSG d'Unai Emery en huitièmes de finale de C1 (0-4, 6-1). Mais pour qu'une rivalité existe, il faut qu'elle soit mutuelle.
Si la liste des joueurs absents est grande (Raphinha et le gardien Joan Garcia côté Barça, le trio d'attaque Désiré Doué-Ousmane Dembélé-Khvicha Kvaratskhelia et le capitaine Marquinhos a minima côté PSG), l'affiche reste alléchante.
Le PSG est entré, à son corps défendant, dans l'histoire du foot européen . Jamais, avant ce match, une équipe vainqueur 4-0 à l'aller n'avait été éliminée en Coupe d'Europe. La statistique a pourtant volé en éclats, en même temps que le collectif parisien, sur la pelouse du FC Barcelone (6-1), en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions.
Résumé BARCA 6 1 PSG Huitièmes de finale Retour Ligue Des Champions 16 17 HD CANAL+
Déroulement du match
Il y a un peu moins de quatre ans, le 8 mars 2017, le club de la capitale se rend au Camp Nou avec confiance. Vainqueurs 4-0 au match aller des huitièmes de finale de la Ligue des champions, les Parisiens ont déjà un pied en quarts de finale. Mais les Blaugrana sont loin d’être désabusés et comptent bien déjouer tous les pronostics pour se qualifier. Les hommes de Luis Enrique mettent d’emblée une grosse pression dans le camp parisien.
Et dès la 3e minute de jeu, après un ballon aérien mal dégagé par la défense du PSG, Luis Suarez devance Kévin Trapp pour ouvrir le score de la tête. Paris est sonné, mais ne sombre pas (encore). Les joueurs d’Unai Emery endiguent les velléités barcelonaises...jusqu’à la 40e minute. Sur une talonnade d'Andres Iniesta, qui cherche alors à servir un coéquipier dans la surface, Layvin Kurzawa se manque complètement et marque contre son camp.
De retour des vestiaires, le FCB continue de pousser. Neymar obtient un penalty que Lionel Messi transforme à la 50e minute : 3-0 ! Les Barcelonais ne sont pas loin de renverser la situation. Mais juste après l’heure de jeu, Edinson Cavani surgit et d’une belle demi-volée du pied droit douche les espoirs des Blaugrana. Du moins, c’est ce que l’on pensait.
Car malgré la situation qui les oblige à inscrire trois autres buts pour atteindre les quarts de finale, les Catalans ne lâchent rien. En fin de match, Neymar décide de prendre les choses en main. Le Brésilien s’illustre d’abord en inscrivant un superbe coup-franc direct à la 88e minute, puis en marquant un penalty obtenu par Luis Suarez (90e+1). Barcelone n’est alors qu’à un seul but de l’exploit !
Dans les derniers instants de la rencontre, tous les Parisiens sont dans leur trente derniers mètres pour contenir les assauts catalans. Neymar, encore très actif, se mue alors en passeur. Après un coup-franc lointain, l’attaquant barcelonais hérite du ballon et délivre une magnifique passe lobée à destination de Sergio Roberto qui s’étend parfaitement pour offrir la qualification à son équipe.
Les joueurs du FCB exultent ; Unai Emery - est abattu, comme ses joueurs.
Les statistiques clés du match
Voici un tableau récapitulatif des statistiques clés du match :
| Équipe | Buts | Possession | Tirs | Tirs cadrés | Corners |
|---|---|---|---|---|---|
| FC Barcelone | 6 | 54% | 16 | 9 | 11 |
| Paris Saint-Germain | 1 | 46% | 10 | 3 | 4 |
À deux minutes de la fin du temps réglementaire, les Parisiens avaient encore pourtant de la marge. Le but inscrit par Edinson Cavani (62e) leur offrait un crédit. Mais de façon incrompréhensible, les joueurs d'Unai Emery ont continué de reculer. Et ce qui devait arriver, arriva. Ils ont été punis.

Les erreurs d'arbitrage et la controverse
La fameuse "remontada" du FC Barcelone contre le PSG en 2017 (6-1) a été entachée de deux erreurs d'arbitrage, selon un ancien rapport commandé par le club catalan auprès de José Maria Enriquez Negreira, au coeur d'un scandale judiciaire. La justice espagnole a mis la main sur un rapport remis au FC Barcelone par l'ancien numéro deux de l'arbitrage espagnol José Maria Enriquez Negreira. Ce document analyse les décisions arbitrales de la fameuse remontada 6-1 contre le Paris Saint-Germain en 2017.
