Histoire des bagarres dans le rugby : Du terrain aux faits divers

Le rugby, sport de contact par excellence, a parfois été le théâtre d'affrontements mémorables, dépassant le simple cadre sportif. Ces incidents, souvent violents, ont marqué l'histoire de ce sport, tant au niveau amateur que professionnel.

Les incidents récents

Déjà accablés par les défaites, les joueurs du XV de France sont depuis 24 heures au cœur d'une sombre histoire extra-sportive. Ce lundi, alors qu'ils s'apprêtaient à quitter Edimbourg, où ils ont affronté l'Ecosse dimanche dans le Tournoi des 6 Nations (32-26), sept d'entre-eux ont été retenus par la police locale pour témoigner sur une accusation de bagarre et d'agression sexuelle présumée avec des supporters. Anthony Belleau (Toulon), Jonathan Danty (Stade Français), Yacouba Camara (Montpellier), Félix Lambey (Lyon), Louis Picamoles (Montpellier) et Rémi Lamerat (Clermont) ont ainsi été entendus pendant plusieurs heures.

Si la police écossaise a indiqué dans un second temps qu' « aucun crime n'a été commis », le mystère reste entier sur cette soirée visiblement très arrosée. A leur arrivée à l'aéroport d'Orly en fin d'après-midi, le reste du groupe tricolore semblait ainsi particulièrement tendu. « L'odeur du sang vous attire », a lancé un joueur aux journalistes présents rapporte Eurosport. Si le Président de la Fédération Française de Rugby Bernard Laporte a tenté de désamorcer l'affaire en déclarant « ce n'est pas méchant », deux joueurs portaient visiblement les stigmates d'un accrochage.

Toujours selon les informations d'Eurosport, le Clermontois Arthur Iturria avait une compresse au niveau du nez, laissant suspecter une fracture. Le Castrais Geoffrey Palis arborait quant à lui un pansement au niveau de l'arcade. Les prochaines heures devraient permettre de faire le jour sur cette affaire.

Les bagarres au niveau amateur

Dimanche 22 février, ce devait être un match de rugby comme tant d'autres : l'équipe réserve de Sévérac-d'Aveyron (Aveyron) recevait celle de Maureilhan-Montady (Hérault). Il y avait de belles actions, un beau match donc, selon les informations de nos collègues de Centre Presse. Après avoir été menée, l'équipe locale réussit à retourner la situation et à quelques minutes de la fin du match, l'ailier, Noha âgé de 23 ans, stoppe une attaque du club de Maureilhan-Montady en réalisant un plaquage.

Mais dans la foulée, il reçoit un violent coup de poing à la tempe par un joueur de l'équipe adverse. Noha tombe inanimé au sol, les secours interviennent rapidement. Il est dans un premier temps héliporté vers l'hôpital de Rodez (Aveyron), un scanner révèle une hémorragie cérébrale avec enfoncement de la boîte crânienne. L'enquête judiciaire porte sur "violence volontaire ayant entraîné une incapacité supérieure à 8 jours, dans une enceinte sportive".

Le monde du rugby est solidaire du joueur et de sa famille, la fondation Ferrasse est déjà mobilisée pour accompagner au mieux sa famille. Contacté, le secrétaire général de la ligue Occitanie, Stéphane Lapierre, explique qu'"à ce niveau de brutalité, dans ce cadre-là, c'est du jamais vu, à ma connaissance."

Le rugby à XIII et la violence

Le rugby à XIII est associé à l’image positive des Dragons Catalans depuis bientôt 20 ans, mais il a connu l’enfer en France. Son histoire hexagonale doit beaucoup à Jean Galia, natif d’Ille-sur-Têt, premier capitaine d’une sélection de rugbymen français partie s’initier en Angleterre en 1934. La Ligue française de rugby à XIII naît le 6 avril, le premier championnat débute en octobre avec 10 équipes, dont le XIII Catalan.

Plus vif, davantage associé à la pratique populaire, moins bourgeois que le rugby à XV, le XIII connaît un essor fulgurant. Il compte 225 clubs en France à la veille de la guerre et vise la professionnalisation de son élite. Parallèlement, le XV recule depuis que l’équipe de France a été éjectée du Tournoi des Cinq Nations, en 1931, pour cause de violences et de rémunération des joueurs.

