À 38 ans, Victor-Artus Solaro, plus connu sous le nom d'Artus, est un comique populaire qui a su imposer son style attachant et potache. De ses débuts sportifs à son succès sur scène et au cinéma, Artus ne cesse de surprendre. On l'a aussi vu porter la flamme olympique à Montpellier, la ville où il a longtemps joué au rugby sous son nom complet, Victor-Artus Solaro.

Artus, humoriste et acteur français.
Un sportif touche-à-tout
Même si certains peuvent en douter en le voyant aujourd'hui, Artus a toujours été sportif. Gamin en région parisienne, il a un peu tout essayé, du judo au foot, puis le hockey sur glace quand sa famille a déménagé en Suisse. Il a d'abord fallu qu'il apprenne à patiner, il a bien aimé.
Quand sa famille est arrivée dans l'Hérault, son père, passionné de rugby, a repris une licence vétéran. Artus a démarré à 10 ou 11 ans par le XIII, parce que c'est ce qui se pratiquait dans le club de Lavérune, leur village près de Montpellier. Ça l'a assez vite gonflé. Il a rejoint des potes qui jouaient à quinze dans la commune à côté, Saint-Jean-de-Védas. Il a tout de suite adoré et il aime toujours.
Au collège, dire que tu fais du rugby crée une espèce de protection sociale. On te fait moins chier que si tu es au ping-pong. Ça peut être rassurant à cet âge-là pour un gamin qui, comme lui, se faisait racketter.
Ses années rugby
Il jouait centre. Il aimait bien ce poste qui offre le choix : il ouvre ou il impacte. Mais il a longtemps craint de plaquer, ce qui est quand même un gros défaut dans ce sport ! Il était dans le faufilement, terrorisé à l'idée de se jeter dans les genoux, les os les plus durs, d'un mec lancé. Il a mis du temps à dépasser cette appréhension. Mais ça lui allait bien d'être remplaçant : il était dans un milieu qui lui plaisait, il faisait des vannes dans le vestiaire.
Son plus grand souvenir, c'est un match à La Réunion à 15-16 ans avec le MHR. Ils ont été bien accueillis à l'arrivée, avec une soirée ti-punch. À cet âge-là, on ne dit pas non à ce genre d'invitation... Ils jouaient le lendemain à 14 heures, mais ils se sont dit que ce n'était pas grave puisque leurs adversaires étaient avec eux. Ils ont tous fini très tard et très... fatigués. Mais en arrivant au stade, ils ont découvert que les Réunionnais leur avaient envoyé leurs remplaçants pour la soirée ! Les titulaires, eux, étaient bien frais alors qu'ils suaient leur rhum blanc bas de gamme sous le cagnard. Ils ont donc pris une branlée.
À Montpellier, il a croisé Fulgence Ouedraogo et François Trinh-Duc. Ils étaient à peu près de la même génération, mais pas au même niveau, donc pas dans les mêmes équipes... Ils sont amis aujourd'hui.

Artus jeune, joueur de rugby.
Il suit surtout la Coupe d'Europe et le Six Nations. Chaque année, il essaie d'aller voir des matches du Tournoi à l'extérieur pour les super ambiances. En Top 14, il supporte toujours le Stade Toulousain ! Ce n'est pas très original, mais c'est génial d'avoir un club français avec autant de stabilité dans la formation et de résultats au plus haut niveau.
De la scène à l'écran : un humoriste engagé
Artus a déjà pulvérisé le box-office français en 2024 avec Un p'tit truc en plus : près de 11 millions d'entrées pour cette comédie avec des acteurs néophytes en situation de handicap. Un sujet qui lui tient à cœur. Pour les Jeux Paralympiques de Paris, il avait mis son humour au service des athlètes en tournant avec eux des vidéos parfois corrosives.
Il souhaite boucler une tournée déjà incroyable en marquant le coup avant de passer à autre chose : il va mettre le one-man-show sur pause au moins deux ou trois ans pour se consacrer au cinéma. Et puis, il aime bien proposer des choses jamais faites, comme un western au théâtre (Duels à Davidéjonatown en 2017, qu'il déclinera en film en 2027) ou Un p'tit truc en plus.
