Rugby Fauteuil à XIII : Règles, Engagement et Spectacle

Le rugby fauteuil à XIII est une discipline handisport spectaculaire et inclusive, qui continue de se développer malgré les contraintes auxquelles elle fait encore face, comme les clubs éloignés, l'accès compliqué aux gymnases et les infrastructures non adaptées.

Les Règles du Rugby Fauteuil à XIII

Le rugby fauteuil à XIII se dispute à 5 contre 5 sur un terrain de la taille d’un gymnase (40 mètres par 20). Les matchs durent deux fois 40 minutes et un grand nombre de règles sont similaires au rugby à XIII valide. Les passes se font toutes vers l’arrière et le ballon doit être aplati dans l’en-but.

En défense, en revanche, les plaquages sont exécutés en arrachant les flags (fanions) accrochés aux épaules des joueurs. Quand un flag est arraché, le défenseur doit le tenir en l’air à l’endroit où il l’a enlevé, puis doit le laisser tomber. L’arrachage du ballon est interdit, tout comme le fauteuil de front avec l’adversaire. Le coup d’envoi et les tirs au but (pénalité, transformation) sont effectués avec le poing, le ballon étant posé sur un tee adapté.

Voici un résumé des principales règles :

  • 5 contre 5
  • Terrain de 40m x 20m (gymnase)
  • 2 mi-temps de 40 minutes
  • Passes vers l'arrière
  • Plaquages : arracher les flags
  • Interdiction d'arracher le ballon et de contact fauteuil de face
  • Coups d'envoi et tirs au but au poing

Voilà pour les grandes lignes de cette discipline.

Mieux comprendre le rugby fauteuil avec Paralymquoi ?

Illustration parfaite d’un plaquage, avec l’arrachage du flag sur l’épaule.

Un Match de Coupe de France : Aingirak Euskadi contre Dragons Handi Rugby

Dimanche 16 février dernier, c’était jour de quart de finale de Coupe de France de rugby fauteuil à XIII. Au gymnase Larochefoucault de Biarritz, Aingirak Euskadi recevait les Dragons Handi Rugby pour une place dans le dernier carré. Les joueurs d’Aingirak Euskadi étaient prêts à faire face à l’une des meilleures équipes du pays.

Pour ce quart de finale de Coupe de France, l’affiche était déséquilibrée sur le papier. Les Dragons Handi Rugby à XIII, vainqueurs de la dernière édition avec leur contingent de joueurs internationaux (en grande majorité en équipe de France ou avec la sélection anglaise pour Sébastien Bechara), défiaient les Basques d’Aingirak Euskadi, en plein essor en Elite 1, dans la peau de l’outsider.

Dès l’entame, les locaux mettaient beaucoup de rythme et d’agressivité pour tenter de surprendre les Catalans. Un choix payant pour la bande de Thomas Duhalde, le capitaine et vice-président d’Aingirak Euskadi, qui parvenait à pousser leurs adversaires à la faute. Le premier quart d’heure était on ne peut plus serré : les Basques regardaient le champion en titre droit dans les yeux.

Mais l’intensité mise par les locaux durant le début de rencontre s’estompait au fil des minutes et les Dragons prenaient peu à peu le contrôle des débats. Supérieurs individuellement et collectivement, ces derniers asseyaient leur domination en prenant de vitesse leurs homologues et les essais s’enchaînaient. Avec leur profondeur d’effectif bien plus aguerrie, les visiteurs creusaient davantage l’écart au tableau d’affichage.

Le score final était sans appel : 80 à 24 pour les Dragons Catalans, qui restent donc en lice pour inscrire de nouveau leur nom au palmarès de la Coupe de France. Pour les Basques, le principal était ailleurs, celui de pouvoir intégrer des nouveaux joueurs, de produire du jeu sans complexe face à une grosse écurie, et surtout, de garder le sourire sur le terrain.