Un coup fatal est porté par le régime de Vichy, conseillé par le militaire Port-Vendrais Jep Pascot. En 1940, cet ancien demi d’ouverture international de rugby à XV devient commissaire général aux Sports du gouvernement. Il pousse carrément le pouvoir à dissoudre la Ligue française de rugby à XIII. C’est chose faite, par décret, le 19 décembre 1941. Le maréchal Pétain, qui signe le texte, trouve intérêt dans cette mise au ban car il défend le sport amateur, qui éviterait la compétition à outrance.

Suite à la dissolution vichyste, la pratique du rugby à XIII ne disparaît pas, une « Fédération française de jeu à XIII » est même autorisée le 17 septembre 1944 : ce rugby-là devient juste un « jeu », cruelle combinaison d’insulte et d’officialisation. Au demeurant, il reprend des couleurs dès l’après-guerre et finit par retrouver sa dignité lorsque la Fédération française de rugby à XIII est reconnue le 4 juin 1993 par la Cour de cassation.

Mais avant ce retour en grâce, la malédiction semble coller à ce sport : le 17 mai 1981, dans les premiers jours de l’ère Mitterrand, survient un nouveau drame, celui-là occasionné par les joueurs. Le match est interrompu au bout de trois minutes par une bagarre générale alors que Villeneuve mène 2-0.

La bagarre générale de 1981

Quels sont les motifs de la rixe ? À 68 ans aujourd’hui, le demi d’ouverture Jean-Jacques Vila nous assure que « la vérité n’a jamais été dite » et il nous rejoue la scène : « je venais de passer le ballon au centre Guy Delaunay, j’ai été plaqué à retardement, par-derrière, par Didier Hermet, capitaine de l’équipe de France. En réponse à ce mauvais geste, Alain Pérez lui a réservé un coup de poing et Hermet s’est retrouvé au sol ».

Vila, alors âgé de 23 ans - 1,86 m pour 100 kilos -, a tout vu. Il invoque une règle implicite selon laquelle « si vous attaquez un joueur par-derrière, attendez-vous à recevoir un coup », et il poursuit : « notre capitaine, Ivan Grésèque, s’est approché d’Hermet pour voir comment il allait, il y a eu un petit accrochage, les Villeneuvois se sont attroupés, les Catalans aussi, et ça a dégénéré ».

La fregada éclate devant 6700 spectateurs et des milliers de téléspectateurs de la chaîne Antenne 2. Les coups partent dans tous les sens, la confusion est absolue, l’arbitre et le public n’ont pas vu l’origine des hostilités. L’entraîneur occitan Raymond Gruppi retire ses joueurs de la pelouse, la rencontre est terminée. Les programmes de la chaîne sont bousculés, la sidération est totale, cette bataille rangée est reprise dans les journaux télévisés. La Dépêche du Midi parle d’« apocalypse ».

Dès lors, le rugby à XIII, déjà considéré comme de seconde zone, a mauvaise réputation auprès des journalistes sportifs. Le XIII Catalan, tenu pour responsable, est privé de participation à la finale de la Coupe de France, le week-end suivant. Le rugby à XIII avait retrouvé sa dignité depuis 1941, mais, bis repetita, il replonge, par autosabotage de 1981.

L'affaire Biarritz Olympique

Le rugby a déjà très largement défrayé la chronique des faits divers ces dernières années mais il faut reconnaître aux joueurs du Biarritz Olympique, club de Pro D2, une faculté à repousser les limites de l’imaginable. Dans la nuit de jeudi à vendredi à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), une soirée organisée entre coéquipiers a dégénéré. Alors qu’il tentait de calmer les esprits, Pierre Pagès a été mordu à la joue par Masivesi Dakuwaqa.

Comme l’a révélé l’antenne locale d’Ici, la scène s’est produite devant Chez Erik, un bar de nuit d’Anglet. Les joueurs du Biarritz Olympique, qui ne jouent pas en cette semaine de relâche de la Pro D2, prenaient part à une soirée entre eux. Celle-ci n’était pas organisée par le club. Au sein du groupe, les esprits ont commencé à s’échauffer, pour une raison inconnue. La consommation d’alcool n’a pas aidé à calmer les choses.

Vers 2 heures du matin, à la fermeture du bar qui avait organisé une soirée salsa, le ton n’était pas redescendu devant l’établissement. Le demi de mêlée Pierre Pagès est donc intervenu pour calmer la situation. Il aurait alors été mordu par son coéquipier Masivesi Dakuwaqa.

