Le monde du football est riche en termes et expressions spécifiques. Parmi les joueurs sur le terrain, le gardien de but occupe une place unique et essentielle. Souvent appelé goal ou portier, ce joueur est le dernier rempart de son équipe, chargé de protéger les buts et d'empêcher l'adversaire de marquer.
Le gardien de but, dernier défenseur ou premier attaquant, occupe incontestablement une place à part dans une équipe de football. L’équipe de France a vu 82 joueurs (dont deux de champ) remplir cette fonction.
Dans cet article, nous explorerons les différents aspects de ce poste crucial, son évolution à travers l'histoire, et les qualités requises pour exceller.
COMMENT BIEN SE PLACER DANS LES BUTS EN MATCH ?! [TUTO]
Le Rôle Spécifique du Gardien de But
Le gardien de but a le droit de se servir de ses mains dans la limite de la surface de réparation. Cependant, il ne peut pas prendre le ballon avec ses mains si un joueur de sa propre équipe lui passe le ballon du pied (une passe de la tête ou du torse est autorisée).
On estime généralement qu'il n'y a pas de grande équipe sans un grand gardien.
Les Différentes Tâches du Gardien de But
- Empêcher le ballon de pénétrer dans ses buts.
- Organiser sa défense lors d'une offensive adverse.
- Placer son mur avant un coup-franc.
- S'imposer dans ses sorties lors d'un jeu aérien.
De fait, on attend d’un gardien qu’il sache empêcher le ballon de pénétrer dans ses buts. Même si le placement joue là un rôle fondamental, les supporters se régalent volontiers d’arrêts spectaculaires qui font la réputation d’un joueur.
Ainsi, Bernard Lama, le concurrent direct de Fabien Barthez en équipe de France, fut-il surnommé « le chat », quelques années après le « El Gato » qui désignait Jean Castaneda.
L'Évolution du Rôle du Gardien de But
Le rôle du gardien de but a considérablement évolué ces dernières années, surtout au niveau de la technique balle au pied et de la précision dans ses relances (ceci étant principalement dû à la modification de la règle de la passe en retrait volontaire).
En effet, le football actuel va de plus en plus vite, le gardien doit être bon avec ses pieds, les deux si possible, il doit savoir relancer proprement et précisément, que ce soit pour du jeu court ou jeu long en étant, ainsi, le premier contre-attaquant. Aujourd’hui, il arrive souvent que le gardien de but intervienne hors de sa surface de réparation afin de gérer la distance entre lui et sa défense surtout en cas de déséquilibre défensif notoire.
Une autre évolution du jeu a lieu tous les deux ans, quand sont choisis les nouveaux ballons à l’occasion des grandes compétitions internationales (Coupe du monde et Championnat d’Europe). En 2010, comme d’habitude, le ballon de la Coupe du monde a fait l’unanimité contre lui. Ceci constitue la hantise des gardiens de but, qui redoutent la sortie de leur nouvel outil de travail avec ses trajectoires toujours plus imprévisibles et ambiguës qui leur imposent de nouveaux signes à décoder et à formaliser. Tous les deux ans, il faut donc, s’adapter et certains n’ont pas hésité à affirmer que le ballon du Mondial 2010 constituait un produit de supermarché aux effets surprenants. Il est vrai, que l’on a vu beaucoup de gardiens en retard, car surpris par les trajectoires insolites, donc difficiles à lire, faire des arrêts du pied ou de l’épaule ; sauve qui peut en quelque sorte ! Enfin dans un dernier point, il est à noter que l’on peut repérer une tendance lourde vers des gardiens toujours plus grands plus costauds et néanmoins rapides…
Les Qualités Essentielles d'un Gardien de But
Pour être un bon dernier rempart, il est nécessaire de posséder de nombreuses qualités :
- Être assez fort physiquement pour résister aux chocs.
- Être dans les meilleures conditions possibles afin de pouvoir s’imposer dans les airs dans sa surface de réparation.
- Posséder de bons réflexes.
- Avoir un réel sens de l’anticipation.
- Ne pas avoir peur de sortir dans les pieds des attaquants adverses.
- Avoir la capacité de relancer « proprement » au pied, que ce soit sur du jeu long ou du jeu court.
Un réel sens de l’anticipation est requis, le gardien de but au football doit bien souvent prendre des décisions en un quart de seconde, être capable d’anticiper constitue un avantage certain.
Alors, prêt à relever le défi que constitue le poste de gardien de but ?
Le Gardien de But dans l'Équipe de France
L’équipe de France a vu 82 joueurs (dont deux de champ) remplir cette fonction.