Réactions

Damien Doré, capitaine des Dragons Catalans : « Début de match un peu difficile, on fait quelques fautes, on se précipite et on fait tomber des ballons. Mais on s’est ensuite rassuré en parvenant à inscrire quelques essais et, au fil des minutes, on a réussi à trouver des espaces et à conclure nos actions pour construire cette victoire face à une belle équipe basque. On essaye de faire monter des jeunes avec nous. Jean-Marie s’entraîne depuis toute l’année dans notre groupe et mérite sa place le week-end. »

Thomas Duhalde, capitaine et vice président d’Aingirak Euskadi : « On recevait les Dragons, premier club français avec ses nombreux titres de champions et ses individualités très fortes, tous en sélection nationale. On est bien entré dans notre match, en mettant notre jeu en place. On leur a tenu tête en leur rentrant dedans, mais on a fini par pêcher physiquement, face à une grande équipe qui ne baisse pas de niveau. On savait que l’on ne partait pas du tout favori dans cette rencontre, mais au moins on y a mis les bons ingrédients, c’est intéressant pour la suite. Tout le monde a pu jouer et prendre du plaisir.

Les Pandas de Montauban : Un Club Phare du Rugby Fauteuil

Le club a été créé en 1984 comme club handi-omnisport avec notamment du tir à l’arc, de l’aviron et du foot-fauteuil électrique dont Montauban était alors le meilleur club de France et d’Europe au début des années 2000. En 2007 a été créée la section de rugby à XIII fauteuil. L’équipe a été sacrée championne de France Elite 2 en 2017 et vice-championne de France Elite en 2022. Montauban compte aujourd’hui dans le Top 3 des équipes en France, avec les Dragons Catalans et Avignon en figures de proue.

Cette année, nous avons 17 joueurs et 15 dirigeants, membres du staff et accompagnateurs compris. En France, il y a une vingtaine de clubs constitués mais seuls 9 d’entre eux qui disputent un championnat cette saison sur une poule unique et répartie entre zone Est et zone Ouest. A l’issue de la phase de brassage, les meilleures équipes disputeront le titre de championne de France Elite 1, les autres celui d’Elite 2. Il existe aussi le Challenge de l’Avenir qui une compétition dédiée aux équipes « développement ». Les meilleurs clubs pourront intégrer le futur championnat Elite 2. D’ailleurs, les Pandas ont engagé leur équipe 2 dans ce Challenge de l’Avenir avec l’objectif d’avoir à terme nos deux équipes dans les deux niveaux Elite.

Un match dure 80 minutes en deux mi-temps de 40 minutes et une mi-temps de 10 minutes. Chaque équipe compte cinq joueurs sur le terrain. La discipline est composée d’hommes et de femmes, de mineurs (à partir de 16 ans pour les séniors) et de majeurs, d’invalides et de valides. Sur un terrain, on tend à tolérer seulement deux joueurs valides au maximum. Ils sont sanglés sur le fauteuil comme n’importe quel joueur handicapé.

Les joueurs en situation de handicap peuvent bénéficier d’une aide à son achat, moyennant la constitution d’un dossier. Parfois, cependant, les clubs peuvent financer l’achat des fauteuils, ce qui est le cas à Montauban. Dans ce cas précis, si le joueur part, le club conserve le fauteuil et peut servir à un autre joueur. Il faut compter environ 7 000€, plus les pièces de rechange et son entretien. Mais la durée de vie d’un fauteuil est de cinq à six ans en moyenne. Quand la première soudure intervient, souvent entre deux et trois ans après son achat, c’est le début de la lente agonie du fauteuil (rires).

On fait des actions en milieu scolaire, collèges et lycées surtout. Il s’agit de sensibiliser les élèves à la perception et à la différence de l’autre. On fait aussi des actions avec des entreprises locales qui nous soutiennent, comme Pro à Pro dernièrement. A cela, il faut préciser que nous nous déplaçons grâce aux véhicules de l’Office Municipale des Sports de la ville de Montauban.

Contre les Basques d’Aingirak Euskadi de Bayonne-Anglet, ils étaient environ 160. Ca met une belle ambiance dans la salle de la Fobio où nous évoluons.

Il y a aussi des internationaux : Lionel Alazard (international français, double champion du monde 2013 et 2017, vice-champion du monde 2022), Jean-Yves Ducos (international français et champion du monde 2013) et Yannick Martin (international espagnol, présent au championnat du monde 2022).

