Go Sport, une enseigne emblématique du marché des articles de sport en France, a connu une histoire mouvementée. Fondée à Sassenage, près de Grenoble, en référence aux Jeux d'hiver de 1968, l'entreprise a été rachetée par Intersport après des difficultés financières.

Les débuts prometteurs de Go Sport
À son lancement en 1978, Go Sport ambitionne de proposer des articles pour tous les sports dans un seul et même endroit. Le succès est rapide, et la première boutique parisienne, avenue d'Italie, ouvre l'année suivante. En 1983, le groupe Genty-Cathiard, propriétaire de plusieurs supérettes dans le pays, s'en porte acquéreur. Le nombre de magasins croît dans tout le pays pour dépasser la cinquantaine.
Concurrence accrue et difficultés financières
Mais en parallèle, un autre acteur du marché, Decathlon, grignote peu à peu des parts. En 1999, la guerre est déclarée. Go Sport accuse son concurrent d'abus de position dominante, lui reprochant notamment de casser les prix en créant ses propres produits et innovations. Car malgré quelques marques propres (Wanabee, Athli-Tech, Scrapper...), Go Sport se concentre en effet à 70 % sur la vente de griffes mondialement connues. Un créneau également occupé par Intersport, un groupement de magasins indépendants au réseau de plus en plus dense.
La chute s'accélère pour Go Sport, et Rallye la cède, en 2021, pour un euro symbolique à la holding Hermione People & Brands (Camaïeu, Gap...). À l'été 2022, les difficultés financières, en dépit de l'obtention de deux prêts garantis par l'État en 2020 et 2021 d'un montant total de 55 M€, éclatent au grand jour. Fin janvier, les magistrats avaient en effet placé le groupe en redressement judiciaire pour cessation de paiement (avec un passif de 14 M€ et notamment 4 M€ de factures impayées à Rossignol, Puma, Asics ou encore Adidas).
Les dix années précédant cette nouvelle cession, le groupe avait tout tenté pour juguler les pertes en misant à la fois sur la vente de marques nationales mais aussi sur le rachat d'entreprises spécialisées : Bike + (vélo) et Tool Fitness (matériel de fitness en ligne) notamment.

Le rachat par Intersport
La décision du tribunal de commerce, qui selon les termes de son communiqué « a suivi l'avis unanime du parquet, des créanciers et des salariés » en repoussant l'offre du groupe britannique Frasers et d'une vingtaine d'autres candidats, a mis fin à plusieurs semaines d'angoisse pour les 2 160 salariés.
Intersport, qui « achète Go Sport pour 35 M€, bien au-dessus des 10 M€ proposés par Frasers », selon le communiqué du tribunal, vise la reprise de 72 magasins et la sauvegarde de 90 % des emplois. « C'est un projet fantastique pour le groupe Intersport, a réagi son PDG, Jacky Rihouet (63 ans). On mesure quand même la tâche, c'est lourd de reprendre dans ces conditions une entreprise dans un moment comme celui-là. »
Go Sport : l'offre de reprise d'Intersport choisie par le tribunal de commerce de Grenoble
Le rachat par Intersport devrait rapidement redessiner le paysage sur le marché des articles de sport. Vendredi, il a fait savoir que 50 magasins passeraient désormais sous l'enseigne Intersport, mais que la marque GoSport resterait toujours présente dans une vingtaine d'autres pour devenir une enseigne spécialisée dans l'outdoor. A terme, compléter ainsi le réseau de magasins peut nourrir son ambition de dépasser, d'ici 2025, le chiffre d'affaires de Decathlon en France (4,7 Md€ en 2022 ). Même si la tâche paraît rude, car celui d'Intersport n'est que de 3,3 Md€...
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Marché des articles de sport en France | 17,3 Md€ (en 2023) |
| Chiffre d'affaires de Decathlon en France (2022) | 4,7 Md€ |
| Chiffre d'affaires d'Intersport (2022) | 3,3 Md€ |
| Prix de rachat de Go Sport par Intersport | 35 M€ |
