L'Histoire du Club de Football d'Aussonne: Des Triomphes aux Turbulences

À une vingtaine de bornes au fil de la Garonne, Aussonne forme une bourgade de 7 000 âmes environ au nord-ouest de Toulouse, comme il en existe tant autour de la Ville rose. Ceux qui préfèrent le ballon rond se retrouvent à l'Étoile Aussonnaise depuis près de soixante ans. On y compte plus de 500 licenciés, ententes comprises. Plus jeunes, David Skrela et François Cros ont foulé les terrains de rugby du coin.

Décidément, cette année 2011 restera dans les annales du club de football aussonnais. Dans le même temps, les équipes seniors 2 et 3 ont validé définitivement leur montée en division supérieure après leurs victoires sans contestation 4 à 1 face à Lauragais et Auriac. Mais la saison n'est pas terminée. L'équipe 1 disputera le 5 juin la finale de coupe du Conseil Général et il reste aux équipes 2 et 3 à acquérir le titre de champion de leur catégorie. Rappelons aussi que les U15 et U19 sont aussi concernés par une finale de coupe.

Club AMATEUR : Un défi permanent

La Fusion et la Nouvelle Ère du FC Mas 31

La paisible existence de ce club phare, récemment devenu FC Mas 31 après fusion, a été chamboulée à la fin du mois de février 2020, quand plusieurs anciens licenciés ont accusé un entraîneur maison, Didier Thomas, d'agressions sexuelles. Le FC MAS 31 est un club de football très récent puisqu’il a été fondé en 2023. Il résulte de la fusion de trois clubs à l’histoire ancienne. Une convergence et une volonté ancrées sur les liens anciens lors de la constitution des ententes de formations de jeunes, mais pas seulement.

"Ce rapprochement a été vu comme une évidence du fait de la proximité géographique de nos trois communes et de la complémentarité des trois clubs fondateurs, poursuivent les dirigeants. Ce n’est pas seulement un club de football, c’est une famille qui puise sa force dans l’unité de trois villages". Un nouveau club certes, mais qui compte déjà 600 adhérents, et de très nombreuses équipes, adultes ou jeunes depuis les débutants. "Outre une formation vétéran, les seniors comptent trois équipes engagées en championnat, précisent-ils. Depuis les U6, plusieurs équipes sont engagées par niveau jusqu’à deux formations pour les U18. Tous ces pratiquants nécessitent bien sûr des dirigeants, entraîneurs et éducateurs, dont le nombre s’élève à une centaine. La formation des encadrants est pour nous prioritaire, et tous ceux qui ont en charge l’école de football, la préformation et les U18 sont titulaires du brevet d’État".

La fusion suppose une répartition des activités sur toutes les installations des trois communes. "Ainsi que pour les animations, comme les six lotos annuels organisés à tour de rôle sur les trois villages, soulignent-ils. Dans l’immédiat, l’un se déroule dimanche 7 janvier à Aussonne, le suivant le 14 à Seilh et à la fin du mois à Mondonville". Le tournoi international de Pâques se déroulera les 30 et 31 mars, à Aussonne et nous envisageons de créer un tournoi féminin, le 8 mai à Mondonville.

Tableau des Informations Clés du FC Mas 31

Information Détails
Date de fondation 2023
Origine Fusion de trois clubs historiques
Nombre d'adhérents 600
Équipes Multiples, des U6 aux seniors et vétérans
Priorité Formation des encadrants
Activités Réparties sur les trois communes

Le Scandale des Agressions Sexuelles et ses Conséquences

Un an et demi plus tard, début août 2021, ce dernier, 54 ans à l'époque, a été condamné à huit ans d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Toulouse. Au moins. La justice a identifié 23 victimes au sein du club. Didier Thomas a lui-même reconnu qu'il y en avait « d'autres ». Chacun se pensait seul. Ensemble, ils ont trouvé la force de dénoncer ces agissements, s'étirant de février 2007 à février 2020.

Didier Thomas était l'homme à tout faire, bénévole : juge de touche, entraîneur des gardiens, bobologue, chauffeur... Coiffeur, aussi. C'est lorsqu'il taillait, lavait et séchait les cheveux et le corps des jeunes, un par un, dans les vestiaires, qu'il commettait ces abus. L'enquête de gendarmerie a secoué la localité. Au procès, une fois les investigations dévoilées, les parties civiles ont souhaité mener un autre combat pour dénoncer l'inaction supposée des dirigeants, en procédant à un signalement auprès du ministère des Sports, en février 2022.

