Pro Evolution Soccer 6 : Test Complet et Analyse

C'est par ces quelques mots que l'on pourrait résumer le phénomène Pro Evolution Soccer : "A quelle sauce votre PES monsieur ?". A l'heure actuelle, personne n'est en mesure d'échapper à la référence des simulations de football et le soft siège sur quasiment toutes les plateformes de jeu.

Comme chaque année, les deux séries de foot PES et FIFA subissent leur mue pour le plus grand plaisir des fans. Le petit jeu de foot dont tout le monde se moquait est devenu grand. Il a désormais les faveurs de la presse, du grand public et même des joueurs professionnels qui n'hésitent pas à afficher leur addiction.

La PSP n'est évidemment pas en reste, et accueille déjà son second épisode de jeu. C'est donc les mains moites et le cœur serré que je m'apprêtais à tester la nouvelle version PSP de Pro Evolution Soccer, 6ème du nom sur notre continent.

Pro Evolution Soccer 6 marque la fin d'une période : la série de Konami fait un ultime détour sur la 128 bits de Sony avant d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte sur nouvelle génération. Ce sixième épisode est donc probablement le dernier à planter ses crampons sur la pelouse 128 bits.

Voici une analyse détaillée des différentes versions de ce jeu emblématique.

Nouveautés et Modes de Jeu

Au niveau des nouveautés, fort est de constater que cette version portative colle de plus en plus près aux versions consoles de salons et PC. Que ce soit au niveau de l'esthétique, ou au niveau des modes de jeu, cette version fait honneur à ses aînées. C'est donc avec plaisir que l'on retrouve la ligue 1 complète et détaillée. Indubitablement, le vent est en train de tourner niveau licence...

L'apparition des différentes coupes est également une très bonne chose, mais c'est très justement le mode de la ligue des masters qui brille par sa présence. Certes moins poussée que les versions PS2, 360 et PC, il n'en demeure toutefois pas moins plaisant de retrouver Castolo et les autres pour jouir du plaisir de construire son équipe et parvenir à la faire grimper au sommet.

En solo, les meilleurs devront (encore) parvenir au sommet de la ligue master. Cette année, le mode phare de la série a connu un léger lifting. Tout d'abord, avant de vous lancez, il est possible de choisir ses préférences : difficulté de jeu, degré de gestion, joueurs de départ, évolution et transferts. Vous commencez votre périple dans les bas-fonds de la division 2, puis vous tentez de grimper jusqu'à la coupe d'Europe.

Nouveauté de cet épisode, le mode Challenge International est une sorte de mini-ligue master pour les sélections nationales. Ainsi, vous prenez la place de Domenech pour mener l'Équipe de France vers la coupe d'Europe. Avant chaque match, vous devez composer votre équipe : libre à vous de remplacer tous les vieux par des jeunes comme Toulalan ou Mathieu Bodmer.

Enfin, signalons la refonte du mode entraînement. Ce dernier est désormais présenté sous la forme d'un tutorial avec des aides de jeux. Bref, idéal pour bien débuter avant d'attaquer la ligue master ou le challenge international.

Konami a ajouté de nouvelles manières de jouer entre potes. Tout d'abord, les matchs aller/retour font les apparitions et permettent des joutes dignes d'une demi-finale de Champion's League. Les matchs à sélection aléatoire, quant à eux, renouvellent le choix d'équipes trop souvent restreint aux meilleurs clubs. La machine compose une équipe à partir de vos choix de clubs ou de sélections.

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Grande nouveauté de l'opus précédent sur PS2, le mode en ligne a connu un sérieux lifting. L'année dernière, on lui avait reproché son manque d'interactivité entre les joueurs et son instabilité. Cette année, Konami a fait un effort pour améliorer tous les aspects du mode online. Tout d'abord, il faut souligner l'apparition des groupes où il est possible de configurer des matchs mais aussi des tournois.

Sur le lobby, vous pouvez créer des groupes et des tournois. Pour discuter, il est conseillé d'utiliser un clavier USB que la console reconnaît sans problème. Seul défaut, l'ergonomie du menu n'a pas réellement changé et donne l'impression d'être perdu à chaque nouveau sous-menu.