Quand on lui a proposé de devenir le coach des Pandas, il a dit « Je viens tout de suite » et tout se passe très bien. Un changement d’entraîneur est un moment important pour une association et n’est pas toujours simple. On a vécu quelques jours d’incertitudes difficiles jusqu’à la venue de Maxime. Mais, comme je l’ai dit, tout se passe très bien. Il nous apporte des choses et une vision différente.

Les autres clubs ont choisi de noms qui font peur mais nous, on a choisi de devenir les Pandas de Montauban.

Rugby à 7 : Les Règles de Base

Le rugby à 7 ou sevens est une variation du rugby à 15. Les règles de base sont identiques à celles définies par l'iRB (international Rugby Board). Il se joue à 2 équipes de 7 joueurs (3 avants, un demi de mêlée et 3 trois-quarts) , et de trois remplaçants, sur un terrain de dimensions normales. La durée des matches est réduite de 80 à 14 minutes (20 minutes pour les finales) avec 1 minute de pause à la mi-temps (2 minute pour les finales). Il n'y a pas d'arrêts de jeu (temps additionnel dû à des arrêts du jeu pour blessures, remplacements, ... pendant le match) mais la dernière action doit obligatoirement être terminée pour siffler la fin du match (ballon en touche, faute, ..). Des prolongations de 2 fois 5 minutes sans pause à la mi-temps sont prévues en cas d'égalité à la fin du temps règlementaire et s'arrêtent dès qu'une équipe marque.

Les postes des joueurs:

  • Pilier gauche (n°1)
  • Talonneur (n°2)
  • Pilier droit (n°3)
  • Demi de mêlée (n°4)
  • Ailier gauche (n°5)
  • Ailier droit (n°6)
  • Arrière (n°7)

Un joueur ne peut être remplacé que sur blessure et ne peut rentrer par la suite sur le terrain. De plus, 3 joueurs au maximum peuvent être remplacés. La réduction du nombre de joueurs permet de produire un jeu ouvert et spectaculaire avec beaucoup de points marqués.

Le Rugby se joue avec un ballon de forme ovale. En cuir depuis les origines du jeu, il est maintenant en matière synthétique avec une surface rugueuse, ce qui le rend plus facilement maniable, même à une main.

Le terrain de Rugby mesure 50 mètres de large, 100 mètres entre les en-buts, les en-buts pouvant mesurer jusqu'à 22 mètres entre la ligne d'en-buts et celle des ballons morts. Les poteaux de buts au Rugby sont placés sur la ligne d'en-buts.

Les points au Rugby à 7:

  • Le drop: 3 points
  • L'essai: 5 points
  • La pénalité: 3 points

Le ballon peut être porté, passé latéralement ou botté, à n'importe quel moment du jeu, mais ne doit jamais être passé "en avant" (en-avant) ni "tué" ou "enterré". Un joueur plaqué mis au sol doit libérer son ballon pour que le jeu continue (faire "vivre" le ballon). Le ballon est remis en jeu par un coup d'envoi, une touche, une mêlée ou un coup de pieds de pénalité.

Le coup d'envoi. Il commence chaque période et chaque remise en jeu après qu'une équipe ait marqué. L'équipe qui marque engage du milieu du terrain par un coup de pied tombé. Le ballon doit obligatoirement parcourir 10 mètres. Dans le cas contraire ou si le ballon sort directement en touche, il est rendu au camp adverse qui bénéficie d'un coup de pied de pénalité au milieu du terrain. Contrairement au rugby à XV, la remise en jeu longue n'est pas fréquente en Rugby à 7. Le coup de pieds court est préféré afin d'essayer de récupérer le ballon sur son propre renvoi. En effet, les joueurs adverses ne sont que 7 à couvrir l'ensemble du terrain et ils ne peuvent pas effectuer d'arrêts de volée ("protégeant" de la charge adverse) en dehors de leurs 22 mètres.

La touche. Elle est effectuée par le talonneur, qui lance le ballon dans un couloir formé par 2 joueurs de chaque équipe.