Les conclusions sont formelles: pour l'ancien responsable espagnol, l'arbitre allemand Deniz Aytekin a bien commis deux erreurs défavorables au PSG lors de cette soirée de Ligue des champions au Camp Nou. Consulté par l'agence de presse espagnole EFE, ce rapport est co-écrit par José Maria Enriquez Negreira et par son fils. Les deux hommes estiment que Deniz Aytekin aurait dû siffler penalty et infliger un carton rouge pour une faute de Javier Mascherano sur Angel Di Maria à la 84e minute. Ils considèrent aussi que le penalty accordé à Luis Suarez, et qui a fait passer le score à 5-1 à la 89e minute, n'aurait pas dû être accordé.
Il est aussi précisé que le penalty marqué par Lionel Messi à la 50e minute (3-0) était généreux. Le rapport note toutefois que le PSG aurait éventuellement pu être sanctionné d'un penalty pour un accrochage sur Neymar à la 33e minute.
Concernant l’action de Mascherano, le rapport Negreira stipule qu’il y a : « le coup de pied de Mascherano sur Di Maria lors d’une occasion de but évidente dans la surface de Barcelone. (…) Bien que l’arbitre n’ait rien signalé, la décision correcte aurait été d’accorder un penalty contre Barcelone et d’expulser le défenseur argentin. »
Pour ce qui est du penalty sifflé en faveur de Luis Suarez, il est écrit dans le rapport que : « le joueur profite d’un léger contact sur la poitrine pour se laisser tomber. (…) La décision correcte aurait été de ne pas accorder de penalty. »
Enfin, une troisième action est également citée : celle du penalty accordé à Neymar au début de la deuxième période (et transformé par Messi) : « le penalty accordé à Neymar à la 47e minute, juste après le début de la seconde période était très sévère ».
Bruno Derrien a beau avoir pris sa retraite en tant qu’arbitre dix ans avant la tristement célèbre remontada, il sait, comme acteur du football, quelle place ce match tient dans l’histoire du jeu. Et de l’arbitrage aussi, sans doute.
« Le nom de l’arbitre du soir, Deniz Aytekin, restera à jamais lié à ce match-là, assure-t-il, implacable. Et il en a payé les conséquences au niveau international. » Depuis le 8 mars 2017, l’Allemand, promis à la potentielle succession de Felix Brych tout en haut de la hiérarchie des officiels de son pays, n’a plus goûté à un match de phase finale de Ligue des champions. Le match avait mis un sérieux coup d'arrêt à la carrière internationale de Deniz Aytekin.
Analyse tactique et conséquences
Un milieu totalement dépassé. Le trio Rabiot-Matuidi-Verratti avait été la clé de l'incroyable succès au Parc des Princes ? Il n'a été que l'ombre de lui-même au Camp Nou. L'entrejeu parisien a subi la loi et le pressing des quatre Barcelonais, Busquets, Iniesta, Rakitic et Rafinha. A aucun moment, le PSG n'a réussi à poser le jeu ou à contrôler le tempo de la rencontre, comme il l'avait fait au match aller.
En l'absence de Thiago Motta, blessé, le coach parisien aurait tout de même pu lancer plus tôt dans la partie Grzegorz Krychowiak, entré en jeu à la 93e minute.
Les Parisiens en étaient conscients : ils allaient subir d'entrée la furia barcelonaise. Il n'a fallu pourtant que trois minutes au Barça pour ouvrir le score, grâce à une erreur de Kevin Trapp. Décidément pas avare en cadeaux, le PSG a même eu la générosité d'offrir le deuxième but au Barça. Sur un ballon anodin remis dans la surface par Iniesta, le malheureux Kurzawa a totalement manqué son dégagement pour marquer contre son camp.
Si les errements parisiens ont été trop nombreux, il ne faut pas occulter l'exceptionnelle performance du Barça. En sept minutes, l'attaquant Brésilien a offert, presque à lui seul, la qualification à son club. Il d'abord redonné espoir au Camp Nou d'un coup-franc magnifique à la 88e minute . Et enfin, d'une magnifique ouverture piquée dans la surface, il a offert le but de la qualification à Sergi Roberto, à la dernière seconde de ce match insensé.
Pour le PSG, c'est malheureusement une habitude : avec 7 buts en 6 oppositions, Neymar a fait de Paris sa proie préférée en Ligue des champions.