Titulaire du poste pendant près de quinze ans, Hugo Lloris se voit attribuer le brassard de capitaine à 121 reprises. Il cumule alors les records, celui de sélections bien sûr (145), celui du temps de jeu évidemment (13089 minutes entre 2008 et 2022), et celui du nombre de capitanats.
Pourtant, seuls neuf gardiens de but avaient porté le brassard avant lui en équipe de France. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que d’occuper cette fonction médiatiquement si exposée pour un footballeur dont beaucoup s’accordent à reconnaître la discrétion.
Avant lui, Alexis Thépot avait aussi été le capitaine titulaire d’une sélection qui vivait sa transition professionnelle, après tant d’années à vivre d’amateurisme marron.
Une telle star, même au temps de l’amateurisme, ça se paye ! De nombreux internationaux connaissant une célébrité qui dépasse le seul cadre sportif, la liste serait longue des gardiens de but médiatiques. Parmi tous, il faut bien en choisir, et comment ne pas penser alors à Fabien Barthez, dont le crâne n’a d’égal que la casquette de Chayriguès comme élément distinctif.
Il est le premier gardien de but à rejoindre un panthéon, celui des Guignols de l’Info de Canal + et le baiser que Laurent Blanc dépose sur sa tête avant chaque match passe pour un rituel incontournable sur lequel s’attarde systématiquement (ou presque) les caméras de télévision.
Par exemple, pour sa deuxième sélection, à l’occasion d’un match contre l’Ecosse à Hampden Park en avril 1949, René Vignal multiplie les exploits, détournant même un pénalty, et limite la défaite à un score acceptable de 2-0. Cela lui vaut d’être surnommé « the flying Frenchman » par la presse britannique, qualificatif qui s’apparente volontiers au wagnérien « fliegende Höllander » (traduit en français par « le vaisseau fantôme »).
Quant à son lointain successeur Mike Maignan, c’est à l’occasion de sa troisième sélection, en mars 2023 en Irlande, qu’il se fait remarquer par une envolée dans la lucarne, une envolée digne d’un « Aigle », comme on le surnomme volontiers. Sauvant ainsi l’équipe de France d’une égalisation en fin de rencontre, dans un match qualificatif pour l’Euro 2024, il rejoint Laurent Di Lorto au rang des gardiens héroïques de l’équipe de France.
S’il ne compte que onze sélections entre 1936 et 1938, le portier sochalien garde sa cage inviolée en décembre 1937 lors de la réception des champions du monde en titre, la Squadra Azzurra de Meazza et Piola, et permet aux Bleus de quitter leurs bêtes noires sur un score nul et vierge. Quelques jours plus tard, Le Miroir des Sports, qui fait sa une sur le gardien porté en triomphe par ses partenaires, écrit à son propos : « Sur lui vinrent échouer tous les assauts des avants italiens.

Les Blessures et les Difficultés du Poste
Parfois, même avec du mérite, le gardien de but peut ne pas triompher. Pierre Chayriguès multiplia ainsi les blessures dans sa carrière : par exemple, lors du France-Tchécoslovaquie disputé lors des Jeux Interalliés en juin 1919 , il est victime d’une double-fracture du bassin et de la clavicule, à la suite d’un choc contre un adversaire.
René Vignal fut mis KO par un coup de genou dans la tête contre le Luxembourg en septembre 1953. C’est aussi à la tête qu’Alexis Thépot fut blessé lors du premier match de Coupe du monde, contre le Mexique le 13 juillet 1930, sept minutes seulement après que Lucien Laurent a marqué le premier but de l’histoire de la compétition.
Plus dramatique est le sort de son contemporain, Jean Le Bidois, qui garda les buts de l’équipe de France lors d’une tournée en Yougoslavie en 1921. Le 13 mars 1927, son équipe du Stade Olympique de l’Est rencontre l’US Suisse. A la 25e minute, Jean Le Bidois plonge dans les pieds d’Aaron Pollitz. Sur cette action, il est touché à la carotide et perd connaissance.
D’autres blessures de gardien de but ont pu marquer la mémoire par la violence du moment. Ainsi, ceux qui avaient veillé un peu tard pour regarder le deuxième match de la Coupe du monde contre l’Argentine en 1978 peuvent se souvenir de Jean-Paul Bertrand-Demanes se blessant gravement au dos lors d’un choc contre son poteau.
Au moins put-il disputer une Coupe du monde, contrairement à celui que Michel Hidalgo avait initialement choisi comme titulaire, le Messin André Rey, qui se blesse au poignet lors d’un entraînement trois mois avant le départ en Argentine, en voulant détourner un tir de son partenaire Patrick Battiston. Sa mésaventure n’est pas sans rappeler celle arrivée à Daniel Eon, qui se blesse au talon d’Achille lors de la dernière journée de championnat 1965-1966 en se réceptionnant mal alors qu’il bondissait pour célébrer le but inscrit par son partenaire Philippe Gondet.