La mêlée. Elle est utilisée pour remettre le ballon en jeu suite à une faute mineure (en-avants par exemple). Le demi de mêlée introduit le ballon dans la mêlée formée des trois avants de chaque équipe se tenant groupés par les épaules. Le talonneur (avant "central") doit faire passer le ballon vers l'arrière de sa mêlée pour son demi de mêlée qui va le ramasser pour le transmettre à ses trois-quarts et permettre de développer l'attaque. Les joueurs formant la mêlée doivent rester liés jusqu'à ce que le ballon soit sorti.

Le coup de pieds de pénalité sert à sanctionner une faute lourde. Lorsque la pénalité ne peut être tentée (distance, vent, ...), l'équipe qui en bénéficie peut choisir de botter directement en touche et bénéficiera du lancer.

Le rugby à 7 est habituellement joué en tournois avec des matches de 14 minutes (20 pour les finales). Avec l'intensité du jeu, cette durée réduite est suffisante afin de ne pas trop épuiser les joueurs.

La Sécurité des Joueurs : Un Enjeu Majeur

Avec des commotions à répétition, et des parents inquiets, l'impressionnant KO du jeune joueur clermontois Samuel Ezeala, dimanche lors du match contre le Racing, relance le débat sur le caractère trop violent du rugby moderne.

Non, un joueur qui vient de perdre connaissance pendant presque une minute, avant d'être évacué sur une civière dans l'effroi général, ne doit pas revenir « vite ». Il faut du temps et du repos, pour se remettre des séquelles d’un tel choc. Le rugby est sur une pente vertigineuse de dangerosité et de perversion.

Les mots de Jean Chazal, neurochirurgien du CHU de Clermont-Ferrand, à propos du jeune Samuel Ezeala (18 ans), font froid dans le dos: « Le joueur n'est pas décédé, c’est tant mieux, mais la prochaine fois, ça pourrait arriver. S’il n'avait pas eu de soins sur l'instant, ce joueur, dimanche soir, il le serait. » « Un jour, il y aura un mort tellement les chocs sont violents », nous confiait un joueur du Top 14 il y a quelques mois.

Étienne Dallon reste à terre. Sa blessure, elle, n'est pas banale. Il ne se relève pas et se retrouve en fauteuil roulant. Depuis, l'homme fait front. Il est aujourd'hui co-entraîneur au SCR.

« Parlons des jeunes. Il est inconcevable que, jusqu'à l'âge de 15 ans, ils ne soient pas exemptés de plaquages. Dans d'autres sports de combat, comme la boxe, les jeunes sont vêtus de protections et pratiquent dans des catégories suivant leur poids. Dans le rugby : rien. « Ils devraient tous se faire au niveau de la ceinture (interdiction au-dessus de la ceinture et sous les genoux). Cela permettrait de faire beaucoup plus de jeu et on aurait moins de zones de blocages et de rucks, où sont donnés tous les mauvais coups.

« Il faut sensibiliser les arbitres qui ne sont pas assez sévères sur les rucks (rentrées sur les côtés), les placages tête en avant... Ce n'est plus un sport de combat mais un sport de collisions ! « Au sein de notre club, c'est la première saison que nous en avons autant (6). Et sur le plan national, on observe hausse de 35 % chez les pros en trois ans. Qu'attend-on pour remédier à ce fléau ? Qu'il y ait des morts ? Il serait bon que les instances se penchent sur ces actions de jeu. Les entraîneurs ne peuvent qu'approuver le protocole, sachant que faire revenir sur le terrain, contre la décision de l'arbitre, un joueur ayant subi un KO, entraîne leur responsabilité.

« Je suis contre car la mentalité n'est pas la même. Ce sont des pros, avec la mentalité pro, un physique de pro, l'engagement qui va avec, sans retenue dans les contacts. L'arrivée du professionnalisme a légalisé la violence avec comme seul objectif le résultat. Il serait temps de revenir à un rugby plus sain.