Finalement, Pierre Pagès a été transporté à la clinique Aguiléra, proche du stade éponyme où évolue son club, et en est ressorti ce vendredi avec une vingtaine de points de suture. Masivesi Dakuwaqa, lui, a été interpellé par les forces de l’ordre et sa garde à vue a été prolongée ce vendredi soir.

Malgré son statut au sein du BO, le joueur a été mis à pied à titre conservatoire par le club. Dans un communiqué, le club a également déclaré avoir lancé une enquête interne. Placé en garde à vue, Masivesi Dakuwaqa, qui a été placé en dégrisement une bonne partie de la journée de vendredi, devrait être auditionné ce samedi matin, selon Sud-Ouest.

La bagarre générale de 2013 entre Pau et La Rochelle

La demie de Pro D2 entre Pau et La Rochelle, en mai 2013, tourna à deux reprises à la bataille rangée, sur fond d’enjeu sportif, de rivalité mais aussi d’inimitié. Assurément une des empoignades les plus marquantes de la décennie passée. Quand les deux équipes se rejoignent au Hameau ce samedi-là, des mois voire des années de rivalité les précèdent.

Quand les deux prétendants au Top 14 se retrouvent dans le dernier carré, quelques semaines après, les frictions du passé viennent s’ajouter à la tension du jour, avec des supporters à l’enthousiasme débordant et deux rivaux à la motivation extrême. Les Béarnais sont résolument déterminés à assumer leur statut de favori à domicile quand les Maritimes espèrent frapper fort en terres hostiles.

Au moment où le bus des visiteurs ouvre ses portes auprès de l’enceinte débute le bras de fer. Dès l’entame, les débats se révèlent, sans surprise, électriques : cinq minutes après l’essai de Daniel Ramsay, M. Marchat brandit deux premiers cartons jaunes pour un accrochage. À la 70e minute, à 27-16 au tableau d’affichage, la partie bascule, soudainement, en pugilat.

Au cœur de la lutte, Jordan Seneca, le talonneur de La Rochelle, se distingue à sa manière : «Jordan, j’avais l’impression que c’était Obelix face aux Romains, il balançait des coups dans tous les sens, rigole Jean-Philippe Grandclaude. Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup des comme ça. D’ordinaire, c’était un joueur rugueux qui se contrôlait. Mais là… »

Le Match le Plus Violent du Rugby | France vs Angleterre 1992

Deux minutes après, rebelote avec un nouvel échange d’amabilités. Au coup de sifflet final de cette confrontation des plus musclées, David Aucagne, le coentraîneur de la Section, fulmine face caméra : « C’est moche. Il y avait un contentieux, mais ça reste du rugby et il faut rester concentré là-dessus. Je ne suis pas sûr que ça a été le cas aujourd’hui. »

L'incident des Wallabies à Paris

A quelques jours du match France vs Australie, lors des tests d'Automne, quelques Wallabies auraient goûté aux joies des soirées parisiennes. En plus de finir totalement bourrés, certains joueurs de seraient battus. C'est ce qu'avance le quotidien The Australian ciblant plus particulièrement trois joueurs qui sont d'habitude très solidaires : Quade Cooper, Kurtley Beale et surtout James O'Connor.

Le dernier nommé vient d'être privé de la « finale » du Tri-Nations pour avoir raté le rendez-vous pour la photo officielle des Wallabies pour la Coupe du Monde... à cause d'une soirée trop arrosée. Kurtley Beale aurait préféré ne pas se coucher pour s'y rendre. Le coach néo-zélandais n'a pas souhaité commenter la fameuse bagarre à Paris. Il n'aurait pas été mis au courant de l'incident que le capitaine, Rocky Elsom, aurait étouffé puis réglé entre joueurs.

La fédération australienne, qui n'avait pas eu le moindre écho de cette affaire, a décidé d'ouvrir une enquête. Alors que Quade Cooper a déjà connu quelques problèmes de sorties nocturnes, le jeune O'Connor (21 ans) vient de faire beaucoup de mal à son image de marque.

Les bagarres entre l'Afrique du Sud et la France

Les rencontres entre l'Afrique du Sud et la France ont, à plusieurs reprises, illustré cette réalité, mêlant rivalité sportive et contexte politique.

La bagarre de Durban en 1971

À Durban en 1971, les Springboks et les Français de Benoît Dauga ont sans doute battu le record de la plus longue bagarre de la scène internationale. Elle aurait duré… cinq minutes.