À la Paris La Défense Arena, il a vu des gros shows comme celui de Taylor Swift, et des matches du Racing 92. Cette salle gigantesque a résonné de musique, de chants, de cris de joie sur un essai ou de larmes après une défaite, mais jamais d'éclats de rire. Apporter cette note nouvelle plaît à son petit ego. Quoiqu'il se passe dans sa vie, il aura réalisé ça. Enfin, si il réussis à faire rire les gens...
Artus lance sa fondation « un p’tit truc en plus »
Un spectacle grandiose à la Paris La Défense Arena
Artus promet un spectacle exceptionnel à la Paris La Défense Arena, avec des invités surprise, un chœur gospel et un orchestre de 60 musiciens dirigés par Yvan Cassar. Le tout dans un décor équivalent à un immeuble de 11 étages, avec des écrans de 24 m sur 12 qui permettent de voir son visage, car il en joue beaucoup. Il pense qu'on le verra mieux que Taylor Swift, qui est plus petite que lui ! Il est fan des shows à l'américaine qui envoient du lourd, il a envie de ça. Il compte faire une arrivée et une sortie de scène jamais vues pour un one-man. Il a aussi promis qu'il allait voler et il est un homme de parole. Ceux qui ont assisté aux concerts de Pink au même endroit comprendront...
Il y aura des guests d'univers qu'il aime bien : cinéma, chanson et rugby, oui. Mais il veut garder la surprise. Il espère faire venir des joueurs, mais c'est compliqué car les mecs seront en plein week-end de Top 14. Cela dit, il compte aussi sur les blessés !
Son corps : un outil de travail
Son corps a contribué à ce qu'il représente un mélange de bonhomie et de sympathie. Tout le monde a un cousin ou un ami un peu gros qui lui ressemble. Il n'a pas envie de perdre cette proximité. Il sait que, pour des raisons de santé, il doit faire attention car il a une nature à prendre du poids facilement. Mais il préfère garder son bide en vivant comme il aime plutôt que d'être gaulé en se faisant chier à bouffer des brocolis. Il a essayé tous les régimes possibles.
Aujourd'hui, il pèse 120 kg pour 1,83 m. C'est un plafond qu'il ne voudrait pas dépasser. Il est monté à 145 kg il y a trois ans, puis il est descendu à 100 pour tourner La Pampa en 2023. Il a perdu 45 kg en quatre mois et demi. Il s'est coupé du monde. Il avait un coach nutritionniste qui l'accompagnait au resto, choisissait ses plats, lui enlevait littéralement le pain de la bouche. Ce genre de mission commando, il adore. Si on lui propose un rôle pour lequel il doit avoir le corps de The Rock, ça risque d'être compliqué mais il fera tout pour y parvenir.
Il attend une histoire. Invictus (de Clint Eastwood, en 2009) était fort parce qu'il allait au-delà des matches du Mondial 1995 pour raconter la difficile fin de l'apartheid en Afrique du Sud. Il y avait un propos.
Un engagement pour les Jeux Paralympiques
Il trouve génial que le meilleur joueur du monde, un mec plutôt viril et hétéro, s'engage contre l'homophobie comme il l'a fait avant les JO 2024. Cela peut permettre de faire évoluer les mentalités. Le sport comme les arts ont la responsabilité de montrer l'exemple. C'est pour ça qu'il est révolté de voir le manque de respect des footballeurs envers l'arbitre. Ils contestent tout, même l'incontestable, et donnent une image détestable aux jeunes. Au rugby, ça n'existe pas.
En termes d'image, c'était parfait. Mais rien n'a changé au quotidien. Naïvement, il espérait que les succès combinés des Paralympiques et d'Un p'tit truc en plus allaient faire bouger les choses. Si les fauteuils roulants vont être remboursés pour les handicapés, les transports et les trottoirs leur restent la plupart du temps inaccessibles. En venant à Paris, le monde a été choqué par notre retard. Il a l'impression que ça va être encore long. Il croit davantage aux initiatives privées. C'est pour cela qu'on a créé leur propre fondation, sous l'égide de Perce-Neige. Leur premier projet est de créer des maisons de vacances adaptées aux personnes en situation de handicap et leurs proches. Ils sont en train de lever des fonds.