Chez les plus jeunes, je n'ai pas souvenir d'avoir assisté à un KO. Depuis longtemps les placages au-dessus de la ceinture sont sanctionnés et les éducateurs sont très sensibilisés à cela. D'ailleurs, chez les jeunes en général, c'est surtout le plaqueur qui se fait mal. On a toujours travaillé la prévention, par des exercices de gainages, de renforcement au niveau des cervicales. Ce qui pose problème, c'est plutôt la différence de gabarits dans la même catégorie d'âge. On voit des grands costauds qui traversent le terrain face à des plus petits qui ont peur. C'est pour ça que j'avais mis en place le tournoi "Hémisphère sud" où les joueurs jouent par catégorie de poids comme ça se fait précisément dans l'hémisphère sud.

La question de la sécurité des joueurs et encore plus des jeunes a toujours été une préoccupation. La fédération propose des formations pour le développement du jeu sans contact à toucher, à ceinturer... Une commission travaille sur de nouvelles réglementations. À terme, chez les plus jeunes, on va éviter le contact. Jouer au rugby sans plaquer permet aussi de démocratiser le rugby et de proposer un jeu accessible à tous dans les écoles. Pendant des années, on nous a dit « cours droit », il fallait rentrer dedans. Aujourd'hui, on essaie de prôner le jeu d'évitement et de passes, tout en apprenant malgré tout à avoir les bonnes attitudes dans les zones de contact, bien placer sa tête, son dos.

Il y a quelques fois des blessures dues à un mauvais positionnement du plaqueur, mais pas de KO. C'est plutôt un problème du top 14 ou du haut niveau dans les phases de déblayage.

Les gamins aiment les contacts. Dès qu'on est sur le terrain, on s'attend à ça. Après, dans l'extrême, le plus gros problème c'est les différences de gabarit. Des gabarits surdéveloppés face à des gamins de 18 ans, ça arrive tous les jours. Depuis vingt ans, le comité du Lyonnais, qui regroupe les départements du Rhône, de l'Ain, la Loire et le Nord-Isère, est une référence en matière de suivi des grands blessés.

Tous les entraîneurs de clubs sont obligés de s'y rendre, sous peine de pénalité. Lors de cette journée, un médecin et un arbitre interviennent pour expliquer les gestes à adopter en cas de blessure, les précautions à prendre, etc. Le Sov met également en place le protocole conseillé par la Fédération française de rugby : si un joueur est à terre et présente des signes de commotion, il est automatiquement sorti du terrain.

Une commotion cérébrale, c’est un traumatisme crânien qui est suffisamment important pour donner des troubles neurologiques de manière immédiate. Sa manifestation la plus fréquente, et c’est notamment ce qui s’est passé dimanche dernier lors de la rencontre entre le Racing et Clermont, c’est la perte de connaissance immédiate. C’est la même chose que le KO chez les boxeurs, d’une certaine façon… Il peut aussi y avoir d’autres manifestations, comme des troubles cognitifs, mais c’est plus rare. Lorsque l’on évoque une commotion cérébrale, on parle aussi d’ébranlement cérébral. La plupart du temps, nous avons affaire à des commotions cérébrales où les sujets récupèrent et reprennent connaissance assez rapidement.

Ce qui est dangereux, ce n’est pas la pratique d’un sport, même physique, mais la multiplication des commotions cérébrales. Avec le temps, le cumul des traumatismes peut favoriser le développement de lésions dégénératives cérébrales. C’est notamment le cas pour ceux qui, au travers d’un examen IRM, ont déjà des lésions bien visibles. Dans la boxe ou dans le football américain, par exemple, plusieurs athlètes ayant connu des épisodes de traumatismes répétés ont un vrai risque de développer des maladies neurodégénératives.

David Berty : Du Rugby à XV au Rugby Fauteuil

Multiple champion de France avec le Stade Toulousain dans les années 1990, David Berty a vu sa carrière de joueur brisée par la sclérose en plaques à l'âge de 28 ans.