Les adversaires sont plus nombreux car il est désormais possible de jouer avec les joueurs PC. En jeu, les problèmes de lag subsistent, aggravés par certains tricheurs qui surchargent volontairement leurs connexions. En définitive, rien ne vaut le jeu à plusieurs sur la même console.

Graphismes et Ambiance Sonore

Les graphismes et le soin visuel apportés au soft sont tout bonnement impressionnants. Le réalisme frôle la perfection et l'on croirait voir par moment le même rendu que sur Playstation 2. Pour les accrocs de PES, jouer depuis n'importe quel endroit sans aucune contrainte par rapport aux fils et autres branchements est également jouissif.

Techniquement, le jeu n'a pas franchement évolué. C'est toujours aussi beau sur le terrain avec un travail convaincant sur les animations et une modélisation des joueurs soignée. Tout comme FIFA 07, PES 6 semble avoir atteint les limites techniques de la PS2. De discrètes retouches ont tout de même été faites.

Konami a cherché à améliorer les collisions entre les joueurs, même si le résultat final n'est pas forcément flagrant. La modélisation faciale est plus réaliste pour les joueurs sélectionnés lors de la Coupe du Monde : Toni, Van Persie, Malouda ou Ribéry font parti des réussites.

Si l'aspect graphique a progressé dans le bon sens, l'ambiance sonore est restée au point mort. Jamais les stades n'auront paru aussi vide. Le jeu fait presque pire qu'un Parc des Princes à huis-clos. Les chants se résument à un brouhaha inaudible et peu réaliste.

Le duo de commentateurs reste le même. Christian Jeanpierre peine à faire aussi pire que l'année dernière et décroche le micro de plomb virtuel 2006 (à égalité avec Jean Resseguié de Virtua Pro Football). Au contraire, Jean-Luc Arribart s'en sort plutôt bien avec des analyses techniques bien placées.

Jouabilité et Défauts

Mais c'est justement en poursuivant cette analyse par le côté jouabilité du soft que je m'apprête à présent de vous parler des défauts dont souffre PES6. Malgré les nombreuses améliorations présentées plus haut, je ne peux vous cacher qu'il reste encore pas mal de chemin à parcourir pour que nous puissions ressentir un plaisir de jeu aussi puissant que celui éprouvé lors de nos parties acharnées sur PS2 et 360...

Les techniques et le gameplay du soft pêchent en effet par un problème exécrable de maniabilité qui limite alors les possibilités de manière draconienne. Finis les dribles effrénés du bout du pied et les slaloms entres défenseurs, l'heure est au jeu de passes et aux constructions collectives plus que jamais.

L'exploitation difficile et mal adaptée des touches de la console ne permet pas autant de liberté que sur les versions consoles ou PC et le stick analogique autant que les flèches directionnelles ne suffisent pas à déplacer ses joueurs aussi bien que sur nos téléviseurs...

Autre chose encore, d'énormes phases de ralentissements rendent certaines phases de jeu tout bonnement injouables. Cela arrive lorsque trop de joueurs sont affichés au même moment sur l'écran (phase de coup franc ou de corner par exemple). On a alors l'impression de vivre un replay en direct et l'action frôle le ridicule par son imprécision.

Atteint du syndrome "tout pour l'offensive", le placement défensif est négligé. Vos arrières centraux laissent des énormes trous, permettant à l'attaquant de se faufiler. Avec du recul, ces problèmes défensifs poursuivent en fait la série depuis au moins deux épisodes.

A cela, s'ajoute un système de sélections/désélections déroutant. En effet, si vous aviez pris l'habitude de laisser la machine s'occuper de la sélection du joueur pour les pressings, il est conseillé de maîtriser au plus vite la touche L1 et de se régler en mode manuel.

Habitué à être sommet, PES 6 déçoit. Non pas qu'il soit mauvais, mais plutôt que la série ne parvient plus à se renouveler. Comme à chaque nouveau épisode, il apporte de nouvelle sensations et de nouvelles façons de marquer à maîtriser.

Pourtant, malgré son défaut de réalisme, PES 6 reste dans le cœur de beaucoup comme étant le jeu de foot le plus culte de l’histoire, et pour une raison toute simple : il est avant tout le reflet d’une époque de foot qui était elle-même extraordinaire.