D’autres blessures, celles de l’amour-propre, peut-être plus fréquentes encore que celles qui brisent le corps, perturbent volontiers la carrière internationale de gardiens de but. Après un match raté, les dirigeants, les journalistes, les supporters manquent parfois de patience et de compassion.
Un demi-siècle plus tard, lors du premier championnat d’Europe en 1960, l’équipe de France est défaite par son homologue yougoslave. Menée 4-2, la sélection adverse renverse le match en inscrivant trois buts en trois minutes. Si le comportement de toute l’équipe est en cause, c’est sur le gardien de but Georges Lamia que se concentrent les critiques, la revue Football Magazine allant même jusqu’à titrer « Lamia assassine l’équipe de France ».
Quant à Lionel Letizi, sans être dans la tête d’Aimé Jacquet qui parle, pour sa part de « boulette », son passage dans les cages des Bleus est marqué par un raté face à la Russie, en mars 1998, qu’il juge néanmoins anodin sur le moment : « Mon erreur de Moscou était banale, commise sur un terrain pourri, pour un match amical. Pour moi, cela n’avait aucune conséquence ».
A ces victimes de match, on pourra ajouter le nom de quelques gardiens de but disparus trop tôt, non pas de la sélection, mais de la vie, plus tôt en tout cas que la plupart de leurs partenaires de jeu ! Le plus jeune défunt des gardiens internationaux reste, à ce jour, Jean Loubière, tombé à la main de Massiges en février 1915 alors qu’il n’a que 23 ans.
Blessé en Serbie en 1915, Zacharie Baton est amputé du bras gauche. Il décède dix ans plus tard, à l’âge de 38 ans en étant déclaré « Mort pour la France ».
A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, c’est Antonin Lozès, portier des Bleus à trois reprises en 1930, qui disparaît de maladie en 1945 alors qu’il n’a que 40 ans, maladie probablement semblable (les informations manquent concernant le pionnier du FCSM) à celle qui emporte Dominique Dropsy à presque 64 ans.
On ne sait la nature de la maladie dont décède Maurice Beaudier à 34 ans en 1932, ni celle de Charles Berthelot qui meurt en septembre 1940 à 39 ans. Quant à Bruno Martini, un accident vasculaire cérébral l’emporte à 58 ans.
La Spécificité du Poste et la Succession
Poste unique, le gardien de but ne garde souvent pas que son but, il garde aussi sa place. Sur les 921 matchs disputés entre le 1er mai 1904 et le 17 novembre 2024, il ne fut procédé au remplacement de gardien de but qu’à 26 reprises (soit trois matchs de moins que la série au cours de laquelle Joël Bats est titularisé sans discontinuité de septembre 1983 à juin 1986).
Pourtant, lors de la composition de leur groupe, les sélectionneurs prévoient généralement un gardien remplaçant, mais, que les lois du jeu ne les y autorisent pas ou que le coach n’en ressente pas le besoin, le réserviste est bien souvent condamné à rester sur le banc s’il n’est pas titularisé dès le coup d’envoi.
Certains font d’ailleurs figure de doublure de luxe quand ils n’apparaissent pas pour de légitimes n°1. Ce choix oblige au mécontentement, et Dominique Baratelli, déjà remplaçant de Jean-Paul Bertrand-Demanes en 1978, n’apprécie guère servir de nouveau de doublure de Jean Castaneda quatre ans plus tard pour la « petite finale » contre la Pologne.
Plus près de nous, les carrières parallèles d’Hugo Lloris et de Steve Mandanda ont installé ce dernier dans le rôle de remplaçant de luxe, alors que ses performances lui permettaient de prétendre au poste de titulaire. Les qualités d’Albert Parsys auraient aussi pu le placer au sommet de la hiérarchie mais la présence du charismatique Pierre Chayriguès lui barraient la route.
La carrière de remplaçant en équipe de France la plus étonnante fut sans doute celle d’Albert Rust. Champion d’Europe en 1984, il put disputer quelques semaines plus tard les Jeux olympiques de Los Angeles et remporter une médaille d’or, car il n’avait jusqu’alors jamais disputé une seule minute en équipe A. Remplaçant du remplaçant, Albert Rust était en effet le « troisième gardien » à l’Euro 1984 et lors de la Coupe du monde 1986.