Un beau jour, un mauvais plutôt, le meilleur marqueur d'essais de l'année 1994 ressent un coup de moins bien. « Une semaine avant un France B-Galles B, à Périgueux en 1997, je me retrouve à ne plus voir d'un oeil. La veille du match, j'apprends qu'on joue en nocturne. Première chandelle. Je saute pour récupérer la balle. Elle tombe trois mètres devant moi. Là, je me dis : David, la soirée va être compliquée. »

En 1998, il raccroche les crampons. Un neurologue de ville l'éclaire enfin : « Vous êtes atteint d'une sclérose en plaques. » Paradoxalement, Berty accueille cette nouvelle avec soulagement. « L'ego du sportif reprenait le dessus. Ça voulait dire que pendant quatre ans, je n'avais pas triché. Je ne pouvais simplement pas lutter. Ce n'était pas ma faute. »

Bientôt, la hantise de la dépendance le submerge. Celui qui travaille désormais au guichet d'une banque envisage avec terreur le reste de sa vie en fauteuil roulant. Il se recroqueville sur lui-même. La perspective d'en finir le taraude mais les yeux emplis d'amour de la petite Loana, 2 ans, l'empêchent de passer à l'acte.

Berty entend les rires, les exclamations. « Je vois des gens qui transpirent dans leur fauteuil, valides comme invalides, filles comme garçons (Une double particularité du rugby à XIII fauteuil. Lors de notre venue, il y avait huit joueurs dont quatre valides et deux filles. Seuls deux joueurs n'avaient pas l'usage de leurs jambes). Ils se font des passes, marquent des essais. Ça chambre, ça vit. La discipline peut être pratiquée par des invalides et des valides.

Ce qui ne signifie pas le dompter. « Sa problématique, c'était de garder le ballon tout en guidant le fauteuil, explique Michel Marfaing, son alter ego à l'aile droite du Stade Toulousain, dont il est devenu directeur du centre de formation. Il avait du mal. »

À l'échauffement contre Biganos, on a vu un David Berty aussi focus qu'en rentrant naguère sur la pelouse des Sept-Deniers. Il a scrupuleusement vérifié les roulettes de son fauteuil, enlevé cheveux et poils pouvant les freiner. Il a regonflé les roues, checké que les rayons ne soient pas détendus, autrement, la roue gondole et ça freine moins bien. Dans l'action, on l'a vu très altruiste, trop parfois, faisant la passe alors qu'un tenu aurait avantagé son équipe.

Sélectionné à six reprises avec l'équipe de France de rugby entre 1993 et 1996, il frappe à celle du XIII fauteuil pour pouvoir participer à la Coupe du monde 2017. Malheureusement, l'écart qui le sépare des joueurs du groupe s'avère trop important. Avec des grands-parents originaires de la province de Teruel, le voilà enrôlé dans l'équipe d'Espagne pour l'édition 2022, en Grande-Bretagne.

Aussi, quand la traileuse Vanessa Morales lui propose de gravir les pentes du Kilimandjaro, en Tanzanie, en juillet dernier, il y va. Elle l'a persuadé qu'il irait jusqu'au bout. « Quand je promène mon chien, il peut m'arriver d'avoir des fourmis insupportables. Là, rien. Mes jambes ont tenu. » L'expédition compte Marc Lièvremont et Thomas Castaignède dans ses rangs. « Ils m'ont laissé partir en éclaireur toucher le drapeau signalant les 5 895 m d'altitude, comme un ailier qui marque seul au pied des poteaux. C'était tellement émouvant que, là-haut, je suis tombé et me suis ouvert le front. »

Tout comme il assume son élocution ralentie. Beaucoup moins les crampes qui martyrisent ses jambes chaque nuit. L'ex-rugbyman ne suit plus de traitement depuis 2013 alors qu'il a subi des piqûres d'Interféron tous les deux jours pour freiner l'évolution de la maladie pendant dix ans. Il a arrêté le lait de vache, mange rarement de la viande rouge. Il pèse 80 kg, son poids en catégorie cadets. Il se félicite qu'Émile et Michel se soient déplacés jusqu'à Saint-Jory. Que Didier Lacroix (président du Stade Toulousain), Ugo Mola (manager général) soient passés aussi. Ces anciennes gloires du Stade ont chaleureusement boosté l'équipe.

Personnellement, le fauteuil, je ne le vois plus. Je n'ai en tête que la personne assise dessus. Je dirai même plus, je suis convaincu que l’inanimé est animé de mauvaises intentions à l’égard de l’homme.

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