Les Sanctions Administratives

Et l'enquête administrative a abouti, l'été dernier, à une suspension à vie pour le président du club, Dominique Bru, ainsi que des interdictions d'exercer pendant cinq ans pour deux dirigeants. Motif : « passivité ». Concrètement, il leur est reproché d'avoir « manqué de prudence et de vigilance » et « que ces négligences et manquements répétés ont contribué à mettre en péril la santé et la sécurité physique et morale des mineurs, nous a fait savoir le ministère des Sports. Ces mesures administratives sont sans précédent dans le football s'agissant de l'inaction de dirigeants, qui sont responsables de l'organisation et du fonctionnement de la structure qu'ils dirigent. »

Ces nouvelles décisions n'ont fait que remuer le couteau dans la plaie d'une population déjà fracturée. Aujourd'hui, ceux qui partageaient jadis le bord de la main courante craignent de se recroiser au coeur du village. Le collectif des familles de victimes reçoit mi-octobre sur une terrasse, au beau milieu d'un lotissement, tandis que les dirigeants incriminés et leur « comité de soutien » ont réservé une petite salle. Chacun se répond et se défend à distance, par journaliste interposé. D'un côté, les parents affichent leur soulagement. L'émotion est toujours palpable. Ils sont huit autour de la table, soudés par la douleur. « Il a fallu être insistants, coriaces, persévérants », clament-ils en choeur.

Dominique Bru, l'ex-président de l'Etoile Aussonnaise Football, a été radié à vie par le préfet.

Réactions et Conséquences

À l'été 2021, à la lecture de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel (ORTC), ils disent avoir été effarés de découvrir que des « alertes » avaient émergé plus tôt. Selon l'ORTC, la « trop grande proximité de Didier Thomas » avec les licenciés a été questionnée, en réunion, plusieurs années auparavant, un témoin disant même « l'avoir surpris dans le vestiaire des arbitres avec un jeune qui était torse nu, mais n'avoir jamais vu un geste de nature sexuelle ». « Cela n'a jamais été pris au sérieux », peste aujourd'hui une victime.

Les familles ont écrit à la présidence de la République, à Matignon, aux ministères de l'Éducation nationale et des Sports pour faire avancer le dossier. « Ce n'est pas contre le club, qui doit continuer à vivre, mais il y a eu des manquements graves. On ne leur reproche pas ce qu'ils ont fait, mais ce qu'ils n'ont pas fait. Ils n'ont exprimé aucun regret ni aucune empathie. Que notre douleur et celle de nos enfants servent d'exemple. » Les victimes et leurs proches auraient préféré que le bureau de l'époque démissionne, « par respect ».

Parmi les neuf participants, l'ancienne maire, Lysiane Maurel (2001-2020), ajoute qu'une réunion d'urgence s'est tenue quelques jours après les dénonciations, en plus d'un communiqué du club et d'une cellule psychologique. « On a essayé de n'oublier personne, de les soutenir comme on a pu. » Didier Thomas était un proche de plusieurs membres de la direction, au point de partager des instants de vie privée. Selon eux, découvrir son vrai visage a été une blessure profonde. « On vit une deuxième mort avec ces sanctions. La première, c'était Didier, appuient-ils. On culpabilisera toujours de ne pas avoir su. Or on a l'impression d'être dans un acharnement, mais pas dans la compréhension. »

En cours d'échange, Jean-Marc Sentein, le président du district Haute-Garonne, prend une chaise pour manifester son soutien au club : « Il y a un décalage entre les sanctions et la situation. On refait d'autres victimes. C'est inacceptable. Comment peut-on ne pas être en colère ? On ne peut pas jouer avec des personnes. » « On veut faire un exemple plutôt que nous donner les outils pour mieux travailler », enrage un des deux autres dirigeants suspendus.

Des arguments qui font bondir les familles : « Ils s'accrochent, mais à quoi ? Leur honneur ? Et celui de nos enfants, alors ? » « Si on a parlé, c'est pour protéger tous les jeunes encore au club, y compris ceux de la direction », renchérit une victime. Le président Bru et un dirigeant - le troisième est résigné - ont déjà initié des recours devant le tribunal administratif. Les requêtes de suspension ont été rejetées. La procédure se poursuit au fond. « À douleurs immenses, sanctions immenses ? Non, tranche leur avocat, Me Martin Vatinel. Pourquoi avoir attendu jusqu'à maintenant, après que la justice pénale a fait son oeuvre ? Le temps vient déformer les reproches. » Bru est décidé à être totalement blanchi.

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