Cette bagarre du 19 juin 1971 à Duban, c’est d’abord un chiffre : cinq minutes. Certains ne veulent pas y croire, un tel délai, ça ne peut être que le fruit d’une exagération journalistique. Benoît Dauga, le capitaine français cet après-midi-là, confirme le chiffre de cinq minutes, mais en plusieurs épisodes.

"Il me semble avoir vu passer les images sur l‘Ina. Mais c’est sûr, il y a eu des photos, puisque j’en ai une sur mon bureau. C’est le moment où je mets la plus belle droite de ma carrière à un certain John Williams qui a basculé du haut de ses deux mètres."

Les règles implicites de ce règlement de compte

Y avait-il des règles implicites dans ce règlement de compte à Durban ? Genre combat de boxe improvisé, mais selon les règles du Marquis de Queensbury? "Non, non pas du tout. Pieds, poings, tout était admis. Et il ne valait mieux pas tomber, c’était ça l’objectif : interdit de se retrouver par terre. On tâchait de rester dos au mur et de distribuer comme ça. Ce n’était pas comme les bagarres d’aujourd’hui un peu aseptisées où on se pousse, on se met une main sur la poitrine."

Benoît Dauga confirme : "C’est sûr qu‘il ne fallait pas manquer son coup. Car tous les gestes étaient calculés pour faire mal. John Williams avant de s’écraser au sol comme un Zeppelin avait armé son bras pour frapper en travers Claude Spanghéro qui ne le voyait pas venir. C’était bien la preuve que ce n’était pas « chacun le sien » dans cette bagarre, mais « dézinguez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

Seize hommes, peut-être plus, qui s’affrontent aussi longtemps à poings nus au milieu d’une foule qui vocifère. On n’imagine plus ça maintenant, même si on se dit que ça ferait une sacrée audience et que les images tourneraient en boucle pour les regards gourmands des téléspectateurs du monde entier, même ceux des pays qui ne suivent pas le rugby de près.

Le contexte de l'Apartheid

Mais il faut comprendre que cette tournée se déroulait dans un climat particulier car la contestation politique anti-Apartheid commençait à se mêler de la vie du rugby. "N’oubliez pas que nous avions amené un joueur noir, Roger Bourgarel, une première. Les négociations entre Ferrasse et Dannie Craven avaient été serrées sur ce sujet. Bourgarel avait été appelé au dernier moment. On sentait que les Sud-Africains voulaient le choper. D’ailleurs, ça a commencé comme ça à Durban, Frick Du Preez a tenté de le cartonner près de la touche. Un premier moment de tension s’est fait jour. "Ce fut tout de suite très intense."

L’ailier toulousain Roger Bourgarel avait été le héros malgré lui de cette tournée. Les chandelles qui lui pleuvaient dessus, les plaquages à retardement qui suivaient: "Avant de partir, j’ai reçu des menaces de mort de la part d’organisations anti-Apartheid qui me traitaient de collabo, et de la part de racistes qui ne voulaient pas de moi en équipe de France. C’est là que j’ai pris conscience d’être noir. Avant, je ne m’étais jamais intéressé à cela, ça ne m’était jamais apparu comme quelque chose d’important. Mais là…"

Mais c’est un centre qui apparemment mis le feu aux poudres : Joggie Jansen qui prend Jo Maso à retardement (21e) et lui casse la clavicule. Maso est remplacé par Claude Dourthe. À partir de là, le récit de Jen-Pierre Bastiat nous sert de fil d’Ariane. "Je le revois encore qui jaillit des tribunes, sort son survêtement en passant sur la cendrée. Il a dit à Jean-Louis Bérot : « Balance une chandelle. » Le ballon monte, l’arrière McCallum fait un arrêt de volée, « Le Chameau » arrive, un peu en retard, et lui met une marmite. Première bagarre car les avants se jettent sur lui, et nous on s’interpose."

Certains ont prétendu que Ian McCallum (assassin de Villepreux à Johannesbourg) était en train de faire ses lacets, ce qui ferait de Dourthe le plaqueur le plus en retard de l’Histoire. Pénalité pour les Boks : "Ils montent une chandelle. Elle est pour ma pomme, je la prends en reculant et je tombe au sol. Malheur, j’entends le bruit des crampons qui frottent le gazon. J’évite la première vague. Je me retrouve de dos, je me retourne, et je vois le 48 de Frick Du Preez, qui m’avait manqué mais qui était prêt à me rechoper férocement au retour. Et là, miracle, Benoît Dauga arrive et le saisit par le colback… Il m’a sauvé la vie, j’aurais dû avoir une stèle sur ce terrain."