Si on admire les plongeons et les envolées des titulaires, si on compatit à l’impatience des n°2, on oublie volontiers le rôle indispensable des n°3 dans une compétition. Ce sont eux qui, lorsque les attaquants sont en manque de réussite, restent jusqu’à la fin de l’entraînement et prennent de plein fouet la colère des avants.
Il ne suffit pas d’être le troisième meilleur portier français pour être le meilleur troisième gardien de l’équipe de France ! Alors que le règlement n’autorise pas le remplacement en cours de partie, il a pu arriver que le gardien de but, obligé de sortir du terrain, laisse la place à un joueur de champ.
Deux d’entre eux ont ainsi gardé pendant quelques minutes les cages de l’équipe de France pendant quelques minutes. Ce fut d’abord Fernand Canelle, qui remplaça Georges Crozier quand celui-ci rejoignit son régiment. Ce fut ensuite Augustin Chantrel qui prit la place d’Alexis Thépot, blessé face au Mexique. 34 des 145 quasi-bleus sans sélection sont des portiers.
Il y eut bien sûr Jacques Favre, souvent convoqué pour « rien » entre 1947 et 1950, mais aussi Armand Blanc en 1928 et Nicolas Douchez en 2010, François Encontre en 1933 et Benjamin Lecomte en 2019, Georges Hatz en 1944 et Pascal Olmeta en 1985, René Gallina en 1969 et Christophe Revault en 1997.
Moindre consolation : en ne gardant jamais les cages de l’équipe de France, ces joueurs n’eurent jamais à aller récupérer le ballon au fond de leurs filets.
Top 10 des Meilleurs Gardiens de But
Le poste de gardien est réellement spécifique et unique. La plupart d'entre nous peut raconter une anecdote sur son "arrivée" à ce poste. Réelle passion ou par défaut, ce qui est certains, c'est que l'on a tous été marqué par un géant du poste. Pour nous ce sont les meilleurs et on a tous tenté de les imiter au moins une fois dans sa chambre ou a fond du jardin hitoire que personne ne nous regarde.
Voilà notre sélection totalement subjective des meilleurs goals.
- Gianluigi Buffon: Considéré par beaucoup comme le meilleur gardien de tous les temps, Gigi a traversé l'Italie et n'a plus quitté sa vieille dame de la Juventus Turin.
- Manuel Neuer: Non seulement il a révolutionné le poste de gardiens par son jeu loin des cages et par des interventions dignes de Thiago Silva, mais en plus il possède un jeu au pied extraordinaire !
- Iker Casillas: Enfant de la castilla, le centre d'entraînement madrilène, Casillas devait terminer sa carrière au sein de la maison blanche.
- Edwin Van Der Sar: Ajax, Juventus, Fulham, United il a duré, il a gagné et il a remis ca à 43 ans ! Un albatros sur un terrain, un geant des gardiens de but avec des paluches à vous faire palir une araignée noire telle que Yachin !
- Oliver Kahn: La rigueur allemande ! Un style atypique mais efficace! Pourtant le gueulard comme d autres le surnommaient a impressionné par sa gestion des hommes et son impact sur le mental des adversaires !
- Petr Čech: Le batman des gardiens comme le surnomment certains humoristes. On se souvient constamment de lui et de son casque de rugby.
- Peter Schmeichel: L'ancien portier de Manchester United, vainqueur à cinq reprises de la Premier League, et d une coupe aux grandes oreilles avec United a marqué les années 90 que ce soit en selection danoise ou avec Manchester United.
- Fabien Barthez: Le divin chauve ! L'homme fort de France 98, le bisou de Laurent Blanc sur son crane, son passage calamiteux à United, le crachat avec l'OM... Fantasque, le gardien du seul titre européen en C1 d'une équipe française, l'est avec certitude.
- Cláudio Taffarel: La plupart d'entre vous se souviennent de lui comme le perdant de lafinale de France 98. Pendant des décennies en effet, le football brésilien a traîné une réputation selon laquelle la qualité technique de ses joueurs de champ n'avait d'égale que le manque de fiabilité de ses gardiens.
- Francesco Toldo: Il est joueur de champ avant de devenir gardien de but à l'âge de 14 ans. Sans une icône telle que Buffon devant lui il est certain que Francesco Toldo aurait pu davantage marquer les esprits.

Les Différents Postes au Football
Les numéros des postes au football:
- Le numéro 1: le gardien de but
- Numéro 2 et 3: Les arrières latéraux
- Numéro 4 et 5: Le "stoppeur" et le "libéro"
- Numéro 6 et 7: Les milieux défensifs
- Numéro 8 et 10: Les milieux offensifs
- Numéro 11: Le 2e attaquant
- Numéro 9: L'avant-centre
- Numéro 12, 13 et 14: Les remplaçants