PES 6 sur Xbox 360 : Une Version Inachevée ?

Pro Evolution Soccer 6 était l'un des jeux les plus attendu sur Xbox 360 depuis son lancement il y a un an ! Le voici enfin en version "next-gen" ! Oui... Sauf que Konami vient de nous faire un sale coup, un peu comme Zidane en finale de la coupe du monde... UN JEU NON TERMINE !

Konami nous livre ici un jeu non terminé, sorti à la va vite, juste pour en vendre un max sur Next-Gen en fin d'année. Stratégie payante malgré tout car peu de fans vont résister. Ils n'auront pas tord car cela reste le meilleur jeu de foot au monde loin devant FIFA ! Mais carton jaune, voire rouge, pour Konami qui se fout vraiment de notre poire par moments !

Konami l'a clairement joué petit bras en sucrant une multitude d'options pour sortir la version Xbox 360 à temps. Konami a procédé à des petits réajustements, certains diront nettoyages, censés rendre le jeu toujours plus réaliste et moins scripté. Bref, le confort n'est peut-être pas aussi optimal que sur PS2 - il faut dire que le temps de jeu n'est pas le même - mais la version Xbox 360 se laisse parfaitement apprivoiser après une à deux heures.

Voici un résumé des problèmes rencontrés :

  • 8 stades sur Xbox 360 contre 33 sur PS2 !!!
  • Des graphismes moyens pour du "next-gen"...
  • 2 modes de jeux ont disparu : Challenge International et Match à sélection aléatoire !
  • Le mode entrainement a été réduit au stric minimum !

Les possesseurs de Xbox 360 qui, non contents de déjà payer un abonnement, se voient lésés vis-à-vis des possesseurs de la version PC, bien plus aboutie et permettant, par exemple, la création de clan, de visionner des matchs grâce à un mode spectateur ou de toucher du bout du doigt les tant attendus deux contre deux.

Le sentiment global de ce premier volet next-gen est donc au premier abord négatif, et tout concourt à donner l’impression d’une version Xbox 360 bâclée à cause de délais trop courts. Certes, mais la magie du gameplay opère une fois de plus et la cadence de jeu ayant été quelque peu ralentie, il n’est pas impossible que vous mettiez un certain temps avant de maîtriser ce 6ème volet.

Mais chaque nouvelle version rendant l’ancienne obsolète, il vous faudra débourser les 70 € nécessaires pour pouvoir profiter des joies du Xbox Live. Toutefois, il apparaît que, pour la première fois, Konami nous sert un soft réalisé à la va vite, manquant magistralement ce fameux virage next-gen qui aurait su donner un train d’avance à la Xbox 360.

Licences et Championnats

Chaque année, la base de donnée de PES 6 se remplit progressivement d'équipes sous licence. Cette année, Konami est fier d'annoncer l'arrivée de la Ligue 1 entièrement licenciée. C'est sous leurs vraies couleurs que vous évoluerez avec Lyon, le PSG et l'Olympique de Marseille. A vous les derbys Sedan - Troyes et les Lorient - Rennes !

Si les sélections ont gardé leurs équipes de la Coupe du Monde (Zidane encore en bleu), tous les transferts en club ont été respectés, même les prêts de dernière minute. Il reste toutefois des ombres au tableau. La Premier League anglaise n'a toujours pas de licence complète, hormis Arsenal et Manchester United.

De plus, PES 6 signe l'arrêt de mort de la Bundesliga. Seul le Bayern Munich s'est échappé du naufrage. Adieu les Werder Brême - Bayer Leverkusen et Hambourg SV - M'gladbach. Même le championnat belge fait mieux que la Bundesliga en réussissant à placer Anderlecht et Bruges.

En définitive, en dépit de nouvelles licences acquises, la base de donnée parvient à faire moins bien que l'année dernière.

Tableau Récapitulatif des Licences

Championnat Licence Équipes Notables
Ligue 1 Complète Lyon, PSG, Marseille
Premier League Partielle Arsenal, Manchester United
Bundesliga Incomplète Bayern Munich

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