Mais le pauvre eut bien du mal à éteindre l’incendie. C’était désormais un affrontement entre deux bandes rivales à la sortie d’un bal populaire. Et puis, au cœur de la rixe, Benoît Dauga croisa son alter ego : Hannes Marais : "J’ai rassemblé mes dix mots d’anglais pour lui dire droit dans les yeux : « Qu’est-ce qu’on fait ? On continue ou on joue ? » Et miracle, de ces paroles, un armistice jaillit."

Pour ne mécontenter personne, la providence offrit un match nul « 8-8 » avec une ultime occasion gâchée par les Bleus : un deux contre un pour Dourthe et Bertranne qui tourne mal.

La fierté de ne pas avoir reculé dans une ambiance aussi hostile, c’est un éternel ressort du rugby. Mais le plus drôle, c’est que cette rixe XXL n’eut pas de suite. La presse française évoqua abondamment ce moment comme un fait d’armes glorieux sans le stigmatiser.

La tournée de 1971 et Roger Bourgarel

Le Toulousain Roger Bourgarel fut, en 1971, le premier joueur de couleur noire « autorisé » par le gouvernement sud-africain à jouer contre les Springboks. Cela paraît totalement impensable aujourd’hui mais c’est bien la triste réalité du système ségrégationniste mis en place en Afrique du Sud entre 1948 et 1991 : l’apartheid. Un terme qui vient du français "à part" et signifie "séparation" dans la langue des Afrikaners.

C’est qu’à cette époque-là, deux positions s’affrontent quant aux moyens de lutter contre la politique d’apartheid. Certains sont favorables à un boycott pur et dur du sport sud-africain, d’autres comme le président de la FFR d’alors, Albert Ferrasse, pensent qu’il faut au contraire faire évoluer la société sud-africaine en imposant des joueurs de couleur.

En 1971, Ferrasse exige d’ailleurs la sélection de Bourgarel puis plus tard encourage celle d’un certain Serge Blanco qui disputera le premier match de son éblouissante carrière en 1980 en Afrique du Sud. « Avant de partir, j’ai reçu des menaces de mort de la part d’organisations anti-apartheid qui me traitaient de collabo, et de la part de racistes qui ne voulaient pas de moi en équipe de France » résume Roger Bourgarel.

Roger Bourgarel reçut un méchant coup de crampon qui lui valut 7 points de suture à la tête. Jo Maso se souvient surtout du premier test contre les Springboks : « J’ai encore cette image de Frik Du Preez qui s’est lancé sur 30 mètres, directement sur Roger. Du Preez représentait les avants Afrikaners, purs et durs avec son mètre 90 et ses 110 kilos face à Roger qui en faisait 70…Mais il lui a sauté au cou et l’a amené en touche ! Et là, tous les noirs, qui étaient parqués dans une tribune à part, ont crié : Bourgarel ! La France s’incline 2 essais à 1 mais une équipe naît. Dans l’adversité.

Jo Maso, lui, y laissera la clavicule à l’occasion du second test sur un plaquage à retardement. Quelques minutes plus tard, dans un Kings Park de Durban en, ébullition, aura lieu la plus violente bagarre de l’Histoire du rugby international.

Tableau récapitulatif des incidents notables

Événement Date Description
Bagarre de Durban 19 juin 1971 Affrontement de cinq minutes entre l'Afrique du Sud et la France, marqué par le contexte de l'Apartheid et la présence de Roger Bourgarel.
Bagarre générale entre Pau et La Rochelle Mai 2013 Demi-finale de Pro D2 marquée par deux batailles rangées, sur fond de rivalité et d'inimitié entre les équipes.
Incident des Wallabies à Paris Août 2011 Des joueurs australiens impliqués dans une bagarre après une soirée arrosée, entraînant des sanctions et une enquête.
Bagarre générale du XIII Catalan 17 mai 1981 Match interrompu au bout de trois minutes par une bagarre générale, plongeant le rugby à XIII dans la tourmente.
Affaire Biarritz Olympique 2024 Pierre Pagès mordu à la joue par Masivesi Dakuwaqa lors d'une soirée entre coéquipiers, entraînant une mise à pied et une enquête.

Autres incidents notables

Outre les événements de 1971, d'autres rencontres ont été marquées par des incidents : La tournée des Lions en 1974 : Un dur combat agrémenté de quelques attentats surprenants, avec coups de pompe et coups de poing par derrière.

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